‹ La Vénus féconde et callipédiqueChapitre 9 sur 106 · DESCRIPTION ABRÉGÉE DE CES DEUX GENRES · texte numérisé non relu

DESCRIPTION ABRÉGÉE DE CES DEUX GENRES

d’organes.

Organes extérieurs.

Les grandes lèvres sont formées par un repli de la peau du pubis ; la nature les a garnies de poils, pour les protéger contre la poussière et les insectes qui pourraient s’introduire dans la vulve. Les femmes orientales et africaines se débarrassent de ces poils, comme nuisant à la propreté de la partie. L’affrontement des deux grandes lèvres dessine la vulve ou fente vulvaire, dont la commissure supérieure correspond au clitoris ; la commissure inférieure a reçu le nom de fourchette.

Les petites lèvres naissent de la partie interne des grandes lèvres, à leur tiers supérieur ; elles sont rouges, érectiles chez les jeunes filles, et ne dépassent point la fente vulvaire. Chez les femmes qui ont eu des enfants, elles s’allongent et perdent leur fraîche couleur. On rencontre ^néanmoins beaucoup de femmes dont les petites lèvres sortent de la vulve, quoiqu’elles n’aient pas été mères ; c’est un vice de conformation, qu’il est facile de détruire par l’excision.

Dans certaines contrées d’Afrique, ces appendices sexuels acquièrent une longueur si démesurée, qu’ils nécessitent l’amputation. — La fraîcheur des nymphes ou petites lèvres est l’attribut de la . première jeunesse, de même qu’elle est un signe de sagesse. — Le rôle des grandes et petites lèvres est de coopérer à l’énorme dilatation vulvo-vagihale pendant l’accouchement.

Le clitoris, — siège du plaisir, est situé à la partie supérieure de la vulve ; il a deux racines qui s’attachent au bord inférieur de l’arcade pubienne, et se réunissent aussitôt pour former un petit corps rond, de longueur variable (de plusieurs centimètres), selon les races et les sujets. Son extrémité libre se termine par un tubercule, espèce de gland, recouvert par un repli des petites lèvres, en forme de prépuce. — Le clitoris est, chez la femme, l’organe de la volupté vénérienne ; il est, en petit, l’analogue du membre viril : comme lui il possède un tissu érectile, se gonfle et se

durcit sous l’influence de l’imagination ou de l’attouchement.

Le vagin, — est un conduit membraneux de 10 à 12 centimètres de longueur; son orifice intérieur s’ouvre à la partie moyenne de la vulve, entre les petites lèvres, au-dessous du clitoris et du méat urinaire ; son extrémité postérieure embrasse le col de la matrice. Le conduit vaginal est tapissé d’une membrane muqueuse, offrant de nombreuses rides et rugosités, nommées colonnes du vagin, entre lesquelles une foule de cryptes ou petites glandes versent une humeur mucilagineuse propre à en lubrifier les parois et à faciliter la copulation. Le but final de ces rides est de se prêter à l’énorme distension du vagin, pendant l’accouchement ; car, sans cette prévoyance de la nature, le conduit vaginal serait déchiré, lors du passage de la tête de l’enfant.

Deux glandes vulvo-vaginales se trouvent placées à l’entrée du vagin, opposées l’une à l’autre ; leur fonction est de lubrifier cette partie pendant le coït. Ces glandes sont plus ou moins développées, selon le tempérament ; elles sont petites chez les femmes indifférentes en amour ; leur développement, chez les femmes lascives, peut acquérir la grosseur d’une noisette. Lorsque ces glandes sont sympathiquement excitées par l’érection du clitoris, leur conduit excréteur laisse échapper, au moment du spasme vénérien, un jet d’humeur blanchâtre, qui simule, en petit, l’éjaculation virile.

Membrane hymen.'— Cette fameuse membrane, que plusieurs anatomistes ont admise, que beaucoup d’autres ont niée, et que les plus raisonnables ont regardée comme un repli exagéré de la membrane muqueuse vaginale, se présente quelquefois sous la forme d’une cloison incomplète, laissant une ouverture pour le passage des règles. En tous cas, la présence de ce chaste repli n’est pas une preuve incontestable de virginité, puisqu’on le trouve chez des femmes qui ont usé du coït et qu’on ne le rencontre point chez d’autres réellement vierges.

Les anatomistes qui admettent la membrane hymen disent que sa déchirure produit, après cicatrisation, des petits bourgeons auxquels ils ont donné le nom coquet de caroncules myrtif ormes. — La vérité, dans 'cette question, est que la plupart des médecins praticiens qui ont été à même de visiter un grand nombre de jeunes filles et de femmes mariées, avouent qu’ils n’ont que très-rarement aperçu cette membrane hymen, considérée par eux comme un cas exceptionnel. En revanche, ils ont très-bien vu des rides, des rugosités, des éminences, des sillons, des replis de la membrane vaginale, plus ou moins saillants ou etfacés, selon l’âge et la position civile de la femme, c’est-à-dire vierge ou mariée ; mais ils n’ont rien distingué qui ressemblât à des myrtes. Ils ajoutent que les règles très-abondantes, les flueurs blanches, les attouchements, les injections,

le lavage profond et réitéré de ces parties , pour bien les nettoyer, sont autant de causes qui tendent à effacer ces replis membraneux, ou, si Ton veut, cette membrane hymen (1). — Ces mêmes médecins sont unanimes à dire que s’ils étaient appelés à constater la défloration, suite de viol, ce n’.est pas sur la déchirure de l’hymen , ni sur les caroncules myrtiformes qu’ils baseraient leur jugement, mais bien sur l’attrition des parties et sur d’autres signes d’introduction violente.

