MANŒUVRES SANGUINAIRES DES LOGES ORANGISTES
Extraits du discours prononcé par M. Cameron, député de Huron, Ontario, à la Chambre des Communes d'Ottawa, le 12 mars 1884, sur la molion Landry.
(Débats des Communes, du Canada, quatrième session, cinquième parlement, 49 Victoria, 1886, vol. XXI, pp. 120, 121 et 122.)
4 Je dis, M. l’Orateur que le gouvernement n’a jamais eu l'intention de le pendre, jusqu’à co que le pouvoir et la pression d'une puissance occulte et irresponsable se soit fait sentir avec tant de force qu'elle a obligé le très honorable, sir John À. MacDonald à pendre Louis Riel; cette puissance à maintenu
* lo gouvernement actuel au pouvoir pendant de longues années ? :
cette puissance n’a jamais pardonné à sir John d’avoir dépensé des fonds publics dans le but de faire échapper Louis Riel au châtiment que la loi réservait pour Île meurtre du frère Scott.
# Cette puissance a demandé au gouvernement que le sang du frère Scott fut vengé. par le sang de Louis Riel. Cette puissance était trop forto pour que le frère sir John A. MacDonald put lui résister et il a cédéà cette puissance.” {
“ Est-ce que j'exagère le fait” 5 Je n'exagère rien. Ouvrez #* L'Orange Sentinel ” lorgano des Orangistes. L'hônorable préopinant a défié tout le monde de le contredirefà ce sujet. Il a dit que les orangistes n'avaient pas soif du sang de Riel, pour venger la mort du frère Thomas Scott:
M. l'Orateur j'affirme que les expressions do l'organe de ” Passociation et les résolutions des loges de l'association qui ont été transmises au gouvernement, insistaient pour que ce dernier répandit le saug de Riel sur l’échafand.
. “TL'Orange Sentinel ” du 6 août 1885, quelques jours après le procès et avant que la question de la responsabilité où de
. lirresponsabilité de Louis Riel fut décidée autrement que par
la preuve entendne au procès, dit ce qui suit ;-
« Nous soutenons qu'il est du devoir dn gouvernement, de ne tenir aucun compte de la recommandation à Ja clèmence, mais de laisser la Joi suivre son cours dans l'intérêt du Dominion en général”
& Le Sentinel ” argumente en faveur de l'exécution de Louis Riel pour la raison suivante : ; ‘ |
“Il a commis un meurtre des plus infâmes et des plus atroces ‘contre un loyal sujet protestant. ”
“S'il eut commis un meurtre contre un papiste c'eût été
très bien, mais il l’a commis contre un sujet protestant,
“ Le sang de ses nombreuses victimes crie vengeance.” “ Riel a subi un procès impartial, il à été condamné et il faut que la sentence de la cour soit exécutée.” …
__ “Voilà le décret—la sentence doit être exécutée — auenn -. compte ne doit être tenu de la recommandation à la clémence, … aucun compte ne doït être tenu de l'enquête qui doit avoir lieu “pour décider de $a responsabilité — cette sentence doit être exécutée: ‘ Vo ° # Un correspondant qui signe “ un sous-maître de la loge loyale orangiste No 1041, de Chatham, le 29 octobre 1885, dit: ‘ | « Comme représentant du corps orangiste, je désire rabpeler à sir John MacDonald, qui appartient à la mème organisation, qu’il lui incombe une responsabilits très sérieuse sur co qui concerne le sort de RieL Si sir John intervenait pour gracier un rebelle deux fois condamné et le meurtrier de Scott, il ferait de la justice une vraie moquerie, etc.” .# En insistant auprès du gouvernement sur ja nécessité de pendre
Riel dès te premier soulèvement sons sa direction personnelle, un homme dont-le seul crimè était sa loyauté envers la couronne britannique, a été
assassiné. Le sang de Thomas Scott crie vengeance et demande justice.”
