‹ La vérité sur la question métisse au nord-ouestChapitre 1 sur 77 · EN VENTE OHEZ TOUS LES LIBRAIRES ET DÉPÔTS DE JOURNAUX · texte numérisé non relu

EN VENTE OHEZ TOUS LES LIBRAIRES ET DÉPÔTS DE JOURNAUX

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J amais”question politique, depuis l'établissement de la Confédération Canadienne, n’a agité plus vivement

l'opinion publique en ce pays, que celle se rattachant .

aux réclamations des Métis du Nord-Ouest, ainsi qu'aux

deux insurrections qu’elles provoquèrent en 1869-70 et -

en 1885..

__. Le caractère de justice dont elles étaient revêtues ; le principe sacré de ‘droit naturel qu’elles défendaient ; les prérogatives imprescriptibles qu’elles invoquaient et que les autorités fédérales foulèrent audacieusement à leurs pieds, devaient nécessairement leur attirer les sympathies des minorités, qui ne purent s'empêcher de

‘voir dans cet envahissement brutal et calculé, un

‘danger réel et permanent pour toutes les libertés s qui

- leur étaient chères.

Aussi éclatèrent-elles de toute art, vives, chaudes et ardentes.

La Province de Québec, comme c'était son droit et son devoir, se mit en tête du mouvement, et l'on vit pendant un certain temps, comme aux beaux jours de . nos glorieuses luttes politiques du passé, régner l’ünion

parmi les descendants de la grande famille française et.

catholique.

D'un autre côté, la majorité anglaise et protestante | du Canada, hostile par tradition à la nationalité fran- :

çaise, ennemie par principe de la croyance catholique que professait la nation métisse presque touté entière,

fit taire la voix de la conscience et de la justice, pour

n'écouter que celle des préjugés de race et du fanatisme

__ religieux. Elle ne vit, dans-ce soulèvement-d'un petit peuple aux abois, qu’une protestation inéolente et cri-’

minelle, à laquelle le canon et l’é chafand devaient seuls répondre pour disperser au loin et anéantir, s'il le fallait, les rejetons d’une nation, qui par son origine et sa foi, faisait tache surces beaux territoires-du Nord- Ouest. Une semblable disposition dans les esprits, devait fatalement entraîner la formation de deux camps opposés et extrêmes.

- Lagitation de 1869 avait été considérable par tout le pays ; mais celle que créèrent le soulèvement de 1885,

et le lagubre épilogue du drame qui s'était joué sur les :

bords de la Saskatchewan, fat immense et générale. Les'passions surrexcitées par une suite d'événements qui se snccédaient avec une rapidité vertigineuse, et

longtemps contenues par l'attente d’an changement

d'opinion ou de conduite chez les autorités fédérales, firent enfin explosion, quand la triste réalité de l'exécution de l’infortuné Riel fat publiquement connue.

La presse de tout le Canada, prit alors fait et cause,

-qui, pour les bourreaux, qui, pour la victime. Les

tribunes politiques retentirent dans la Province de Québec, des imprécations lancées à la face des traîtres et des apostats qui siégesient sur les banqueties ministérielles.

On se serait, dans le temps, porté aux excès si l'occasion

s’y fut prêtée, etil arriva des moments où la foule exnspéréeaurait pu, se fassent-ils montrés à ses yeux, tentersur

certains ministres, l'application de le loi du juge Lynch.

-: L'excitation n'était pas moins ‘intense dans Ontario, où les loges orangistes, grisées par le triomphe que leurs sanguinaires doctrines, venaient de remporter à ee (itatrar afichaieut, ‘tant dans la presse que sur les places publiques, leur cynisme révoltant. Les journaux anglais * et protestants, imbus des préjugés et du fanatisme de leur race, déversaient à pleines mains, l’injure eb l'in- - sulte sur la cause métisse et ses défenseurs. Avec une arrogance qui n’égalait que leur haïne, ils ne parlaient ni plus ni moins, que d'abolir la langue française, déchirer le traité et les capitulations de Québec et de Montréal, et de faire par la force des armes, la con-

+ quête de notre Province. ;

La- situation étiit tellement tendue, que l’on craignit pendant quelque temps un soulèvement général, “une guerre .de races, dont l'effet immédiat eut été la ruine complète de la Confédération Canadienne,

Heureusement cette catastrophe [ut prévenue, grâce -aux conseils de personnes sages et prudentes qui rêussirent à calmer l'efferyescence populaire, et à part quelques attaques périodiques du journalisme haut-” canadien lancées à notre adresse, la tranquillité reparut au milieu. de nos populations

Trois années se sont écoulées depuis ces tristes 6 évêne-

‘ ments, et tout écrivain qui, dégagé des liens de parti, | examine froidement ce qui s'est passé et ce qui se passe aujourd’hui, est forcé de constater que les hommes | de caractère, exigent en ce moment la lanterne de. Diogène pour se faire apercevoir en plein jour. .

Gé fut pourtant un mouvement noble, généreux et

" patriotique, que celui qui réunit autour de l’étendard national ‘en deuil, le 22 nov. 1885, sur le Champ de “Mars, à Montréal, nos. hommes publics, nos députés et

nm : . à

uos journalistes, sans distinction de couleur où de principes politiques, pour là protester tous ensemble, en | face des 50,000 hommes qui les acclamaient, contre l'outrage sanglant fait à ‘notre ‘nationalité, ç contre l'acte inique-commis à Régina par Vautorité fédérale, . On crut alors que nous en avions fini avec nos dissen-

sions, nos querelles et nos divisions ; on applaudit à cette ‘idée d’union de tous les groupes français de la Province de Québec, et nos ennemis naturels, les Anglais, tremblèrent pendant quelque temps, à l'idée dé voir dispaxaîire de nos rangs, les germes de discorde qu'ils avaient si soigneusement et si patiemment semés parmi nous. Maïheurensement ce bean jour eut un lendemain qui ne vint que trop tôt détruire ces douces illusions nationales et-ce fat-encor® ce fatal esprit de parti qui .: amene, et produisit quelques semaines après, chez les uns, quelqnes mois plus tard, chez les autres, ces honteuses désertions,ces basses trahisons, tant dans la presse que parmi notre députation à à la Chambre des Communes, à Ottawa. :

On connut en ce moment k anplicité et l'hypocrisie de certains hommes, qui, dans leur indignation momentanée, mwavaient pu trouver d'expressions assez fortes pour flétrir les- bourreaux ministériels, et de phrases assez pathétiques pour. pleurer l'exécution da .sup- L plicié de Régina. :

‘Ils avaient été les plus ardents et les plus implacables : ? ils devinrent ‘les plus vils et les plus Jâches! No contents de célébrer les vertus civiques et la grandeur L ‘d'me des chefs qu'ils avaient voués au mépris public, is s’acharnèrent comme une bande de chacals sur le cadavre de celui qu'ils avaient naguère inscrit en tête du martyrologe politique,

FT

Tout ; ‘à tour, on les vit baiser le. main: et courber l'échitié devant. le Grand Prêtre des loges orangistes et maçonniques, sir John A. MacDonald, qui, ‘dans - un - accès dé mauvaise humeur.et de mépris, avait fait écrire par son organe “ Le Mail, ”. ces lignes caractéris-

tiques à l'adresse des ses anciens partisans qui l'avaient

abandonné : :

&Sïnos änciens amis (les Bleus canadiens français) jugent “à propos de revenir, c'est très bien; mais ils ne recevront “jamais de douces paroles de notre part, et le journal.ne les . considérera jamais comme des hommes d'honneur ar. de résolu- : “fions stables.” : ;

Ce soufflet ministériel a ; marqué son empreinte sur :

Ja joue d’un grand nombre, et celui qui.fit cette citation”

àla Chambre. des Communes en 1886, ne fat pas le

‘dernier à le recevoir, pour sa punition et son châtiment.

Presque tous les députés conservateurs, sauf quel-

ques rares exceptions, sont allés reprendre leurs anciennes places dans les rangs du parti, et plus dociles, plus

souples que jamais, îls attendent patiemment que la. ‘ faveur ministérielle vienne payer leur trahison. Déjà,

un certain nombre d’entre euxont reçu, sous une forme

ou uné autre, la récompense due à leur désertion du:

‘camp national, où les honnêtes gens de toutes nuances et de toutes opinions politiques ont seuls droit d'entrée. Les autres ne perdent pas courage, ear ils savent que

‘dans notre siècle et surtout dans notre pays, les traîtres . A6 sont pas. peñdus, mais enrichis et. conségremment

adulés”et craints. : - Ce qui fut considéré dans le. temps comme nn mt

heur, parce qu ‘il détruisait nos espérances. d'union. et. ‘ de concorde, ne saurait présentement nous offrir la

même pensée, Le parti national issu de cette agitation

LA QUESTION MÉTISSE es

… constitutionnelle s’est trouvé, ïl est vrai, par cet abandon, amoindri en nombre, mais par contre-coup;"il s’est débarrassé d'éléments dangereux et malsains qui n’auraient pas tardé.à l'entrainer vers la ruine. -

Les traîtres n'ont jamais fait le forturie des partis politiques, et il vaut toujours mieux connaître lè nombre de ses ennemis, que de s'appuyer sur de faux amis et de faux frères.

