‹ La vérité sur la question métisse au nord-ouestChapitre 42 sur 77 · chapitre : “Les Sauvages · texte numérisé non relu

chapitre : “Les Sauvages

‘ faits, exprime-f-il une opinion différente de celle de #-

pans

.. “Rien, -absolument rien, ne peut -atténuer les massacres du # Lac la Grenouille ”. .Je ne veux donc nullement justifier les Sauvages, mais puisqu'il est à propos que la vérité soit-connue, et au risque d’étonner beaucoup, j'afirme que ces massacres n’ont pas été sans provocation du moins éloignée. J'iavoque ‘le témoignage d'une des victimes elle-même.Le Rev. Père Fafard disait à un de ses confrères qui me l'a répété : un tel est d'une brutalité indigne envers les Sauvages. “Iise fera tuer quelque jour. Celui dont il à été question a été tué et deux généreux missionnaires oût augmenté lô nombre des victimes qu'ils voulaient protéger. Un gentilhomme, contre la véracité duquel jé ne puis avoir de doute, m’a assuré à moi-même que des Sauvages lui avaient dit en 1884, qu'un tel individu les traitait comme des chiens, et co dernier a été aussi tué par un des Sauvages qui se plaignaient de lui. | |

Je dis ces choses si pénibles à dire parce que lesdeux cas que je cite ne sont pas les seules excepfis aux bons traitements auxquels ces pauvrés gens ont un droit moral, et je le dis parce que je parle pour l'avenir encore plus que pour le passé. ”

Mais si les injures, les voies de fait et les brutalités devaient tôt on tard attirer sur la tête des agents du gouvernement les représailles terribles de leur victimes et de leurs souffre-douleurs ; que penser alors du faste ressentiment que la conduite immorale et odieuse de ces mêmes employés, avait provoqué dans le cœur de cestribus sauvages ? Ils avaient cherché à détruire. le corps, il leur fallait encore pour la satisfaction de

. leurs appétits sensuels tuér l’âme de ces populations ignorantes et sans défiance, et il ést reconnu aujourd’hui qu'ils ont rabaissé et dégradé le caractère de la famille chez le sanvage du Nord-Ouest.

Leurs agissements ont été si scandaleux, leur vie criminelle tellement éhontée, que pour arrêter ce débordement de vices, cette licence effrénée de mœurs corrompues, les autorités religieuses effrayées firent entendre uxi cri d'alarme dont l'écho se répercuta jusque dans les couloirs de la Chambre des Communes à Ottawa,

nn.

& Ce qu'il nous faut sur nos réserves, disait le Rev. MacDougall, missionnaire méthodiste, à un reporter du * Afail ” qui

- publiait, le 80 janvier 1886. les notes de son entrevie avec ce

ministre; ce sont des hommes mariés comme employ%s, et les

quelques centaines de piastres dépensées pour leur cohstruire .

des maisons, donneraient à la longue des-profits. J'ajouterai, donnez-nous des chrétiens. Empêchez les blancs de vivre avec les sauvagesses, à moins qu'ils ne soient légalement mariés. I y a des jeunes filles de 13 à 16 ans qui ont été élevées dans nos écoles, et il y en avait d’autres avant, qui sont vendues à des blancs pour dix à vingt dollars! Où sont leurs enfants ? Is parcourent les réserves en haïllons. Où sont ces femmes elles-mêmes ? Elles se livrent à la prostitution aux alentours

des villes. Empêchez la vente des filles des Sauvages aux blancs,

et vous aurez fait un grand pas.”

Quoi ! on parle aujourd'hui avec indignation, dans l’Europe entière, contre la traite des noirs, la vente des esclaves en Afrique: cette traite, cette vente des filles sauvages dans le Nord-Ouest, est-elle moins inhumaine,

‘moins odieuse, et plus chrétienne ?

