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DIFFORMITÉS DES MEMBRES SUPÉRIEURS

Les difformités auxquelles sont sujets les bras et avant-bras se réduisent à cinq, et ne peuvent

se guérir que par l’emploi de manipulations et de bandages orthopédiques.

1° L’extension permanente du bras et de l’avant-bras;

2° La flexion de l’avant-bras sur le bras ;

3° La flexion de la main sur l’avant-bras ;

4° La flexion des doigts sur la paume de la main ;

5° Le raccourcissement d’un bras ou des deux bras. Cette difformité, étant congéniale, n’a point de remède.

Des difformités des membres inférieurs.

Les difformités de la cuisse et de la jambe peuvent se présenter sur divers points de leur système osseux.

1° Sur l’os de la cuisse {le fémur);

2° Sur les os de la jambe {lé tibia et le péroné) ;

3° Dans les articulations de la hanche ( coxo fémorale) ; — du genou ( fémoro-tibiale ) ; — et de la jambe avec le pied ( tibio-tarsienne ) ;

4° Sur le pied et les orteils.

Les déviations ou courbures des os des jambes , reconnaissent généralement pour cause , le rachitisme , les scrofules, lé ramollissement des

os; une ’ constitution lymphatique détériorée par de graves maladies. — Viennent ensuite les habitations insalubres, la mauvaise nourriture, la dentition difficile , douloureuse qui donne la fièvre, la diarrhée et jette le sujet dans l’abattement; le 'défaut d’air pur et de propreté, etc., sont autant de causes qui abattent les enfants, appauvrissent leur constitution, retardent le travail de. l’ossification et les prédisposent aux difformités des membres inférieurs. .

On reconnaît les enfants prédisposés à ces courbures des os, à leur tempérament lymphatique, à leur diathèse scrofuleuse*, à la mollesse de leurs tissus gorgés de sérosité , au gonflement de leurs articulations, à leurs -muscles grêles et à leur gros ventre disproportionné avec le /este du corps.

g VI.

Traitement des déviations en général, chez les enfants.

Le traitement de ces difformités naissantes , appartient plutôt à l’hygiène et à la médecine qu’à l’orthopédie. — La mollesse des tissus et l’extrême mobilité des articulations, ne permettent pas l’application d’un bandage orthopédique, qui gênerait, meurtrirait la partie , sans profit. Il faut avoir recours aux soins hygiéniques,

aux frictions légères, à. la manière de porter au ' bras et de coucher les enfants en bas-âge ; ces petits soins et les attentions de la nourrice ont des résultats plus sérieux qu’on ne pense. — Si l’enfant est héréditairement scrofuleux , rachitique, archi-lymphatique , il est assez probable que la difformité dépend de ces maladies. Les lumières et la pratique du médecin sont ici nécessaires pour combattre la cause par un traitement général. On ferait d’inutiles efforts pour guérir, par un traitement local externe, une difformité dont la cause est interne , c’est-à-dire dans l’organisation même. En attaquant la maladie principale à l’intérieur, on ne négligera point les moyens auxiliaires extérieurs, pour fortifier le corps , tels que bains aromatiques, bains d’eaux minérales, bains d’eau de mer tiède; — frictions sèches ou avec des onctueux stimulants; — la promenade au grand air, à la campagne, *au soleil ; enfin , tous les agents propres à tonifier la constitution.

Le docteur Mellet , directeur d’un établissement orthopédique , et auteur d’un ouvrage estimé sur cette matière, a été très-souvent témoin de la guérison des courbures osseuses, chez les jeunes enfants, par l’emploi des moyens que nous venons d’indiquer, sans le secours des bandages mécaniques. Aussitôt que le tube digestif fonctionne bien , que l’assimilation s’opère facilement et que les muscles reçoivent leur part de sucs

nourriciers, les courbures se redressent peu à peu et finissent par disparaître. — Une recommandation essentielle, pendant le traitement , est de ne pas laisser marcher seuls ces enfants , par la raison que les os des jambes n’offrent pas assez de résistance pour supporter le poids du corps ; on ne doit les faire marcher qu’en les soutenant avec les mains, passées sous les aisselles; agir autrement serait perdre le bénéfice du traitement.

§ VII

Genoux cagneux.

Le nom de cagneux a été donné aux genoux qui forment un angle saillant en dedans et rentrant en dehors. Cette difformité se manifeste lorsque l’os de la cuisse , perdant la ligne droite , s’incline plus ou moins, en dedans, à sa jonction avec l’os de la jambe (le tibia).

C’est ordinairement vers l’âge de 15 à 20 mois, lorsque l’enfant cherche à marcher, que la déviation commence ; il n’éprouve d’abord que de la gêne à courir et point de douleur. Les parents n’y prêtent aucune attention; la déviation progresse toujours; quand le genou est devenu tout à fait difforme, alors seulement on va consulter le médecin. Pauvres mères !..... si votre éducation de jeune fille, au lieu d’avoir été futile, super-

stitieuse, eût été conforme à la raison, vous sauriez que plus le mal est récent, plus il est facile de l’extirper ; que plus il est ancien et moins il y a de chance de guérison.

En général, toutes les. causes qui produisent la courbure des os peuvent aussi donner lieu aux déviations des genoux.

§ VIII

Moyens propres â, les prévenir.

Les moyens de prévenir les déviations des genoux chez les enfants lymphatiques, scrofuleux, rachitiques, sont d’abord le régime indiqué précédemment, pour tonifier l’organisation et fortifier les membres. — Donner un air vivifiant aux poumons; l’air pur et le soleil ont une énorme influence sur la belle croissance et la santé de l’enfant; ensuite, surveiller la bonne ou la nourrice, lui défendre de porter l’enfant sur le côté, ainsi que toutes en ont l’habitude ; car, les genoux de l’enfant se trouvent dans l’enfoncement de la ceinture, tandis que ses pieds reposent sur le ventre de la porteuse; dans cette position, l’une des jambes est toujours courbée en dehors. — Défendre aussi qu’on place l’enfant debout dans les chariots à roulettes , ses jambes étant trop faibles encore pour supporter le corps.

Lorsque la difformité cagneuse est tout à fait déclarée, il faut, pour en arrêter les progrès, se hâter de soustraire la jambe à faction continue qu’exerce , sur elle , le poids du corps ; un bandage est devenu nécessaire. On doit, sans retard, recourir à l’expérience d’un médecin orthopédiste, pour le choix et l’application du bandage le plus convenable. '

La mère qui néglige ce devoir sacré, paiera, plus tard, et bien cher, sa coupable insouciance ; les difformités de son enfant, devenues incurables , seront une terrible accusation qui se dressera incessamment devant elle !

SECTION III

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