-La presse ministérielle, pour: pallier ses fautes et celles de ses chefs, a prétendu qué‘le parti ‘Hbéral avait fait de l'échafand de Régins un moyen électoral, à ” l'aide duquel H espérait accaparer le pouvoir. Rien encore, jusqu'à présent, ne nons 2 pronvé la vérité de cette grave accusation, facile à porter, mais démentie par les faits. . LUE, :

Mais serait-elle fondée que je. dirais ? tant. pis”pour eux; leur conscience ne saurait impunément s'accommoder d’une pareïlle transaction, et le châtiment popuhire ne laisserait pas longtemps la faute impunie.

Toutefois, il n'en serait pas moins vrai, qu'ilsauraient eù au moins, l'habileté de faire servir-une cause juste et légitime à la réalisation de lenrs visées ambitieuses, tandis que leurs accusateurs ont cherché à l’aide d’une cause injuste et criminelle à obtenir un résultat sem-

biable. .

Si les journaux salariés du gouvernement s'étaient

‘bornés’à déclarer simplement que les libéraux et les conservateurs nationaüx manquaient de sincérité dans l'attitude qu ‘ils ont prise, vis-à-vis le cabinet d'Ottawa, je n'aurais pas cru nécessaire de faire ce travail, Mais là ne s’est pas bornée leur besogne: ne pouvant atta- -quer et détruire la position iniattaquable qu'occupait,

“dans les annales. politiques. de ce PAYS, la question

TA QUESTION ÉTÉsE L 4

métisse, ils ont, en cérconserivant la discussion à la per- ‘sonnalité de Riel, faussé sciemment la vérité, tronqué “Thistoire; défiguré les faits, espérant par un amas de calomnies atroces, d’accusations. perfides, accumuler assez de fautes sur .la tête du chef, pour.que l'opinion publique, détournée,par ces moyens,de sa voie légitime, PÈ en jugeant. et en condamnant le Premier de la nation métisse, juger et condamner la cause elle-même.

Bien des esprits superficiels et intéressés ont abondé ” dans ce sens, et, comme le dit ävec tant d'autorité il ‘lustre archevèque de St-Boniface, dans son remarquable mémoire du 7 décembre 1885:

“ Tls crojent avoir satisfait à leur devoir de citoyens en . s'écriant: C'est Riel qui est la cause de tont le mal, c’est lui , qui a tout fait ; il a payé de sa tête, maintenant le pays est en sûreté" : Cette explication est. tellement déraisonnabie que, si,

” elle était acceptée, nons pourrions nous attendre à de nouveaux Ÿ troubles, dans un avenir prochain. Le récif sur lequel va se briser une embarcation n’est pas la seule cause du naufrage. Le mode de construction, la violence de la tempête, l'insuffsance où la faïblesse de l'équipage, l'ignorance on l'incurie des-

- pilotes. en un mot, l'ensemble des circonstances dans lesquelles s'accomplit la navigation, n’est pas étranger au désastre qui se . produit sur un écueil,

© # C'est donc s’aveugler où vouloir avengler les antres, que de rejeter sur ün seul les causes que nons déplorons tous. A mes yeux les responsabilités de nos désastres et de nos hiontes sont multiples. lles pèsent non seulement sur les agents actifs du soulèvement et les administrations-qui se sont succédées au pouvoir, mais anesi- sur bien d’autres.” :

Il est donc nécessaire que ces fausses impressions disparaissent ; il est' indispensable que la vérité appa- ‘ raïsse dans tout son éclat.” : |

Aujourd'hui que les passions sont apaisées et que le mépris-et le dégoût peuvent seuls remplacer la haine ‘et la vengeance, il m’a semblé faire-acte de bon citoyen et de patriote sincère, en cherchant à rétablir dans

Le ut

10 U “ÉTUDE SUR toute leur intégrité, les faits et l'histoire de cette fimense | question. : ve À |

Sachant que l'anonyme ést un paravent, derrière lequel souvent l’on se cache pour injurier et calomnier parfois son prochain, j'ai jugé de mon degoir d'apposer . ma signature au bas de cette étude. :

On connaîtra du moins l'esprit. qui l'a dictée et. la main qui l'a ‘écrite; car quoiqu'il arrive, l'écrivain . consciencieux doit, quand il proclame ce qu'il sait être ” la vérité, garder non seulement sa dignité, mais aussi ‘sa fierté, dûssent les personnages les: plus imposants | en souffrir momentanément, . :

À laide et à à la lumière des documents historiques et parlementaires, je vais m'efforcer de prouver:.19 Que la Compagnie de la Baie d'Hudson, n'avait aucuns droits en vertu de sa ‘charte, à la possession des Terri- -toires du Nord-Ouest, qui appartenaient aux Sauvages, par des titres- inaliénables et imprescriptibles ; que la cession qu’elle en fit au gouvernement canadien, était illégale et nulle; 2° Que le gouvernement canadien, loin de contester ce fait, le reconnut au contraire officiellement, ent accordant aux Métis, qui par. leurs mères indiennes, participaient aux droits de propriété des Sauvages, les concessions énumérées dans l'acte de ‘ Manitoba en 1870; 3° Que cet acte, d’après entente formelle entre les délégués, concernait tous les Métis du Nord-Ouest ;: conséquemment, ceux qui habitaient les bords de la Saskatchewän avaient droit à une égale : ‘ distribution de terres et aux mêmes priviléges que leurs frères de la Rivière Rouge ; que ces droits ont été : officiellement reconnus par- les autorités fédérales en 1879, qui cependant ne consentirent à les leur accorder :

LA QUESTION: MÉTISSE. k 41 .

qu'après une attente ‘d'au delà six annéès, savoir le 30. mars 1885, des pétitions, des requêtes, des protestations . incessantes et nornbreuses; souvent restées sans réponse

- et toujours demeurées sans effet, et lorsque la Populas tion désespérée eut enfin recours aux armes, le.18: mark.

1885 pour se faire rendre justice ; 4° Que dans iles

“circonstances, le soulèvement métis était non seulement -excusable, mais même jastifiable ; 5° Que la respousa-

bilité de tous ces troubles, de toutes ces dépenses énor-

mes dont le‘ budget de la Puissance est actuellement

grevé, et de. tous les dommages directs et indirects,

‘ causés par l'agitation de 1885, est à la charge seule di

gouvernement fédéral, qui, eut-il agi suivant la justice et ses promesses, aurait non seulement gagné l'affection”

d’une race loyale et dévouée, mais aussi fait régner la paix et la tranquillité dans ces/{ territoires, et; par là

même, puissamment contribué à leur prospérité, ‘

: Ce fut le it 1e 18 mars STE session de 1865, que fut défi.

nitivement. nent. adoptée: sur divisiôn, par’ la législature du -: parlement provincial, l'adresse à Sa Majesté, au sujet de l’Union des Provinces de l'Amérique pritenpique du Nord.

Comme moyen pratique et le 5lus propre, dans les | . circonstances, à protéger les intérêts des diverses’ pro-"

vinces et à produire l'efficacité, l'harmonie et la stabi-

- lité dans le fonctionnement de cette nnion, elle. sùggé- ‘rait sons forme .de supplique, ‘un système: fédératif,

ayant un gouvernement. chargé du contrôle des choses communes à tout le pays, et des gouvernerñents locaux

-pour chacun des deux Canadas, la. Nouvelle- Ecosse, le - Nouveau-Brunswick et. l'Ile du, Prince-Edouard,

se .

lesquels seraient chargés du contrôle des affaires locales

Û Le

dans leurs sections respectives, ajoutant que des dispositions étaient faites, pour admettre dans l'Union, à des conditions équitables, Terreneuve, Le Territoire du Nord

"Ouest, la Colombie Anglaise et Vancouver. Au para-

graphe 10, de cette même adresse, on lisait :

si Les conditions d'admission däns FUnion, des Territoires du Nord-Ouest de la Colombie: Britannique et de Vancouver seront déterminées par le parlement fédéral et approuvées par Sa Majesté. ”

Dans le paragraphe 68, ü était dit :

« La Convéntion considère les communicatioës avec les

Territoires du Nord-Ouest, et les améliorations nécessaires au ‘développement du commerce du Grand-Ouest avec la mer,

comme étant de la plus haute importance pour les provinces .

confédérées, ct comme devant mériter l'attention du gonverne- -

ment fédéral, aussitôt que le. “permettés l'état des finances, mo

C est la première “fois, q u’il est fait mention, dans un

docnment publie, de l'admission future dans la Confedération, des Territoires du Nord-Ouest, et de la construction à une date plus ou moins rapprochée du Pacifique Canadien.

En effet, dans l'esprit et d'après les prévisions des promoteurs de ce vaste projet, le/seul moyen pratique

dè communiquer avec les Terrifoires du Nord-Ouest et de contribuer äu développément du commerce da

Grand-Ouest avec la mer, se trouvait dans l'établisse-"

ment d’une voie ferrée laquelle, partant de l'Océan Pacifique, par l'admission dans l'Union de la Colombie Anglaise et du Nord-Ouest, devait dans le cours des

- années toucher aux bords de l’Atlantique.

L'Ertercolontel, que le gouvernement canadien s’engagebit dès lors à construire, à partir de la Rivière du

Loup (en bas) j jusqu'à à Traro, dans la Nouvelle-Ecosse, en le. faisant passer par le Nouveau-Brunswick, rendait Papplication de ce plan facile et assuré. L'adresse du parlement du Canada, fat présentée par .

. la chambre, à Son Excellence le Gouverneur-Général

Lord Lisgar, qui la transmit au Secrétaire des Colonies,

- pour qu’elle fut soumise à la Reine.