“ Le 6 novembre, à l'assemblée de la Loyal Orange Lodg
No 82; tenue à Toronto, le frère Mortou disait : ,
« L’archi-rebelle sera-{-il remis en liberté, alors que de loyaux orangisles ont rougi la terre de leur sang, pour maintenir l'autorité de je Reine ? Jamais. (bruyants applaudissements). Et Ie plus 1ôt le gouvernement de sir John A. MacDonald, comprendra le véritabis sentiment des orangistes sur cette question, le mieux ce sera. d'ai été heureux de
remarquer dans le discours du malire de comté, Somers, du maltre de district, Wilson, et des frères.Graham et Low, la déclaration péremptoire que si le gouvernement permet à Rome d'intervenir en cette occasion et d'obtenir la grâce de cet archi-traître, le parti conservateur ne saurait compter plus longtemps sur leurs serviees, bien qu’ils aient travaillé et voiè en sa faveur depuis de longues années.” °
. . ‘ <- “ Voilà donc M. l’Orateur dans l'organe des orangistes, an prononciamento, une déclaration,un commandement et une me-
nace. Il vous fant pendre Louis Riel, pour venger la mort de Thomas Scott, sans cela, nous, les orangistes, qui vous avons
‘ suivis à tort et à.travers, qui n'avons jamais abandonné le frère
sir John MacDonald, nous voterons contre vous aux prochaines élections générales, Mais ce n'est pas tout. Je mo propose de
. lire les opinions exprimées par quelques associations orangis-
tes pour démontrer la véritable cause pour ‘laquelle le gouvernement n’a pas tenu compte dè la recommandation à la clé-
‘ mence ni de la preuve de folie donnée lors: du procès. Le 10
septembre, à une assemblée régulière de la loge loyale orangiste No 884, Merriton, tenue dans sa salle, le 2 septembre, la résolution suivante a été adoptée à l'unanimitée: , |
“ A5 l'assemblée régulière de la Xi ‘2. O. No:884, Merriton, |
. tenue dans sa salle, le 2 septembre, la résolution suivante a été
adoptée à l'unanimité :
“ Résoln que nous, les membres de Ja loge ci-dessus, croyons que Riel,
l'archi-traître des Territoires du Nord-Quest, ayant été accusé,convaincu . .
et condamné pour haute trahison, la sentence devrait être mise à exécu-
” tion et Riel devrait être exécuté, et que nous ferons tout en notre pouvoir
comme électeurs, pour combattre bonstitutionnellement tout gouvernement qui commuera cetie sentence ou qui interviendra pour empêcher qu'elle ns soit mise à exécution. Signé au nom de Ja loge.” oo F «Wim. Suite.
J. W. Wizson, Sec.”
“ Voilà le commandement dans toute sa simplicité. La sentence prononcée contre Louis Riel, qu'elle soit juste ou injuste,
.. doit être mise à exécution; autrement chaque orangiste de la
loge votera contre le gouvernement. Nul. doute ‘que cette résolution a été transmise au frère sir John À. MacDonald, qui ajoute à ses autres dignités, celle de chevalier de l'écarlate
royale. I fallait obéir à ce commandement, on y a obéi et Riel
LA QUESTION MÉTISSE "-f 817
a été pendu par obéissance. à ce commandement. Un membre de là. L. L. O0. No. 693 écrit aù ‘ Sentinel ” en septembre 1885. et-dit: : —— Ur
“ Que si Riel n’est pas exéculé, les candidats conservateurs perdront presque tous les votes dans la péninsule,” .
“ À l'assemblée régulière de la L. L..0. No 1457, Nelson, Man, il a été rééolu : ” °
[a Que nous refuserons d'appuyer tout gouvernement, qui ne verra pas à ce que tous ceux qui ont pris part à la rébellion soient châtiés. .
“La L. I. O. No 1505, adoptait le 22 décembre, la résolu- | tion suivante: ..
# Que cette loge L. O., insisto fortement auprès du gouvernement sur l'importance qu'il y a de mettre sans délai, ces décisions à exécution, etc.
