‹ La vérité au duc de BordeauxChapitre 4 sur 4 · PRINCES FRANÇAIS A LONDRES · texte numérisé non relu

PRINCES FRANÇAIS A LONDRES

4c II est digne de remarque que, dernièrement, trois mem* bres des familles royales de France régnantes et déchues étaient à Londres ; la grande différence de leur position respective fournit un profond sujet de réflexions sur les vicissitudes des grandeurs terrestres. Ce royal trio était le duc de Nemours^ Taîné des fils actuels du roi des Français ; le duc de Bordeaux, petit-fils du dernier roi Charles X; et le duc de Normandie, fils de rinfortuné Louis XVI. Le premier était en visite, avec sa jeune épouse, à la cour de la reine Victoria ; le second a loué un hôtel pour la saison à Belgr ave-square \ et le troisième rejeton de la royauté est un exilé, plongé dans la plus profonde misère, prisonnier à Horsemonger-lane, et qui vient s'adresser à la cour des insolvables pour obtenir sa libération. »

« L'occasion était favorable pour faire une démarche décisive qui allait sauver ou perdre sans retour l'honneur du duc de Bordeaux : rappeler ses partisans au sentiment de leur devoir, ou démasquer leur hypocrisie; en conséquence, j'écrivis à S. A. R. la lettre suivante :

« Londres, 3o novembre 1843.

« Monseigneur, « Son Altesse Royale monseigneur le duc de Normandie m'a donné l'ordre d'écrire à V. A. R. pour la supplier de daigner me permettre de me présenter devant elle et de remettre à elle-même une lettre du prince. Je m'estimerai doublement heureux si j'obtiens cette faveur, puisqu'en accomplissant un devoir, je pourrai, en même temps, déposer aux pieds de V. A. R. l'hommage du profond respect avec lequel je suis, etc., etc. »

. « Deux jours après l'envoi de cette lettre, ne recevant pas de réponse, je me rendis à Belgrave-square un jour de réception, et m'introduisis moi-même sans donner mon nom. Je fus aussitôt mis en présence de M . de Barande, à qui l'un des valets avait remis ma carte. Après le salut d'usage, je n'avais pas encore terminé ma premièpô phrase commencée

tA VÉRITÉ DU DUC DE BORDEAUX

l. de Barande m'interrompit pour me dire : « On monsieur, votre affaire, vous n'aurez pas de réponse. > vrai, répondis-je, que j'ai écrit à S. A. R. pour lui r une audience, et que l'on ne m'a pas répondu. — le recevrez pas de réponse. » — Il me semble, cepennsieur, que l'affaire est d'une assez haute importance l'on ne doive pas craindre de m'entretenir un ins- : Tout ce que je puis vous dire, T'est que vous n'aurez ponse. >► — J'ai l'ordre, monsieur, de remettre au duc aux une lettre de S. A. R. le duc de Normandie. ~ Douvéz la mettre à la poste ou me la laisser ; ce sera ;nt la même chose. » — La voici, ajoutai-je en me e vous en laisse la responsabilité ; et aussi tôt je me Deux questions se présentèrent naturellement à mon ichait-on la vérité au duc de Bordeaux, ou la connaisîs avoir le courage d'en faire sa règle de conduite ? Je ai à m'en assurer, en sommant, par la presse, les tes réunis à Londres de justifier leur conduite à l'égard ie Normandie. Dans ce but, j'écrivis la lettre suivante r du Morning-Post, journal du duc de Bordeaux, qui i la publier. Le Sun l'inséra dans ses colonnes, le bre, et le Tyne Mercury quelques jours plus tard :

« Monsieur l'éditeur,

etit-fîls de Charles X étant à Londres, entouré d'une ibreuse, doit savoir, par la presse notre seul moyen pondre avec S. A. R., que ses partisans lui font jouer idicule, s'il est vrai que l'auguste orphelin du Temple it. Le fait de son existence n'est plus un doute aujouris ce pays, où tant d'écrits et d'événements remar- )nt établi avec certitude l'évasion du Dauphin, et ; le personnage vivant à Londres, sous le nom du lormandie, est bien véritablement l'infortuné fils de /l. Ce prince, si indignement méconnu, est, par les I sa naissance, le seul roi légitime de France, roi de ondejacto.

[le que soit votre opinion sur les prétentions de ce sonnage à qui personne ici ne conteste son titre de ormandie, ma proposition est toute loyale et ne peut

avoir que rassentiment des hommes de bien, puis pour objet d'amener pour toujours la décision publiqi question qui touche à l'honneur de tous les souverains rope, spécialement à celui de la maison de Bourbor compromet gravement l'intégrité de ceux qui se diseï mistes en France.

« Ainsi, je pose solennellement au duc de Bordeau: nobles partisans le défi de prouver, par des documents tiques, d'abord la mort du Dauphin au Temple, et en démontrer que le personnage qui, depuis 1795, a end huit années de captivité, qui a été la victime dedeux t( d'assassinat, qui a été arbitrairement arraché du sein c naux de sa patrie au moment où il venait de soume magistrature son action en réclamation d'état, et qui, d'obtenir la justice qu'on doit à tous, a été violemni duit sur la terre de proscription ; de justifier, je le rép ce personnage n'est pas le fils de Louis XVI.

4c Le moment est venu de résoudre cette question d public, puisque les intrigants politiques ont amené à le jeune prétendant, qui peut s'assurer par lui-mên cruelle destinée du prince qui est, en vérité, son légit verain ; de ce prince dont la reconnaissance a été se sang royal du noble duc de Berri.

« Je somme donc ceux qui, composant l'élite de la de France, sont aujourd'hui réunis à Londres, de se a en tribunal d'examen, sous la présidence du duc de B pour recevoir et apprécier les preuves que je veux leur afin de les convaincre que leur dévouement n'est place, et que les lois sacrées de l'honneur leur comi de transporter leurs vœux, leur zèle et leur fidélité, d( tueux salons de Belgrape-square, à la lugubre prison se-monger-lane,

« Monsieur l'éditeur, ou tous ces royalistes sont coi que l'orphelin du Temple n'existe plus, ou ils n'ont ] conviction. Dans la première hypothèse, en accept défi, il en jaillira une vérité qui sera la justification conduite. Mais, s'ils n'ont pas cette conviction, il est ] d'un devoir impérieux de chercher à éclairer leur cor S'ils persistent'dans leur silence opiniâtre, la questioi

cidée contre eux, et en notre faveur ; et les citant à la barre de rnnînion publiquc, je les voue au mépris bein mérité du le. Eh quoi ! parmi tant de descendans des plus illustres les, au milieu de tant de Français si éminemment dises, ne s'en trouvera-t-il pas un d'assez intrègre et d'assez [que pour rappeler le duc de Bordeaux aux nobles senti- » qui forment le plus précieux héritage que lui légua son e père ; pour faire comprendre à son Altesse Royalç, si de respect et de vénération par les souvenirs qui serattaà son nom, que, sans ambitionner la position probléue d'une couronne, elle peut s'immortaliser à jamais, en it pour toute sa famille, à l'auguste orphelin du Temple, te du devoir et de TafFection que lui dénie sa propre sœur, a duchesse d'Angoulême, et que lui ont refusée deux 5 usurpateurs, qui ne furent que les coupables instrud'une fausse restauration légitime ; pour qu'elle ait Torenfin, de se grandir au-dessus de tous les souverains de )pe, en leur traçant la ligne de conduite qui leur est cornée dans l'intérêt de leur dignité, soit en environnant ds et de respect cet infortuté rejeton d'une race de rois, 1-même et leur égal, soit en démasquant l'imposture, s'il ai qu'ils y croient?

'^euillez donc, je vous prie, Monsieur l'éditeur, en me it l'entière responsabilité de cette lettre, la publier comme moignage que je suis fier de rendre à l'infortuné prince e partage depuis bientôt huit ans la triste destinée ; et le une sanction de la vérité, que n'oseront pas combattre jiblement les lâches détracteurs du fils de Louis XVI, ue, en conformité des actes de leur conduite passée, ils parent à mettre sur la scène de leurs intrigues légiti-

> une troisième royauté usurpée.

ai l'honneur d'être, Monsieur l'éditeur, votre obéissant eur,

« Comte Gruau de la Barre. »

désireux de m'assurer, par une nouvelle publicité, l'irrée conséquence de mes efforts à forcer nos adversaires jues à entrer ostensiblement en lutte avec nous, j'allai in ami dîner dans un hôtel français où se trouvaieijit

> de vingt à trente légitimistes venus de France pour

saluer le duc de Bordeaux. Je leur ai vainement fait envisager qu'il importait à leur loyauté d'examiner sérieusement, avec le duc de Bordeaux, là question de vie ou de mort de Torphelin du Temple, qui, lui aussi, avait droit au dévouement des ' Français, et qui était réduit avec sa famille, sur la terre de proscription, à la plus affreuse misère. Ma proposition si loyale n'a été accueillie qu'avec une impatience mal déguisée ; et j'ai dû cesser de parler le laugage de l'honneur et de la vérité à des hommes qui rejetaient le duc de Normandie, non pas faute de lumières, mais parce qu'il gênait leurs combinaisons politiques. Ils oublièrent le royal prisonnier, détenu parce qu'il ne pouvait pas payer quelques mille livres sterling; et, ne sachant s'attacher qu'à la fortune d'un roi de leur façon, ils retournèrent saluer, dans la personne du jeune duc, ainsi que le fit l'abbé d'Orelle ou Charvoz, en sortant de visiter son roi légitime dans sa prison, les hautes destinées Jutures du troisième usurpateur de la maison de Bourbon. On ne peut plus douter, je pense, que le duc de Bordeaux et ses partisans ne soient la personnification des causes antérieures qui ont fait rayer le fils de Lpuis XVI de la liste des vivans.

« Un seul légitimiste, M. le comte de B..., eut le courage d^aller voir le duc de Normandie, et de lui présenter ses hommages comme à son roi légitime. Je tais son nom, parce que des convenances sociales ou de famille que je n'apprécie point l'ont fait prier le prince de ne pas le nommer. Quant au duc de Bordeaux, il avait loué un hôtel pour six mois ; mais, peu de jours après la publicité de mes démarches, il quitta brusquement l'Angleterre.

« Le Siècle, du 9 décembre 1848, disait aussi à cette occasion :

« M. le comte Gruau de la Barre adresse, par l'organe du Sun, une invitation ou plutôt un défi en forme aux partisans du duc de Bordeaux. — Vous croyez, leur dit-il, rendre hommage au roi de France dans la personne du petit-fils de Charles X ; eh bien, vous êtes dans Terreur ; le fils de l'infortuné Louis XVI est vivant ; il est maintenant en prison pour dettes ; c'est M. le duc de Normandie, expulsé de France au moment où il allait démontrer ses droits, reconnus par le duc de Berri lui même au moment de sa mort. — En conséquence.

M. le comte Gruau delà Barre propose aux chefs de la noblesse, réunis en ce moment à Londres, de se former en cour d'enquête sous la présidence de M. le duc de Bordeaux, afin de résoudre la question, depuis si longtemps pendante, de l'existence du Dauphin de France. — S'il ne s'agit, dit-il, que d'une imposture grossière comme on a osé le soutenir, elle sera solennellement confondue ; si le duc de Normandie est réellement ce qu'il prétend être, le duc de Bordeaux est trop loyal pour ne pas rendre lui-même hommage à son souverain légitime. — Le défi, comme on voit, est nettement posé ; et, si Ton en croyait les correspondances de Londres, la lettre de M. le comte Gruau delà Barre aurait produit une certaine sensation. Pauvre légitimité ! s'il faut, en effet, la chercher dans la personne des princes, et non dans la volonté des nations ; Dieu aurait bien dû la marquer sur leur front d'un signe inefi'açable. »

« Le Journal de Francfort, du 10 novembre 1845, en traitant la question d'identité du fils de Louis XVI, par un de ses correspondans ( i) indiquait les ouvrages principaux publiés à cette occasion ; après quoi il ajoutait :

« Nous n'omettrons pas le noble défi adressé à Londres, le 2 décembre 1843, au duc de Bordeaux par le duc de Normandie ou du moins en son nom, par son fidèle Gruau de la Barre. Cet admirable courtisan de la plus grande des infortunes, malgré l'empressement avec lequel on admettait les Français légitimistes à Belgrave-Square, ne put jamais parvenir à remettre à M. le duc de Lévis la lettre dont le duc de Normandie l'avait chargé pour M. le duc de Bordeaux. — Votre affaire est connue. Monsieur, lui dit un Français qui faisait les honneurs du premier salon ; vous pouvez envoyer votre lettre comme bon vous semblera, vous n'aurez jamais de réponse! — Sur quoi, M. Gruau de la Barre, en lui laissant la responsabilité, retourna chez le malheureux prince, alors détenu pour dettes, et écrivit la lettre suivante à l'éditeur du Morning-Post ; diverses gazettes françaisses l'ont transcrite, mais plus ou moins mutilée...

« On comprend difficilement comment deux mille Fran- (1} Ce correspondant était le chevalier D** Jean de Cairo.

çais, si chatouilleux sur le point d'honneur, tant mêmes que pour le prince qu'ils encensaient, n'ont fait semblant d'être offensés par d'aussi graves ao Ce qui est sûr du moins, c'est qu'une pareille prop la part d'un jurisconsulte aussi savant que le fidèle du duc de Normandie, ne méritait pas ce dédain, ( était prêt, dans une circonstance aussi solennelle, è ses preuves devant le duc de Bordeaux et ses nobles c'est qu'il en comprenait toute la validité. »

La lettre du prince, remise par moi à M. de Barar sieur le duc, vous disait :

« Monsieur le duc, « Voilà le huitième mois que je suis en prison, monger-lane, pour dettes ; j'apprends que vous été Angleterre pour des causes politiques qui me conc fe n'ai pas été trompé, sachez que le duc d'Orléa Philippe, présent roi des Français, a protesté contre mité de votre naissance. Ce fait est connu en Angl si vous ne voulez pas y croire, vous pouvez en acque tîtude auprès du gouvernement anglais. Cette calon vous avez été l'objet, et à laquelle beaucoup de m< encore aujourd'hui, doit vous éclairer sur les intr lesquelles on s'efforce d'anéantir la vérité de mon Si vous êtes le digne fils du loyal duc de Berri, votr à côté de moi. On m'a dit que, parmi les courtisans accompagnent, il y a des gens soldés pour vous t l'erreur à mon sujet. Si c'est une nouvelle ruse deî de la légitimité, ordonnez à ceux qui vous entouren rendre compte des crimes politiques dont, depuis ans, je suis la victime, et vous vous convaincrez qi votre roi légitime. M. le comte Gruau de la Barre i de vous donner, selon mes ordres, tous les renseigne vous pourrez exiger. Vous connaissez mon adresse ; est vrai qu'il y ait des agents de Louis-Philippe dans de ceux qui vous visitent, adressez vos lettres à S( Royale Charles-Louis de Bourbon, duc de Normand!