En 2867, le Parlement dy Royaume-Uni, passa Pacte de l'Amérique Britannique du Nord. Ce ‘statut reçnt l’assentiment de Sa Majesté, le ler Juillet, de la même année.

Telle est la date de l'existence légale et oficielle, de

la Confédération Canadienne, désignée a sous le nom de

“ Puissance du Canada.” Par cet acte, le Gouvernement Canadien reçut de Sa Majesté avis de son consentement, à l'achat - -par la

. # Puissance,” de tous les Terriloires du Nord-Ouest et

du Grand-Ouést de V'Amérique Britannique du Nord. Comme cette cession de territoires ne ponvait s’effec-

. tuer qu’à la condition de payer à la Cie de la Baie d’Hud- ‘ son, qui en étaitalors en possession, des justes et légi-

timesréclamations auxquelles pouvaient lui donner droit sestitres de propriété, il fut jugé opportun par l'autorité

: fédérale d'envoyer au Nord-Oüestnne personne autorisée . qui put exactement la renseignersur l'étendune/la valeur

et les ressources de ces immenses contrées, et vérifier en même temps les titres et les droits de kB Compagnie. . au sujet de ce vaste-pays. h

ML A.J. Russell L-C., inspecteur des agences des Terres de li Couronne, pour le Canada Est et Onest, fat chargé de cette mission officielle. ‘

En 1868, il fit au gouvernement canadien un. Tappot. très favorable sur la richèsse .et l'étendue de ces

territoires, mais, en même temps, il crut de son devoir, en employé fidèle, de l’avertir que, suivant les documents historiques et les faits accomplis, la Cie de la

Baie d'Hudson n'avait, dans son opinion, sucan droit :

‘ légal, pâr sa charte, sur’ ces ‘contrées, dont la plus grande partie appartenait aux Sauvages qni les habitaient à titre de propriétaires depuis un temps immémorial, et que tout ce qu'ils avaient cédé, par des trai-. " tés à la Cie, n'était qu'un privilège de chasse et de. pêche sur ces terres et ces rivières, ajoutant que ces.

traités étaient depuis longtemps expirés, le’ dernier

ayant pris fin en 1859. N Ce rapport fat publié à Ottawa em 1869. 1 ,

I] disait en propres termes au gouvernement ce qui

suit: | dE

- # Au Canada; l'Angleterre a reconnu les droits des Sauvages en achetant leurs terres et eñlgur payant annuellement des mon-

tants stipulés. Avant l’Union, en 1640, ces paiements furent

remboursés au gouverhement impérial, par le Haut-Canada.

“ Aujourd'hui cette allocation annuelle est soldée par lo gouvernement canadien. En présence de ces faits, après avoir payé pour toutes les terres qu'on a achetées pour nous et pour celles que nous avons nous-mêmes achetées des Sauvages, allons-nous être forcés de reconnaître les droits de Ia Cie de la Baïe d'Hudson, à des terrains qu'elle n'a jamais achetés et payés ; et est-il conforme à la justice que l’on doit anx abori.

. gènes, justice que l'on prône tant en Angleterre, qu'en prenant

possession de jeurs terres, au lieu de leur en payer la pleine -

valeur, nous allions faire don de la plus forte partie de cette somme, à la Cie de la Baie d'Hudson, qui n'a jamais acquis des véritables propriétaires, le moindre droit à ces territoires ? ” Et, à l'appui de ses assertions, M. Russell qui avait fait une étüde savante, conscienciense et élaborée de la

charte accordée par Charles Il en 1670, à la Cie de la ‘

. Baïe d'Hudson, ajoutait :

“ Que par cette charte, la compagnie avait le droit exclusif de faire commerce surla Baie d'Hudson et ses tributaires, ainsi

que sur toutes les terres et territoires limitrophes, qui ne

seraient pas alors en la possession des sujets d'aucun autre:

Prince ou Etat Chrétien. Loin de donner à la Cie de la Baie * d'Hudson, la partie intérieure du pays situé.sur la Rivière Rouge et la Saskatchewan, tette charte dont les priviléges * étaient fimités par la restriction qu'elle comportait à sa face, .ne lui accordait même pas cette partie du littoral située visàvis la Baie d'Hudson. Ces régions étaient communément con-

nues comme territoire français, désignation qui leur fut vir-

tuellement conférée par le traité de St-Germain en Laye, er 1632, lequel remettait en 1a possession du roi de la France, 16 Canada ou *‘ la Nouvelle-France ” dont elles formaient partie; ces territoires ayant déjà été en 1627, octroyés, par privilège spécial, à la Compagnie de “ la Nouvelle-France.” ’ |

“ La prise de la possession de la Baie d'Hudson par les Fran-.

.gais, bien avant Ia daie de l'octroi de la charte à Ia Cie de la Baie d'Hudson, est donc incontestable, car non seulement ses commerçants, Jean Bourdon et Latouture, accompagnés de missionnaires, avaient établi en 1656 et en 1663, des comptoirs et des missions jusque dans l’intérieur de ce pays, mais encore,

et,c'est un fait historique avéré, que la Cie de la Baie d'Hudson .

“doit son origine au mécontentement de deux trappeurs canadiens, de Grozelier et Radison, qui incitèront-des aventuriers anglais à se joindre à eux dans une expédition qu’ils frent plus tard dans cés régions et dont le succès décida alors la formation de la Cie et l'octroi de sa charte en 1670. Après avoir lutté pen- . dant plusieurs aïnées contre “eux qui étaient en possession -du territoire, bien avant leur arrivée, les gens de la Baie d'Hudson farent enfin chas-és en 1686, de tous les postes qu'ils avaient établis dans la Baie, et ce comme étant entrés dans et ayant occupé illicitement, un territoire qui-ne leur appartenait pas. “ La justice de cette.expulsion ainsi que la possession légale et antérieure de la France sur cette partie des territoires furent reconnues et confirmées par le traité de Ryswick en 1697. Par ce traité, la France obtint remise non seulement des postes établis par la Cie de la Baïe d'Hudson, maïs aussi de tous ceux qu'elle possédait aupäravant et qui lui avaient été enlevés. : “Evidemment, sans vouloir entrer dans le mérite des objections fondées sur le caractère essentiellement illégal de cette fameuse charte, le roi Charles IT ne pouvait donner, et par/és

faits que nous venons d'établir, n'avait pas en l’intentiod d&—

faire don à Ja Cie de la Baie d'Hudson, de tout le territoire

qu'eïle réclame, par la raison péremptoire qu’il ne pouvait .

disposer d’un bien qui ne.lui appartenait. par aucuns titres et aucuns droits. .

ss

orne even dde eee nd de mes ee

“ Avant la cession du Canada à l'Angleterre, en 1768, les trappeurs canadiens, étaient depuis grand nombre d'années en possession indiscutable de l’intérieur de ce pays.

. % Jis avaient À les forts de Afaurepas sur le lac Winnipeg, le fort Rouge sur la Rivière Rouge, celui de la Reine, sur le lac Manitoba, et cenx de Bourbon, Pasquiæ et Nippewcen sur la Saskatchewan. D'après les articles de la capitulation du Canada, ; . ” leur commerce et leurs propriétés leur furent là garantis. * Après la cession, Anglais et Canadiens imitant leur esemple,

se livrèrent en ces endroits au commerce des fourrures, et ce

avant et après même que la Cie de 12 Baie d'Hadson fit son

entrée dans ces-territoires, et ils continuèront ainsi à mener

cette existence pour une période d'au delà 40 années, antérieurement à la date ou la Cie songea pour la première fois en {814, .

à faire valoir ses droits 4 la’ possession exclusive do ce pays. :

Ce fut alors qu'après une lutte longue et sanglante entre la

Cie de la Baie d'Hudson et la Cie Canadienne du Nord-Ouest fondée à Montréal en 1783, durant laquollé les prétentions respectives des deux compagnies, furent à dessein ignorées par -

les autorités Impériales et Provinciales, la Cie de ia Baie d'Hudson, voyant qu'il ne lui serait jamais possible de faire prévaloir les prétendus priviléges ociroyés par sa charte, ! conclut un traité avec sa rivale, à l'aide duquel les deux compa-

gnies se réservaient pour elles seules, à l'exclusion de toutes autres, le monopole du commerce des pelleteries dans ces terri: toires.”” .

Mais cette entente fut de courte durés, car la diffé-

rence de croyance et de race parmi les employés des deux compagnies, ainsi que l'ambition, la rapacitéet

la haïne des bourgeois, les uns contre les autres, furent

cause que les hostilités recommèncèrent bientôt avec plus d’acharnement qu'auparavant, e Les forces étaient à peu près en égal nombre de. chaque côté, mais les engagés de la Cie du Nord-Ouest, comptant plus de 5,000, étaient plus aguerris et plus

| “redontäbles. 7" —

Js avaient été recrutés avec soin, sauf tontefois : | quelques exceptions, parmi la population française des + : districts de Montréal et des Trois-Rivières. oo .

À ‘ . Ê ” Ÿ ‘ n : , È ‘ = ie ns » x » :

LA QUESTION MÉTISSE, 17 : Tous issus de familles respectäbles de la province de Québec, quelques-uns cependant appartenaient à l’ cienne noblesse du pays. : :

Grands, bien faits, forts, courageux à Pexirème, d'une constitution de fer, capables d'affronter tous les dangers, d'endurer toutesdes fatigues, polis, dévoués et charitables, ces trappeürs canadiens formaient à part, dans le : Nord-Ouest, une race aussiestimée qu’elle était redontée, C'est dans ces existences périllenses et mouvementéesque les Finnimore Cooper, les Gabriel Ferry, les Gus.”

