GYMNASTIQUE
L’activité physique et, particulièrement, les exercices gymnastiques pris en de justes mesures, sont un' brevet de santé et de longévité. Ces exercices, appliqués d’une manière intelligente, favorisent la fonction pulmonaire , la digestion des aliments et leur assimilation, les diverses sécrétions et excrétions, la circulation des fluides et généralement toutes les fonctions du corps. De plus, en mettant en jeu les nombreux faisceaux de l’appareil musculaire, la gymnastique active, régularise l’importante fonction nerveuse et développe la force physique. Tels sont les bienfaits d‘e cet art, en honneur chez les anciens et dont la médecine de ces lointaines époques sut tirer un si grand parti.
La gymnastique est, en général, l’éducation des divers organes du corps, particulièrement des systèmes musculaires et osseux, par une série d’exercices et de mouvements combinés. — Son but est :
1° De développer la force physique, la grâce et la beauté des formes ; — l’adresse, la vigueur et
la souplesse du corps et des membres ; — de procurer une santé robuste.
2° De stimuler le courage et l’émulation ; — de donner le sentiment de sa force ; — d’endurcir le corps contre les intempéries et les fatigues ; — de donner à la patrie des citoyens courageux , et à la famille , des chefs qui perpétueront une race vigoureuse. Tels furent autrefois et tels devraient être encore aujourd’hui les résultats des exercices gymnastiques.
D’après MM. Àmoros et Glias, les premiers qui ouvrirent des gymnases à Paris, les bienfaits de la gymnastique ne se borneraient pas seulement au développement du physique, le moral en prendrait sa bonne part. — La gymnastique telle que nous l’enseignons , disaient-ils , porte sa double influence sur le corps et sur l’esprit, lorsqu’elle est continuée assez longtemps. Après avoir fortifié le corps, elle développe les sentiments, le courage, et fournit de vaillants défenseurs à la patrie ; elle étouffe les mauvais penchants et fait naître les bons, tels que la générosité, la bienfaisance, le dévouement, enfin, toutes les vertus sociales.
Sans pousser aussi loin les bienfaits de la gymnastique , nous affirmons néanmoins qu’elle est d’une incontestable utilité pour la jeunesse, pour l’âge mûr et même pour la première vieillesse. Nous avons été témoin et le sommes tous les jours de ses merveilleux effets sur les corps
débiles et privés de santé ; on pourrait dire qu’elle reconstruit l’édifice humain détérioré. En résumé, la gymnastique est un art d’utilité publique dont on devrait multiplier les établissements. Il n’est de médecins et de philosophes qui n’aient fait l’éloge de cet art enseigné avec intelligence.
Parmi les professeurs de gymnastique moderne, se place aux premiers rangs, M. Eugène PAZ, auteur de plusieurs ouvrages sur cette matière , dont nous recommandons la lecture. Le gymnase de cet habile professeur réunit, chaque jour, de nombreux élèves des deux s.exes qui exécutent admirablement les exercices les plus difficiles. Sa méthode , basée sur des connaissances anatomiques et physiologiques , opère des transformations merveilleuses et bien dignes d’attirer l’attention des parents.
Nous n’exposerons pas ici les nombreux exercices qui se pratiquent dans les gymnases ; il existe des livres spéciaux sur ce sujet; et d’ailleurs, nous avons nous-même consacré un chapitre entier de Y Hygiène de la Beauté , (1) à la description et à la manière de pratiquer les principaux exercices de cet art; nous y renvoyons le lecteur , qui pourra y puiser d’utiles enseignements pour lui et sa famille.
(1) Hygiène de la beauté humaine, dans ses lignes, ses formes, ses proportions et sa couleur. — Chez Dentu, éditeur, Palais-Royal, à Paris.
Gomme corollaire des chapitres orthopédie et calliplastie de cet ouvrage, nous donnerons une esquisse légère de la gymnastique médicale.
SECTION I