§ II

Organes intérieurs.

L’Utérus ou matrice est un organe creux, en forme de poire, solidement fixé dans le bassin par quatre ligaments, deux ronds et deux larges. La matrice se divise en deux parties : le corps et le col ou museau. — Le col présente une ouverture transversale très-étroite, chez les vierges, mais suffisante pour livrer passage au sang menstruel. — La capacité du corps utérin est de trois à quatre centimètres cubes chez les femmes qui n’ont pas eu d’enfants ; son poids est de 45 à 50 grammes seulement. — Chez les femmes enceintes, cet organe, vers la fin de la grossesse,

(1) Voyez, dans l'Hygiène du Mariage , l’histoire anecdotique et très-curieuse de la membrane hymen, chez les différents peuples.

surpasse vingt-cinq fois son poids et son volume primitifs.

La matrice reçoit l’ovule arrivé à maturité; sa fonction est de le nourrir pendant ses phases de transformation , lorsqu’il p été fécondé, ou de l’expulser avec le sang des règles , lorsque la fécondation n’a pas eu lieu.

La matrice est la pièce principale de l’appareil sexuel féminin; elle joue un grand rôle dans l’existence de la femme depuis la puberté jusqu’à l’âge de retour. Si l’on tient compte de ses tributs lunaires, de ses diverses grossesses, des excitations, irritations et maladies de cet organe , on comprendra que, pendant toute la période procréatrice, la femme vit sous l’influence utérine.

Les Ovaires. — Ces organes sont situés de chaque côté de la matrice , dans up repli du péritoine, appelé ligament large ; ils sont parenchymateux, de forme ovoïde, aplatis latéralement et de la grosseur d’un œuf de pigeon.

L’ovaire renferme de petites vésicules, à parois transparentes, remplies d’un liquide séreux au milieu duquel nage Y ovule (œuf humain). La formation des ovules a lieu après la puberté , chez les vierges comme chez les femmes mariées. Le nombre des vésicules contenues dans les deux ovaires d’une femme est de 30 à 40 , visibles à l’œil nu. — L’anatomie a démontré que les rudiments de ces vésicules existaient dans les ovaires du fœtus femelle, avant sa naissance ; ce qui faisait dire à

réminent physiologiste Coste, qu’une femme enceinte porte en elle trois générations : la première provenant directement d’elle-même, la seconde représentée par l’enfant qu’elle porte dans son sein , et la troisième par le germe de l’ovaire qui existe dans le corps de son* fœtus.

Les ovaires communiquent avec la matrice par un canal nommé trompe ou oviducte. A son extrémité libre , ce canal s’élargit en forme d’entonnoir et constitue le pavillon de la trompe. Le rôle de l’oviducte est, comme l’indique son nom, de conduire l’œuf, détaché de l’ovaire, dans l’intérieur de la matrice. L'ovaire occupe le premier rang parmi les organes de la procréation ; en effet, il est pour la femme ce que le testicule est à l’homme. L’ablation des ovaires produit/chez elle, V eunuchisme : ses seins tombent, se flétrissent; ses règles se suppriment pour, toujours, ses formes arrondies, gracieuses, disparaissent et font place à des saillies anguleuses ; le timbre de sa voix perd son diapason ; enfin, les appétits de la chair s’éteignent, l’homme lui devient indifférent.

L’ablation des ovaires, pour faire des femmes eunuques, se pratique dans l’Inde avec succès, c’est-à-dire sans danger pour la vie -de la personne opérée. Plusieurs témoins oculaires ont rapporté ce fait.

Quelques mois après la puberté , chez les jeunes filles, les ovaires commencent à se congestionner et à produire des ovules. Aussitôt que le pre-

mier œuf se détache de l’ovaire pour descendre dans la matrice, la première menstruation paraît. Alors, un yague désir s’empare des jeunes pubères ; elles éprouvent des ardeurs, des sensations, jusqu’à ce jour inconnues; chez quelques-unes, le désir vénérien grandit, les tourmente et devient, parfois, si impérieux, qu’il peut amener de graves désordres nerveux : les vapeurs, les étouffements, l’hystérie, etc., si l’on ne se hâte d’éteindre ces ardents désirs dans un prompt mariage.

L’œuf humain ou .ovule met, généralement, vingt-huit à trente jours à acquérir son entier développement. Lorsqu’il est tout à fait mûr, il brise son enveloppe , sort de l’ovaire et s’engage dans l’oviducte,où il chemine lentement, jusqu’à ce qu’il soit parvenu à l’ouverture communiquant à la matrice ; il tombe alors dans cet organe , et se greffe sur sa paroi s’il a été fécondé ; dans le cas contraire, il est expulsé hors la matrice. Plusieurs physiologistes, armés de microscopes, ont aperçu des ovules dans, le sang des règles de quelques femmes chez lesquelles ce llux dure huit à dix jours.

SECTION III

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