:__ tave Aymard,'ont trouvé ces types légendaires qu'ils . ont immortalisés. On conçoit qu'avec de pareils auxi-

| lidires, la Cie du Nord-Ouest ne craignait pas de se rencontrer face à face avec sa puissante rivale, la Cie de la Baie d'Hudson. - :

En 1816, les deux partis ennemis en vinrent aux mains sur les bords de la Rivière Rouge où se livrä une bataille sanglante, dans laqgnelle le Gouverneur Semple et 26 de ses employés furent tués par les gens de la Cie dn Nord-Ouest.

L'année suivante, tous les forts de la Cié dela Baie d'Hudson, tombèrent au pouvoir des engagés de la Cie du Nord-Ouest, mais en 1818, ils furent repris par le

- régiment des Murons, que Lord Selkirk avait: amené avec lui de Montréal.

Les hostilités se continuèrent ainsi ‘entre les deux compagnies, avec ‘des alternatives de succès et. de

: revers pour l'une et l'autre des parties’ ‘combattants, . jusqu’en 1821, époque où la paix se fit forcément faute” d'hommes et d'argent.

Les deux rivales s'étaient ruinées dans Je lutte, et ce : fut d'un commun accord que les belligérants s’entendirent enfin pour mettre leurs intérêts réciproques « en

raient,

société ; la Cie du Nord-Ouest étant définitivement absorbée par celle de la Baie d'Hudson, qui resta alors seule maîtresse du terrain. "-

Quand ent lieu cette fusion, plusieurs des engagés de la Cie dn Nord-Ouest revinrent au Canada, ne vonlant pas servir la Cie de la Baie d'Hudson qu'ils abhor-

Un plus grand nombre toutefois, accoutamés depuis:

de longues années à cette ‘vie d'aventures si remplie

d'émotions, et ayant, par leur séjour au milieu des tribus sauvages, côntracté leurs habitudes et leur manière de vivre, se fixèrent définitivement dans ces territoires, où ils sy marièrent avec des femmes indiennes. - Lo —

De'ces unions, sortit la race remarquable des Métis

qui, en grande majorité, sentent couler dans leurs :

veines le sang français de leurs pères et le sang sauvage de leurs mères. : E

“ Tout ce que 1ä Cie de la Baie d'Hudson, peut & bon droit réclamer, disait M. Russell, dans les conclusions de son rapport, est une indemnité pour les dommages que pourrait causer à leurs établissements et à leur commerce de fourrures, aujourd'hui peu considérable, l'arrivée d'une émigration étrangère dans ces territoires. , :

‘* En examinant attentivement cette question, il ne faut pas oublier que la charte n’a accordé à la Cie de 1 Baie d'Hudson,

ue seulement la partie du pays qui déverse ses eaux dans la Bate d'Hudson, sur laquelle, sauf les restrictions ci-dessus énoncées, elle pouvait valablement posséder un droitipermia… nent, "

.“ Quant au reste du territoire, elle ne l'occupait qu’à titre -d8 locataire, et à l’expiration du bail, ses privi éges cessaient complètement, sans qu’elle eut droit à aucune compensation.

“ Yo rétends donc, que la partie du pays, appelée “ La “Rivière Rouge-et la Saskatchewan ” tombe dans cette dernière catégorie, et que le traité avec les Sauvages, en vertu duguel la Cie de ia Baie d'Hudson, occupait cette partie des territoires

du Nord- Onest, n'8 jemais été renouvelé depuis 1559, date où il cessait- d'avoir force et effet.”

Cette dissertation historique, basée sur des documents indiscutables, établit hors de tout doute, les droits inaliénables et imprescriptibles des Sanvages et des Métis, leurs descendants par leurs mères, à ja possession et.la propriété des territoires du Nord-Ouest.

D'ailleurs, dans le récit des événements qui vont

. suivre, nôus allons voir que le gouvernement canadien

loin de les contester, les reconnut “officiellement par

l'acte de Manitoba en 1870.

Vers la fin de 1869, il fut convenu entre le gouvernement impérial et la Cie de la Baie d'Hudson, que le Canada prendrait officiellement possession, le 1er déc. de cette mêmé année, des territoires qu ‘elle avait jusqu ‘alors occupés.

La Compagnie cédait à la Puissance, 2,300,000 milles carrés, pour la somme de £300,000 stg- que lui garantissait la Couronne Anglaise.

Dans ce transport, la Compagnie se réservait. tous ses

: forts et ses postes de commerce, plus une étendue considérable de terrain dans leurs environs, ainsi que

la vingtième partie de toutes.les terres, à mesure qu'elles | seraient arpentées et vendries aux solons,- et ce pour une période de cinquante ans.

Le contrat comportait aussi : que tous les titres con-

‘férés par la Cie jusqu'au 8 mai 1869, seraient considé-

rés valides; que le Titre des Sauvages serait éteint et réglé par l'acheteur.

Cette reconnaisance légale par “la Cie des droits des Sauvages à la propriété du sol et l'obligation qu’elle

Les

impose au gouvernement canadien qui y souscrivit ‘ volontairement,règle cette question d’une façon péremp-

toire. C’est en octobre 1869, que le gouverneur Mac-

Dougall ärriva à Pembina, pour prendre possession de

ce nouveau pays, et lança sa fameuse proclamation

- royale, ayant oublié involontairement, on à dessein, que le Canada n'aurait la cession officielle de ces territoires :

que deux mois plus tard. Cet acte d'autorité qui était maladroit et de plus illégal, eut un très mauvais eflet sur une population, déjà irritée contre les agents du gouvernement canadien.

Vers la fin de 1868 et au commencement de 1869; .

sous prétexte de travailler à la route Dawson, deux arpenteurs, Snow et Webb, employés par les autorités

- fédérales avaient essayé, sans la permission des propriétaires, ni même celle de la Cie de la Baie d'Hudson, de

s'emparer des meilleures terres de la Pointe aux Chênes,

située à 80 milles à l’est du fort Garry, ainsi que de :

plusieurs autres propriétés publiques et privées. M. Tuttle, dans son histoire du Manitoba, résume dans les quelques lignes suivantes, les sentiments d’alors

‘chez les Métis :

“Ils niaient au gouvernement canadien, le droit de s'emparer sans leur consentement d'un pays, dont ils se considéraient les maîtres.

‘“ Et ils donnèrent cours à ces sentiments, en arrêtant les . . opérations des deux arpenteuré Snow et Webb. ‘

Mgr Taché, parlant sur ‘le même sujet, ajoute :

Ta population se plaignait que la Cie de la Baie d'Hadeon, l'avait vondue et que le gouvérnement l'avait achetée. ”

Le gouverneur MacDougali, eut beau attendre, protester, supplier et menacer, rien n’y fit.

Les Métis en armes, lui avaient défendu, .sous peine

ds mort, de mettre le pied” sur Je sol du Manitoba et il

[ne put y ‘entrer. -. .

Découragé et désespéré, il remit. sa commission au gouvernement et revint à Ottawa, pour ÿ cacher sa

honte et son humiliation.

Après son départ, les événements se précipitèrent avec la rapidité particulière aux soulèrements popu-

laïres.

Le 2 nov. les i insargés 8 ’emparèrent du Fort Garry,

- poste important de la Cie de la Baie d'Hadson. Le 24,

Bruce comme président. et Lonis Riel à titre de secré-

‘tai re. à

” Quelques jours après, Bruce résignoit en faveur. de

® Riel.

Ce fut alors que l'on établit un conseil composé de 24 membres, dont 12 Métis Français et 12 Métis Anglais.

Le 8 déc. le nouveau gouvernement provisoire lançait une proclamation officielle dans laquelle :il affirmait ses droits au territoire et son alléréance à la Couronne Anglaise. ‘ ——

Dès le début de l'insurrection, Riel avait fit prison-

niers 44 colons anglais, armés et commandés par le Dr.

ee me am su

\- La QUESTION srÉriss 5 21 -,

on forma le gouvernement prôvisoire ayant à sa tête

Schultz. Sur la parole qu'ils donnèrent de ne plus

reprendre les armes contre le gouvernement provisoire,

ils furent remis en liberté.

Schultz, qui avait pu s'échapper de prison, en profite.

pour aller soulever, par l'entremise d’un nommé Räcette, les Sauvages Stoampies, et susciter par là une guerre indienne, “fait. | que es documents publics du temps

‘tonstatent en toutes lettres.

Qui eut dit dlors, ‘que ce même personnage serait

| élevé, dix-huit ans après, par le cabinet d'Ottawa, à la.

ee »

haute dignité de lieutenant-gouverneur du Manitoba, et que la justice fédérale aurait trouvé moyen pour deux personnes accasées du même crime, d'en prendre

une et de couvrir d'honneurs l’autre .

Le16 février:1870, vers les quatre heures du matin, le

gouvernement provisoire fit une capture plus impor. . tante que la précédente,

Il arrêta et fit prisonnier le capitaine Boulton avec . 47 de ses hommes qui étaient tous armés. Suivant les instructions du Colonel. Dennis, qui avait payé un. nommé Monkman, pour entraîner les Sauvages dans le

- sentier de la guerre, Boulton s'était mis à la tête d'un . parti armé, composé d’une centaine d'hommes, et devait réunir ses forces à celles de Schultz à Kildoman.