À une assemblée tenue le 22 septembre, 1885, à la salle du . Dominion City, la L. L. O. No 1499;1a résolution suivante a été adoptée :
“ Que nous, comme membres dela L. L. O. No 1499, voyons avec défiance, l'action du gouvernement qui, par l'entremise ‘du gouverneur général, a accordé un répit à cel‘archi-traitre, Louis David Riel ce qui est de fait une tentative pour déjouer les fins de la‘ justice.‘ En consé. quence, nous refusons de soutenir tout gouvernement qui interviendra de cette manière et qui permettra à ceux qui sont impliqués dans la rébellion du Nord-Ouest, d'échapper à l'exécution d’une juste sentence.”
Ce R
“ Que nous, comme orangistes, voyons avec des sentiments de crainte et de regret, ia position actuelle de l'affaire de Louis Riel, qui, bien que condamné à être pendu le 10 du mois dernier, est encore vivant. Nous recommandons fortement qu'aucun subterfuge ne soitadmis et qu'aucun délai ne soit accordé, afin qus ce chef rebelle, justement condamné, ne puisse échapper au châtiment. Nous souhaitons de plus que tous nos frères de toutes les parties du Canada s'unissent pour empêcher qu'aucun outrage ne soit fait sur cette question à notre reine et à notre pays, que aous, en notre qualité d’orangistes, nous sommes réunis pour chérir et pour protéger.”
“ Ta résolution suivante a été passée. par la L. L. O. No
.. “A Passemblée régulière de la L. L: O. No 80, Peterbo- ‘ roughb, tenue lo 10 novembre 1885 la résolution suivante a été adoptée : | oo .
- Se
318 Fe ÉTUDE SUR .
“ Que la L. L. O. No. 81, Peterborough. voit avec regret les obstacles que l'on accumule pour empecher que Louis Riel, reçoive sur l'échafaud le châtiment de ses crimes nombreux, et que scette loge est d'opinion qu'aucun antre répit ne devrait lui être accordé, mais qu'il devait souffrir l'extrême pénalité de la loi et d'être pendu conformément à la sentence prononcée contre lui} et qu'une copie de celte résolution soit envoyée au très honorable sir John À. MacDonald.
…. Wa JAMIESON, Secrétaire. ”
“ À are assemblée de la L L 0. No 425, tenue le 5 novembre 1885, ila été résolu:
« Que nous, comme Joyaux sujets de Sa Gracieuse Majesté le Reine, considerons qu'il est de notre devoir d'insister auprès de nos représentants au parlement, sur la nécessité d’une administration honnête, caurageuse el sans crainte de Ja justice, dans l'exécution de l'archi-rebelle et meurtrier Louis Riel loyalement jugé et deux fois condamné à mort.”
“ Le temps ne me permèt pas de lire toutes les résolutions, : même celles qui sont en ma possession. .
“ Non seulement, j'accuse le gouvernement de s'être laissé influencer par les loges orangistes, mais à la honte éternelle des membres de cette association, l'âme de Louis Riel avait à peine comparu devant son Créateur, qu'ils se délectaient du
spectacle de l'exécution qui avait eu lieu sur le gibet de Régina.
À l'assemblée régulière de la L. I: O. No 1528; tedus à Moosomin, quatre jours après l'exécution, la résolution suivante 3 été adoptée : 4 .
« Que nous, les membres de la L. L. O. No. 1528, félieitons par les
présentes le gouvernenient d’avoir mis à exécution la sentence de mort’
portée contre larchi-rebelle et le traître Louis Riel, et que, le sang de Scott, notre frère assassiné, est enfin vengé après une période de quinze années, et nous nous engageons à soutenir le gouvernement qui a démontré que justice sera. rendue à toutes les classes de la société,
quelles que soient leurs croyances et de plus, s'il s'élevait des difficultés,
grâce à l'intervention française. ou catholique dans l’administration de: nos loiswt nos droits, nous appuierons le gouvernement et notre constitution' ekgos lois, même s'il faut répandre note sang pour les défendre."
