A BRANOHE-SUD DE LA SASKATCHEWAN
#7 F's'étaient fixés des Métis canadiens-français. Leur colonie datait Eee Elle s'était fondée nombreüse d'environ deux cents. amilles, .
NT
« <<, Dans cette colonie existait le gouvernement métis -dont la :
‘ ne leur furent pas accordés,
-Confédération ne pouvait devenir dépositaire que par le con- -sentément des gens. Pdrce que ce consentement n'a été ni demandé ni donné, le conseil des Métis de‘la Saskatchewan et leurs lois de la Prairie ont continué d'être le vrai gouvernement
et les vraies lois de cétte contrée et le sont encore virtuellement .
"aujourd’hui. Vos ° :
À leur tête était un homme dévoué, toujours prêt à rendre service, hospitalier, affable, un caractère loyal et franc qu'il faisait bon d’avoir pour ami: un chasseur renommé dans tout
‘ le Nord-Ouest, un voyägour capable; mais aussi.un guerrier terrible à rencontrer, noble à émouvoir. Les Pieds-Noiïrs l’ont connu intrépide et vaillant. Les Cris l'ont respecté'dans la
guerre et aimé dans la paix. É À Sa réputation est assise depuis longtemps au-milieu des tribus qui sont aux Pieds des Montagnes de’ Roche#dans les Prairies, sur les bords de la Rivière Rougo, au-delà des lignes, depuis les ‘sources de la Rivière au Lait jusqu'en bas et le long du Missouri, un des hommes les plus chevaleresques du Nouveaü-Monde, M. Gabriel Dumont, mon parent, ‘ Dans un temps où les Indiens étaient à craindre, les Métis de la Branche-du-Sud s'étaient bâtis proche à proche sar des lots beaucoup plus longs que larges. * Els deman . nement d'Ottawa d'arpenter ces lots tels quels. Ces grpentages Les Métis avaient des places à foin, la Puissance les en dépouilla. ‘ ‘ .
Is avaient des communes et des endroits de pacage pour
leurs chevaux etpour leurs bestiaux, elle les leur ôta.
Us avaient des térres à bois, la Puissance s'en empara.clis .ne pouvaient plus avoirile bois qui leur était nécessaire, sans payer une taxe spéciale, sans acheter un permis, :-
Les terres qu'ils avaient en leur possession, et qui leur appartenaient une fois par le titre indien, deux fois pour les avoir défendues au prix dé lour sang ; troïs fois pour les avoir bâties, cultivées, clôturées, travaillées et habitées, leur étaient laissées comme préemption moyennant deux piastres l’acre,
: \ LA SECONDE VENUE DE RIEL sat
. : La Puissance arriva à ne plus garder aucune modération. Elle vendit à une société de. colonisation une paroisse métisse
toute ‘ronde, le prêtre était là. Elle vendit la paroisse de St. .
Louis de Langevin avec ln terre de l'église, sur laquelle était une chapelle en voie de construction ; elle vendit la terre de
érent au gouver-.
Técole et les propriétés de trente-cinq familles, Est-il étonnant que Jes Métis se soient soulevés ? Quelles gens, À leur placo, n'en auraient pas fait autant ? .