“ Le projet des chefs, déclare Mer Taché, dans sa déposition assermoentée, devant la Chambre des Communes, à Ottawa, en 1874, était, dit-on, de s'emparer de l'évêché de St-Bonifaco, de La cathédrale, et de là aller attaquer le fort Garry.” L

Boulton, jugé par une cour martiale, fut condamné à à mort, mais les prières du clergé et les sollicitations des Commissaires Canadiens qui étaient alors rendus au Manitoba, lui obtinrent sa grâce.

Dix jours avant cette arrestation, Riel, avait été éla, ; de nouveau président du gouvernement provisoire, Thomas Bunn, nommé Secrétaire d'Etat, Wm. B.

O'Donoghue, Secrétaire du Trésor, et Ambroise Lépine, Adjudant Général. ” °

Fait digne de remarque, dans tous ces changements, ‘le gouvernement provisoire ne renonça jemais: à son

‘’allégeance envers Sa Souveraine.

Au nombre des prisonniers qui composaient la tréupe de Boulton, se trouvait le nommé Thomas Scott, arpen-

as mere rente à de men bee été Ab ire à à me ee née

teur par. état et à l'emploi du goureinement de 12.

Puissance. . . -

Scott venait de la province d'Ontario et était orangiste: Voici en quels termes, dans une letire adréssée le

11 mars 1870, à l'hon. M. Howe, Mgr Taché raconte l'arrestation et l'exécution de Scott: :

& Celui-là même, qui amené du Canada par M: Snow, faillit ‘

V'assassiner à “la Pointe du Chène.” En passant à Winnipeg dans la nuit da 13 au 14, Scott entra dans la maison d'un

nümmé Coutu, parent de ‘Riel, et où ce dernier allait souvent.

I S'informa, si le Président était là, dans l'intention de le tuer,

disent les uns, ou de le prendre en 6tage suivant d’autres .

versions.

“+ Scott, fait prisonnier, exaspéra les äutorités, et jai la douleur de vous dire que cet infortuné fat condamné à mort par une cour martiale et fasillé le 3 du courant.”

: Je ne crois pas à propos ici de discuter si le gouver-

nement provisoire était justifiable d'exécuter Scott, accusé précédemment du meurtre du Métis français

Parisien, et d’une foule d'auires méfaits qui, depuis. | Jongtemps, lui avaient mérité la corde, me réservant de «traiter an long, dans une autre partie de ce livre, cette

importante question.

Âu reste, ce qu il importe présentement de connaître,

‘ce sont les événements qui ont amené l'acte du Mani-

toba en 1870. .

Qu'il me soit permis cependant de fai re remarquer

en m ‘appuyant sur l'autorité du témoignage assermenté - . de Mgr Faché:

# Que le gouvorement provisoire avait été reconnu par Ja Cie de la Baïe d'Hudson, par lu population anglaise, et, de fait,

quand j j'arrivai, dit-il, il était le seul gouvérnement du PAYS. ”

Si Riel a, été considéré comme un rebelle, parce qu 1

a pris part au soulèvement de 1885, contre le gouver-

ES “ÉTUDE SUR" een TT TT

ES

nement canadiën, comment. ‘doit-on quelifier Scott, pris les armes à ls main et en révolte ouverte contre le gouvernement régulier et reconnu comme tel à cette époque, das le Manitoba, quand avant ce temps même le‘cabinet d'Ottawa avait envoyé au fort Garry trois.

commiséaires, MM. Smith, le colonel de -Salabeïry, et r . le -le Rév. Thibault, ainsi qu'un ambassadeur accrédité

dans. le personne dé Mgr Taché, pour traitér avec le gouvernement provisoire de la Rivière Rouge ?

On se rappelle encore, que les ‘autorités fédérales, effrayées des conséquences-désastreuses dans lesquelles les troubles du Manitoba allaient entraîner la Confédé- ration, firent venir en foute hâte de Rome, l'évêque de St-Boniface, appelé par le Saint Père, à venir siéger an Concile Œcuménique tenu . à cette époque au: Vatican,

‘]] ne resta pas sourd à| cet appel pressant du ministère ; son cœur d'a pôtre s'émut à la pensée des dangers qui menagçaient son pauvre peuple; sa chère nation métisse, pour laquelle il avait dépensé la meillenre part de sa vie de prêtre et de missionnaire, et pacificateur par principe, par instinct et par état, on le vit de nouveau traverser les mers et se diriger à travers les : prairies dans la direction des territoires, du N ord- Ouest.

Il n'aväit pas cru.le mal anssi grand qu on Je lui.

avait représenté, à Ottawa, où de retour d'Europe il.

s'était arrêté pour voir les ministres, qui remettant entre ses mains, une proclamation du gouverneur

Young, l'antorisaient, pour faire cesser les troubles, à garantir au nom même des auforités fédérales, anne

amanistie complète aux insurgés du Manitoba. | Une fois rendu à Winnipes, ‘il put juger par luimême de l'étendue et de la gravité de la position. Mais

| il était à la heuteur dé la lourde tâche qu "il vétatt | volontairement imposée, et grâce à à Sa parole autorisée,

ses conseils sages et prudents et plus encore à l'assa-

LA QUESTION ÉTIESE . 25...

-rance- dé ses promesses d'amunistie qu'il fit en toute |

sincérité, s'appuyant sur la parole d'honneur des mem-'

bres du cabinet d'Ottawa, il réussit à ramener le calme

pays. . E

Il était arrivé au Manitoba le 9 mars 1870, et, — .

‘semaines après, le gouvernement provisoire mettait erf liberté tous ses prisonniers. remettait à la Cie de la

rs, parsemé de trèfles du parti métis. Pendant que

:. Mgr Taché jouissait à bon droit du triomphe pacifique

° dans les esprits et à rétablir la “tranquillité dans le .

: Baie d'Hudson, les postes de Manitoba, des Plaines du Cheval Blanc, les pelleteries confisquées, et le drapeau” “" angläis remplaçait, au fort Garry, l'étendard à à fleur de

que son prestige, sa parole, ses conseils et, par-dessus ‘

tout, ses promesses d’amnistie auprès des insurgés, lui avait fait remporter, il était dans le même temps indi-

gnement dupé par les ministres ‘canadiens, qui, mis en

| demeure, quelques semaines après,-par l’évêque de St- Boniface, de faïre honneur‘à leur parole donnée, lui. répondaient qu’une amnistie dé bouche, n'était pas une: :

amuistie écrite, et que les autorités fédérales n'avaient

pas pouvoir de l’accorder, ce privilège résidant seul

dans le parlement impérial. “

Il est à remarquer ici que cette même promesse avait 7

.êté faite par le’cabinet d'Ottawa, aux trois délégués du

gouvernement provisoire, MM. Scott, Black'ét le Pêre

Ritchot, le 31 mars 1870, à Ottawa, pendant qu'ils

: étaient à traiter avec les autorités fédéräles, sar’ Jes | : bases de la déclaration des droits des Métis du Nord- . Ouest, traîté qui ne fut conclu entre.les parties signa.

taires que. le 24 juin 1870, et dont. les clauses etcondi-

tions furent.consignées dans l'acte du Manitoba de 1870. -. “x e

Pressé par ss délégués au 1 sujet de l'amuistie, le ‘ ,& gouvernemen! canadien, avait fait réponse quil n’eus-

sent pas à s'inquiéter à ce sujet; que l'amnistie était accordée, les papiers la garantissant ayant déjà depuis

uelque temps. laisé l'Angleterre, et chose plus que. queiq £

probable, ils les tronveraient à leur arrivée à Winnipeg.

Du 24 juin au ‘24 août 1870, date de l'entrée au Fort.

Garry, des troupes commandées par le colonël Wolsely, Riel, sur les suggestions de Sir G. E. Cartier, continua à gouverner le pays: Cette fameuse campagne militaire, fut en style ministériel, courte et décisive, Grâce encore à Mgr Taché, qui, ayant laissé quelque temps

‘ auparavant le Manitoba, pour ‘alier au. Canada, . y était revenu le 28 au matin, ce qui lui avait permis de

voir durant cette journée, les membres du gouverne- “rfrent. provisoire et de les assurer que la mission de

* Wolsely était toute pacifique, les troupes sans brûler. . “une cartouche et tirer un coup de canon purent entrer dans le Fort Garry, que Riel, O'Donoghue et deux - autres Métis laissaient par une porte àu côté opposé.

Cette victoire importante, dont l'enjeu consistait en

la prise d’un fort abandonn£, révéla à l'Angleterre, un .

génie militaire jusqu'alors inconnu.

Pour récompenser ses insignes services et ses paroles

‘brutales à l'adrésse des Métis qu'iltraita de bandits dans

sa proclamation, le gouvernement impérial le fit Sir,

-et actuéllement, Sir Garnet Wolsely est de facto, le

général en chef de l'armée anglaise.

Fait assez singulier, mais qui n’en est pas moins réel,

c'est que pour devenir fortuné, obtenir des décorations A |

En

“et des titres à l'honorabilité dans notre pays, il faut - aller au Nord-Ouest\et. batailler contre ces pauvres Métis français, soit avéc l'épée, la plume ou'la parole. - Où donc, en effet, le\général Middleton: et l'hon. . À. P. Caron, ont-ils gagné leurs décorations nobiliaires de “ Sir”, sinon, dans linsarrection métisse de 1885 ? .‘ Et Jés 420,000 votées à Sir Middleton, par le parlement Canadien, ne sont-elles pas la récompense de Jl'asservissement brutal de la nation métisse ? Dira-t-on que le membre pour Provencher, aujourd'hui l’hon. Joseph Royal, lieutenant-gouverneur du

ee Nord-Ouest, n'a pas reçu le prix de ses trahisons et de

- “fonctions de lieutenant-gouverneur du ‘Manitoba, On !

ses votes honteux aux sessions fédérales de 1885 et 1886 ? Quent à l'hon. Schultz, il gouverne actuellement, comme Lieutenant-Gouverneur, la Province: de Mani- toba, qu'il a voulu livrer-en 1869, à ‘la Térocité des . “tribus sauvages. Et dire que, sans les “conseils pacifiques de Mgr Taché, en 1870, et l'opposition déterminée ‘de Riel aux projets belliqueux de son général, Gabriel Dumont, tout ce cirage restait en boite et leurs Honneurs tombaient an rang des simples mortels!