Chez des étres d'une immoralité aussi révoltante il

n’était guère possible de trouver Ïe moïndre sens de

l'honneur, de compter sur un sentiment qu'ils ne possédaient plus, et d’espérer qu’ils accompliraient fidèlement Jes clauses des traités conclus par l'autorité qui leur avait décerné ses pouvoirs. Aussi la violation des traités, le manque à la parole donnée, furent-ils considérés par ces agents officiels comme chose d'habitude et d'usage journalier. :

Le Rev. Père Scollen, un prêtre catholique et missionnaire, résidant au Nord-Ouest depuis un quart de

siècle, au milieu des Sauvages qu'il évangélisait,ne peut

s’empécher de dire au sujet du traitement, qui leur est infligé par les employés du gouvernement : ‘

té Que le soulèvement des Métis n’a pas êté nécessairement larcause du soulèvement des Sauvages, par le fait que les Sau-

"No 4, publie une lettre de Poundmaker dans laquelle

vages étaient prêts à se révolter longtemps avant que les Métis eussent fait aucune agitation. ot, + ‘ 4 Ils étaient prêts à saisir la première occasion qui se présenterait quelqu’elle fût. Si d'autres gens avaient eu des difficultés. avec le gouvernement ou avaient causé du trouble, les Sauvages en auraient profité de la même manière, Ils savaient déjà, comme ils savent aujourd'hui, qu’ils ne peuvent pas combattre contre les blancs, et c’est pourquoi ils attendaient une occasion. “Une des causes du mécontentement des Sauvages était que les traités n'avaient pas été observés par les agents du gouvernement,” ‘ °

Faut-il d’autres preuves? Ouvrez les documents publics, et danë les rapports du département de l'intérieur,vous verrez que M. A. MacKay, agent dessauvages à Grand Rapids, et M. McOoll, inspecteur des agences indiennes du Nord-Ouest, disent en toutes lettres : |

# Que le gouvernement avait proinis de fournir aux Sauva- : ges tout ce dont ils avaient besoin, et'que, malgré leurs demandes réitérées et leur mécontentement,’ le département ne s'en occupa nullement et ne tint pas sa promesse.”

M. MacDonald, agent des sauvages. pour le traité

ce dernier s'exprime comme suit:

“ C'est Poundmaker qui prend la liberté de vous adresser quelques mots. Je supplie Votre Honneur, de lui envoyer le moulin à battre que vous lui avez donné à Cyprès. Nous l'attendions l'été dernier, mais en vain, - °

“ Donnez-moi aussi les 22 bœufs que vous m'aviez promis pour mes hommes.”

M. McPherson, un autre agent des Sauvages, dit dans

. SOR Tapport :

“ Les vêtements du chef et des conseillers étaient bons, à l'exception des pantalons et des chemises qui étaient do qua : lité inférieure et furent usés en trois jours.”

Î g* QUESTION MÉTISSE 283

ont est bon à l’exception de ce qui devrait être la meilleure partie de l'habillement. -

/ Des chemises et des pantalons qui durent trois jours,

/ ce doit être consolant et surtout réchauffant pour de misérables êtres condamnés à subir les rigueurs d'un

climat de 40 à 50 degrés de froid !

“ Les pommes de terre et l'orge reçus Tan dernier, étaient à moitié gâlées. dit l'inspecteur MeUoll. La maladie a fait.beaucoup de ravages dernièrement parmi les Sioux, par suite du manque de viande fraîche. A la rivière du Chène, 8 hommes sur 88 chefs de famille sont morts, ainsi que‘17 enfants, âgés de moius de trois ans.” (Rapport do J. W. Herchmer,.24 juillet

“Pendant le mois d'avril, dit M. Magnus Begpg, un autre agent des Sauvages (Rapport ‘du 28 juilloë 885) ily a eu beaucoup de maladie sur la réserve des Assiniboines, et il a été avantageux de distribuer du bœuf, ce qui a été fait avec des” résultas satisfaisants.” ” ‘

M. W. Pocklington parlant des mêmes Sanvages ajoute :

& Durant l'hiver.déernier, il y a eu beaucoup de misère parmi eu* ; LE ES n'ayant pas même une couverture pour cacher ‘

leur nudité.”

Dès le mois 5 de novembre 1882, Poundmalker disait à l'agent McDonald :

«Il ya beaucoup de misère dans ma bande. Il y a mainte-

nant 41 jours que la distribution des rations à été suspendue, . Il est impossible de travailler le ventre vide.”

Le commissaire McLeod, déclare dans un rapport de 1879 :

Page 1