“ Non contents d'avoir.exécnté Riel, ils 8e sont réunis en conclave solennel et ont passé une résolution, félicitant le gouvernement de la tragédie qui venait d'avoir lieu. A l'assemblée régulière de la L. L. O. No 1222, la‘ résélution. suivante a été passée : !
La
e È ' on
LA QUESTION MÉTISSE . 819 . “Que nous, les membres de lo L. L. O, Boyne No. 1222, ici réunis, désirons exprimer notre satisfaction de ce qu’on a permis à la loi de . suivre san cours, dans le cas de Lois Riel, le chef de ia rébellion du Nord-Ouest, qui, lundi, le 16 novembre, a payé le prix de ses nombreux crimes, et qui éluit responsable de la perte de beaucoup-ds vies précienses parmi lesquelles nous comptons la mort de deux membres de notrenoble association” : - —— . : à
“Un manifesto a été publié par le Grand Chapitre Noir Royal e | de l'Ouest d’Ontario, et ce mänifeste contient le langage
. suivant ! . de
. 1. | “ Nous croyons qu’à aucune époque de notre histoire comme Grand
. Chapitre Noir, nos principes de loyauté, d'amour et.de vérité n'ont èlé
mieux cenlirmés qu’au momert actuel, alors que les artifices de ja trahi-
‘son atteignent -si ouvertement jeur but, et alors que le romanisme se ‘greffe si energiquement dans nos institutions civiles, et alors qu'un
. actuel’ Voyons ce qu'ils ont dit ? n e \
rebelle défunt, un traître fieffé contre notre pays est cité comme un saint et un.martyr, beatifié par une partie notable de la presse libérale, par le
‘ Globe même qui essaie dé renverser le monde sur l’axe pourri de l'agi- ‘tation Riel, .
Jamais nous n'avons eu plus qu'aujourd'hui besoin d'être sur nos' gar4les en vue de la politique’'agressive de nos vigilants ennemis, et alors que non seulement les hoinmes, mais nos institutions mêmes sont en
.dunger. Mais. nous sommes persuadés que Celui qui plane dans les
cieux rira, que le Seigneur se rira d'eux.”
# M. l'Orateur, j'irai plus loin ; j'accuse le gouvernement actuel et le premier ministre de ce gouvernement d’avoir, le jour
.de l'exécution, quelques heures après ‘est événement, reçu plus
d'un télégrame de membres des loges orangistes lui disant :
‘ L “ Très bien, bon et fidèle serviteut, nous voterons tous pour toi jusqu'à
la consommation des siècles.” ,
s Nieront-ils cela ? le premier ministre ou le ministre des : travaux publics le nicront-ils ? c’est ceque nous verrons. Mais: ce n’est pas tout. Non seulement les orangistes et les loges orangistes ont demandé à grands cris le sang de Riel et se sont réjouis de son sort tragique, mais ils ont menacé ceux qui croyaient qu'un aliéné avait été exécuté par. le gouvernement
“ Qu'il soit proclamé que les droits elles libertés do la race: britannique ‘dans une tolonie anglaise sont à ]a merci du souffle d'une race, éltrengère. C'est-à-dire des Françaus! rt,
« joue
- “Maïs les Canadiens anglais ne tolèreront pas davantage ce joug odieux ; et le jour n'est peut-être pas très éloigné où l'appel aux armes retentira dans toutes les parlies de la Conféderation.” “Non contents d’insister pour que l'exécution ent lieu et de se délecter au spectacle de la fin tragique de Louis Riel, ils ont ” menacé ceux qui croyaient sincèrement que le gouvernement avait mal fait eh pendant un homme À. moïtié fou.
st Le Mail, l'organe des honorables membres de la droite, di.
sait lo 3 Novembre 1885: Liens LU ee
« Avertissons-les solennellement (les Franco-Canadiens) de nouveau, que plutôt de se soumettre à un pareil joug, Ontario briserait la Confé-
dération, et la séparerait en ses fragments primitifs, préférant ainsi, que
le rêve du Canada-Uni, soit dissipé pour toujours.”
