‹ La vérité sur la question métisse au nord-ouestChapitre 70 sur 77 · LETTRE DU R P. ANDRÉ, O. ML · texte numérisé non relu

LETTRE DU R P. ANDRÉ, O. ML

(Exiraite de la brochure ; Louis Riel, martyr du Nord-Ouest. Publiée par le Jrurnal La Presse ” à Montréal, en 1885.)

S'il est quelqu'un qui puisse parler en connaissance de cause du drame de Régina, c’est bien le R, P. André, le confesseur.et Pami intime de Louis Riel, celui qui pendant les cinq mois de captivité du chef métis, ne l’a pas abandonné un seul in-tant, et l'a accompagné jusqu'à la dernière minute après l'avoir préparé à la mort. ‘ ju te

Quatre jours après l'exécution, le lendemain des tristes fünérailles de Riel, encore sous l'impression à la fois lugubre et exaltante du drame qui venait de‘se dénouer sur l'échafaud, le P. Audré a écrit une longue lettre à son ami M F. X. Lemieux, pour lui raconter les derniers moments de son infortané client * ‘ .

C'est ane véritable page d'histoire, dictée par un cœur d’apôtre, écrite sous l'inspiration des plus sublimes sentiments qui puissent animer un chrétien. Riel, aux yeux du P. André, n'est plus le patriote qui a défendu jusqu'au bout ét qui va : payer de son sang la tardive justice qu'un gouvernement,

‘ tyrannique 8e résoud enfin à rendre à sa raco: en face de Ja

. mort, les intérêts terrestres s'effacent, et le zélé missionnaire : n’a plus devant lui que le martyr chrétien qui, soutenu par une force surhumaine, ayant demandé à grands cris au.ciel de lui pardonner ses offenses, pardohne ensuite lui-même à ses pires" ennemis, à ses bourreaux, et marche à la mort du pas ällègre des martyrs des premiers siècles, un crucifi#f # la main, une prière et un sourire aux lèvres." .

Cette fin sublime, dont-lé récit qu'en fait le missionnaire fora verser bien des lärmes, console le P André. Admirons la force d'âme; le dévouement trop souvent incompris de ces religieux qui, comme le Père André, ont quitté leur pays pour aller au loin évangéliser de pauvres sauvages ; pour eux, les peines de

VU

toutes sortes, physiques ou morales, sont des faveurs qu'ils recherchent. Ce sont des héros sous leur humble soutane, que

-cès hommes prédestinéx dont le dévouement sait toujours

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