)yez sûr qu'elles me parviendront. Au reste, je vous îue le but pour lequel on vous a amené dans ce 'est connu. Que Dieu le tout-puissant veuille vous yeux, et vous conduise dans le chemin de la justice érité ; car elles sont le devoir de tout homme, et surprinces de la terre.

« Charles-Louis, « duc de Normandie, »

ur le duc, Votre Altesse Royale a-t-elle eu connais- :es faits et de ces particularités ! Si vous ne les avez as, jugez alors dans quelle funeste ignorance on vous eus les avez connus, j'en gémis pour vous; car vous is la résolution fixe de rester tel que vous avez été juand votre âge ne vous laissait la liberté de penser os mentors. Lorsque je repris, devant la magistra- "rance, le procès en réclamation d'état, pour Jes Li duc de Normandie, je crus qu'il était de mon vous informer de cette démarche, ainsi que madame se d'Angoulême et madame la duchesse d'Orléans, îttre particulière ; je reproduis ici ces trois lettres ; >arle à votre conscience, il est bon que la conscience aussi soit éclairée. A défaut d'un autre tribunal, qui jugera les oppresseurs et les opprimés. Elle a idignation, dans toutes les feuilles publiques, contre n enfant juif par le clergé romain. Pourrait-elle touûre, quand je lui présente un. prince enterré vivant ;inquante ans ; volé, par conséquent, de sa vie, de son de sa liberté, de sa fortune ; mort méconnu, laissant is sans nom légal, sans vie civile, sans patrimoine, îrre ennemie qui les rejette, et qui honore les spoliaes proscripteurs de l'innocence ; quand, parmi les démonstratifs de la justice due aux victimes des politiques, figurent le poison, des balles, des poie nombreux assassins et d'illustres assassinés? Non ! conscience du genre humain à laquelle j'en appelle.

en faveur d'infortunés que Tindignation des cœurs g semble oublier dans leurs souffrances ; cette consciena soupit une criminelle et impie politique, j'en ai le p; ment, se réveillera bientôt frémissante, pour relever abaissement les héritiers des rois de France, que 1 sances publiques et la cour de Rome ont écrasés sans i Voici les lettres dont je parle :

« A SON Altesse Royale Monsieur le duc de Borde

€ Bréda, 9 décemb 4c Monseigneur,

vc Lorsque Votre Altesse Royale vint à Londres, je lu pour obtenir la faveur d*être admis à lui présenter m< mages ; ne recevant point de réponse, je me rendis i de JBeigrave-square ; M. de Barande refusa de m'int auprès de Votre Altesse Royale, en me déclarant forme qu'il y avait ordre de ne pas me recevoir. De la conduit tint envers moi, énergique défenseur des droits du Louis XVI, je dus conclure que Tauguste chef de votre était proscrit par l'entourage de Votre Altesse Royale, il le fut par celui de madame la duchesse d'Angoulême Votre Altesse Royale a-t-elle méconnu sciemment ou pi rance monseigneur le duc de Normandie ? Voilà le poi importe à l'honneur de Votre Altesse Royale de ne pas sans éclaircissement.

4c Le roi légitime de France, Louis XVII, est décédé ; en Hollande, le 10 août 1845 ; Votre Altesse Royale r l'ignorer : sa mort a laissé dans la douleur et le plu abandon huit enfans, qui sont les seuls Bourbons de h che aînée. Ces augustes orphelins, ainsi que leur mère, n la duchesse de Normandie, viennent de porter leui devant la magistrature française; Votre Altesse Royale déjà, je présume, officiellement informée.

4c Votre Altesse Royale, je n'en doute pas, dans cett circonstance, ne prendra conseil que de la noblesse de s timens, et se montrera digne émule du féal duc de Bei chevaleresque père, mort victime de son dévouement

î. Elle repoussera avec une magnanime îndigna- ;oupçon de vouloir fortifier ses prétentions au trône d'une légitimité politique qui ne lui appartient pas. ulera point devant un examen loyal et consciencieux en réclamation d*état, soumise aux juges du tribueine, afin de rendre hommage à la vérité, avec ia ère qui doit caractériser un prince qu'un parti poli" t dernièrement acclamé roi ; car nous soutenons que proclamer ainsi en perspective troisième usurpateur e Louis XVI .

rde comme un devoir impérieux pour moi, Mouvant de laisser entamer les débats judiciaires, de :re Altesse Royale à même de s'instruire, si elle ne d'un fait historique dont la réalité, à la honte des s européennes, ne sera bientôt plus douteux pour Tel est le but essentiel de cette démarche ; je supplie se Royale de la prendre en sérieuse considération, îns à sa disposition, si elle trouve bon de m'accorder ['un entretien. Je crois aussi devoir informer Votre yale que ceux qui sont à la tète de ses conseils ont ïn pleine connaissance de cause, l'héritier légitime i. Je lui signale avec assurance M. Berryer, qui a idement que le duc de Normandie était proscrit ; it dit qu'il arrivait trop tard, que le parti légitimiste c de Bordeaux et qu'il n'en voulait pas d'autre; que sse Royale ordonne à M. Berryer de lui parler selon ice ; il n'aura pas la hardiesse de me démentir ; j'ai rrécusable de ce que j'avance... »

Altesse Royale Madame la duchesse d'Angoulême

Madame,

Altesse Royale n'ignore point, sans doute, que l'inrsonnage qui chercha vainement à lui prouver qu'il :ère, est mort en Hollande, le lo août 1845, et que es de ce pays, convaincues de son identité avec Tauelin du Temple, ont enregistré Taae de décès, en

conférant à l'illustre défunt les noms et qualités de f France, roi sous le nom de Louis XVII.

4f, La chute de la monarchie de Louis-Philippe, arrêté violemment le cours du procès en réclamati commencé en i836, nous permettant de saisir de no magistrature française de la question pendante devj nion publique, et dont la solution fut un sujet p( d'effroi pour les diplomaties, je viens de confier le se défense des royaux orphelins à des avocats du ba Paris. Votre Altesse Royale, monseigneur le duc de 1 et son auguste sœur sont assignés pour comparaîti dience d'ici à quatre mois. Je présume que Votr Royale a déjà été informée oflSciellement de notre c judiciaire par l'entremise du gouvernement français, ne peut donc plus rester mystérieuse. Le moment d'éclairer la France et l'Europe. Le fils de Louis X\ nellement méconnu jusqu'à ce jour par la politique, v dre sa place dans l'histoire des peuples, et le mond justice à qui elle est due ; à chacun suivant ses œuvr

« En écrivant cette lettre à Votre Altesse Royale, ] je cède au vœu de Leurs Altesses Royales vos neveux < qui, avant de laisser entamer les discussions de palais mettre Votre Altesse Royale à même de traiter en f grande question qui va bientôt s'agiter publiqûemei Altesse Royale a subi de bien cruelles souffrances; s( éprouvé par le malheur, ne peut être insensible aux d'une mère et de huit enfans, que la mort de votre j frère vous donne pour co-héritiers du roi Louis XVI reine de France, qui sont ici sans appui, sans moyei tence, sans consolation humaine, etauxquels, par un de sa bouche. Votre Altesse Royale peut donner le n bonheur.

« Puisse Dieu permettre, dans sa sainte miî Madame, que Votre Altesse Royale, prenant dans constance le seul parti digne d'elle s'élève au-dessus c dérations terrestres, et s'immortalise à jamais, en m plus obstacle à la reconnaissance de la vérité. J'ai à la majesté du malheur quinze ans de ma vie, ma p

fortune, ma famille ; je crois avoir le droit d'affirmer à Votre Altesse Royale, devant Dieu et devant les hommes, par le serment le plus sacré, que l'illustre proscrit dont les cendres reposent dans la ville de Delft était véritablement son frère. 4i J'attends, Madame, les ordres de Votre Altesse Royale. >►

4i A Son Altesse Royale Madame la duchesse d'Orléans :

« Madame,

4c Des hommes politiques, qui n'ont jamais fait usage de leur autorité et de leur influence que pour sacrifier les droits sacrés d'un prince méconnu à leurs vues ambitieuses, proposent à Votre Altesse Royale une réconciliation de votre famille avec le duc de Bordeaux. Prenez garde, Madame, de , compromettre l'honneur de votre fils, en vous. prêtant à un acte qui consacrerait une troisième usurpation, si le comte de Chambord parvenait au trône de France en vertu du principe de légitimité. Le roi des Français n'ignorait point que le fils de Louis XVI existât, puisqu'il l'a fait expulser de France au moment où S. A. R. monseigneur le duc de Normandie venait de saisir le tribunal de la Seine de sa demande en réclamation d'état. Les infortunes de l'auguste orphelin du Temple ont été connues aux Tuileries, depuis 1814 jusqu'en I848. Ceux qui ont occcupé sa place sur le trône de ses pères ne sont plus ; et la royale victime de leurs persécutions a aussi cessé de vivre le 10 août 1845, Charles Xet Louis-Philippe, oppresseurs de leur roi légitime, sont, comme lui, morts sur la terre étrangère et proscrits de France ; courbons-nous devant les décrets de l'éternelle sagesse, et mettons à profit les enseignemens qu'elle nous donne. ,

4c II n'y a point d'amertume. Madame, dans le cœur des héritiers du fils de Louis XVI ; leur père a pardonné ; ses eufants pardonnent aussi. Paix aux mânes de ceux qui ne sont plus. Mais les héritiers des rois défunts ont des devoirs d'expiation à remplir envers la famille abandonnée, devoirs que Dieu commande et que la probité impose. L'infortuné fils de Louis XVI a laissé une veuve et huit enfans, qui sont ici sans

appui, sans moyens personnels d'existence, sans humaines; et pourtant ce sont les chefs de Bourbon ! Ils n'ont point de prétentions politiqu c'est avec eux que les branches cadettes devraien lier ; c'est vers eux que la vérité et la justice divin que la loyauté, les appellent.

« Vous pouvez. Madame, acquérir une paj dans l'histoire, et servir puissamment les intérêt comte de Paris, en disant, comme le féal pèn Chambord, qui reprochait à Louis XVIII son ^ Plutôt la justice qu'une couronne ! » Peut-ê rendue par les Bourbons des branches cadettes ai dernier roi légitime de leur maison provoq sympathies de la France en leur faveur. Le Fran égaré par les factions qui désolent notre belle pat moins toujours honorer les grands sentimens ( vertu pubHque; croyez-moi, Madame, depuis qi je me suis fait le courtisan des malheurs de la i méconnue dans mes rapports avec toutes les cU j'ai pu, mieux que personne, étudier Tesprit d( si la France cessait d'être en république, le ti donné qu'au plus digne; et qui ne sait pas être famille, n'est pas digne de gouverner un peuple.

« Avant peu, Madame, l'Europe connaîtra entière. Madame la duchesse d'Angoulême, A Bordeaux et son auguste sœur viennent d'être c raître devant le tribunal, d'ici à quatre mois, justice compétente prononce sur un fait dont l'es épouvanté les diplomaties.

4c Veuillez me comprendre. Madame, si Votre 1 juge à propos de me faire une réponse favorable, sa disposition pour régler avec elle et les princes d'Orléans les grands intérêts de la justice due à amis, et vous convaincre préalablement, si vous de la vérité de leur origine royale. >►

ais, Monsieur le duc, un langage si étranger aux 23 trois Altesses Royales que je fus incompris, traité )u leur entourage de téméraire, d'insensé peut-être ;

répondit pas. Mais on s'occupait de nous ailleurs; i le courant de Tannée précédente, un journal anglais

Fannonce suivante :

)lution en Europe. Lecture publique à Kings-ArmS" ighstreety Kensingson, le vendredi 20 avril, à sept a matin. La lecture sera donnée par John-Thomas esq., fils du Right Honorable Spencer Perceval, sur du dernier duc de Normandie, fils du roi de France 1, comme se rattachant aux événemens actuels du , et concernant l'opinion qu'on doit se former de té des derniers et présens souverains des cours . >►

it de Londres, du 23 avril 1849, ^^^us apprit ainsi le e cette lecture :

:ture a duré trois heures et demie; l'auditoire se coms personnes les plus respectables, qui ont prêté à val la plus constante attention. Peu d'entre elles se îes avant onze heures, et beaucoup sont restées jusi, quoiqu'il fît un très-grand froid. Quand l'orateur lans la tribune, the Court Journal (le journal de la fut remis tout ouvert; il y trouva insérée une lettre r d'un de ses correspondans de Paris, M. Perceval en ;ture en terminant la séance. Il reçut des remercîmens

des assistans, et l'un d'eux déclara que la cause souit juste, ajoutant qu'il avait assisté aux derniers î la comtesse de Broglio Solari, et que cette dame, en

avait confirmé sa reconnaissance de l'identité du

dans la personne de NaundorfF, près duquel elle térieurement introduit à Camberwell. »

a lettre, telle qu'elle est rapportée, le 14 avril 1849, urnal cité :

[rand objet d'intérêt, dans ce moment, ce sont les

Les légitimistes remuent ciel et terre pour se mé-

votes, dans l'espoir d'arriver ensuite à la restauration .... appelé duc de Bordeaux; restauration dont ît dirigés aussi ambitieusement que maladroitement

par le duc de LéVis et son collègue Villaret de Joj dépit des intrigues d'un Berryer, d'un Larocbejaquel( de Genoude et d'autres, tenez pour certain qu'il n']

moindre chance que cet de la branche

Bourbons règne jamais sur la France. La branch nous a dégoûtés de la branche aînée et du. . . . représente illégalement, puisque les héritiers légitin couronne de France ne sont pas autres que les e Louis XVI, décédé à Delft, en 1845, sous le titre c Normandie. Je sais de bonne part que le procès que tiers de Louis XVII se proposent de reprendre ( duchesse d'Angoulême, pour se faire réintégrer àz droits, et qui déjà avait été porté devant nos tribunau procès va répandre un vilain jour sur les inic Louis XVIII, de Charles X, et sur la cause de Tassas duc de Berri, qui fut le seul membre loyal de la fa Bourbons, »

Dans une lettre imprimée, publiée en Angleterre et à lord Palmerston, secrétaire d'État alors au départe: affaires étrangères, M. John Perceval mforma ce mi sens dans lequel il avait traité le point d'histoire relat de Louis XVI. Il manifestait le vœu que les souv( l'Europe ne différassent pas plus longtemps à recon famille du duc de Normandie, et à la recommander a et à la protection de la nation française. Il lui disai sèment :

« J'ai de fortes suspicions que l'existence et l'id Louis XVII sont connues de notre gouvernement, n avait résolu de méconnaître ... Si tel est le cas, Moni je ne puis me défendre delà crainte que ce royaume n sa part des troubles du continent, et c'est pour cett entre autres, que je vous adresse cette lettre ; car, si cience du devoir inspire à un homme d'intelligence d vision, je ne puis croire que notre souveraine n'aura de se repentir si elle ne revient pas au sentiment de s neur et si on ne lui conseille pas de réparer envers le du duc de Normandie la conduite si peu loyale de ne vernement envers leur père.