” Le 2 septembre 1870, l'hon: Archibald entra dans ses s'attendait que son premier acte administratif, serait la | proclamation de J’amnistie, mais il resta: bonche close : | éur cette grave question. on 1 En 1871,.une invasion fénienne menséa la province. L'hon.. Archibald se souvint en ce moment critique du: prestige de Riel, et fit un appel pressant à E loyauté de sujet britannique.

. I] ne fat pas sans effet, car au bout de uelques jours, Riel vint à la tête de 250 cavaliers} > Métis, se - mettre à à la- disposition du gouvernement.

ve

28 | ÉruDE SUR

Les Féniens, qui ‘comptaient pour Je succès de leur mouvement agressif sur les sympathies actives des Métis français, furent déçus dans leurs espérances, et l'attitude déterminée -4€ Riel et de ses hommes, les fit rebrousser chemin. 11 est acquis à l’histoire, que dans cette circonstance, le chef métis et ses partisans conservèrent au Canada, par leur loyauté, les territoires du Nord-Ouest.

Le gouverneur Archibald vanta alors publiquement l'attachement etle dévouement de la race métisse à la Couronne Anglaise.

On sait aujourd’hui de quelle manière le gouvernemént canadien les en récompensa. .

À peine le danger était-il disparu, que dans les premiers jours du mois d'octobre 1871, la province d'Ontario, mettait à prix la tête du chef métis et offrait 85,000, à qui opérerait son arrestation.

En 1872, eurent lieu par toute la Puissance des élections générales.

Le cabinet d'Ottawa, craignant que si Riel et. Lépine restaient dans le Manitoba; ils pussent créer une nouvelle agitation, leur fit offrir, par l'entremise de Mgr Taché, une somme de 800 louis pour laisser le paÿs. |

À cetie proposition insultante, ils refusèrent d’acquiescer, mais l'évêque .de St-Boniface fit tant d'ins-

.tanées et de supplications auprès d'eux, que,sur sa promesse solennelle, qu’il rendrait publique la lettre qu'ils lui adresseraient, dans laquelle se trouvaient relatés tous les détails de cette transaction, le motivé de leur refus et les raisons déterminantes de Jeur acceptation finale, et après son engagement formel de subvenir durant leur absence, aux besoins quotidiens de leurs famil-

. Les respectives, ils consentirent enfin à à partir,

me

Dans le même temps, Sir G. E. Cartier, venait d’être défait dans-Montréal-Est par M. Jetté, anjourd'hui; juge à Montréal. Comme membre de l'administration, il lui

fallait un siége au parlement. ‘On pensa à celui du comté de Provencher, où Riel qui était candidat, devait

être élu par acclamation. Mer Taché, croyant: enfin' ‘que l'amnistie allait être accordée, consentit encore une

fois, à servir d’intermédiaire entre Riel et le gouvernement. - Sur ses conseils, Riel retira sa cañdidature et fit

élire par acclamation, à sa place, Sir GE. Cartier. Le :

ler octobre 1873, le sièce.de Provencher étant devenu

. vacant, par la mort de Sir George, Riel s'offrit de nou-

veau comme candidat et fut élu par acclamation: Ce fut durant cette campagne électorale que Riel,

tel qu’il le déclara dans son discours aux jurés, lors de : son procès à Régina, reçut par l’entrernise d'agents du.

gouvernement canadien, J'offre qu'il repoussa avec

* indignation, d'une somme de $35,000 s’il-voulait laisser le pays et n'y plus revenir. Pendant que Riel était

à Ottawa où l'appelait son devoir de député, le célèbre Henry J. Clarke, C. R., qui a laissé de tsi chers souvenirs de son séjour à Montréal, profitant de son absence, réussissait facilement à obtenir au nom dela Couronne, qu’il représentait alors, un frue bill, devant le Grand Jury, contre le représentant de Provencher, que l’on ac-

Au-mois de jenvier 1874, Riel, quoi qu’absent du

pays, fut de nouveau élu député pour le comté de Pro-vercher, mais comme le sentiment publie au Canada °

.. . cusait du meurtre’de Scott. Ce érue bill, fat entré dans ‘ .. les archives du greffe de la Couronne et.de la Paix, le

; 15 novembre 1873, date du terme de la Cour de Banc ir. de la Reine à Winnipeg.

Jui était plus hostile. que jamais, il n'essaya pas d’ aller siéger immédiatement aux Communes d'Ottawa.

Toutefois, au commencement de mars, étant accompagné du Dr Fiset et de M. Alphonse Desjardins, tous deux députés, il alla, dans le bureau du greffier de la Chambre des Communes, à Ottawa; signer son nom dans le régistre des membres élus.

Cet acte d'audace virile, de la part d’un: hoïie dont la tête était mise à prix, eut un retentissement i immense, Le 16 avril, sur un vote de 124 contre 68, Riel était expulsé des Communes. ‘

Le 15 février 1875, un jugement était entré contre Ini, au greffe de la Paix, à Winnipeg le banuissant du pays pour cinq ans.

Le 95 avril, deux mois et dix jours après cette condamnation infamante, le gouvérnement canadien proclamait l'amnistie si longuement et si patiemment attendue par Mer Taché et les Métis. Ambroise Lépine,

qui avait été trouvé coupable du meurtre de. Scott et

condamné à être pendu, était gracié, maïs en même temps on le privait pour toujours de ses droits-politi- : . ques comme citoyen. Telle fut la justice du cabinet

d'Ottawa.

Proscrit et exilé de sa patrie, Riel parcourut les Etats.

Unis et se rendit à Washington, où. dans les sympathies ‘et lé dévouement de notre distingué compairiote, le . | Major Mallet, présentement Inspecteur des Agences: Indiennes dans les territoires américains, il trouva un adoucissement à ses infortunes.. Plus tard, nous le trouvons interné à l'asile des aliénés de Beauport, comté de Québec, où il démeura 19 mois sous le nom * de Larochelle. C'était la-rechute d’une affection mentale qui précédemment l'avait fait confier aux soins des

- belle intelligence. Sa maladie fnt déclarée être la :

‘aliénistes, pendant quelque temps à Washington et à

l'asile St-Jean de Dieu, près de Montréal. Les persécutions, les chagrins, la misère et l'exil avait brisé cette

mégalomanie, qui consiste de deux mots grecs, mégalas, grand, mania, folie. Après sa sortie de l'asile

: Beauport, le 21 janvier 1878, il retourna à Was- Αhington, mais son séjour y fut de courte durée, puis de là, il alla s'établir à Saint-Joseph, Minnesota, où il

demeura une année entière. En 1879, il se fixa au Montana et s’y maria avec Marguerite Bellehumeur, fille d'un Métis français du Fort Elliott. De. ce mariage naquirent .deux enfants : un garçon et une fille. Le garçon est né dans les prairies du Missouri le 4 mai

1889, et la fille, Marie Angélique, à:la mission St- |

Pièrre, Montana, le 17 septembre 1888.

. Ces deux orphelins .sont élevés actuellement à St-, Vital, diocèse de St-Boniface, par leur aïeule, Julie de la Gimodière, mère de Riel.

.C'est:à la mission St-Pierre, desservie : par les Ré.

: PP. Jésuites, que Riel, depuis 1883, remplit les modes-

tes fonctions de maître d'école, jusqu'au moment où les Métis de la Saskatchewan vinrent le chercher en 1884,

pour le placer à leur tête.

: Ponr‘démontrer qu’ en définitive toute l’organisation

. politique, dont a jouile Manitoba depuis 1870, était due

à Vaction du gouvernement provisoire, Mgr Taché

. disait dans son pamphlet « sur Anis. p- 55:

.. # Sans ces arrangements faits à Ottawa & en ‘avril et mai 1870,

. n'y aurait pas eu au monde un coin de là terre quis ‘appellerait

la province de Manitoba ; il n'y ‘aurait pas äu milieu de nous

. un Conseil Exécutif dont les membres sont “ Ministres d'Etat ”

de Manitoba ; nous ne connaîtrions pas une Assemblée, ni un

Conseil Législatif de Manitoba, : En dehors .des instructions

FX À

82 oc 7 ÉTUDE SUR données aux déléqués du Nord-Ouest, par le gouvernement provi - soire, personne ne songeait au régime qui & Eté proposé, accepté et sous lequel nous vivons. Les trois branches de notre législature : sont donc nées des arrangements conclus, entre les ministres fédéraux et les délégués du Nord-Ouest, envoyés et déléqués par le gouvernement provisoire.” ‘ .

