‹ La Vénus féconde et callipédiqueChapitre 79 sur 106 · XIV · texte numérisé non relu

XIV

Monomanie du suicide.

« On a vu des familles entières s’éteindre par le suicide, comme on a vu des familles entières devenir aliénées, »a écrit le docteur Esquirol. — Les manigraphes et tous les auteurs qui ont traité cette grave question, affirment l’hérédité de cette monomanie, qui est d’autant plus incurable qu’elle date de loin chez les ascendants.

Le- docteur Fabret rapporte cette observation saisissante : « Le père de six enfants, une fille et cinq garçons, homme taciturne, termina sa vie par le suicide, vers l’âge de 60 ans. Son fils aîné, âgé de 36 ans, se précipite, sans motif, d’un quatrième étage ; — le second s’étrangle à 33 ans; — le troisième se jette d’un toit dans la

rué, en exécutant des mouvements pour voler; — le quatrième se brûle la cervelle avec un pistolet ; •— le cinquième se noie dans la rivière pour une cause futile. La fille, qui avait survécu à tous ces suicides, en termine la série en s’empoisonnant. »

g XV.

Erotomanie ou fureur génitale.

L’érotomanie est une des passions les plus transmissibles par voie héréditaire. Il est fort rare que les parents érotomanes de l’un ou de l’autre sexe, ne transmettent point leur passion à quelques-uns des êtres qu’ils engendrent. L’érotisme, arrivé à l’état de fureur, absorbe toutes les facultés de l’individu et ne laisse dans son cerveau qu’une seule pensée , qu’un seul désir : l’acte génital!... Il cherche toutes les occasions, tous les moyens de l’accomplir, et ne vit, désormais, que pour satisfaire cette funeste passion.

La fureur génitale est plus intense chez la femme que chez l’homme ; les excès de la nymphomane remportent de beaucoup sur ceux du satyre. L’une est toujours apte à consommer l’acte, tandis que l’autre se trouve impuissant, après quelques éjaculations. — L’appareil génital féminin étant plus compliqué , plus étendu que celui de l’homme, la nymphomane éprouve le tressaille-

ment voluptueux sur une plus grande surface. En effet, du clitoris le spasme vénérien s’irradie sur les petites lèvres et les glandes vaginales ; puis du vagin il gagne la matrice, atteint les trompes utérines et s’étend quelquefois jusqu’au

tissu érectile du mamelon des seins Voilà

pourquoi la femme érotomane est infatigable, insatiable de sensations génitales.

L’antiquité nous a laissé des exemples saisissants d’érotomanie : les filles de Prœtus , les Bacchantes aux fureurs incroyables ; — parmi les courtisanes de Babylone, de Persépolis et de Corinthe, on en cite bon nombre atteintes de cette maladie. — La Rome des Césars nous offre des patriciennes qui acquirent une triste célébrité par leurs ardeurs génitales et leur impudicité. Les Julie, les deux Poppée, Agrippine, Faustine et la fameuse Messaline qui , sous le nom de Lysisca, se prostituait dans les lupanars de Borne, • sans pouvoir assouvir sa dégoûtante salacité.

Mais, toutes ces horreurs devaient pâlir devant les monstrueux déportements des Borgia, des Farnèse et autres, dont les fureurs génitales ne connurent point de bornes : hommes , femmes, filles, frères, sœurs de ces exécrables familles se livrèrent à tous les genres de lubricité, de crapules, et commirent tous les crimes : viols, incestes , empoisonnements , assassinats!... les cheveux se dressent ; on frissonne d’horreur à la lecture de tant d’abominations

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