« ... On a prétendu que le gouvernement anglais a

ier ridentité du prince, pour sedispenserd'accom- Lgement d'après lequel la flotte française de Toulon, mvoir de TAngleterre, devait être restituée à Louis je ne saurais croire que Votre Seigneurie, ni aucun tat de la vieille roche, pût avoir agi de la sort^; sous l'un prétexte aussi vil... )>

le duc, vos journalistes se sont bien gardés de au courant des faits qui concernaient votre hon- >nt jamais parlé du fils de Louis XVI, proscrit, lanière insultante et grossière, dénaturant le vrai, 'absurde et la déraison, pour ridiculiser cette e de la plus immense de toutes les douleurs,

fut bien vivement sentie, à l'étranger, par de s, pendant qu'en France on en faisait une ignomi- ; car, madame la princesse de Galitzin écrivait au 838:

tiseigneur, nous sommes là plusieurs à pleurer sur

fatalité qui, sans aucun doute, se convertira pour :itude éternelle dans un monde meilleur. La courus y attend est de beaucoup supérieure à la couicis qui pèse aujourd'hui sur le front des rois.

j'avais à vous dire, Monseigneur, ce n'est que [ pas l'honneur d'être connue de vous ; je ne puis ^otre bonheur ; je n'appartiens pas même à cette long et douloureux exil n'a pu vous désapprendre is vos douleurs appartiennent à toutes les larmes ; vertus à toutes les admirations ; votre invincible toutes les sympathies. Il est permis à chacun de vrous Celui qui, selon l'Écriture, « fait la plaie et la

tous ceux qui ont prié pour vous ont le droit de .. »

mt ces journalistes n'étaient ni dans le doute, ni rance, sur l'origine royale de NaundorfF ; car on e Lyon, en 1841 :

uis à même, dans mes voyages, de savoir si Ton a rler de l'orphelin du Temple; je vous assure, lue son existence est tellement répandue depuis ips, qu'il y a vraiment là quelque chose de mer- T toute la France on sait qu'il vit ; on sait combien

LA VÉRITÉ AU DUC DE BORDEAUX 5j

de maux il a souffert, et il est pour tous Tobjet d'une tendre

pitié et d'un vif intérêt. Avez-vous appris q

bureaux de la France^ de la Galette de France,

a loué les renégats d'avoir abandonné la cause

qu'on leur a dit qu'on savait bien que leur perse

fils de Louis XVI, mais qu'il ne serait jama

qu'on avait des raisons pour cela ? Les légiti

avouer que la duchesse d' Angoulême pensait b

sonjrère, et qu'elle n'avait point consenti à avo

vue avec lui parce qu'il était à la tête d'un parti

sans doute républicain ! »

Ne vous imaginez pas non plus, Monsieur le c pas été question de Louis XVII dans votre maisc en 1837, qu'un de vos précepteurs avait été renvo vous, parce qu'il était trop convaincu de Texisi phin, et que cela faisait ombrage à Charles X. . M. de Carro nous marquait aussi, en 1844 :

« Lorsque j'ai lu le nom de Barande parmi 1 Belgrave-Square, j ai déploré qu'un homme a aussi instruit que lui dût avoir part aux jongle mistes. Je dois même remarquer qu'ayant très vu, à Prague, le comte et la comtesse de Serainc plusieurs fois dîné chez eux avec M. Barande, q même maison, nous avons plus d'une fois par Normandie. M. Barande ne chercha jamais à n me laissant parler tant que je voulais. Un jour Seraincourt m'avait prié d'apporter le portra enfant pour le comparer avec celui de YAbrégi frappé de la ressemblance des traits principau quelques observations de dissemblance, pour qu'il n'avait pas sanctionné la ressemblance. ] gendarmait pas, quand on lui parlait énerg machiavélisme de cette affaire. Je me rappelle qi jour :

« — Ne croyez pas, mon cher docteur, que ton me dites me surprenne ! j'en ai entendu parler à vous, et même très souvent dans l'antichamb Bordeaux.

« Il avait bien raison de dire à M. Gruau de la

^ — Votre affaire est connue ; on ne vous répondra pas. >► Monsieur le duc, mon affaire est connue ; elle est sede la plus imposante gravité. L'existence du fils de CVI a été aussi répandue que la vôtre, en France et en , bien que, le plus souvent, perfidement ridiculisée par ïurs de l'imposture, par les organes de la presse menî, et passée sous silence par les écrivains politiques, -vous qu'une société d'hommes honorables qui se reseussent voulu introduire dans leur sein un aventurier? ''ous ne le pensez pas. Eh bien, le lo avril 1842, le e Godde de Liancourt, secrétaire général de la Société e des naufragés, écrivit au duc de Normandie, à Lonsa résidence de Camberwell :

K Monsieur le duc,

i l'honneur de vous faire part que, présenté aux suffraa Société générale des naufragés, par plusieurs de ses norables membres, le conseil vous a reçu dignitaire'. Société se félicite. Monsieur le duc, du choix distingué vient de faire en votre personne... )^

crivain distingué de Saxe, le docteur Schmerbauch, fut à écrire contre le duc de Normandie par madame la se de Bouille, ambassadrice delà cour de Prague auprès lorsque la famille du prince résidait à Dresde. Croyant Drfîun imposteur, il accepta la proposition. Mais une mication que lui fît faire la duchesse d'Angoulême» découvrit la fausseté et la perfidie, lui ouvrit les yeux ; )n vaincu que l'homme qu'on voulait perdre et diffamer

frère de la fille de Louis XVL II repoussa alors avec ition l'odieux d'une complicité incompatible avec son re honorable et ses sentimens de probité ; il devint, au re, un des plus chaleureux apologistes du prince. Je

il y a quelques années, peu de temps après le décès de esse d'Angoulème ; il m'a rapporté qu'elle avait été viveressée, à son lit de mort, de reconnaître son frère, et de r à ses neveux et nièces, sinon tout, au moins une la fortune dont elle avait spolié leur père, mais que des

LA VÉRITÉ AU DUC DE BORDEAUX Sg

conseils impies l'ont détournée de satisfaire à ce devoir m rieux de sa conscience, de sorte qu'elle est morte comme avait vécu, criminellement ; sans réhabiliter la mémoire d mée de Louis XVII, renié par elle; sans rendre aux en: du fils de Louis XVI la position sociale qui leur apparti< sans réparer les désastreuses conséquences de 1 état d'abai ment auquel les a réduits sa barbare conduite envers son i et roi légitime, vous enrichissant du patrimoine des orpheli

Ce renseignement doit être vrai ; car un de mes a M. Schûcking, ancien rédacteur de la Galette de Colo^ m'a écrit le 29 du mois de novembre i853 :

« Madame Schûcking a parlé, à Darmstadt, de vos afFaii Une dame de la haute aristocratie lui a raconté que, se ti vant un jour au château de Neuburg, près de Hei berg, elle avait fait la connaissance de plusieurs familier légitimistes, qui lui dirent qu'il était bien connu que Naund était le Dauphin, mais que, n'ayant pas été élevé con prince, on n'avait pu le produire comme tel et comme Bc bon.

Ces mêmes légitimistes ont ajouté que la duchesse d'Anj léme avait été malheureuse pendant toute sa vie à cause cette affaire mélancolique et triste, et qu'elle n'avait pas mourir en paix. -»

M. le comte Du walés, aussi, a rapporté, dans des lel écrites au prince et à plusieurs de ses amis, que cette aff était connue. Lisez ; c'est lui qui parle :

«Le fatal égoïsme et l'apathique insouciance sont portés I tel point que, malgré toutes les preuves à l'appui et les fait plus probables sur une réalité non contestée, il est bien diff de persuader surtout cette classe désignée par le prince, 1 justement, sous la qualification de haute noblesse. Ils'en'trc parmi elle de bien coupables en province, et plus encore c lia capitale. C'est cette classe ambitieuse et maladroite qui simulant de ne rien savoir de la vérité sur ce qui se p depuis quarante ans, paralyse les démarches de ceux qui tra> lent à éclairer une autre classe innocente et plus nombre très disposée à croire. . .

« C'est positivement depuis l'époque qu'on appelle la 1 tauration, que nombre d'individus appartenant à la noble

ont mis tout sentiment d'honneur et de fidélité de côté. Les uns, ruits de ce qui se passait, n'ont consulté que leur intérêt el ; les autres, mus par l'ambition, ont suivi la route lis XVIII leur avait tracée et si bien indiquée en montant yône usurpé.

e faut pas se dissimuler qu'une grande partie de cette , qu'on appelle de cour, n'a jamais douté de V existence u roi-martyr; j'en ai la conviction au sujet de plusieurs onnaissance.,,

uis 1816, je n'ai pas déguisé à plusieurs ma façon de toutes les fois que l'occasion s'est présentée, et que j'ai provoquée. Cela a nui à mon avancement. On me commandement d'un régiment que j'avais formé parce étant prononcé assez clairement, on me trouva dangei Ton craignit mon influence et je fus mis décote. Nul ne, si le fils de Louis XVI, lorsque je l'aurais reconnu îl et bien véritable, fût venu me trouver, moi, et bien ^ colonels de ma trempe, qui savaient comme moi qu'il %it un légitime^ nous l'eussions conduit aux Tuileries, ivait dans la garde royale bon nombre d'aussi bien s que moi, et nous l'eussions fait reconnaître pour )i légitime, en dépit de l'usurpateur, qui aurait

s les moyens les plus subtils ont été mis en jeu pour ir l'erreur et le doute sur tel ou tel individu qui se lit. Cette conduite de Yastucieux usurpateur a telle* évalu, qu'on déverse à tort et à travers le ridicule sur i soutiennent le contraire ; et, comme il se rencontre, e pas, beaucoup de gens timides et faibles de caractère, nt convenir d'un fait qu'ils croient très probable dans e et conscience.

1 se rencontre à Alby, comme partout ailleurs, des ecrets qui, bien que convaincus de V existence réelle et xtité, ne négligent rien pour travailler en sens inverse véritéy et abusent le public ignorant. Une dame de ma sance, qui corespondait avec le prince lorsqu'il était en m'a dit que, s'étant adressée à des personnages marpour les instruire de ce qui se passe, au cas où ils ians l'ignorance, ces mêmes individus lui ont répondu :

fV^ -,

« Oui /je crois qu^il existe et que c'est bien lui ; mais venu trop tard / »

» A Marseille, Nîmes, Avignon et dans toute cette pa Midi, Topinion est presque généralement formée.

« On s'étonne que^ par rapport à celui qui se p aujourd'hui avec des preuves telles qu'elles doivent sat un homme sensé et impartial^ madame la duchesse d'i lême mette tant de persistance et d'entêtement à i prendre les moyens qu'on lui a indiqués pour s'assi son identité.

« Quant à Charles X et son fils, je puis répondre manière plus péremptoire. Je connaissais parfaitemen seigneur le duc d'Angoulême ; je lui ai rendu des s assez signalés pour avoir bien pu le juger. Son esprit étroit, fut facilement tourné par Louis XVIII, en i8ii des événements de i83o, entouré, à Compiègne, de j 14.000 hommes et de*plusieurs généraux, qui le supplia leur donner des ordres, répondant, avec un pieux ms que dans vingt-quatre heures il serait rentré dans Pari voulut obtempérer à aucune de leurs propositions, guerre lasse, allongé sur le gazon, il se lève et leur répo

« C'est fini ! il faut s'en aller ; vous êtes destinés gouvernés par un plus grand monarque, »

« C'est en i8.i6, — époque où Marassin avait ac dignement son mandat périlleux en s'immolant po bienfaiteur, — c'est alors qu'a commencé le dram< matérialiste comte de Provence remplit le premier rôle disposais à me rendre à Rouen, où une foule de perso rendaient pour tâcher de voir le personnage mystérieu; était détenu, passant pour le fils de Lous XVI.

< Peu de temps après, je fus obligé de partir poi rejoindre mon régiment. Depuis cette époque iusqu'e j*ai rencontré beaucoup de sympathie chez un grand i de personnes qui partageaient ma conviction sur l'e: du Dauphin. Dans toute la Provence^ depuis Toulon Marseille et Arles^ c'était une opinion générale,

€ En 1820, avant l'assassinat du duc de Berri, un : blement avait été organisé pour soutenir cet excellent qui voulait opérer un mouvement pour faire reconn

6a LA VÉRITÉ AU DUC DE BORDEAUX

nrodamer le roi légitime. J'étais entré dans cette noble consi avec plusieurs autres colonels, qui devaient soutenir rement. L'assassinat du prince fit tout contremander. » and monarque, Monsieur le duc, dont parla votre e duc d*Angoulême, vient de vous être révélé ; c'était le votre magnanime autant qu'héroïque père voulait )clamer en 1820 ; pour lequel il livra sa royale et gloie au poignard assassin aiguisé contre lui par Tusurdont Tambition fut de mourir roi, mais qui reconnut le son roi légitime, en ordonnant, par son testament, t déclaré roi de France, après lui ; nous en avons la a plus positive ; et ce roi légitime, c'était S. A. R. le Normandie, le père des Bourbons de Breda, que vous, uc de Berri, vous méconnaissez !

iremont écrivait, en i836, au fils de Louis XVI : 1 loyauté du duc de Berri et son dévouement pour vous, nt la cause' de sa mort, m'étaient connus; enfin, Yopde Charles X et celle de votre sœur me sont connues [820. »

leur le duc, à l'époque où parut V Abrégé des infortunes phin, publié à Londres, par le duc de Normandie, 1 î836, après son expulsion de France ; les convictions, ure de cet ouvrage, se multipliaient et se propageaient içon effrayante pour les ennemis de la vérité. Le livre ; on en prohiba la vente : c'était une nouvelle mesure •e conséquente avec la première ; mais, à l'étranger, lations du fils de Louis XVI produisaient leur effet f sur tout esprit impartial.

Faire, écrivait de Dresde, le i3 juillet 1887, M. l'abbé produit en Allemagne un assez grand effet; beaucoup s personnages s'en informent sérieusement. Il y a ours, à Carlsbad, l'archiduc Jean en a eu la première sance, ainsi que de la lettre à l'empereur d'Autriche. ; livre avec la plus grande attention ; et // a dit haute^ :e, d'une manière ou d'une autre^ un tel ouvrage exile réponse. Plusieurs ambassadeurs l'ont lu ; divers et princesses aussi ; il n*y a qu'une voix parmi tous

œux qui sont désintéressés ; mais la politique Mett laisse rien pénétrer en Autriche ; elle enveloppe t voile ténébreux, pendant que les émissaires de défaut de réponses, forgent des calomnies. Ici, on en de toutes les couleurs, quoiqu'elles se contredisent le vent: qu'importe!

