‹ La Vénus féconde et callipédiqueChapitre 78 sur 106 · XII · texte numérisé non relu

XII

La dypsomanie ou ivrognerie se transmet, de même que tous les vices ; elle est endémique eu certains pays où l’on fait abus des liqueurs fortes ; l’Angleterre et la Russie seraient particulièrement affligées de ce défaut. Dans plusieurs localités de France, réputées par leurs vignobles, l’ivrognerie est assez commune. L’hérédité de l’ivrognerie s’observe communément parmi la classe ouvrière ignorante, et qu’on devrait moraliser par .une saine instruction, car, n’en dou-

tez pas , Jes dérèglements, la misère dans les familles d’ouvriers ; les brutalités, les sévices envers la femme et les enfants ; d’autres vices encore, ont leur point de départ dans l’ivrognerie. Bientôt on en vient aux rixes sanglantes , féroces ; au guet-apens, au meurtre Et ce vice

affreux, loin de se restreindre, gagne, se propage incessamment dans les grandes villes , surtout dans les capitales. Une loi contre cette passion abrutissante, qui souvent rend l’homme dangereux par ses fureurs, eût été un moyen moralisateur, un bienfait pour l’ivrogne et la société; il y a quelques années il a en été question au Sénat ; mais, hélas ! les sénateurs ont pensé qu’ils avaient à s’occuper de choses plus graves

g XIII.

La monomanie homicide n’échappe point à la loi de l’hérédité physiologique. Les assassins célèbres dans les fastes du crime, appartenaient à des familles où le meurtre était un besoin: les Papavoine, les Lacenaire, dont nous répétons les noms ; les Pierre Rivière, l’assassin du professeur Delpech , de Montpellier , et tant d’autres scélérats que les bagnes vomissent dans la société, en sont de terribles exemples.

On cite bon nombre de mères et de nourrices dans le cerveau desquelles surgit tout à coup l’horrible envie de tuer leurs nourrissons. — Les

unes consommèrent l’infanticide ; — les autres en furent empêchées par diverses circonstances ; — quelques-unes, seulement, chez qui la monomanie homicide n’était pas héréditaire, s’enfuirent, épouvantées, loin de leurs nourrissons, et ne revinrent, près d’eux, que lorsque l’instinct maternel, reprenant le dessus, chassa de leur cerveau cet effroyable accès de monomanie... Dans les siècles d’ignorance qui ne sont pas très-loin de nous, on aurait pris ces malheureuses pour des 'possédées et on les eût traitées comme telles...

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