DU CHAPITRE SUR L’HÉRÉDITÉ
La ressemblance soit morale, soit physique, n’est jamais complète, jamais absolue. La première s’observe sur une ou plusieurs facultés, sur un ou plusieurs penchants ; — la seconde n’a lieu que sur une ou plusieurs parties du corps, trèsrarement sur la totalité.
L’hérédité n’est jamais constante ; elle offre, au contraire, des lacunes et des suspensions. Les lacunes apparentes ne sont que des déplacements, c’est-à-dire le saut d’une génération à une autre, laissant entre elles une ^génération intermédiaire, exemple : Mlle T*** ne ressemble ni à son père ni à sa mère, mais elle est le portrait vivant de son grand-père.
Les suspensions de l’hérédité dépendent des mutations dans l’action des procréateurs, c’est-àdire d’une substitution de l’action de l’un des procréateurs à Faction de l’autre, dans la même partie ou le même organe de l’être procréé... — Exemple :
Le père est myope, la mère ne l’est pas ; ils ont engendré cinq enfants ; deux sont atteints de myopie, trois autres ne le sont point. — La mère est phthisique , le père ne l’est pas; ils ont pro-
créé quatre enfants ; deux ont hérité de la maladie de la mère , les deux autres en sont complètement exempts.
Dans ces deux cas, la lacune de l’hérédité n’est strictement que le remplacement de l’un des procréateurs par l’autre.
SECTION VI