Un fidèle serviteur de la duchesse d'Angoulême av de lire, à Prague, Y Abrégé des infortunes du Dauph qu'on lui en avait parlé avec légèreté, en traitant l fagots; et sous la puissante influence d'anciens préj font croire à la sainteté et à la pureté de ceux que le 1 sous d'autres couleurs, deux respectables anglais cal imposants, par leur esprit et leur caractère, d'autres p revenues de Dresde, et entre autres le comte F. et i des plus distinguées, par son esprit et par son rang, c de Saxe, lui ayant parlé de l'importance de ce li seulement il l'a lu, mais il l'a étudié ; // le trouva foi et il fut convaincu que si la famille ne le réfutait pa tiquement, elle serait à jamais perdue dans Vop monde entier. Ce sont ses propres paroles.

Après cette franche déclaration, quelqu'un lui dei qu'il comptait faire : «Leur en parler franchement, ré et leur dire que partout où j'ai été, je me suis renco des personnes de tout pays, et que j'ai trouvé la c entière, chez tous ceux qui savent lire, et qui veulei je leur entends dire qu'ils connaissent le livre et dédaignent, je ne dirai plus rien, mais je saurai ( penser ; leur silence sera pour eux une condamnatic contraire, j'apprends qu'ils n'en ont pas encore conr je leur certifierai l'eflFet qu'il produit sur les pers plus grand poids, dans la société européenne; » L( que lui a causé l'impression laissée par cette le profond. •

Un jurisconsulte très distingué de Berlin, M. B également confessé que la lecture des écrits lui avi une pleine conviction de l'identité de NaundorfF avec Louis XVI.

M. François Palacky, seul bon historien qu'ait jar Bohème, qui vous a donné des leçons de littérature al

Monsieur le duc, disait, en 1837, au docteur de Carro « que,

tait pas déjà convaincu par le livre, le silence de la

' à de pareilles imputations lui serait plus que sujfi- Son beau-père, un des principaux avocats de Prague, de même. Un mot de pareils hommes a un poids se.

ame de Kamptz, prussienne, femme d'un ministre âgée de 53 ans, et qui, par conséquent, a été dans les pendant tout le séjour en Prusse du prince, fut ques" I, en 1 841, par la princesse Valagne, sur le duc de ndie ; madame de Kamptz a répondu : « Qu'elle avait s été convaincue de son identité, et que tous les gens :s en Prusse partageaient cette conviction. » . que nous habitions l'Angleterre, un ministre de Prusse, ir d'un État italien, qui diWd\l\\xY Abrégé des infortunes uphiny a avoué, à une amie des dames Perceval, de is, qui voyageait en Italie, « qu'il était convaincu de té, >► Il a ajouté : « qu'il croyait que son gouvernement l aussi convaincu ; mais que, pour des motifs politiques, oulaient pas reconnaître le prince ; enfin, ce ministre irait comme parfaitement correct le rapport des faits à la Prusse, tel qu'il est donné dans Y Abrégé^ et il que c'était la croyance générale en Prusse que le Daudstait. »

terai encore ici le prince Esterhazy, qui fut ambassadeur ires pendant que le royal proscrit y résidait, et qui, es conversations intimes et privées, ne déguisait pas sav ce que le prince était véritablement ce qu'il disait être. 840, un procès en diffamation, que le prince et moi îmes au gérant du Capitole, me fournit l'occasion de ', à Paris, un mémoire judiciaire, dont le pouvoir n'eut hardiesse d'arrêter la marche ; car j'étais en cause, et pouvait pas mg chasser de mon pays. Ce mémoire, je ibuai gratis dans Paris et dans les provinces. Était-ce ivre sans portée ? un assemblage de mots insignifians point de vue de l'histoire et de la logique, comme le us les écrits de nos contradicteurs ? Ceux qui l'ont lu, nce et à l'étranger, vous diront ce que m'écrivait un lomme d'Allemagne, en 1841 :

|-T i^lW

Ce mémoire est tellement tait pour entraîner la que ceux qui, après avoir lu, doutent encore, sont c ne veulent pas croire et avec lesquels il est inutile d( latin. Admirable et irrésistible, il a fait des croyans comme auparavant à Munich; Tenvoyé extrac ministre plénipotentiaire d*une cour royale à celle été frappé au dernier point de tout ce qu'il a mémoire, qu'il a emporté à Berlin avec la ferm d'en parler. La première chose qu'il dit, ce fut :

« Maintenant, je comprends à merveille comm roux de Dieu s'est appesanti sur cette dynastie, et c n'est que le plus juste des châtimens. ^

De 1846 à 1848, j'ai fait paraître, en Hollande, l( dévoilées, ou Louis XV IL dernier roi légitime Voici comment le docteur de Carro l'apprécie dans de Carlsbad, de i856 :

« Les persécutions que le malheureux prmce a e de sa propre famille, qui le tint dans l'exil, les cac bu du monde entier, sont fidèlement décrites dans l< dévoilées ou Louis XVIL dernier roi légitime de à Versailles le 27 mars ijSS et décédé à Delft, e\ le 10 août 1845, par M. Gruau de la Barre, avocai du roi sous Charles X.

« C'est à cet ouvrage que je réfère tous ceux ( connaître la vérité.

« Un habile diplomate piémontais, M. le comte avoir lu ce chef-d'œuvre, me dit : « Jusqu'à prés trouvé dans Y Histoire de France qui correspond à Louis XVII que des erreurs ou des omissions. I M. Gruau de la Barre a tout rectifié ; tout, dans se est clair et lumineux. »

« L'auteur, en qualifiant Louis XVII At dernier \ de France, proclame l'usurpation de Louis X Charles X, qui régnèrent, en effet, du vivant de dont personne mieux qu'eux ne connaissait l'exist

« Un gentilhomme fort distingué, qui devait partie de son bien-être aux Bourbons, me réponc profondément navré, après avoir lu M. Gruau d lorsque je lui demandai ce qu'il en pensait : « Je f

LA VÉRITÉ AUr DQJG DE BORDEAUX

ons ne le réfutent pas^ ils seronty à mes yeuXy, ks ies derniers, »

r serions assurément Jort embarrassé SindiqiUer un âge dans lequel on ait seulement tenté de véjuter ; delà Barre, qui reste t épouvantait des légitimistes^ oli me tangere.

'est borné à des déclamationSy à du scepiiicisme, à d» ^e; mais partout on y trouye une crasse ignorance [paux faits. -»

litedu procès de i85i^jugé politiquiemeat, c'est-àraison, sans vérité, sans justice, j'ai encore publié à.

Politique point de justice, o.u Répablique judiciaire luse des héritiers du d-uc de Normajîdiev contre mair fuchesse d'Angoulême, monsieur le duc de Bordeaux le la duchesse de Parme . »

ement, j'étais en Belgique; un avocat de ce pays, qui >int examiné la question historique relative au Dautageait Terreur commune, et le croyait mort dans la emple. Un monsieur de ma connaissance lui doanA Politique point de justice; quand il rendit le livre^ e n'ai pas besoin d'autres preuves \.,. ^ dans l'année i858, M. Flatau, libraire-éditeur à. a publié ma réfutation de l'ouvrage de M. de Beau- Louis XVII, sa vie, son agonie, sa mort, » sous k

hn, Louis XVII n'est pas mort au Temple, ^

ier ouvrage, potnr- éclairer les consciences erronées en > de bonne foi, n'est pas moins substantiel que les n'a pas moins satisfait le public impartial. Quand il ; lettre: d'Angleterre mt'informait qu'ua gentilhomme ouvait,. ma réfutation triomphante, et qu'un autre,, aison avait um moment sommeillé, endormie sans; charme du récit de l'écrivain,, a^rès m'avoir la, a i satisfaction par ces paroles : «. The comte (M. de la. tsupB^auckesme^Lasm and Gomùi mjostcapiùdly.y^ lire r le: comte a démoli de fond en comble Beaur isneetGomiA.

pap?^^ •

4c Votre réfutation,.)*» m'a. aussi écrit de Paris un homme d'un esprit supérieur et d' une: grande probité;,. « devrait exciter ^ les plus amers. regretij chfizFaudacieux auteur ainsi aplati:, s'il avait fait œuvredfe conacience, et qu-ii^se fût involontairement mépris : mais il y a longtemps que vous Tavez écrit, et triomr phalement démontré : En politique, point de Justice. »-

Monsieur le duc, puisqu^on m'oblige à justifier le mérite de ma croyance, et la démonstration qjii'en donnent mes écrits, par des témoignages désintéressés, il faut. bien que je mette toute modestie de côté, dans l'intérêt de la v»érité méconnue, et pour lui rendre hommage par des bouches qui ne soient pas saispectes. C'est pourquoi je mets encore sous vos yeux, ce passage d'une lettre d'une noble comtesse, qui nous a^ écrit de Russie, le mois de mars dernier :

4( Je viens de lire deux ouvrages qui ont attiré toute: mon attention); celui de M. de Beauchesne, etla réfutation, par M. le comte Gruau de la- Barre. J'ai été pénétrée d'admiration pour l'ouvrage de ce dernier... Mais, je crois que: toute âme bien.née doit penser comme lui. Jusqu^à. présent, j'avais- font peu entendu parler du sujet.de. cet ouvrage,, dont lai vérité profonde devrait frapper les plus aveugles^ Je crois: fermement à œtte vérité....»'

Vous le voyez, Monsieur le duc, tout le monde a eu les moyens de s'éclairer, et nul ne peut prétexter une ignorance invincible pour demeurer dans son aveuglement. A moins que de vouloir être calomniateur, quiconque n'a pas lu doit se taire, ou ne pas juger ce qu'il ne connaît pas; ne pas condamner, par la préventioui^en se faisant l'écho d'inimitiés politiques attentatoires au. repos de l'innocence, une famille royale qui, d'après toutes les lois sacrées de la riioraie. et de Fhumanitfi;.a droit aux respects de.tous, ne fût-ce que par ses malheurs, dont la cause ne peut? lui. être imputée;, puisqa'ils sont dus auXxiniquitést derFordre social, politique- et. r«eligieux des gouvernemens de l'égoïsme.. Quant à.ceux qjoi, ayant lu. la défense dest opprimés royaux,, neles. diflfiament. pas mains, j'p ks.livre, à lâurconsciânce.et.àla.JMStice. de. Dieu.. L!opiaian ftublique,. carrompua ellôTmème,, nJa^ plue la^ puis£îmcs:du bien^^etse £ait conrplice^. tout enile& déplorant,, des^sûuffcances 9a désûlenti là» tâCTiCL..

is bien que, dans la Revue comtemporaine de Tan der-

r ordre probablement, on a écrit :

mt aux preuves que M, Gruau de la Barre produit pour.

son dire : elles sont rares, hélas ! et nullement contes.,. ^

itre, vous aussi. Monsieur le duc, penserez-vous de ;i, comme l'écrivain de la Revue contemporaine, vous pas lu nos ouvrages. D'autres que moi vous ont déjà utres vont vous dire encore leur sentiment sur nos ; et c'est le jugement de personnes trop honorables, l'ir n'y ait pas abnégation du sens commun en le . Quant à moi, j'ai la témérité de joindre mon témoi- . ceux qui ne sont pas à dédaigner, et, je le dis sans î, parce que j'en sens toute la valeur, c'est celui d'un

homme, qui peut affronter la calomnie et ne la craint ii fut juste et vrai dans toutes ses voies, et, qui arrivé e soixante-quatre ans, descendant dans sa conscience, :iment intérieur de n'avoir jamais manqué à l'honneur, ui d'un ancien magistrat de la Restauration, qui, par neht à ses principes de légitimité et, pour ne pas servir pateur, s'est démis de ses fonctions en i83o, le jour ù LouiS'Philippe avait été nommé lieutenant-général lime. Depuis i836, que j'ai connu le fils de Louis XVI, lis dévoué à la défense de ses droits sacrés, et je me pauvre en l'assistant de ma modeste fortune. L'intérêt la vérité, les droits d'orphelins dépouillés et malheuinnocence des petits-fîls de nos rois sacrifiée aux soralculs de la politique, sont donc l'unique cause qui le à la famille royale de Breda, à qui j'ai fait l'abandon

mon être, pour concourir à l'obtention de la justice est due, et m'efforcer de lui assurer, avant ma mort, jtence au moins supportable.

>nviction n'est pas de celles qu'on peut traiter avec mé- Time l'ont fait certains organes de la presse, car elle a se tous les élémens de certitude qui constituent l'évit plus palpable, la plus manifeste. Pour résoudre avec i la question, je suis remonté jusqu'aux jours à jamais des désastres de la monarchie ; je l'ai approfondie par len consciencieux des temps postérieurs jusqu'à nous.

Je me suis livré à une investigation sérieuse, comp une enquête historique, embrassant cinquante année et d'événemens qui s*y rattachent. J'ai été l'ami in conseiller du duc de Normandie pendant neuf ans ; j dié avec détail ; j'ai pesé ses paroles, ses révélations venirs ; je les ai confrontés avec une foule de mémoii riques, de témoignages modernes, et toujours, toujou trouvé d'accord avec la vérité, avec des vérités qu'il n pas inventer. Il a donné l'explication de crimes d'£ les historiens aveugles recherchent encore les cause tifîé de nombreuses erreurs accréditées par eux, à l'é quelles le fils de Louis XVI seul pouvait nous do lumières certaines. J'ai vu et interrogé tous les ancii teurs de la cour de Louis XVI, qui l'ont reconn Dauphin... Qui de vos amis. Monsieur le duc, et de vains peut vous en dire autant, et justifier son incré( la raison, par l'honneur, par la conscience, aussi r ment que je sanctionne ma croyance? J'ai lu et com des faits incontestables, par des documens officiels témoignages honorables, tous les écrits qui ont paru < prétentions de Naundorfî, et jamais une voix ne s'( pour me démentir logiquement.

Est-ce là une conviction basée sur des preuves rare; ficielles. Monsieur le duc ? Un gentilhomme de n honnête homme selon Iç Dieu de vérité, et non c( honnêtes gens de la politique, ne croyait pas qu'il fû de démontrer d'une manière satisfaisante, que Naunc le Dauphin ; il a passé vingt-quatre heures avec moi, nier; rendu chez lui, il m'a écrit :

« — Je vous ai quitté le cœur et l'esprit bouleverse rant votre dévouement, et me disant sans cesse : Ei vrai ? est-ce possible ? sur toutes les graves questioi présentaient en foule à ma pensée ; car c est en chercl fortifier dans mon incrédulité que f ai acquis d^aborc tes, et ensuite une conviction qui m'accable, »

Mais, Monsieur le duc, pour se faire une opini< soit pas erronée, il faut vouloir voir clair, et ne pas ( question dans la parole de gens hostiles, qui n'ont (

jro LA VERITE AU DUC DE BORDEAUX

trage à la (boache, ta haine dans le cœur, la jnaovaise foi et rhjrpocrisîe'pfoor ralsoniieinent. Fuir la lumière, c'est s'avouar varncu. Acceptez celle que je vous offpe ; soyez maîtrede voubmême ; mspirezjvous devos propres pensées et non de celles des autres, pour chercher, dans un examen :sinaère, à vous former un jugement qui soit le vôtre, dégagé d'influences qnc tant de causes, auxquelles vous ^n 'aviez •f)aBicéfléchi peut-^êôre, doivent vous rendire suspectes aujourd'hui. >LeB deux lettres qui suivent sont de iSSy, et d'un prêtre. qui futconmi, estimaé et considéré des Bourbons. Ge sont là des témoignages piopres à faire irapression «ur un cœur aussi religieux que Ue v^e.

