MOYENS PROPRES A REDRESSER LES DIFFORMITÉS DU NEZ ET DES OREILLES
L’art possède-t-il des moyens pour redresser ces difformités? — La réponse est affirmative, mais
conditionnellement. Deux sortes de moyens se présentent, les uns directs, les autres indirects. — Les premiers, agissant sur l’organe déformé, ont été soigneusement détaillés dans Y Hygiène du visage , déjà citée. — Les secondes sont du ressort des procréateurs ; exemples : Un enfant naît avec le nez trop gros ou trop petit; ou avec le nez épaté, retroussé, dévié, etc. ; examinez les parents, vous trouverez sur l’un des deux la même difformité qu’offre . l’enfant. Il en est absolument de même pour les oreilles et les autres organes du visage.
Le moyen rationnel de combattre l’hérédité de ces difformités existe dans les alliances matrimoniales. — Ainsi, l’homme qui a le nez trop gros,, trop long , trop court ou mal fait, doit se marier avec une femme qui présente la forme et les dimensions contraires, et réciproquement. Il est certain que les enfants qui naîtront de cette union, présenteront une grande amélioration de la difformité congéniale. Si ces enfants suivent l’exemple de leurs parents dans leurs mariages , la difformité s’amoindrira de plus en plus, et finira par s’effacer complètement chez les petits-enfants. Il en sera de même pour les oreilles et pour toutes les autres difformités du visage.
§ II-
Situation normale des épaules.
Les épaules bien conformées doivent être égales en hauteur et en rondeur; leur partie supérieure correspond à la première côte ; l’omoplate et les clavicules leur servent de soutien : les bords internes de l’omoplate sont assez rapprochés l’un de l’autre dans la direction de la gouttière dorsale ; cet os est entièrement caché sous les muscles qui le recouvrent, et ne doit se dessiner sous 3a peau, que lorsqu’on rapproche les coudes en arrière. — Les épaules qui ne remplissent point ces conditions , s’éloignent de la conformation normale.
§ III-
Vices de situation des épaules et moyens d’y remédier;
Il en existe trois principaux : — leur élévation , leur abaissement et leur projection en avant.
Lorsque les deux épaules sont trop élevées, le cou paraît plus court et plus enfoncé ; lorsque le vice n’atteint qu’une seule épaule, la rectitude du corps est, lésée; — leur projection en
avant arrondit le dos et diminue le diamètre de la poitrine.
Les causes de ces vices de situation peuvent être l’effet de l’incurvation de la colonne vertébrale, de l’inégalité de longueur des jambes, d’une maladie de leurs articulations, d’une paralysie partielle, etc.; mais, la cause la plus générale se trouve dans les mauvaises habitudes qu’on a laissé prendre aux enfants. Parmi ces habitudes vicieuses et dé formatrices, nous citerons l’usage des lisières pour diriger leurs premiers pas. — Les asseoir sur une chaise ou dans un fauteuil dont les bras sont trop élevés. — Les placer dans ces espèces de chariots avec ou sans roulettes, pour leur apprendre à marcher, ou plutôt pour s’en débarrasser, circonstance familière aux nourrices à la campagne. L’enfant ayant les jambes trop molles pour se tenir longtemps debout, se soutient, par les aisselles, sur les rebords du chariot et y reste pour ainsi dire suspendu. Cette regrettable coutume peut déterminer l’élévation simultanée des deux épaules.
‘ La mauvaise habitude , chez les enfants , de 7 à 12 ans, de se tenir sur une seule jambe, — d’écrire sur une table trop élevée ; — de porter au bras un panier lourd,, ou un poids quelconque, etc., peut déterminer l’élévation d’une seule épaule, et par conséquent l’abaissement de l’autre.
Les moyens naturels de redresser les épaules, dans les cas précités, sont de faire cesser les
causes qui les ont déformées. — Supprimer les lisières et les chariots ; — engager, par des récompenses, l’enfant à se tenir sur la jambe opposée; puis, sur le£ deux jambes à la fois; — le faire marcher, le bras levé du côté de l’épaule basse, et la main du même bras appuyée sur le haut d’un bâton ; — ou bien le faire marcher avec une canne très-basse du côté de l’épaule haute ; on peut encore faire d’autres exercices gymiiastiques appropriés à la circonstance.
La projection des épaules en avant est une difformité qu’il faut se hâter de redresser, car elle porte une funeste influence sur la poitrine. Dans cette attitude, les épaules sont resserrées en haut, la cavité de la poitrine est ' diminuée ; l’espace qui loge les poumons et le cœur étant rétréci, ces viscères se trouvent gênés dans leur développement et la liberté de leurs fonctions. Il est donc urgent de combattre cette déviation à son début. Les moyens naturels sont :
Le saut de la corde, en ia faisant passer d’arrière en avant. — Les mouvements des deux bras, en arrière, pour joindre les deux coudes. — Les exercices gradués de la baguette, tenue avec les deux mains : on la fait passer par derrière la tête, puis on la ramène en avant, et alternativement d’avant en arrière. — Faire marcher l’enfant pendant huit à dix minutes, la baguette tenue avec les deux mains au bas du dos. Lorsque les vices de situation que nous venons
.d’énumérer, dépendent d’une déviation ou d’une incurvation de la colonne vertébrale, le cas est plus grave; le ministère d’un médecin orthopédiste devient indispensable. *
SECTION II