PREFACE IX
souvent, ne peut cependant contempler sans qu'elle finu7'ie, avec indulgence ou avec dureté. Video iiieliora... Pourquoi les laissei'ait-il an silence, puis- (/u elles sont vérilables, quelles emportent le cœur du tous les hommes et quelles composent, en quelque manière, l'étoffe de notre vie? Mais, dans ses poèmes, la tristesse et l'affliction les plus douloureuses napparaitront qu'ornées des claires guirlandes de l'ironie, qui est, on l'a dit, wie pudeur, et qui est aussi une l'ébellion et une revanche.
Le choix des mots, des rythmes, la rime, l'assonance — aucune richesse ne doit être négligée — serviront le poète en ce dessein. Il saura, par Véclat exagéré d'une rime, par la rouerie d'une épithète ou le jeu trop sensible des allitérations, donner volontairement à sourire des sentiments graves qu'au même instant il chante et sans cesser d'être sincère.
Nous avons méthodiquement utilisé dans ce livre la contre-assonariœ. Tandis que dans l'assonance, le son des voyelles subsiste dans la variation des consonnes, dans la contre- assonance, les consonnes se maintiennoit dans la mutation des voyelles. La rime dit : lèvres — fièvres; C assonance : lèpres — Thèbes; la conlre-assonance : lèvres — livres; elle dirait aussi : njtîur — décor, amer — endormir; certains — l'rintemps, etc.. C'est, exécutée sur la
vieille et solide rime^ une variation qui donne à l'ouïr une impression ambiguë de liberté, de surprise et de malaise.
Celle forme peut donc être rancjée dans l'arsenal des moyens qui servent à exprimer le secret d'un poète, — si ce poète, semblable, d'ailleurs, à la plupart des hommes, se trouve en perpétuel désaccord avec ce qui l'entoure^ comme avec lui-même.
Tristan, verse dans mon verre
La légère Mousse de ce vin doré.