‹ La vérité sur Jeanne d'ArcChapitre 8 sur 24 · III. — Enfance de Jeanne d'Arc · texte numérisé non relu

III. — Enfance de Jeanne d'Arc

Au bruit de l'Angelus qui sonne, Sa mémoire céleste est vibrante et revit.

Saint-Yves d'Alveydre.

Au pied des coteaux qui bordent la Meuse, quelques chaumières se groupent autour d'une modeste église ; en aval, en amont, s'étendent de vertes prairies qu'arrose la petite rivière aux eaux limpides. Sur les pentes se succèdent des cultures et des vignes jusqu'à la forêt profonde, qui se dresse comme une muraille au front des collines, forêt pleine de murmures mystérieux et de chants d'oiseaux, d'où surgissentparfois, à rimproviste,les loups, terreur des troupeaux, ou les hommes de guerre, pillards et dévastateurs, plus dangereux que des fauves.

C'est Domremy, village jusqu'alors ignoré, mais qui, par l'enfant dont il vit la naissance en J/il2, va devenir célèbre dans le monde entier.

Rappeler l'histoire de cette enfant, de cette jeune fille, est encore le meilleur moyen de

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réfuter les arguments de ses contempteurs. C'est ce que nous ferons tout d'abord, en nous attachant de préférence aux côtés, aux faits restés dans l'ombre, et dont quelques-uns nous ont été révélés par voie médianimique.

De nombreux ouvrages, chefs-d'œuvre de science et d'érudition, ont été écrits sur la vierge lorraine. Loin de moi la prétention de les égaler. Ce livre s'en distingue cependant par un trait caractéristique. 11 est illuminé çà et là par la pensée de l'héroïne. Grâce aux messages obtenus d'elle, en des conditions satisfaisantes d'authenticité, messages qu'on trouvera surtout dans la deuxième partie de ce volume, celui-ci devient comme un écho de sa propre voix et des voix de l'espace. C'est à ce titre qu'il se recommande à l'attention du lecteur.

Jeanne n'était pas de haute naissance; fille de pauvres laboureurs, elle filait la laine aux côtés de sa mère ou gardait son troupeau dans les prairies de la Meuse, lorsqu'elle n'accompagnait pas son père à la charrue (1).

(1) J. Fabre, Procès de réhabilîtalion, t. I, pp. 80, 106, etc.

Elle ne savait ni lire ni écrire (1) ; elle ignorait tout des choses de la guerre. C'était une douce et bonne enfant, aimée de tous, surtout des pauvres, des malheureux, qu'elle ne manquait jamais de secourir, de consoler. On raconte, à ce sujet, des anecdotes touchantes. Elle cédait volontiers sa couchette à quelque pèlerin fatigué, et passait la nuit sur une botte de paille, pour procurer le repos à des vieillards épuisés par une longue route. Elle soignait les malades, comme ce petit Simon Musnier, son voisin, qui grelottait la fièvre ; s'installant à son chevet, elle le veillait pendant la nuit.

Rêveuse, elle aimait, le soir, à contempler le ciel plein d'étoiles ou bien à suivre, le jour, les gradations de la lumière et des ombres. Le bruit du vent dans les branches ou les roseaux, le murmure des sources, toutes les harmonies de la nature l'enchantaient. Mais, à tout cela, elle préférait encore le son des cloches. C'était, pour elle, comme un salut du ciel à la terre. Et lorsque, dans la paix du soir, loin du village, dans quelque repli de terrain où s'abritait son troupeau, elle percevait leurs notes argentines, leurs vibrations calmes et lentes, annonçant le moment du retour, elle s'abîmait dans une

(1) Voir, par exemple, J. Fabre, Procès de réhabililalion, t. II, p. 145.

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