4( Le curé de.., (i) à Son Altesse Royale Monseigneur le duc de Normandie.

«"Monseigneur,

« .... Vous êtes le chef de la grande Famille à laquelle nous appartenons tous. Conibien de fois n'avons-nous pas été, nous qui avons eu le bonheur de vous connaître, avec tant d'autres, nous qui avons si souvent. et si familièrement conversé. avec vous, combien de fois n'avons-nous,pàs été a même d'apprécier toute la bonté de votre cœur dans cet abandon total que vous faites de vous-même à la France. Vous vouliez bien nous donner le glorieux titre de vos amis. Cette expression était de la plus grande justesse; nous sentions tout ce qu'elle disait. Monseigneur, dans la bouche de Votre Altesse Royale. Mais, lorsque ensuite nous redescendions en nous-mêmes, lorsque nous voulions nous rendre compte de nos sentiments, ce ne pouvait être de l'amitié, ce n'était pas du respect, ce n'était pas la piété filiale, c'étaient tous ces sentiments réunis. Nous étions heureux; oui. Monseigneur, et moi-même, au milieu de mes peines, depuis encore, je. n'ai eu besoin, pour trouver des consolations, que de me rappeler nos différents entretiens à Paris, k Saint-A., (2) à R. (3)

«11 y a longtemps. Monseigneur, que f ai grande envie de vous écrirp, à vous-même; mais je ne trouve jamais rien qui soit digne d'occuper vos pénibles loisirs sur la terre d'exil.

(i) .Ramhauillet.

(2) Saint-Arnoult.

fS) T^ambouHlet.

LA vinrrÉ au duc oe sommsaux

«... J'ai vu, au mois de jaûvier, quelque&^iis ( 4imis de Vtrmiiks; ils sont devenus bien sérieux; pas reconnus. Vous aurez peine à croire, Monseij A'testpkis quesmmde ces petites iiistoires «innusa compte de Loiu>is XVIi; soit qu'on em ait reconnu que la matière <en soit épuisée, ou qu'oa pense bi€ détruit pas de soiides raisonnemens^ des Jiuts ina des preuves totis /es f ours pins mtUiipliées^ par de plaisanteries, d'insipides anecdotes inventées à pk 9e détriirisent i*une Taoïtre*

« ie me garde bien de imettre au nombre de ce -de la légitimité M, ieduc de Ciiepreuse ei mmdmtu morency-y -sa sœur^ quelque conduite que la peur I tenir. Je pense, Monseâ^eur, que vous aureE € fsanice de mes entretiens au sujet de Votre Altesse I

•« M. le duc désire sincèrement te succès d'une si 1 il m'a envoyé denaièrenaent, pour la troisième fi pour me proposer une certaine conrespondanoe ^li secrète; la prudeskcede cet excellent ^homme ne pe grande. Cette vertu est cdk de pliasieurs autres tfu'on trouve au nombre de vos amis.

m Madame la duchés^ de Montmorency crok fi voire identité, Monseigneur; sur Tautorité seulcme tin, qu'elle a vu tant de fois, dont die a connu et tement toute Thistoire; eiJe la défend avec chaleut contre ious..,.

« Je suis, avec le plus profond respect, Monsdgi

« P.-J.-J. (i), curé de '

La seconde lettre fut écrite à M. le curé Appert, è

« Mon bon ami I ^C'était en /S/^jf, joqr de la Fête-Dieu, sous le Paris, à Montmorency; le chef soi-disant des Bouri d'être reçu dans la capitale de la manière la piu^ qui se puisse imaginer. Plus de cent mille âmes, s aller à sa rencontre, Pavaient escorté depuis Sain £gurais, comme vicaire, à la belle procession du S

d) Jony.

(2) Rambouillet.

LA VÉRITÉ AU bUC DE BORDEAUX

fn reposoir fixait, sur tous les autres, l'attention des il représentait un arc de triomphe : une chambre, itenir douze à quinze personnes et différents instrumusique, avait été adroitement pratiquée au-dessus, lent où le Saint-Sacrement passait sous cet arc, les s, qui n'avaient pas encore paru, font, du haut de mbre, retentir Tair dé ces touchantes paroles : 4t Où Hre mieux qu*au sein de sajamille / ... »

; puis vous dire combien je trouvai l'application heua style figuré, c'était le roi des rois descendu au milieu nfans ; et, à la lettre, une grande, belle et auguste que le malheur avait tant éprouvée et qui s'était vue s^ Ds abandonnée à elle-même, venait de retrouver un véritable père. Vous pensez, mon bon ami, avec les is que vous me connaissez, que je dus me trouver et que bien volontiers je répétai depuis cet air devenu

temps national : « oti peut-on être mieux »

^RE BONHEUR REPOSAIT SUR LE MENSONGE, ►us nous trouvions dans une illusion complète, et joutions sans remords. Véritablement heureux, vous, 1 ami, vous êtes entouré d'une belle, auguste et nomimille, que vous avez tant désiré voir, qui vous adopte

le comme vous l'avez adoptée

:oup d'oeil jeté rapidement sur le baromètre politique re aux bons amis de notre bien-aimé prince, à Varie sérieuses réflexions. Je les ai vus dernièrement. Ils i dire « que le duc de Bordeaux ne peut nous tirer de politique qui commence, et que nous serions trop d'avoir un pfince doué des qualités que nous donnons îusement à notre Louis XVII. » Celui qui tient le » princes entre ses mains sait donc aussi déconcerter les es autres hommes, ou les ramener, quand il lui plaît. Heurs sentimens.

comte de Bréon me force de finir cette lettre pour er avec lui.

« J.-J., curé de ***. »

encore quelques paroles graves, Monsieur le duc, du e Foscolo, patriarche de Jérusalem, qui écrivit au 5 Trévise, le 9 décembre 1 838 :

LA VÉRITÉ AU DUC DE BORDEAUX ji

« Monseigneur,

« Oh ! qu'elle soit bénie la main de la Providence qui vous a conservé à notre respectueuse affection ! Je viens d'apprendre par quel affreux attentat vos jours si précieux ont été encore menacés, et j'en ai le cœur malade d'horreur et d'indignation. Mais les misérables qui soudoyaient les assassins de 1834, qui soudoyèrent ce dernier du 16 novembre, peut-être les mêmes, comment ne s' aperçoivent- ils pas que ce sont précisément ces lâches tentatives^ si obstinément réitérées, qui proclament, et bien hautement, les droits de Votre Altesse Royale, les droits de la vérité et de la justice ?.. »

Cette affreuse logique des assassinats. Monsieur le duc, a été sentie par vos journalistes ; la royale victime ayant survécu au poignard et aux balles homicides, ils ont eu l'atroce cynisme de nier les attentats et d'insulter au prince, condamné à mort par la politique, en l'accusant de s'être assassiné luimême ! Il y a de bien horribles mystères dans l'histoire du fils des rois qui, parce qu'il était de trop aux yeux des puissances qui se seraient déshonorées en le reconnaissant tardivement, a été jeté en pâture à toutes les hideuses passidns de Tégoïsme.

Le chevalier de Carro, vous le savez, célèbre docteur en médecine des facultés d'Edimbourg, de Vienne et de Prague, était praticien à Carlsbad. Ce gentilhomme, mort dernièrement, fut estimé de toute l'Allemagne, et tenu en haute considération, je pourrais presque dire en Europe, par de nombreux et éminens personnages de toutes les nations qui, dans le cours d'un demi-siècle, ont eu l'avantage de le connaître à Carlsbad. Il a eu l'honneur de vous être plusieurs fois présenté, Monsieur le duc ; madame la duchesse d'Angoulême avait la plus haute confiance dans ses lumières. D'un discernement supérieur et d'une probité sévère, son amour pour la vérité Ta rendu un des plus ardens défenseurs du duc de Normandie ; en conséquence, son jugement ne vous sera pas suspect, et toutes ses paroles sont d'une importance majeure dans le sujet dont je vous entretiens, car elles ont été désintéressées et lui ont fait éprouver de biens sérieux désagrémens, qui ne

Tont point empêché de communiquer et de soutenir sa conviction, depuis 1837 jusqu'au jour de sa mort, tant verbalement que par écrit, et notancnnoeiit dans ses Almanachs de Carlsbad, dont le dernier (i856) contient un long article sur le fife de Louis XVI.

Nous avons eu avec ce gcfntilhommerecommandable une longue correspondance qui n'a cessé que par sa mort, et dont plusieurs extraits vous »ont déjà conwQS. Si je pouvais la fawe passer sous vos yeux, vous y verriez des personnages de la pkis haute naissance, de toutes les nations, qui, après avoir bu nos publications, ont été irrésistiblement convaincus que NacrndorflF était te fils de Louis XVI, et qui n'ont pas craint de confesser énergiquement leur façon de penser. Tous ies croyans à Louis XVII, je vous l'assure, ne sont pas des geaM de peu, comme le disait, non moins fatuitement qu'improprement du général Pichegru, le prince de Talleyrand. La phipaitt peuvent marcher de pair avec les plus nobles de votre noblesse; beaucoup même auraient le pas sur elle. Je pourrais vous nommer des princes, et plus d'un roi, dont les sentimens vous rendraient aujourd'hui honteux, ou de votre ignorance, si vous ne connaissez par l'histoire de Louis XVII, ou de votre méconnaissance du chef de votre maison, si vous la connaissez, parce chaque conviction honorable est une accusation contre ceux qui ont repoussé Louis XVII et qui rejettent ses enfans. Voici encore quelques passages des écrits du chevalier de Carro :

« Madame la duchesse d'Angoulême ayant eu, à Carlsbad, en i836, un érysipèle très-grave de toute la têt«, j'eus l'occasion d'observer ses traits avec l'attention la plus scrupuleuse- Cette princesse avait, «n général, les paupières rouges, par suite, disait-on, de tourtes les larmes qu'elle avait versées sur les malheurs de sa famille. Sans douter le moins du monde de toutes celles qu'elle versa à ttant de titres, j'observai, cependant, que cette rougeur n'indiquait aucune inflammation, mais que c'était une couleur rosacée fixe qui rendait ses paupières presque transparentes. Eh bien 1 mademoiselle Amélie avak la même couleur transparente des paupières, qui n'en étaient pas moins fraîches.

« Les quatre dents incisives de <k mâcboive supérieure de

lîaagBste tante, au Iten de former un arc dentaire, étale droite ligne. Cellfâ de mademoiselle Amélie, qui étaler fraîches et bien tenues, avaient la même position.

« La ressemblance des enfans prétendus Naundorfi les Bourbons, étant presque phénoménale, n*échappa mes observations, dans divers singuliers détails.

« La* famille possédait, à I>resd€, quelques anciens po de Marie-Amoinette dans sa jeunesse, ressemblant étor ment à mademoiselle Amélie.

« Le fils aîné, Edouard, ressemblait, par sa taille et ] démarche, à M. le duc de Berri.

>« Pendant mon séjour à Dresde (i836-i837), jevoyai: vent le comte et la comtesse de Choiseul-Goufïier. Cette < née comtesse de Tyzenhaus, polonaise, s'intéressait «vivement à Louis XVI [ et à sa famille. Ayant pn •madame la comtesse à mademoiselle Amélie, elle fut s faite de tout ce qu'elle vit et entendit, et surtout très-fr de l'extrême ressemblance qu'elle trouva dans les beauA •noirs d'un des enfans avec le regard sournois de Louis J

4c A moins de reconnaître, par un acte public, l'ident la famille Naundorff avec celle de Louis XVII, la respe cour de Dresde me semble avoir bien prouvée tacitem conviction par son hospitalité.

« Le feu roi Antoine de Saxe disait souvent : « Je ne derai point si M. Naundorff est ou n'est pas roi dé Fi mais je désire sincèrement que tousses vœux s'accompliss

« Depuis nombre d'années, un M. de Lengerke, vi^' Dresde, jadis consul à Philadelphie, fréquente Carlsbad, lui raconte, au primemps, ce que j'ai appris d'intéress; de nouveau sur le prince, pendant l'hiver. Il m'a dit q faisait une fête de parler des aifaires actuelles de Son A Royale à M. de Lindenau, ministre de l'intérieur du roy de Saxe, qui est, idh-il, un vrai croyant et Ta prouvé { noble conduite dans l'affaire de la notification de non pi gement de séjour pour la famille du prince.

« Le baron de Leysser, Heutenant-général saxon, a pai prince avec conviction et fait de grands éloges de son ( Hère ; et le vieux lieutenant-général et commandant à D jtt. de Gablenz, «ait à un comte polonais, dont la foi ]

pas encore bien ferme, que le prince était bien positivement ce qu*il prétend être. Cette assurance de la part d'un vieillard si haut placé fit un grand effet. Je Tai entendu moi-même, à Carlsbad, s*indigner contre quelqu'un qui exprimait ses doutes sur ridentité de Naundorff avec Louis XVII.

« Parmi les nombreuses personnes de distinction auxquelles j'ai parlé, dans l'été de iSSj, à Carlsbad, del'affairedu duc de Normandie, se trouvait une famille polonaise d'un très haut rang, qui y prit l'intérêt le plus vif, ce dont on ne peut douter en lisant les passages ci-après d'une lettre de l'excellent seigneur polonais :

«... La réponse du duc de Normandie aux propositions qu'on lui a faites est noble et pleine de dignité. Il est impossible de ne pas faire des vœux pour un prince qui se montre si digne d'occuper un trône. Mais les vœux, quelque flatteurs etardens qu'ils soient, ne valent pas les gros bataillons ; et malheureusement nous voyons que c'est le plus fort qui donne la loi ; que ce n'est pas la justice et le droit qui prennent le dessus dans les affaires de ce bas monde, mais bien l'argent et les baïonnettes. Voilà pourquoi la vie future est un complément indispensable pour expliquer la justice divine.

«, Le prince a bien fait de retirer sa famille de la cage où le roi de Prusse l'invitait à rentrer. Il est sûr que l'adresse mise à la lettre envoyée à la famille du prince est originale et laisse un grand champ aux réflexions Elle pourrait presque être un document, une reconnaissance tacite,... »

« A l'occasion de l'expulsion de Saxe, de la famille du prince, un noble anglais m'écrivit aussi, en 1837:

« La conduite du gouvernement saxon envers la famille persécutée du duc de Normandie serait surprenante, si nous pouvions nous étonner de tout ce que la diplomatie peut machiner et accomplir. Néanmoins, les véritables sentimens de la cour de Saxe se révèlent avec évidence : ils ont virtuellement reconnu le duc...

