MESURES A PRENDRE POUR ARRIVER A LA GYMNASTIQUE VRAIE
Pour que la gymnastique ne fasse pas plus de bruit que de bonne besogne, pour qu’elle devieune ce qu’elle doit être, il faut que l’autorité publique donne, sans plus tarder, satisfaction aux trois points suivants :
Obligation d’épreuves officielles très sérieuses, imposée à tous ceux qui fout de la gymnastique leur profession : — directeurs de gymnases, — professeurs, — moniteurs.
MESURES A PRENDRE
2° Création d’inspecteurs spéciaux partout.
3° Fondation d’une école normale spéciale de gymnastique.
I. Aujourd’hui, un certificat d’aptitude à l’enseignement de la gymnastique n’est obligatoire que pour les professeurs des lycées et des écoles communales de la ville de Paris. •
Cependant l’intérêt est le même partout ; car partout la santé publique est en jeu. — Qu’il s’agisse d’établissements de l’État ou des communes ou de gymnases libres, la question est absolument la même ; il faut que ceux qui s’adonnent à l'éducation du corps soient complètement capables de remplir cette importante mission; de là la nécessité d’imposer à tous un diplôme constatant leur iustruclion, leur aptitude spéciale. Cette obligation, dans l’intérêt de tout le monde, doit forcément avoir un effet rétroactif.
Ce diplôme est actuellemeut délivré par ime commission nommée par M, le ministre de l’instruction publique. — Le programme, tel qu’il est, paraît répondre aux conditioDS essentielles à remplir par tout homme qui veut être gymnaste.
Seulement, d’après l’avis des personnes les plus compétentes, les plus dévouées à la cause, les épreuves devraient être plus longues, plus concluantes, le brevet devrait être délivré moins facilement. On ne devrait interroger que dix ou douze candidats par jour au lieu de quarante ou cinquante ; les résultats seraient plus satisfaisants et permettraient, ainsi que le demande la commission des examens, de délivrer aux postulants les plus capables un diplôme de second degré. - Ce diplôme les mettrait à même d’enseigner la gymnastique partout, sans faire courir des risques cà leurs élèves, jeunes ou vieux. 11 faut bien le reconnaître, la profession' de gymnaste
MESURES A PRENDRE
OU Téducation physique ne constitue pas une profession ordinaire. — Elle est très sérieuse, très importante, peut-être aussi importante que l’enseignement intellectuel et moral , surtout par ce temps d’anémie, de névroses, de faiblesse générale.
II. En ce moment , les seuls gymnases visités par des inspecteurs spéciaux sont ceux des écoles communales de Paris, tandis que tous les établissements, surtout ceux dits médicaux^ devraient être l’objet d’une haute surveillance, car ceux-ci présentent d’autant plus de danger qu’ils attirent par les qualibcatifs les plus attrayants les personnes délicates ou souftrautes à la recherche d’une santé meilleure.
Si les charges du budget ne permettent pas, quant à présent, la création de fonctions rétribuées, que M. le ministre de l’instruction publique veuille bien faire appel au dévouement des médecins des
îi8 LA VÉRITÉ SUR LA GYMNASTIQUE
différents quartiers de Paris, et eu province, au dévouemeut des médecius cantonaux; on y répondra avec empressement, cela n’est pas douteux.
D’ailleurs, M. le ministre a en sou pouvoir des moyens honorifiques qui , bien placés , stimuleront le zèle de tout le monde.
La tâche des inspecteurs pourrait être facilitée par des instructions rédigées d’avance et appelant surtout leur attention sur le peu d’utilité et sur le grand danger delà plupart des engins aujourd’hui en usage, sur l’aptitude des gymnastes, sur la prudence, la vigilance que ceux-ci doivent apporter dans l’application des différents exercices.
III. Quand on parle de fondation d’une école normale spéciale de gymnastique, on n’entend pas par là demander l’édification, à grands frais, d’un vaste établissement. — Cela n’est pas nécessaire. —
MESURES A PRENDRE
Il ne manque pas de locaux, disponibles à certaines heures, où il serait facile d’ouvrir des cours gratuits sur toutes les matières ayant trait à la gymnastique.
Il existe bien à Joiuville-le-Pout une école de gymnastique militaire, mais la gymnastique qu’on y enseigne ne peut nullement faire l’affaire des gens, pelits et grands, qui ne sont pas soldats. — C'est un enseignement civil qu'il faut.
Le Conseil municipal de la ville de Paris, dans sa grande sollicitude pour tout ce qui touche à l’hygiène publique et à l’éducation physique, a voté tout dernièrement une somme de plus de 200,000 francs pour transformer le marché Voltaire eu grand gymnase municipal ; voilà donc un local tout trouvé pour y installer l’école demandée. — Il suffit d’une entente entre l’édilité parisienne et le grand maître de rUniversité.
D’un autre côté, il est certain que beau-
coup de jeunes médecins et un certain nombre de gymnastes, désireux de se faire connaître , s’empresseront , une ou deux fois par semaine, de prêter le concours de leurs lumières et de leur expérience à une fondation si nécessaire, si indispensable, et qui est réclamée par tous ceux qui veulent que la gymnastique soit , non une industrie plus ou moins lucrative^ mais bien un véritable art^ une véritable science ^ une institution nationale sérieuse^ respectée^ utile et salutaire pour tous.
Caveant consulesi