‘ Canadiens-français, ceci est un avertissement, que vous.
avez À vous tenir sur vos jee . Si vous votez contre le . mt .
gouvernement, si vous votez: pour le chasser du pouvoir parce
qu'il a. pendu un homme qu'en toute sincérité vous avez cru
* . C> fou, nous briserons la Confédération et nou” remettrons en
ses fragments primitifs. Le Mail dit encore :
« En notre qualité d'enfants des Iles Britanniques, nous croyons qu'il nous faudra nous battre de nouveau pour refaire la conquête, et le Bas- , Canada peut être sûr qu'il n’y aura pas de traité de 1763. Les vainqueurs ne capituleront pas la prochaine fois... ‘ “ Mais le peuple canadien-francais pérdra tout, La ruine ‘de leur fortune et de leur bonheur serait rapide, complète, irrémédiable."”
“ Gare à vous ! Prenez garde, Franco Canadiens ! Les lois anglaises ne vos protègent pas aux yeux du Mail et desoran-
gistes d'Ontario, si vols votez contre le gouvernement, qui a .
pendu un homme que ‘vous croyez fou, et la conquête do
uébec sera recommencée, et cette fois il n'y aura pas de traité ; ÿ P: |
de 1763, cette fois les conquérants ne feront aucune concession aux vaincus.. Ÿ at-il jamais eu en aucun pays, dans aucun parti, rien qui soit plus scandaleux, plus honteux et plus odieux que cela ? ;
“ Cette soif insatiable du sang de la victime, cette joie inmaine à la vue du cadavre de la victime du gibet de Régina,
‘Net cette menace de conquête d’une province libre, cette insulte
. pendant le procès; en face des objections à l'admission de .
LA QUESTION métisse Cu 321
À la face dan race chovaleresque parce qu'elle a jose” à propos de s’opposer à un gouvernement, parce auw'elle croit sincèrement qu'il a exécuté un homme qui n'aurait pas du être exé-
cuté, je dis qu'en présence de tous ces faits, en vue du refus
du, gouvernement actuel—une décision inouïo dans la pratique : du-droit criminel, comme je l'ai dit—de donner à cet homme un, temps raisonnable pour préparer sa défense ; en face des obstacles de toutes sortes qu'on a opposés à la défense avant et
préuves qui auraient établi aussi clair que le sôleil qui nous éclaire en plein midi, que lo gouvernement de ce pays est seul responsable de tous les malheurs qui ont suivi la révolte du Nord- Ouest, en face de ln reddition de Louis Riel, qui, j'en suis convaincu, s'est rendu, sous l'impression.que sa vie serait épargnée ; en face de ce que je crois clairement établie—l'insa-
nité de Louis Riel ;—-ou, pour ne juger qu’au point de vue le plus
favorable possible au gouvernement, en face du fait qu'il y
. avait des doutes sur sa lucidité d’esprit ; en face du mépris du
gouvernement pour les principes les plus élémentaires de la
+ justice qui veulent que chaque accusé ait le bénéfice du doute;
en fuce de la preuve en cette cause, des faits que je vous ai soumis, je dis que la conclusion à laquelle j'en suis arrivé est, parfaitement justifiable de ma part et cette conclusion est que
. le gouvernement mérite la condamnation du peuple. Je dis de
plus que pendant quatre mois, le temps qui s’est écoulé entroi l8 condamnation et l’exécutiôn,le gouvernement a ittéralement fait un trafic. de la destinée d’un de nos semblables, Je dis que pendant tout le temps qui s'est écoulé entre la condamnation de Louis Riel et son exééntion, le gouvernement tenait. dans la balañce le problème d’une vie humaine. Jo dis que
pendant toute cette période, le gouvernement jetait les dés po-
litiques sur le corps vivant de Louis Riel—fixant ses destinées selon que l'orange + du le bleu aurait le’ dessus. Je dis que "Louis Riel n’a pas été pendu par esprit de justico, ni pour maindonir
‘la majesté de la loi. Je dis qu “la été exécuté pour obéir à
passion de cette > puissance irresponsable et que les motifs
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