« Une seconde lecture des mémoires du duc de Normandie a plus que confirmé ma première conviction et excité en moi un sentiment de dégoût, mêlé à une profonde pitié pour celte qui a pu souffrir qu'on la détournât de ses devoirs d'affection et d'humanité, au point de céder aux suggestions perfides de

ceux qui lui ont persuadé que madame de Rambaud, à son âge, n'avait pu faire un voyage pour la voir.

«... J'ai, au surplus, la confiance que la honte et Tignc seront le lot de ses oppresseurs... ^

« Mon fils Pierre, ayant parcouru la Hollande pour se près affaires, m'écrivait de Bruxelles, le 9 décembre i85

« Je me suis arrêté quelques heurésà Delft. J'y ai visité le tière public, et lu de mes propres yeux, sur la pierre qu vre la dépouille mortelle du malheureux fils de Louis ] de Marie-Antoinette :

« Ici repose Louis XVII, Charles-Louis, duc de Norm « Roi de France et de Navarre, né à Versailles le 27 mars « et mort à Delft le 10 août 1845. »

« Comment imaginer que le gouvernement hollandais pçrmis une telle épitaphe publique, sans être sûr de p( la justifier ? On n'a pas même entendu parler d'aucun testation contre un aussi sanglant affront, de la part des bons ni des d'Orléans, qui n'y auraient certainement pas que, s'ils avaient eu la possibilité de prouver que le Da était mort au Temple en 1795, et non à Delft en 1845.

« Je connais deux hommes d'État fort distingués j'avais instruits de la biographie de Louis XVII, quia toujours répugné à ajouter foi à cette histoire, et qu devenus de fermes croyans depuis qu'ils ont appri M. Naundorff figure dans une épitaphe publique, à comme roi de France et de Navarre et autres titres roya

« Certes, tous ceux qui s'apitoyent sur le sort des Bon et des d'Orléans peuvent s'en dispenser. En voyant le c Bordeaux, plus généralement maintenant nommé cor Chambord, n'avoir pas d'héritier en ligne directe, on esi que tenté d'y voir un juste châtiment de Dieu.

« Je disais en 1842, à qui voulait l'entendre, que ce prince n'a qu'un seul moyen de s'immortaliser dans l'his c'était de se rendre à Londres, de demander au duc de mandie les preuves de ses prétentions, de lui prêter foi et mage, comme au chef de sa famille, si elles sont fondé( de le prostituer aux yeux du monde entier, si elles ne 1( pas.

4i De tous les Français qui ont visité Belgrave-Square, ;

plus fortement indigaé que M. de Chateaubriand, quiv

daigné relever le gant jeté par M. Gruau de la Barre; it couveitt de gloire en confGuidaat Timposture tout

en reconnaissant la victiniie.

elques personnes, absoluiaient étrangères à me», relartc la Éamille royale proscrite,, m'ont reproché, mais s confidentiellement, qu'après av<)ir don né à Carlsbad, t trois saisons, — i833, 1834. i836, — des Stoins- à e lav duchesse d'AngouIême, j'étais ingrat envers elle lant un si vif intérêt à la cause de son frère,, si généit méconnu et traité d'imposteur. Je fus, il est vrai parnt content et à tous égards de l'auguste princesse, jedetoutce qui l'entourait; mais elle eut, je pense, tour aisons possibles de l'être de moi... Nos comptes étaient glés ; et assurément aucun devoir ne m'interdisait dé les affections à son malheureux frère^ et, après lui, de sacrer à sa nombreuse et intéressante famille- Dans de de morale chrétienne estril prescrit de préférer la es oppresseurs à celle des opprimés, surtout quand il

entre let médecin et les clients aucune obligation quel- , pas même la simple relation^d'identité de nation...

voudrait pouvoirjustifierladéfunte sœur de Louis-XVIIi, lias ! c'est impossible. On la nommait la malheui^euse noi, je ne pus la nommer que la criminelle sœur. Elle

pas besoin qu'on lui ouvirît les yeux.; j'aii toujours [ue c'était le cœur qu'il eût fàlla Lui* ouvrir. Quand, de i836, son malheureux frère renouvela ses demandes

instantes pour se faire reconnaître par elle, elle fut ante,. dure, inconcevable..., Pourquoi? En le reconjt, elle devait lui restituer oudiu moins partager axec

les biens, trèsrcon&idérables qui appartenaient ai ee or„ce qui est bon à pr<endre est bon. à garder, ist au grand jour des rétributions^ oui il n[y aura pas ancepojurles: princes et une. pour les peuples, que tous nés seront jiugés et' punis». Malheur au^.fràces.et à la

veirtumcE LûuisXVI 1

tte masse de. peuples,, qui partoul^t ctmnt cauaHiet W. perdes rois, auraient un grand argument de plus, dansi la

preuve des turpitudes dynastiques.de Louis XVIII et a contre Louis X.VII et sa mémoire.

4i J'ai su, ea 1841, que le jeune baron de Talleyranc ché à l'ambassade de France à Vienne, ayant vu, en I madame la duchesse de Montmorency, cette dame qu'elle avait Tintention de faire un voyage à Goritz, au lâi duchesse d'Angoulême, qui était malade, pour lu comprendre qu'approchant de sa dernière heure,, elle reconnaître son frère et lui faire rendre justice..

« Pendant l'un des trois séjours de la duchesse d*I lême à Carlsbad, à une époque où l'histoire du duc d mandie m'était tout à fait incomaue, cette princesse r visite de madame la comtesse Esterhazy, fille de la ce de Roisin, qui devint grande-maîtresse de Madame R< son arrivée en Autriche, échangée contre plusieurs prise français.

a Sans qu'il fût question des prétentions de Louis madame la comtesse Esterhazy,. qui fut à Vienne la cou âdèle de Madame Royale, nous raconta, à une soirée passai avec elle chez une autre dame autrichienne, qu.'el souvent entendu la princesse s'écrier pendant la nuit : monjrère ! mon pauvre frère ! vis-tu encore ? où es-tu tenant? »

« Cela cadre parfaitement avec le bon accueil que S. fit, à Prague, à M. Morel de Saint-Didier, à sa première si difiFérent de celui qu'il en reçut à la seconde. Cinq me tard, de machiavéliques suggestions la portèrent à déclai son frère était mort et bien mort, sans vouloir ecoi preuves du contraire. »

— Alors elle s'écria encore, en sanglotant, dans ur d'insomnie : « Mon frère! mon pauvre frère ! » Cet oraison funèbre^ car oa venait de le lui faire réentern vivant.

Monsieur le duc, voilà ua fait constant : la prisonni Temple, q,uand elkfutrenduieàla liberté, igfLoraitqMi été le sort de son. frère ; c'est ellernajême qui l'apprend^ l( seule avec sa conscience,, n'ayant pas d'intérêt à se ment mtntk aux autres,, cette viritésléchappail, comme. par su

lèvres. M. le vicomte de Larochefoucauld Ta aussi au prince Auguste de Prusse, en lui écrivant : rfois on a cru, en France, que le fils de l'infortuné LVI avait été soustrait à la rage de ses bourreaux. Dette époque, comme alors, sa mort n'a point paru asse;( iquement prouvée, pour que la conscience scrupuleuse is XVIII ait consenti à ce qu'il en fût fait mention lors inslation, dans les tombes de Saint-Denis, des dépouilles es de la famille royale. Un personnage, qui surgit auui au milieu du tourbillon européen, se présente comme LVII et semble faire valoir des prétentions favorables, gtemps fiabité la Prusse... »

ien, je veux, à cette occasion, vous offrir un spécimen )nne foi et de la véracité des gérans de la presse roya-

sait dans la Galette de France du 28 août i838 : us ne savez pas, peut-être, de quoi se compose le prie- Marie-Thérèse, /a ^a/w/e rfe France ; j'allais dire son ;. C'est une mauvaise escabelle en bois, sur laquelle ta Itère du Temple a vu souffrir^ languir et mourir son ouis XVII. )^

dacteur de rVnivers religieux aussi, bien qu'il dise jours dans ses prières : « Faux témoignage ne diras, nentiras aucunement, » a saintement écrit dans son , le 6 août i85o :

faut croire surtout la duchesse d*Angoulême, quand au respectable chevalier d'Auriol, sur la terre d'exil, elle lui dit, malgré son cœur qui aimerait tant à pou- Dclamer le contraire : « Mon frère est mort au Temple, ur le chevalier, > Elle le savait, elle qui l'avait vu *, qui l'avait vu chaque Jour plus malade^ qui avait vu^ rs une vitre fatale^ qui empêchait ses embrassemens le raviver, qui avait vu la mort du Dauphin sejaisant omplissant chaque jour. Aussi, chacun sait que, dès ette magnanime et chrétienne princesse n'hésitait pas à ler, dans un écrit qui a été publié chez Beaudôin et qui )armi les Mémoires pour servir à l'histoire de France, es circonstances du martyre et de la mort du duc de ndie, dauphin de France, Cet écrit suffit, et à lui seul

LA VÉRITÉ AU DUC DE BOREWEAUX 8l

il renverse de droit toutes les suppositions contraires, toutes les intrigues laborieusement et criminellement ourdies pour faire croire à l'existence du fils de Louis XVI. »

C'est de la sorte qu'on prouve au public ignorant la mort du Dauphin au Temple. Tout ce qui est écrit dans les deux journaux est tellement mensonger, que la magnanime et chrétienne princesse ne s'est jamais doutée elle-même qu'elle eût vu pareilles choses, du troisième étage de la tour où elle était enfermée, dans la chambre de son frère, qui était au second, à quatre-vingt-deux marches au-dessous d'elle. Ensuite, pour donner à M, Veuillot une leçon d'histoire, je lui fais savoir ici, si p^r hasard cet écrit tombe sous ses yeux, que l'orpheline du Temple n'a vu son frère qu'une seule fois depuis qu'il a été séparé de sa famille ; et c'était du temps de Simon, par conséquent plus de dix-huit mois avant le 8 juin lygS, jour de la mort de l'enfant, dont le cœur a été refusé par les Bourbons.

Le célèbre Jules Favre, ancien représentant du peuple et membre actuel du Corps législatif, avocat des héritiers du fils de Louis XVI, a laissé tomber, dans le sanctuaire de la justice, des paroles graves, et que je livre à vos méditations, car elles sont un blâme qui a eu du retentissement contre les Bourbons, s'abstenant de se faire représenter, pour se justifier, devant la magistrature où ils étaient appelés, de leur méconnaissance des droits légitimes et publiquement établis des aînés de leur maison ; pour rompre enfin le silence qui les accuse, et se purger des accusations qui les flétrissent, depuis que la voix du duc de Normandie, en France er à l'étranger, s'est élevée si puissamment contre eux.

•« Ce n'est pas, a dit notre énergique et chaleureux défenseur, sans une émotion véritable que je prends la parole dans cette cause, car je ne me dissimule aucun des périls dont elle est environnée ; aussi ne faut-il rien moins qu'une entière confiance dans la justice et un sentiment profond du devoir pour me déterminer à les affronter. Ce sentiment est puisé à deux sources, le culte de la vérité et le dévouement au malheur; ces mobiles sont de ceux dont on peut ne pas rougir ; ils sont assez puissans pour faire braver les obstacles les plus redoutables. Le premier danger, le plus considérable, n'est-oe pas

la défaveur, le ridicule qui s'attache à cette réclamation et lâ tue par avance ?

« En effet, venir contester la mort du Dauphin au Temple, en 1795, soutenir son existence jusqu'en 1845, n'est-ce pas se placer à la suite de cette horde d'intrigans, d'imposteurs et d'escrocs qui n'ont plus même les honneurs de la police correctionnelle ? N'est-ce pas se décerner à soi-même un brevet de visionnaire? N'est-ce pas s'exposer à la risée des hommes sérieux ?

« Je n'entreprendrai pas même de le contester ; oui, c'est là l'opinion commune, que je partageais tout le premier avant d'avoir examiné cette affaire. Cet examen n a pas été l'œuvre d'un jour; je l'ai commencé il y a plus de dix ans ; j'ai consacré de longues heures à ses recherches ; j'ai lu, j'ai compulsé, j'ai comparé ; il y a un droit évident à obtenir une vérification qui a été repoussée jusqu'ici, mais qui ne saurait plus être refusée sans déni de justice.

« Cette vérification, qui la sollicite par mon organe? Est-ce une faction, un parti, un prétendant? Y a-t-il une pensée politique cachée sous la procédure? Non. Si elle y était, je ne m'en ferais pas l'interprète, car je n'ai rien de ce qu'il faut pour être le champion des races royales, et je souhaite tout autre chose que le succès de leurs espérances. D'ailleurs, il serait bien insensé celui qui, dans ces temps de luttes ardentes, où la foi a perdu tout son prestige, où les plus fiers défenseurs des monarchies s'occupent des questions d'utilité sociale, viendrait chercher un sceptre dans la poussière des greffes et croirait pouvoir revendiquer une couronne comme on revendique un champ, en vertu d'une de vos sentences. Mais il ne s'agit de rien de semblable.

« Celui qui se disait fils de Louis XVI ne demandait pas un trône, mais un nom, une famille, une patrie; il n'a cessé de poursuivre ce but ; il a fatigué les chancelleries de ses plaintes, et les chancelleries ont été sourdes à ses réclamations ; il a embrassé l'autel de la justice, et on l'en a violemment arraché ; on a été jusqu'à lui refuser le droit suprême, qui est l'attribut des sociétés civilisées, sans lequel toutes les libertés, toutes les garanties ne sont rien : le droit d'être jugé. La politique l'avait marqué au front et la justice s'était détournée de lui, de ce

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nouveau paria, qui présentait au monde le déplorable spectacle d'une victime sacrifiée à des ressentiments inconnus, dépouillée par la violence de biens autrement précieux que son existence, de son honneur, de son individualité ! La justice s'était détournée de ce malheureux, qui est mort ainsi qu'il a vécu, n'ayant pas même, à son heure dernière, la consolation de rencontrer ici-Bas une puissance publique qui consentît à ne pas violer en sa personne les lois éternelles de l'équité.

« Il a laissé huit orphelins ; il était pauvre, eux aussi le sont. Un témoin, un confident de leurs souffrances, a fait appel à ma conscience. On m'a dit : « Lisez et jugez. » J'ai lu et j'ai examiné, et, après une investigation consciencieuse, je suis arrivé à cette opinion que tout faisait présumer la réalité de leurs droits. Quelle objection aurais-je pu taire qui n'eût été ou une injure à votre indépendance ou l'aveu de ma faiblesse? Moi, reculer, parce qu'une cause est jugée par la prévention ignorante, par la politique violente et criminelle! Cela eût été indigne de vous, peu honorable pour moi. Quand la vérité commande, tous les scrupules se taisent! Me voici à vos pieds, moi, l'avocat de ces huit orphelins, de ces huit réprouvés. C'est au nom de leur malheur que je vous prie de m'entendre.

