‹ La vérité sur la question métisse au nord-ouestChapitre 43 sur 77 · LI · texte numérisé non relu

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“ Qv’ un Sauvage assiniboine et sa famille ont été sans nourriture pendant plusieurs jours.”

Ainsi vêtus, ainsi noürris, est-il étonnant, que le” “surintendant Walsh, ait pu écrire dans son rapport au

département en 1880, ces tristes lignes : \

“ La faim etles souffrances réguaient partout En certains

endroits, des personnes sont devenues tellement \amaigries,

qu'elles ne pouvaient travailler: Le manque de nourriture

* suivie de maladie a produit une épidémie dont les conséquences

se constatent par le nombre de tombeaux que l'on peut voir actuellement à l montagne des Bois.” | Û

N e dirait-on pas, en lisant la description de ce tsbleau

navrant, que le Nord-Ouest était devenu un immense cimetière, let qu'au lieu d'une armée d'employés,

” d'agents et d'instructeurs, le gouvernement canadien,

aurait dû envoyer dans les Territoirés une armée de fossoyeurs ! /

Et pourtant, ce n'était pas l'insuffisance. ‘de l’allocation parlementaire qui avait pu “produire an si lamentable état de choses.

Au contraire, les Chambres avaient fait! preuve d’une grande libéralité, car, en l’année 1885,/il apparaissait

dans les comptes publics pour ce seul département,

“une dépense de $1,109,000. Où don ! était allée s'en. :

gouffrer cette somme énorme, puisque les Sauvages mouraient littéralement- dé faim et de froid sur leurs réserves, à la connaissance même du gouvernement canadien ? Les souffrances intolérables, les affreuses

-misères et la mortalité effrayante des tribus indiennes des

Territoires du Nord-Ouest, nous en donnent la réponse. J'ai pu, grâce aux énergiques protestations des personnages les plus Konorableés et les plus autorisés du Nord-Ouest, soulever un çoin du voile qui cachait au public les infamies ons/. nom et sans nombre d’une administration corrompye, brutale et malhonnête, et ce

ve

tableau est plis que suffisant pour soulever l'indignation de tous les hommes de cœur et des honnêtes gens.

Il en reste encore plusieurs autrès que je connais et un plus grand\nombre que j'ignore, qui, à un moment donné, viendront grossir la liste des accusations que . renferme le dossier déjà trop chargé du cabinet d'Ottawa.

Quand on a lu attentivement cette série interminable de délits et de félonies, accomplis au grand jour, avec la . sanction ministérielle, on conçoit combien il était important pour les gouvernants de faire peser sur la personne de Louis Riel, la responsabilité des outrages et des crimes qu'ils avaient eux-mêmes commis, où que leur indifférence criminelle et leur complicité avaient autorisés. On avait compté, grâce à l'influence gouvernementale et à la conspiration du silence érigée en système, que toutes ces infamies et toutes ces turpitudes tomberaiïent dans l'oubli.

La vérité cependant restait, et les documents pain ï se chargent aujourd’hui de venger la victime en mon-'” trant du doigt, au public é étonné, les véritables et seuls 7 7 . coupables.

‘Oui, chez les Sauvages comme chez les Métis, le gouvernement canadien par ses exactions, sa violation des traités, la brutalité et l'immoralité de ses agents, a jus- tifié le soulèvement de 1885.

Si des massacres ont eu lieu au lac “ La Grenouille ”

c'est lui seul par la brutalité de ses instructeurs agrico- 5 qui les a provoqués ; s'il y a eu des pertes de vie

“ Couteau Cassé” et à la“ Butteaux Français, ”, l'immoralité et les rapines de'ses employés, qui ont rendu au Nord-Ouest le nom de blanc, synonime d’ennemi et de meurtrier des Sauvages, en sont les seules et

vraies causes. | .

délivrance et de la réparation. Elleest venueenfin en /

‘ ,talement à ces appels réitérés et officiels, ilfautenre- : /

286 . : \ ÉTUDE SUR Et le Fort Pitt : n 'éut j jamais été pillé, si les agents du gouvernement- canadien n’eussent laissé périr de froid et de faim les Indiens sur leurs réserves ! ‘ Depuis longtemps, ces fiers enfants de le forêt souf- | fraient avec patience, en soupirant après l’heute de la Î>

1885, et les Sauvages trouvant l’occasion propice et favorable, accueillirent avec-joie la nouvelle du soulèvement de leurs frères, les Métis, qui, comme eux,éväient été pendant de longues années, méprisés, bafouéset maltraités. Décidés à mourir plutôt par la balle que par la faim,

‘“les tribus indiennes n’avaient pas besoin des sollicita-

‘tions pressantes de Riel ou de ses partisans, pour se décider à marcher dans le sentier de la guerre,

. Il y avait des années s,que le gouvernement canadien les y invitait, et si les D Sauvages répondirent trop bru- /

jeter la faute sur la faim, toujours mauvaise conseillère, / et sur-le froid qui fait allumer forcément des incendies / désastreux. . 4 /

\ Celui du Nord-Ouest n’est pas e encore complètement éteint ; il conve sous les cendres, et il ne faudrait pas un foit vent d’injustice pour le rallumer plus terrible et plus général qu'auparavant,

La nomination du gouverneur Devwrdney, au poste de ministre de l'intérieur à Ottawa, ayant charge du dépa ement des Sauvages, a-t-elle été faite en vue d’insulter aux victimes métisses et indiennes de ce persécuteur officiel, ou doit-on la considérer comme la récompense de ses méfaits administratifs ? L'avenir nous le diré peut-être à ure époque plus rapprochée qu" on ne le suppose à Ottayra.

“ADOLPHE OUIMET

LA QURSFION ae MÉTISSE 297

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