DES VICES ET MALADIES HÉRÉDITAIRES
Le traitement de l’hérédité morbide se résume en deux séries de moyens.
La première série embrasse tous les moyens préservatifs les plus propres à s’opposer au transport séminal de la maladie ou des vices de conformation.
La seconde série comprend toutes les mesures reconnues efficaces pour combattre et détruire les maladies ou vices héréditaires déjà transmis.
Dans la première série, figurent le choix des sujets, le temps et les lieux.
Tempéraments. — Nous répéterons ici ce que nous avons déjà dit au chapitre Calligénésie ; le choix des personnes à marier doit, autant que
possible , se faire parmi les sujets de tempéraments opposés, c’est-à-dire unir le sanguin ou le bilieux au lymphatique , et le nerveux au sanguin, par la raison que deux tempéraments semblables ne' donnent pas d’aussi beaux fruits que les tempéraments opposés. Les mariages consanguins ont été et sont encore proscrits chez tous les peuples civilisés ; ils abâtardissent la race.
Age. — La période de la vie la plus favorable à une belle et vigoureuse progéniture, est de 25 à 40 ans pour l’homme, et de 20 à 35 pour la femme.
Temps. — Il n’est pas indifférent de se livrer à la procréation à tel ou tel moment du jour, à telle époque du mois. On doit choisir l’heure où le corps est exempt de fatigues et l’esprit de soucis, l’heure où les désirs naissent et annoncent le besoin du rapprochement. — Si l’un des conjoints est atteint d’une maladie à type périodique , telles que fièvre intermittente, migraine, rhumatisme, goutte, hystérie, épilepsie ou autres névropathies, le rapprochement sexuel est strictement défendu pendant la durée des accès, et jusqu’au jour où le corps a retrouvé Je calme et la santé.
Lieux. — Les lieux où s’opère la fécondation doivent être bien aérés, ni trop chauds ni trop froids, et exempts de tous gaz , de toute mauvaise odeur qui puissent altérer la pureté de l’air. Personne n’ignore la bienfaisante influence de
l’air pur sur la formation du sang, et par conséquent sur la santé. C’est pourquoi les enfants conçus dans les maisons propres, spacieuses, exposées au levant, et surtout à la campagne, sont de plus belle venue 'que les enfants conçus dans des quartiers et des maisons insalubres.
Les règles que nous venons d’indiquer pour les lieux, sont plus impérieuses encore lorsqu’il s’agit de combattre un mal héréditaire qui remonte à plusieurs ascendants ; le changement de lieux et quelquefois de climat devient une néces- / sité. Néanmoins, il existe de telles bizarreries dans la distribution géographique des lieux, qu’il est bon de les indiquer. Ainsi, il n’est pas toujours nécessaire de s’éloigner à une distance considérable du pays qu’on habite, pour agir contre l’hérédité, il suffît souvent d’une mutation de ville ou de village, d’un changement de quartier, de rue et de maison , pour obtenir le succès qu’on désire.
Recommandation essentielle. — Lorsque la maladie provient de source maternelle, il est indispensable d’interdire à la mère de nourrir son enfant, car son lait ne peut que favoriser le développement du mal dont il charrie le germe.
§xx.
Traitement de la maladie transmise à l’enfant.
Lorsque la force de l’hérédité a triomphé des moyens sus-mentionnés, il ne faut pas encore désespérer de- la guérison. Un grand nombre de médecins praticiens assurent avoir obtenu de trèsremarquables succès, par un traitement méthodique longtemps soutenu, et surtout par le régime alimentaire, par la gymnastique spéciale, par l’éloignement de toutes les causes qui peuvent entretenir la maladie ; enfin, par un traitement général indiqué dans les ouvrages des médecins qui se sont exclusivement occupés de cette très -importante question. Tels sont les derniers moyens à diriger contre l’hérédité morbide pour la combattre victorieusement.