Ces rémarques autorisées nous amènent à considérer maintenant l'acte du Manitoba de 1870. Cet acte créait ane nouvelle province sous le nom de“ Manitoba” en Juï accordant une représentation au Sénat et à la Chambre des Communes, à Ottawa, ainsi qu'une législature locale, composée d'une Assemblée Législative et d'an Conseil. : dc |

Les langues anglaïse et française étaient reconnues comme officielles devant la Législature et les tribunaux. L'acte pourvoyait aussi à ur gouvernement temporaire pour cette pattie” des territoires qui ne faisaient pas partie du Manitoba. ‘ .

Il y était dit que ce gouvernement temporaire tomberaït, jusqu'en 1871, dans les attributions du lieutenant-gouverheur du Manitoba, qui serait aidé d'un. Conseil dont l'acte de 1868 avait fixé les pouvoirs et fixé lé nombre de ses membres.

Quant à la partie importante des terres, voici ce qu’il décrétait: . Ut ct

# Et considérant qu’il importe dans le but d'éteindre Les fitres des Sauvages, aux terres de la Province, d'affecter une partie de ces terres non concédées, jusqu'à concurrence de. 1,400,000 âcres, aa bénéfice des Métis résidents, il est par le présent décrété, que le lieutenant-gouverneur, en vertu de règlements établis de temps à autres par le gouverneur général en conseil, choisira des lots ou étendues de terres dansics parties de la:

. province, qu'il jugera à propos, jusqu’& concurrence du nombre ” d'âcres cidessus-exprimé et il en fera le partage entre les en-

. fants des chefs de famille métis domiciliés dans la Province, à l'époque à laquelle le transfert scra fait au Canada” -

LA QUESMON METISSE a 133 .

. Par un autre acte, celui de 1874, les mêmes privilé ges furent accordés non seulement aux chefs de famille, mais aussi aux mineurs, les enfants des Métis, cornme il appert à l’article 82 de cet acte. Se

Ces actes, tels qu'ils ont 6té appliqnés accordent

: d'abord à chaque chef de famille.le lopin de terre dont il était en possession à l’époque du transfert jusqu’à concurrence de 160 acres, et les Métis reçoivent en sus, -pour l'extinction du titre Sauvage, 160 acrès de terre ou un scrip pour 160 acres de terre,.et chaque mineur reçoit 240 acres ou un serip, pour cette quantité, ‘A cela, il faut ajouter que l’arpentage du gouvernement devait conserver aux terres des Métis leurs anciennes propor- tions, car dès 1869, le nouveau mode d'arpenter. les propriétés avait provoqué chez la population quai ne voulsit pas changer ses habitudes de voisinage, conser-

vées par ses anciennes divisions de erres, l'un de. ses . |

agriefs les plus sérieux.

Moins Jlamnistie qui fut toujours promise, mais - ‘ jamais accordée, durant cette époque, le gouvernement canadien acquiesçait par son Âcte du Manitoba de 187%, à toutes Îles demandes, sauf quelques détails “secondaires, que renfermait la déclaration des droits des Métis duaNord-Ouest, représentés par les délégués | officiels du gonvernement provisoire. di

Quand la Cie de la Baie d'Hudson, céda an Canada, les territoires du Nord-Ouest, il ne fut pas stipulé que leur. étendue serait restreinte aux seules dimensions de: la province. de Manitoba, mais cet abandon comprenait toutés Jes terres, des quatre autres provinces savoir:

: Assiniboia, Saskatchewan, Albérta et : Athabasca.

ga : ÉTUDE SUR

L'acte de 1870, maintenait-il Je principe des réclamations des Métis du Nord-Ouest, et lenr conférait-il les mêmes droits qu'il accordait à leurs rères du\ Manitoba ? ‘

L'hon. Biake, à las session de 1885, y répondait comme suit: .

“Je maintiens que le privcipe des réclamations des Métis . des territoires du Nord-Onest, en considérition de l'extinction

des droits que leur donnait lo titre des Sauvages, a été dès dors . rotonnu; Ja justice doit être la même sur les rives de Ia Saskat-

chewan ou de la rivière Qu'Appelle, que sur celles dela Rivière

Rouge ou de l'Assiniboine.

«La règle ne change pas avec le parallèle: de latitude et il est impossible de refuser aux ans ce qui est accordé aux autres.” (Débats. des Communes, Puissance da Canada, session 1885, à Le. IVip. 3076).

Mais pour dissiper tons des dontes à à cet égard, : nous trouvons qu’en 1879, Sir John À MacDonald proposa en parlement, un bill pour étendre aux Métis des ter-

“ ritoires du Nord-Otiest, les mêmes privilèges que ceux :

accordés aux Métis du Manitoba par l'acte de. 1870. : Ce bill se lit comme suit:

ho

& Que les pouvoirs suivants soient per le présent Étléyués au gouverneur en conseil, pour régler les réclamations en rapport avec l'extinction des titres des Sauvages, faites par les. Métis résidant dans les torritoires du Nord-Ouest, hors des limites du Manitoba, avant le 15ème jour de juillet 1870, en accordant des terres à telles personnes et dans là mesure et son les conditions qu "il sera jugé à propos d'étabir-de temps à autre.” :

Les dispositions de ce statut ont été répétées dans . Tacte de 1888. Le gouvernement at-il agi d'après ce

statut ? Quand s'est-il conformé à cet” acte ? Le 28 jan-

vier 1885, pour nommer une commission chargée de faire lé receñsement des Métis qui avaient des droits à

réclamer, et le 30 mars 1885, douze j jours sprès le: SOu-." |

lèvement pour les règler.

Et pourtant ce n'étaient pas ni le nèmbre ni la gravité des griefs qui faisaient défaut aux Métis du Nord-Ouest.

Si nous ouvrons les documents publics, nous les. trouvons classés sous six chefs différents. . .

1° Ils se plaignaïent du système d'aïpentage adopté par le gouvernement, qui, suivant le mode des town: ships, divisait le terrain en carrés, et comme leurs terres : n'étaient point carrées ni de la dimension voulue, il -. arrivait que l'arpenteur fédéral figurait une ligne qui coupait un champ en deux, une cabane en biais et’ quelquefois une cheminée par la moitié, et la chose se’ pratiquait sans avis préalable, sans permission, sans demande de renseignements et sans aucune compenser tion.

2? Ils demandaient le. division des territoires en ‘Provinces pour les fins représentatives et judiciaires.

8° Ils réclamaient du gouvernement les mêmes droits que leurs frères du Manitoba, et voulaient participer comme eux aux privilèges de 1 ‘acte de 180.

4° Ils prétendaient que leurs droits comme colons n'étaient pas reconnus, qu'ils ne pouvaient recevoir de. lettres patentes pour leurs terres par la faute du. gouvernement, ce qui les empêchait d'obtenir |’ inscription des terres sur lesquelles ils désiraient s'établir; que le gouvernement avait accordé à des syndicats, à des com- | pagnies minières, de colonisation et d'élevage de bes- . tiaux, de vastes étendues de terrains qui étaient bien * avant la date de ces octrois, occupés par les Métis.

‘ 5° Ilsse plaignaient des droits imposés pour la conpe du bois, comme étant onéreux et injustes. …

6° Ils disaient que la taxe réclamée pour couper le ‘. foin était tyrannique et causait un profond mécontente- . ment: dans le pays.

Le 26 mars 1885, quelques jours après le soulèvément. métis, Sir John A: MacDonald déclarait devant les” - Communes à Ottawa, dans son discours sur les troubles ‘du Nord-Ouest: .

4 Qu'avant l'arrivée de Riel, ces colons ne nous avaient »- . } , « . = »

jamais exposé auçuns droits, et n'avaient jamais fait aucunes - plaintes au gouvernement,” -

Le6 juin 1885, le secrétaire d'état, l'hon. Chapleau, | dans une lettre restée fameuse et envoyée à MM. Plante et Charland, de Fall-River, Mass, en réponse à une requête qu'ils lui adressaient en ‘faveur de Riel, leur écrivait: me L

& Si les Métis avaient:-des griefs sérieux contre le gouverne- : ment, le moyen ordinaire de pétitionner leur était libre comme à tout citoyen ; ils n’en ont rien fait. g -

4 Puis il ajoutait: “ Si leurs requêtes n'avaient pas été écoutées par le gouvernement ils avaient le droit d'entrer dans une agitation constitutionnelle et demander à leurs amis en Chambre de faire valoir leurs griefs; mais ils ne le firent pas” - .,

4 Ils savaient qu'ils comptaient des amis dévoués dans le cabinet la Chambre d'Assemblée et la presse, il ne paraissent pas s'être adressés à eux, ni avoir demandé leur appui,”

Ÿ. A cette donble’assertion mensongère, répondent plus. de 80 requêtes, plaintes, notes d'entrevues avec le gou-. vernement, lettres publiées dans les journaux, rapports et télégrammes des officiers de la police à cheval du

#, Nord-Ouest, tous ayant trait aux griefs des métis. Que le cabinet d'Ottawa fut parfaitement.et depuis longtemps au courant des plaintes et des réclamations : des habitants de la Saskatchewan, personne n'osera ici, - le contester en face des documents suivants queje vais __eiter par ordre de date: | Le 11 sept. 1874, une requête datée du Lac Qu’'Âp- . pelle au gouverneur Morris, demandait qu'on reconnût

Re Le

aux Métis, le droit de garder les terres dont ils étaient en possession ; ils réclamaient aussi certains droits de chasse et de pêche, ainsi que la participafion de la.