^ En 1840, un journal, publié à Paris, le Capitole^ inséra une note injurieuse pour le duc de Normandie.

« Un homme qui depuis longtemps s'était dévoué corps et âme à Naundorff, un homme qui soutient mon zèle et qui assiste à cette audience, l'honorable M. Gruau de la Barre vint à Paris et dirigea une plainte en diffamation contre le journal le Capiiole. C'est à cette occasion que je fus consulté pour la première fois dans Fintérèt de Naundorff. J'avoue, j'éprouvai d'abord' une vive répugnance à me mêler de cette affaire. Je n'y étais pas attiré par la passion politique, tant s'en faut 1 J'avais été élevé dans la croyance à la mort de Louis XVII. Je considérais ceux qui revendiquaient ce titre comme des imposteurs, et ceux qui accueillaient ces prétentions étranges comme de véritables dupes. Néanmoins, j'étudiai patiemment son affaire et, après un examen approfondi, j'acceptai la mission de soutenir sa plainte. . .

4c . , • Les malheurs avaient fondu sur Naundorff de toutes parts; ses ressources étaient épuisées ; tous ses amis politiques,

voyant ses espérances déçues, l'avaient abandonné un à un. Il ne lui restait pour appui que l'homme honorable et dévoué qui m*assiste à cette audience, M. Gruau de la Barre.

« En 1841, NaundorfF vit ses meubles saisis et vendus. Mais c'était un homme intelligent et courageux, il demanda des ressources au travail, et se livra à des études de pyrotechnie. Il fit d'heureuses découvertes, et il venait de passer un traité avantageux avec le gouvernement hollandais, lorsqu'il tomba subitement malade à Delft, en Hollande. Il y mourut le 10 août 1845. Le 10 août! C'était, en vérité, une date étrange pour la fin de cette existence brisée par les événements politiques. Le 10 août ijg2 avait été comme un premier linceul jeté sur ce malheureux, et il semble que c'était à la même date que, soixante ans plus tard, celte âme devait retourner dans le sein de Dieu !

« Naundorff*, parmi ses huit enfans, laissait une fille, qu'un hasard étrange a marquée au front d'une ressemblance frappante avec Marie-Antoinette.

« [1 y a quelques années, j'avais passé le Détroit pour voir cette malheureuse lamille, et je m'étais laissé arracher la promesse de plaider ce procès si, par hasard, le sort des événemens amenait un changement de pouvoir.

« Après la révolution de Février, on me rappela ma promesse; mais nous avions alors d'autres choses à faire. Depuis cette époque, un honorable officier ministériel, M. Laurens- Rabier, dont les convictions politiques sont semblables aux miennes, se chargea spontanément de ce procès, il se rendît en Hollande; il vit la famille, et en revint, aussi persuadé que Louis XVII lui-même, de l'identité de Naundorff avec le duc de Normandie.

« Le procès fut donc engagé, et c'est ainsi que je me trouve aujourd'hui devant vous.

« Pourquoi suis-je seul à cette barre, ce qui est déjà pour moi un désavantage? Pourquoi les illustres adversaires que nous avons cités devant vous ne sont-ils pas à l'audience? Qu'ils nous dédaignent, je le comprends ; mais vous, mais l'opinion I Au jour de leur plus grand pouvoir, ils étaient tributaires de ces deux puissances qui se tiennent par la main : la justice et la conscience publique! Aujourd'hui rinfortanc,qui

rend nos adversaires plus respectables, ne les affranchit pas des arrêts de ces deux redoutables puissances I

4c L'absence de nos adversaires m'étonne donc, elle m'afflige. Elle est la continuation d'un système arrêté de longue main. Quoi qu'il en soit, cette absence m'impose une grande réserve à laquelle je m'efforcerai de ne jamais manquer. Je ne me servirai donc pas de toutes mes armes. Il a fallu un bien long travail pour me borner. J'écarterai tout ce qui est preuves politiques, je ne m'attacherai qu'aux démonstrations juridiques ; le détail en sera bien assez long... »

En terminant son éloquente et admirable plaidoirie, Monsieur le duc, notre éminent avocat, faisant observer que le duc de Normandie avait trouvé dans les tombeaux la nuit de la mort et gardé judiciairement les ténèbres de son existence, s'étonnait que la justice pût refuser à ses enfants le nom, la famille, la patrie qu'ils réclamaient, et il ajouta :

« Quant à moi, ne sachant ce que c'est que de repousser le malheur, j'avais dit à ces infortunés : « Tant que la dynastie de Louis-Philippe régnera, il y aura contre vous une raison d'Etat insurmontable ; mais, avais-je dit à sa fille Amélie, si la France devient maîtresse de ses droits, je serai votre champion^ faible mais convaincu. » La providence a levé l'interdit sur la justice. Après tout, c'est un grand et noble spectacle que de voir, sous une constitution qui ne reconnaît pas de dynasties, des citoyens pouvoir revendiquer leur rang dans une famille royale.

« Rien ne peut plus honorer ce gouvernement, que je voudrais fort et respecté, que de voir, à l'abri de sa constitution, ceux qui ne peuvent plus être nos maîtres, réclamant librement, aux pieds de la justice, leurs droits de famille et de cité.

« Quant à moi, pour me décider à plaider cette cause, il a fallu une révolution, le sentiment du droit et de la Justice^ et une confiance absolue dans votre scrupuleuse attention.

« L'avoir fait, avoir exposé ce que je crois utile à la revencation des droits légitimes^ c'est déjà un commencement de justice. Votre conscience et votre sagesse feront le reste. »

Devant Tautorité d'un témoignage aussi prépondérant, Monsieur le duc, que celui du célèbre jurisconsulte dont la conviction ne peut vous être suspecte, fût-il le seul que je misse sous vos yeux pour vous faire sentir la nécessité d*un examen de la cause aussi consciencieux que le sien, n'éprouvez-vous pas une sorte de malaise quivous trouble Tâme? M. le vicomte Sosthène de Larochefoucauld a tracé pour les autres une ligne de conduite que lui-même et aucun d'eux n'ont suivie ; il était le correspondant intime de la duchesse d'Angoulême, au sujet de son frère ; il fut hostile au duc de Normandie, qu'il n'a pas eu le courage de reconnaître contre le gré de la coupable sœur, par conséquent vous aurez foi dans ses paroles. Eh bien ! il a écrit, dans le cinquième volume de ses Mémoires :

« Nul n'avait assisté aux derniers soupirs de l'infortuné fils de Louis XVI... La Convention, qui avait intérêt, sans doute, à débarrasser sa situation révolutionnaire d'un Bourbon, mais qui, par hasard, lasse un jour de tuer ses ennemis et ses amis» aurait oublié cette goutte de sang royal au fond du verre dans lequel elle s'était enivrée, la Convention, dis-je, aurait pu se contenter de faire disparaître le duc de Normandie sans lui ôter la vie, et annoncer faussement sa mort pour donner plus de créance à cette disparition... La réflexion est obligée de convenir qu'à toute rigueur ce déplorable enfant a pu être retiré des mains de ses bourreaux, que, pour dérober sa tête à toutes les poursuites, il a dû vivre dans une obscurité et dans une agitation peu favorables à sa récognition subséquente, et qu'enfin, dans l'état de proscription, de troubles et de domination où l'Europe a été tenue sous la Convention et l'Empire, il se peut rigoureusement aussi que le fils de Louis XVI n'ait jamais pu parvenir à se montrer et à faire valoir des droits qui auraient été un arrêt de mort pour lui et pour tous ceux, grands et petits, rois et sujets, qui se seraient exposés à le soutenir... Tout apprécier en pareille matière, n'était-ce pas le meilleur moyen de déconcerter la malveillance, de confondre la calomnie, de déjouer l'intrigue, de reconnaître l'erreur ou, qui sait, la vérité penU être ?

« .... J'avais enfin vu ce personnage, j'avais causé avec lui, et je dois dire que, malgré toutes mes préventions, sa figure.

son attitude, ses paroles n'avaient rien qui portât au soupçon de rimposture...

<c Les personnes que le Louis XVII actuel avait intéressées, n'avaient pu résister au témoignage d'une^èmme fort honnête^ jadis au service de la famille royale, et qui affirmait que dans le personnage qu'on lui représentait elle reconnaissait parfaitement le fils de l'auguste Marie-Antoinette. Ceci devenait sérieux ; car si la méfiance est naturelle et juste dans un cas pareil, il faut pourtant qu'elle s'arrête quelque part ; et le témoignage de cette femme ne manquait pas d'importance. -»

Après ces réflexions, M. de Larochefoucauld relate ses lettres à madame la duchesse d'Angoulême, dans lesquelles il lui disait :

<c Je me transportai auprès du personnage et je me trouvai en présence d'un homme dont on ne peut nier quelque ressemblance vieillie avec les portraits bien étudiés de Louis XVII et les traits généraux de la famille des Bourbons... Ne pas le voir, ne pas l'entendre, ne pas examiner et apprécier les preuves dont il se prétend possesseur, c'est peut-être l'irriter, quel qu'il

soit, et le forcer à un éclat judiciaire Je crois, en ce qui

concerne mon intervention dans cette étrange affaire, que, jusqu'à ce que les ordres et les instructions de Madame me soient parvenus^ il est nécessaire que je ne m'éloigne pas absolument de ce personnage et que je reste instruit de ses projets, de ses démarches^ enfin de sa situation, qui, je le dirai toujours, ne me semble dénuée ni de bonne foi, ni d'intérêt... Je dois et veux rester entièrement en dehors de toute cette affaire, ou ne m'en mêler que pour empêcher des imprudences et un ébruitement désagréable...

« L'affaire dont j'ai eu l'honneur d'entretenir V. A. R., semble acquérir tous les jours assez de gravité, pour que je crusse manquer à ma conscience si je lui laissais ignorer les circonstances qui l'accompagnent. Je dois, pour être impartial, ajouter que plus on voit, plus on examine la personne en question, et plus on pourrait être tenté de lui trouver des points de ressemblance avec la famille royale, et, sous plus d'un rapport, le cachet de la vérité... Le personnage qui se dit Louis XVII, indigné qu'on lui refusât une entrevue, qu'il regarde comme chose fort simple, voulait se livrer à l'instant même aux tribunaux français et leur demander un nom qu'on ne peut

lui refuser si\ comme on r affirme, il a en sa possession de * preuves irrécusables. Ce serait une démarche fâcheuse et qu'il

SERAIT A désirer Qu'oN ÉVITÂT. 5^

On l'évita aussi, en arrêtant le prince et en le jetant hors de France, pour ne pas entendre, en justice, ses preuves irrécusables 1

Je puis vous certifier aussi. Monsieur le duc, que M. de Chateaubriand, qualifié par vous le roi des intelligetices, a dit, en 1840, à quelqu'un qui lui demandait son opinion au sujet du duc de Normandie, dont on appréhendait la réclamation judiciaire :

4c Je n'ai pas la certitude qu'il n'est pas le Dauphin, ni celle qu'il Test ; mais je me suis convaincu que le Dauphin n'est pas mort au Temple. »

La reconnaissance du prince par madame de Rambaud avait jeté la terreur dans le camp ennemi ; elle était si puissamment motivée et si décisive, qu'elle avait ému madame la duchesse d'Angoulême, qui, devant une autorité aussi respectable pour elle, n'avait plus eu le courage de soutenir qu'elle était certaine de la mort de son frère au Temple. Vous avez. vu de quelle importance elle fut pour M. de Larochefoucauld. Mais ce gentilhomme ne parle pas d'autres serviteurs du roi et de la reine à la cour de France, qui avaient connu le Dauphin avant son incarcération du lo août 1792, et qui l'ont reconnu dans NaundorfF, tels que :

Madame Marco de Saint-Hilaire, anciennement attachée à madame Victoire de France, tante du roi Louis XVI ;

M. Marco de Saint-Hilaire, ancien huissier ordinaire de la chambre de Louis XVI;

M. de Joly, dernier ministre de la justice, qui avait accompagné la famille royale jusque dans la loge du logographe, où il resta pendant toute la première journée ;

M. Bremond, secrétaire particulier du roi Louis XVI, dès le commencement de 1788 jusqu'au 10 août 1792 ;

M. le marquis de la Feuillade des anciens princes d'Aubusson ;

Madame la marquise de Broglio-Solari, anciennement attachée au service de S. M. Marie-Antoinette et de la princesse Lam balle ;

Pefsonnages.dont plusieurs croyaient le Dauphi Temple,, qui tous étrangers aux partis politique dans une honorable retraite, et ont appuyé leur sance sur des faits d'une évidence telle, qu'elle ne per la raison.

Monsieur le duc, la morale politique, la plus dés toutes les perversités humaines qu'enfanta Tamoi celte morale, qualifiée autrement raison d'État, et Humbott appelait dure nécessité politique envers Normandie et. sa famille ; cette morale qui rempla priaces et dans les gouvernements la morale chré légitime tous les crimes, tous les horribles mystère tiques, tout le sang versé au profit des autels et ( cette morale dont la sacrilège immunité couvre les ] pables et protège les oppresseurs contre les oppripn liateurs royaux contre les dépouillés, les bourre contre les victimes ; cette morale, en un mot, vo bouches d'un enfer qui n'est pas ailleurs que sur et dont les peuples feront raison un jour, pour l'humanité du plus calamiteux de tous les fléaux qu et la déciment ; voilà tout le secret de la méco du fils de Louis XVI pendant plus d'un demi-siècle à son égard, la cause des malheurs de sa famille q tique a frappée d'interdit. Pour sauver des réputatic dignité se changerait en hontes, et la sainteté de coi opprobres, il faut maintenir l'état de souffrance réduits des infortunés les ennemis de leurs père et il faut entretenir contre la reconnaissance du fils de assassiné politiquement chaque jour des cinquante sa vie torturée et maudite, une malfaisante coalitii de toutes les nuances de l'opinion publique, pour i déboninairos, ^t feifie à l'ioiin-QCfince xpyaJie, traitée c une existence hu^àJiiée, çuécesfîiteu^ ,et solit^e^ les coryphées Au pç^rti légUimiste, ks plus hç^ du royaume ; — j'en ai la pçeuve ici, sous les yeux l^tre qpi m'a été écrite ^ Poitiers, le 2a liéyrier 18!

4c C'est une question à ^e.pol^it exan^ip^r, parce q r^it de l'odieux sur 1^ famille 1>

go LA VERITE AU DUC DE BORDEAUX

« Voilà, observe bien religieusement Fauteur de la lettre, comme ces messieurs, qui ont le monopole du titre d'honnêtes gens, entendent la justice et l'humanité l»

Je finis, Monsieur le duc. Le 21 janvier iSSg, jour d'un bien douloureux anniversaire, j'ai lu ce qui suit dans le Journal de Bruxelles.

« Paris, 19 janvier.