La patience humaine à des limites, et lorsqu'un despotisme est sans bornes, il faut bien chercher à cogner sur les doigts. de l main qui l'exerce. ‘ °
Au reste, Ottawa avait prévu les effets inévitables de sa tyrannie, et pour tenir le peuple comme dans un étau, il avait
préalablement passé une loi par laquelle il'était défendu aux
êtres humains. dans le Nord-Ouest, de so trouver en assemblée ‘de plus de deux personnes au sujet des affaires concernant les agents et les Indiens, une loi faite aux ambiguités, dont la ponctuation même était fine et malicieuse; une loi capable de prendre autant d'interprétations que la couleur des tourtes peut prendre de nuances. Cette loi. surtout dirigée contre les Métis venait on force le ler janvier 1885. Ne sachant plus que faire, ls m'envoyèrent chercher. , - J'ai traVersé les lignes, sans armes et sans munitions, emmenant avec moi ma femme et mes enfants, Je ne pensais pas à la guerre. Je venais faire des pétitions. , gouvernement d'Ottawa avait fait avec moi, en 1870, jan traité dont il n'avait pas encore observé une seule clause, à mon égard. Je venais pétitionner pr mes gens et pour moi, demander au gouvernement de la Puissance ce qui nous appartenait, dans l'espérance d'obtenir au moins quelque chose, si : fus no pouvions pas obtenir satisfaction complète, ‘ On dit que les cent ou cent cinquante familles métisses venues du Manitoba et établies sur la branche-Sud, avaient eu leurs droits à la Rivière-Rouge ; que par conséquent il ne leur revenait plus rien, et que ça été mal de leur part de 8e mêler au mouvemont de leurs frères de la Saskatchewan. LT Je réponds à cela qu'il est
TouJOURS PERMIS D'AIDER AUX OPPRIMÉS
surtout lorsque les opprimés sont des parents, des amis, des gegs de la même consanguinité. Il est juste de prêter main: forte à un hôte recevant et bon. Et comme les Métis de la Saskatchewan étaiont foulés aux pieds par un usurpateur effronté,
“ga été une bonne action de la part de ceux qui étaient venus se
joindre à leur colonie hospitalière, d'embrasser leur cause et de à soutenir, comme ils l'ont fait, nonobstant les peines aux- &uelles ils se sont exposés. ec Mais la Puissance avait mal rempli ses obligations de traité avec les Métis du Manitoba. Un de leurs griefs contre ello était
qu'après avoir fait des arrangements avec moi, comme leur . homme en tête, la Puissance m’ayant expulsé du Parlement, plusieurs fois, m'avait banni, et avait, par envie et par haine, persisté à refuser de reconnaître le choix constitutionnel que le peuple métis faisait de moi, comme son premier représentant. L Le gouvernement d'Ottawa était convenu de ne pas s’ins- { taller au Nord-Ouest sans la proclamation d'une amnistioimpériale pour y faire disparaître les troubles qu’il y.avait lui. même suscités. Cette amnistie, il était à même de l'avoir. . Il / n'avait qu'à ls demander, Mais il s'installa au Nord-Ouest au mépris de cetengagement. :, » | a / 1 7° ConüLusION | -
Lorsque la Puissance inaugura la constitution de la province du Manitoba, au lieu de laisser le champ libre à tout le monde, et surtout à céux avec qui elle avait traité, ello émara des
. warrants d’arrestation contre’eux, elle les calomnia, maltraita ‘le peuple anquel' elle avait juré la paix, et persécuta lés chefs’, . ll ar, qu'elle ait porté loïn sa mauvaise foi, puisqüe le goui: ‘. verneur Archibald, son lieutenant, dégoûté lui-même d'une telle
politique, se moque amèrement de la Puissance en lui disant :
7 . “Vous donnez des institutions représentatives, des hustings
sa peuple, et vous commettez l'inconséquence d'élever, à côté,
des échäfands pour les chefs. Vonssemez des chardons, vous ne.
pouvez pas vous attendre à récolter des figues. Vous ne cueil- .
erez jaraais de raisins sur les épines de votre conduite,” ŒÆEtil
s’en alla chez lui dans la Nouvelle-Ecosse. Indépendance aussi
honorable que rare à trouver! : € Les Métis du Manitoba n’ont jamais eu de satisfaction. La ‘; . Puissance ne les protégeait pas, ne leur donnait pas de justice, - . Blle les opprimait, et leur ayant rendu leur pays pour ‘ainsi . dire inhabitable, elle leur distribua des terres, traînant les titres et les patentes en longueur, nou seulement pour contraindre: ! les gens à vendre leurs biens-fonds à moitié prix, à quart de “prix, mais même pour les réduire à l'extrémité de tout aban-, onner. ‘ - ‘ st , Dira-t-on, par exemple, que :
Monster Maxnre Lépine n'avait pas le droit de so mêler au mouvement de la Saskat chetwan, lui qui avait vu le gouvernement d'Ottawa fouler aux
pieds le traité de 1870 ; en dépitde ce traité, condamner à mort son frère Ambroise Didyme Lépine ? Dira-t-on qu'il n'avait pas
Onest s’honorent.