- mission catholique romaine, à tous les droits des Métis,” plus des règlements pour la chasse du bison.et l'éta-

blissement d'une autorité chargée d'administrer les affaires du pays. | : Le 21 février 1878, la requête de George MacKay et

autres, au nombre de 148, adressée au gouverneur-

général du Canada exposait :

# Que des arpentages étaient nécessaires; ; qu'ils devaient être

"faits d'après la délimitation actuelle de leurs terres avec leurs

fronts étroits, et que les Métis qui n’ont pas participé aux distributions des terres du Manitoba, reçoivent les mêmes avanta-

| ges qui ont été accordés à leurs frères du Manitoba, ”

Le 80 septembre 1878, David ‘Laverdurè et antres, au nombre de 280, habitant le voisinage. de la Montagne

de Cyprès, de ient-par leur pétition au Conseil .

da Nord-Ouest, le privilège de-chasser le bison, durant

d'entr'eux n’a pas participé à la distribution-des scrips

: dans le Manitoba" DR Une requête de Charles MacKay et autres du village” D

Manitoba, Teque au ministère le 12 avril 1880, représentait :

« Que quelques-uns d’entre eux qui appartenaient au Mani- u “toba, étaient absents lors du recensement et qu'ils n'ont pas

participé à la distribution des scrips, et domandait que ceux-là

. pussent participer à la concession, tout comme 8 s'ils avaient été ; pr ésents lors du recensement.” !

Métis du Manitoba. . Hu .

Les pétitionnaires réclamaient pour les Métis du Nord-Ouest, les mêmes droits. que ceux accordés aux

À En

toutes les saisons, et représentaient que la majorité |

cd

88 t L CÉTUDESUR

“Le 19 mai 1880, pétition d'Octave Majean ét antres, |

à Sir John A: MacDonald, exposant les-mêmes griefs et les mêmes demandes. CT . :

Le 2 septembre 1881, requête de Pierre Lapierre et

autres de Qu’Appelle, adressée au marqnis de Lorne,

gouverneur-général du Canàda, réclamant pour les

Métis du Nord-Ouest des scrips; comme en ont recu Îles Métis du Manitoba, et que le: gouvernement fasse exécuter un arpentage de leurs terres actuelles, sémblable à celui qu'il a fait sur les terres des vieux colons établis sur les bords des rivières Rouge et Assiniboine.

.… Le 4 septembre 1882, pétition de Gabriel Dumont et

autres, datée à Saint-Antoine de Padoue, demandent ‘au gouvernèment de faire arpenter leurs terres, d'après le mode adopté pour celles des Métis du Manitoba et

” ‘de lear concéder gratuitement ces terrains. Dans leur

requête, ils affirmaient aussi leur droit à la propriété

du. sol. : . Loi ie En 1888, une délégation métisse, composée du Père

“Leduc ‘et de M. Maloney, vint à Ottawa, demander

justice au gouvernement au sujet des griefs de la popu: : ‘ - £a . n F

lation, . ‘ Er ocusrt

. Le 19 novembre 1888, nous voyons dans les docu- -

“ments publics la pétition de W. Bremner et autres de : :

St-Louis de Langevin. Elle exposait au gouvernement

les faits suivants :

“ Que plusieurs Métis se trouvaient à dès 1873-74 et ‘75, et un plus grand nombre depuis 1880 ; que tous y auraient pris des terres suivant le mode des Métis du Manitoba, c'est-à-dire

en lots de rivières ; que dans l’antomne de 1880, ils avaient par : . requête unanime, envoyée à Ottawa, demandé tn arpentage

spécial en lots de rivières, tel qu'aëcordé à l'établissement du

Prince-Albert et à une partie de Saint-Laurent; qne depuis |

, . tette.époque, ils avaient pétitionné de notveau pour le même . 0bict, s'appuyañt &ur.l'influcnce de MM. Royal, M. P., DH Sd oo - La LD : | D

Lo — it 2< ru

LÀ QUESTION MÉISSE ce 89

MacDonald, L Clarko, Mgr Gr. andin: et le Père Ledue; que le

privtemps dernier, le'Père Leduc qui était allé à Ottawa, leur avait montré la’ réponse du gouvernement, promettant un arpentago epécial pour les terres habitées de la Saskatchewan

et qu'enfin ils en sont encore à: attendre Texéeution de cette -promesse. Î .

En juin 1884, fat publiée dans un journal & Winnie oc

pes, l'acceptation écrite de Riel, à la délégation métisse ‘envoyée au Montana, -pour le chercher.” « :

.- Cette lettre, ainsi que la requête des déléguée furent L

. envoyées au gouvernement par le Père André.

ges à

* maït le gouvernement que. lès Sauvages étaient remuants. | Let agités” |

Le 12 juin, le “ Herald ” de la Saskatchewan, attirait l'attention du gouvernement sur le séjour de Riel

anglais instrait et influent, publia dans le “ Sun” de Winnipeg, une longue correspondance, concernant les ” réclamations des Métis.

LeïS juillet, lé Capt. Crosiee Hégrapit, an contré-

leur de ja police à à.cheval; l'arrivée de Riel à Batoche

et. sa nomination comme chef.

e 18 du même mois, le “ Sun” de Winnipeg, infor-

Les 21, 22 et 28 juin et les 27 et 28 juillet. 1884. le

“Times” discutait à fond Ja question des Sauvages : : qui étaient mécontents, et prédisait un soulèvement A prochain. ’

: Le 22 juillet, L° ‘ Vedette ” de Qu'Appelle, disait que le séjour-de Riel à Batoche, ne ‘présageait rien: de bon,

Let que si les réclamations métisses n'étaient pas satis-, | faites; la population se soulèverait assurément POUr 4 se

faire rendre justice.

.Le 27 juiliet, Crozier, écrivait au col. Hvine une. | lettre que ce dernier envoyait à à Ottavra, mentionnant

PS RES . w

parmi les Métis. En juillet 1884, M. Isbister, Métis .

es

er

que des assemblées publiques se tenaient souvent à

Battleford, an Lac des Canards, sous la présidence de

Riel ; quéles Sauvages sympathisaient avec les Métis, “et que le gouvernement devait prendre sans plus tarder

des mesures pour éviter les t troubles.

Les 2 et 4 août 1884, de sé. Bulletin” d'Edmonton et »

le “ Times ” argumentaient sur Jes mêmes faits.

Le 9 août, le ‘: Herald” dela Saskatchewan, publiait. anf éditorial, ‘dans lequel. il déclarait que les Métis.

avaient des griefs sérieux contre le gouvernement. À la même date Crozier, écrivait de nouveau au

contrôleur de la police, à Ottawa, que les Sauvages

étaient turbulents. Le 14 doût, le même écrivait encore :

a ‘il y avait un grand nombre de personnes. dans le . :

s qui prétendaient avoir des rich e et per) là même pathisaient avec Riel.

Le 21, le sergent Brooks faisait savoir au commandant .

| à Battleford : que Riel et Gros Ours avaient eu une

conférence à Prince Albert, quelques jours snpasvent, Cette lettre fut transmise à Ottavra.

En septembre 1884, à une assemblée abliane tenue

à Saint-Laurent, on adoptait la déclaration des droits

‘des Métis, et ces résolutions étaient adressées à Ottawa. |

Le 17 septembre, le sergent Keenan, écrit au commandant de Baitleford: que le 9 septembre, il y & eu une grande assemblée des Métis à Saint-Laurent, et que tous-les Métis des environs y assistaient ; que cette assemblée fut Sonvoquée. -pour condamner le gouvernement, et que Riel lui ædit que le cabinet d'Ottawa lui

avait fait offrir un siége dans le Conseil du Nord-Ouest, .

Te tes Sénat Canadien. .

Le 2 octobre, cette communication était envoyée au

. gouvernement à Ottawa.

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La

ie . ° = : | : “ | A QUESTION AÉTISSE 5 4

. Le 26 septembre, Keenan écrit à Crozier à Battlefsrd

de disant: “que Riel tient de fréquentes assemblées,

. dans lesquelles il se sert d’un langage mesuré et pru- . dent; qui n'est plus le même dans les séances privées de son Conseil; que Charles Nolin, l'un de ses conseil-

|. lers a proposé aux Métis de soumettre une dernière lois, leurs griefs au gouvernement, et que sion n'y faisait

“pas droit sons le plus court délai, de prendre alors les

armes, de tuer tous les blancs et d'inciter les Sauvages à se joindre à eux.” | . Le 30 octobre 1884, Crozier écrit a au commandant à Régina et lui annonce que Riel exerce militairement ses hommes à Saint-Laurent, et que le 12 courant, il y a eu:là, au milieu de la nuit, une grande: assemblée.

. Cette lettre fut expédiée à Ottawa.

- Le 2 décembre 1884, le surintendant Gagnon annonce à Crozier: que dans le cgürs de novembre: derniér, plusieurs assemblées publiques ont eu lieu à Saint- Laurent et à Batoche, et que là on a rédigé et signé des. pétitions contenant la- déclaration des droits des Métis__

5e qu’elles ont été envoyées à Otlawa.

©. : Le 31 décembre, l'inspecteur -Howe écrit au capitaine Crozier : que le 9, du-coùrant, il ya eu à Saint-Laurent : grande assemblée des Métis au sujet de leurs droits, et qu'en cette occasion, Riel a dità McDonall, membre du

- conseil du Nord-Ouest, que si on Jai donnait $5,000, il

°c laisserait le pays. Ù

* Le 10 mars 1885, un télégramine du Bureau général de la police à Régina, envoyé à Otayra, se lisait comme suit : :

sie

“ Métis “éxcités, plus turbulents que d'habitude: on répare les armes. Ne. connaissons pas la cause ou le but de ces préparatifs, 77, ou

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