« On sait qu'on ne tardera pas à déposer les cendres de Napoléon i«r, de l'église des Invalides, à Paris, à l'église de Saint-Denis où se trouve les tombeaux des rois de France.* Nous apprenons qu'il est également question de transporter au caveau de la dynastie des Bourbons les restes de Louis XVII, qui, comme on le sait, est enseveli au cimetière de Delft ; on dit même que l'ambassade française, à la Haye, vient de recevoir des ordres à ce sujet de Paris, et qu'il y a déjà eu un commencement de négociations avec la ville de Delft, afin de faire transporter solennellement les restes du prétendu Naundorff à Paris, où ils seront de nouveau enterrés avec les honneurs dûs aux cendres d'un personnage aussi illustre. Sur sa tombe à Delft, se trouvent ces paroles : Ici repose Louis XVII, Charles-Louis, duc de Normandie, rot de France et de Navarre^ né à Versailles, le 27 mars ijSS, décédé à Delft, le 10 août 1845, »

Quelle peut être la portée d'une semblable communication, et d'où provient-elle ? J'en laisse au public l'interprétation ; mon seul but, en la reproduisant, est de constater, par ces assertions de la presse, d'une source qui nous est étrangère et inconnue, la reconnaissance d'une origine royale, que le mensonge et la politique officielle peuvent contredire, mais non empêcher d'être.

Monsieur le duc, j'ai développé dans mes écrits un acte d'accusation contre les Bourbons de la branche cadette, en raison de leur méconnaissance de Louis XVII. Je les ai sommés de me suivre sur le terrain légal où j'ai placé la cause. La presse a porté nos preuves à la connaissance du public, et mon accusation tombe naturellement aujourd'hui de tout son poids sur Votre Personne Royale, prévenue d'usurper les pré-

rogatives de la légitimité, contre tout droit, et préjudice des héritiers du duc de Normandie, vres, la fortune de leur père, qui des mains madame la duchesse d*Angoulême, est passée d. Vous savez qu'il s'agit de millions dont Tin justio prié, au détriment des légitimes propriétaires qui appartient à Louis XVII. Le chiflFre en a Tancien secrétaire intime de Louis XVI. Ce véne écrivit au prince, après lavoir reconnu et avo témoignage devant la justice de son canton, en

« Mon cher Prince,

« ... En 1820, je fui informé de bonne sont XVIII avait, dans son cabinet, une cassette ang fondj et dans laquelle étaient renfermées sa p écrite de sa main ; celle de ses relations avec qu'une note sur Louis XVII y telle que M. de trouvée dans les papiers de Robespierre saisi tois, et le devoir qu'il imposait à son frère de l le trône'. En 1824 Monsieur me donna un ti aivec M. Franchet, directeur de la police. J'en lui racontai l'histoire de la cassete, de 1820. Je 1( fier, dans la journée, si elle existait toujours da et alors de prendre les mesures nécessaires pour ne puisse s'en emparer. Le lendemain, M. Frai que la cassette que je lui avais désignée existait pris les mesures convenables. Le jour de la vt XVIII, il m'assura l'avoir portée au nouveau ro bien informé, trois ministres furent d'accord de duc de Normandie^ mais ils crurent devoir cons nal deLatil^ qui, feignant de ne voir qu'une récit de Louis XVIII, décida que Charles X de clamé à l'instant, en lui laissant le soin de juge; Cet avis fut suivi ; et, si je suis bien informé enc examina réellement l'aflFaire, se convainquit d il eut la faiblesse de céder à de faux intérêts dyna sacrer, et, après le plus beau des triomphes m précipité de son trône à coup de pierres. »

mond écrivit ensuite à madame la duchesse d*Anjne lettre, dans laquelle il lui disait :

« A Madame la duchesse dAngoulême.

< Madame,

Iteur de votre auguste père, /ai reconnu dans le préharles-Guillaume Naundorff, Vorphelin du Temple, 'uste frère, le duc de Normandie, et je suis devenu "eur. Connaissant tous les moyens par lesquels Votre oyale a pu être trompée, et voulant remplir mon vers l'orphelin du Temple» je me suis adressé à un is estimables serviteurs; j,e lui ai fait connaître tous ; qui devaier^t porter Votre Altesse Royale à faire un xamén de Tideritité du duc de Normandie, son •ère, avec M. Naundorff. J'ai proposé une assemblée 5 pour faire avec vous cet examen. . .

clare, en la présence de Dieu, à Votre Altesse Royale s Altesses Royales le comte de Provence et le comte étaient malheureusement placés au nombre des :ontre Louis XVI. Les martyrs, vos augustes parens» t tellement convaincus, qu'ils les redoutaient l'un plus que les Jacobins,

i. Madame, je remplie le devoir que Dieu m'impose us^ en vous déclarant qu'à ma connaissance, la cour e à ia preuve authentique de renlèvement de lorphe- ?mple. Je sais encore d'une manière positive, que ont eu le bonheur de le délivrer font conduit à Rome, é paternellement accueilli par le saint père Pie VI, un document écrit eia liatin, dans lequel il est parlé signé Plus Sexïus, Il n'existe donc personne qui as donner des informations véridiques et contraires j'ai l'honneur de vous faire savoir. Mon honorable M. le marquis de Monciel (ancien ministre de J'inis Louis XVI), dont là copie du testament politique remise, a sottveht gémi devant moi des illusions de tesse Royale. Plusieurs foi^ il était sur le poinl us demander une audience particulière, pour vous

faire connaître V existence de votre atiguste frère. < rahle ami est mort dans mes bras, de douleur de trophe de i83o, et regrettant de n'avoir pu remplir j en vous enlevant la cataracte dont on avait couvert

« Je crois que plusieurs de vos serviteurs, tron mêmes par le prince qu'ils avaient le malheur de s pu vous faire partager leurs erreurs ; mais, pour vc en mesure de juger, j'ajoute le fait suivant : un d\ le duc de Blacas, a reçu des mains de M. de Moncie de la couronne, qu'il avait sauvé des mains des facti le conserver à V autorité du roi légitime.

^ Ce trésor, valeur réelle, était de trois cents m lut converti en neuf millions de rentes placés dans étrangers, de préférence aux fonds français. J'ai su de mon ami M. d'André, qu'à sa connaissance, il plus que sept millions de rentes du trésor. Depuis cet il n'y a pas eu lieu sans doute de le diminuer.

« Ce trésor, Madame, appartient au roi légitime légitime, que vous embrasserez un jour avec boni votre auguste frère le duc de Normandie.

« Mais, d'après la vérité,, que je vous déclare de> il ne vous est plus permis de vous en servir contr vos conseillers ne se fassent pas illusion ; ce sont eu: responsables devant Dieu et devant leur roi lé. l'emploi que vous en ferez.

« Mon devoir est rempli. Madame. Pour récon mes services envers le Roi-martyr et envers toute s je n'ai jamais voulu accepter que le portrait de Monsieur, qu'il me donna en 1810.

« A l'âge de 78 ans où je suis parvenu, je n'ai f recevoir de personne sur la terre ; mais je dois me paraître devant Dieu, qui, du moins, ne me fera pas l de vous avoir caché la vérité.

« Je suis avec respect... »

M. Labreli de Fontaines, bibliothécaire de S. A. R la duchesse douairière d'Orléans, a publié, en i83i, chures, pour révéler l'existence du duc de Norman lesquelles il dit : « 11 paraît certain que le refus de la d'Angoulême de déclarer que son frère est vivant,

e a de partager avec lui les revenus des biens par eur père commun, et d'être forcée de lui tenir héritage de leur tante Christine, sœur de leur l'explication de Ténigme, et la vraie cause qui a • ce prince infortuné. »

il est bon, Monsieur le duc, que le public que je los secrets soit parfaitement instruit, voici une munication de M . Brémond :

maissance de l'identité du prince le rend proie son auguste sœur, de ses biens paternels. Il y io, sept à huit millions de rentes, sur les fonds ins l'étranger, dont Vorigine m'est parfaitement ;s prétendus subsides que la Russie, l'Autriche, d'autres puissances paient à sa famille, ne sont êts de capitaux qui lui sont dus par ces puis-

on cher Prince,

'année dernière (i836), par quelqu'un de la mai- ;hesse de Berri, que votre auguste sœur travaillait mari sur le trône, par l'appui de deux grandes Li nord, et qu'elle avait un trésor de quatorze lui dis que ce n'était que le revenu de deux ans la couronne qui vous appartenait. // rougit, et îUe n avait pas contribué d'une pièce de 5 francs a campagne de la duchesse de Berri.

vous destine une armée sonnante, elle est dans votre auguste sœur ; et elle vous appartient. ^

e duc, je n'abuserai pas plus longtemps de la attention que je réclame de la droiture de votre :s pu, pour votre instruction, m'étendre bien ns l'exposé que je vous fais, et multiplier à j'in- 1 et décisives autorités qui sont de nature à domiiscience ; mais j'ai déjà trop, peut-être, fatigué e. Concluons. II est devenu d'une impérieuse r vous qu'il soit enfin décidé, contradictoirement bons de Breda et publiquement, qui, des accu-

LA VÉRITÉ AU DUC DE BORDEAUX qS

sateurs ou des accusés, mérite la flétrissure et la condamnation . Je ne viens point dire à Votre Altesse Royale croyez-moi ; mais veuillez m'entendre, afin de juger par vous-même quelle parole a le plus de poids, de celle de vos partisans ou de la mienne. Confions à la magistrature hollandaise Texamen de la cause, et rapportons-nous-en à son impartiale décision ; acceptez-la, avec nous pour arbitre. Elle est de celles qui, sous Tceil même de la politique, rend des sentences et non pas des services. Si vous Taimez mieux, constituez vousmême un tribunal de jurisconsultes de votre choix, pris en France ou dans ce pays-ci, auquel je soumettrai nos preuves, et ne vous en rapportez plus qu'à vous-même sur Texamen d'une question d'aussi haute moralité, en ce qui vous concerne. Sortez du cercle rétréci des flatteurs qui vous entourent. Sondez l'opinion publique dans l'opinion publique même, et vous aurez l'assurance que tout ce que je vous écris est de la plus exacte vérité. Vous êtes ici à la source des lumières ; il vous suffira d'ouvrir vos yeux et de ne pas fermer vos oreilles, pour voir et pour entendre la vérité qu'on vous masque, et que Votre Altesse Royale n'a peut-être pas le courage elle-même de regarder en face, dans la crainte des conséquences qui en découlent; mais ce n'est pas en ne voulant pas y voir clair que vous vous y soustrairez. Le royaume de Hollande est un pays de véritable liberté, où l'on ne sacrifie pas le droit et la justice à des répugnances politiques. Allez à Délit, contemplez la pierre sépulcrale qui recouvre la tombe de Louis XVII; lisez l'épitaphe qui donne un démenti permanent à vos prétentions d'héritier légitime du sceptre de nos rois ; faites-vous communiquer l'acte mortuaire du royal détunt, par l'honorable bourgmestre de la ville. Interrogez ce magistrat, consultez les habitans du lieu, partout ailleurs; nos écrits sur Louis XVII ont été répandus dans le royaume des Pays-Bas, impartialement appréciés par la presse journaliste ; vous vous convaincrez que la mémoire du duc de Normandie y est toujours en honneur, comme celle du dernier roi légitime de France, et que la famille royale de Breda y jouit de la considération qui s'attache à de grands malheurs, à d'illustres victimes de criminelles raisons d'Etat. Permettez-moi de vous dire, Monsieur le duc, que le premier devoir d'un prince qui demande à régner sur un peuple,

est celui d'honnête homme ; que l'honneur qu'il invoque lui prescrit impérieusement, s'il se croit, sans contredit possible, héritier direct et légitime de la monarchie de Louis XVI, de ne pas se borner à dire qu'il l'est, mais de le prouver par une puissance de démonstration qui l'emporte sur celles que nous avons publiées contre lui. Ce n'est pas par le silence que Votre Altesse Royale doit répondre aux imputations graves qui l'inculpent, si elle sait se respecter, et comprendre ce quelui commandent la dignité de sa haute naissance, la religion, sa conscience et peut-être son avenir. Mais, d'ailleurs, ce n'est plus ici un débat politique ; il ne s'agit point de la dispute d'ua trône qui. n'est point vacant, et qui, s'il 1 était, appartient, comme je l'ai dit, à la souveraineté nationale qui remplace aujourd'hui chez nous la légitimité. Ce n'est qu'une question de famille, une question d'héritage civil à décider entre vous et les infortunés Bourbons de Breda. Mais par rapport à vous, c'est une question de justice et de probité, une question de conscience. Vous pratiquez, avec une grande ponctualité, les œuvres extérieures de religion ; la religion du Christ n'est pas là. La vraie religion consiste à accomplir les commandements de Dieu, qui défend de prendre et de retenir le bien d'autrui, rien de ce qui lui appartient. Faites que votre pieté ne soit point un scandale pour l'Eglise, une honte pour vos confesseurs, une hypocrisie aux yeux du monde, une raison de suspecter la divinité du christianisme catholique, de la part duquel il y atropsouventet trop visiblement des accommodementsimpies avec le Ciel qu'il enseigne. Vous ne pouvez donc, sans compromettre pour toujours l'honneur de votre nom, sans inspirer une juste défiance sur la sincérité de vos sentiments religieux, et sans vous montrer au public dans toutes les splendeurs d'un faste entretenu par la fortune enlevée à des orphelins, vos parents ; vous ne pouvez pas refuser d'accéder à ma loyale proposition, d'entrer avec vos accusateurs dans une voie quelconque d'examen pour tenir ensuite la conduite d'un fils de France qui veut se rendre digne de l'estime de ses concitoyens et des respects du monde.

Prenez garde, si l'on vous faisait accueillir par un coupable silence, qui vous condamne, comme à Londres, le défi que j'ai porté à vos légétimistes et que je renouvelle en ce moment

de la manière la plus péremptoire et la plus pressante ; prenez garde qu'on ne dise de vous ce que Ton a dit de madame la duchesse d'Angou(ême, que vous repoussez tout examen par un cupide intérêt d'argent, et que vous méconnaissez les enfants du fils de Louis XVI pour en conserverie patrimoine. Monsieur le duc, l'histoire a déjà commencé pour vous; si vous ne m'écoutez pas, elle vous prépare une page bien sévère à côté de celles qui illustreront la mémoire, à jamais glorieuse et vénérée, de votre héroïque père. Élevez-vous à la hauteur de ce Bourbon sublime, qui, voulant la justice avant tout, vécut et mourut véritablement honnête homme. Inspirez-vous du même honneur royal, auquel il a dévoué sa vie, qi^nd, sommant Louis XVIII de descendre du trône pour remettre sa couronne usurpée à son roi légitime Louis XVII, il répondit fièrement à ce monstrueux égoïste : « Sire, plutôt la justice qu'une couronne 1 » Montrez-vous digne de lui, et dites noblement à votre tour, aux courtisans qui endorment votre confiance dans un sommeil d'iniquité etvoudraient vous détournede votre devoir ; dites-leur ;« Messieurs, la justice plutôt que des millions ! »

Breda, 6 juillet iSSg.

Comte Gruau de la Barre.

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