om
droit de prêter secours aux Métis du Nord-Ouest, lui qui avait. va la Puissance se moquer du Manitobs et V'offenser, en
privant pour toujours de ses droits politiques, un de ses prin-
cipaux hommes, le même Ambroise Didyme Lépine; et n'ayant pas eu assez de force publique pour le punir par l'échafaud d'avoir défendu son pays, essayer du moins à se vengér en lui ôtant la liberté de voter eb de recevoir des votes? Et cela, au sortir d’uno entente en apparence amicale, en profanation de 12 confiance d’un peuple. ; | - Monsieur Maxime Lépine est au pénitencier pour sept-ans. Est-ce un criminel? Non, c'est un honnête citoyen. Est-ce un
fenseur du droit naturel et du droit.positif aussi, C'est un des hommes courageux, dont la Saskatchewan ot tout le Nord:
Moxereue Moïse OUELLETTE
-rebelle? Non, c’est un homme ami de l'ordre social, an dé- . 1 }
était au Manitoba, il y a quinze ans, Maisil a bien fallu que, les
années suivantes, il le laissât. Te système de gouvernement vicieux en vogue dans cette province, a, comme entrepris de
déraciner toutes les familles métisses qui y sont établies et. de- -
les en chasser autant que possible.
Comment la Puissance at-elle traité monsieur Ouellette en regard des stipulations de 1870 ? Eh bien ! Elle a disputé Je scrip d’un de ses enfants défants. | .
Monsieur Moïse Ouellette avait chez lui ses vieux parents, tous deux d’un âge très avancé. Leurs scrips ont été volés au bureau des terres, à Winnipeg. Il y avait des années qu'il
demandait ces scrips. Chaque fois, on ini répondait qu'ils -
avaient été volés.
été volés.” Mais cela ne le satisfaisait pas.
Dira-t-on que cet homme n'avait pas le droit de prendre part à l’agitation constitutionnelle dans la Saskatchewan où il était venu en quelque sorte se réfugier ? M. Moïse Ouellette est de ceux qui sont venus me chercher dans ls Montana. Et lorsque le gouvernement d'Ottawa voulut répondre aux pétitions par les arrestations à force armée, M. Ouellette fit comme les autres: il se mit en défense, Son père, un vicillard bon et craignant Dieu, à donné sa vie pour la bonne cause, sur le champ de bataille, à l'âge de quatre-vingt et quelques années. Honneur à une telle vieillesse! Quant au fils, il est au pénitencier.
La paroïsse de e. À
Sr-Lours DE LANGEVIN
que la Puissance avait vendüé avec le monde commë on vend une terre avec le bétail, n'aura jamais dans l'avenir un plus
ertes, il voyait bien que ces scrips avaient
Een
- LA QUESTION MÉTISSE : 91 grand droit de prendre les armes que cette fois-à. Denx de ces . braves gens, Isidore Boyer et Swan, ont versé leur sang pour défendre tout ce que le foyer domestique a de sacré, il ÿ a eu trois condamnés au câchot et sept ou huit de dispersés et d'expatriés. |
…. Von *
comment la Puissance civilise le Nord-Ouest depuis quinze ans. En résumé de deux mots, ss conduite gouvernementale. est opposée, autant que possible au droit des gens. C’est une force en guerre ouverte avec l'inviolabilité des traités, comme les ar. rangements qu'elle a faits avec les Métis, en 1870, semblent avoir été conclus seulemgñnt dans le but de-capturer leur bonne foi,
d'entrer ainsi paisiblement dans leur pays; alors pour leur,
demarïler la bourse'ou la vie. - -.
De plus, lorsque l'Afgloterre demands, en 1870, à fairepasser ses troupes et° celles dela Puissariée, sur le'sol: américain, au canal Ste Mie, ‘pour les envoyer au Nord-Ouest, lo gouver{ nement des Etats-Unis -s'inquiétant noblement.du but de cette expédition, ne leur permit pas de passer sur le territoire de la république avant que les ministres anglais eussént*réponda de ce que ces troupes’ allaient faire. La réponse officielle fut que c'était une expédition de paix et de civilisation. . Maïs les. années ot les faits ont prouvé continuellement, depuis ce temps- L,que l’Angleterre, a présenté dans cette circonstance, un mensonge au gouvernement du peuple américain; qu'elle a demandé aux Etats-Unis une faveur, sous de faux prétextes, et qu'après
‘Favdir obtenue, elle et la Confédération en abusent tous les jours en s’efforçant de tromper sans cesse la vigilance du gou-
“vernement de Washington, et en gouvernant le Nord-Ouest et les Métis d'une manière despotique, tonte contraire aux prin-
* - cipes et aux aspirations des Etats-Unis d'Amérique.
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SJ. GABRIEL DUMONT