ÉTUDE
sympathisaient- profondément avec Riel dans ses malheurs, ot”
sa mort a créé partout une sensation douloureuse. re. À eïng heures, je dis la. messe pour lui et il y commania our la dernière fois avec une piété angélique. Après six
eares, il demanda ls permission d'aller se laver et se préparer,
regrettant qu'il n’eût pas reou plus tôt la notice afin de prépa-
rer ses effets’ et afin, dit-il, d'aller à la mort le corps et l'âme ‘
purifiés; ëmme marque de respect pour la majesté du Dien qu'il allait rencontrer. . Il aurait désiré être bien habillé, tant
. il avait cette vertu de propreté etd’ordré#i fortement impri-
mée dans son cœur. : Maloré la panvreté de son accoutrement,
i} alla à la‘mort, son “habillement bien épousseté, ses cheveux ; bien peigriés ; tout en lui respirait la propreté qui était le sym.
bole de lj'ourêté de son âme. 7 À huit‘heures et quaït, quand l'ässistant du shérif apparut à la porte de sa cellule, ‘n'osant annoncer l'ordre fatal dont il
était le messager, Riel, devinant combien il en coûtait à M. .
Gibson de rompre le silence pour lui annoncer la terrible nou-
velle, s'adressant à lui, dit tranquillement et sans :ancune émotion: “ Mr Gibson, you want me ? I am ready.” cu TI partit sur ces mots, traversa le Guard room, marchant d'on pas ferme et il monta le long escalier dont vous devez vous rappeler, lequel 8e voyait en entrant dans le Guard room. Je craïgnais cette ascension. mais. il monta sans montrer ni
‘ faiblesse ni hésitation. Il melaissa loin derrière lui, quand -
toat à coup, s'aprrcovant qu'il n'était pas suivi par son père spirituel, il m'attendit au milieu de la grande chambre.qui
: conduit à l’échafaud: : Quand je l’eus rejoint, nous continuâmes
notre marche funèbre en récitant des prières jusqu'à ce que nous eussions atteint la place fixée pour l'exécution. Xà, en face de l'éthafsag, nos nous mimes à genoux et nous priimes assez longteinps. Riel était le senl qui conservât son sang-froid et sa présencé d’esprit. Ft
186 leva et alla se placer bravement sur l'échafaud, et, |
avant d'êtré lancé dans Î éternité, il m’appela une dernière fois
‘auprès de lui; m’embrassa, me recommanda de ne pas oublier
ML et Mme Forget pour leurs bontés à son égard, puis je m’éloignai de lui, et ayant tourné le dos à l'échafaud, il me cria: * Courage, bon courage, mon père! ”’ Et recommandant son
âme à Dieu, invoquant le Sacré-Cœur de Jésus, de Marie et de
Joseph, son invocation favorite, la trappe s'ouvrit sous ses pieds
et il disparut, - Ù ; ..
Sa mort fut presque instantanée, douce et paisible ; sestraits restèrent calmes et sa figure n'éprouva aucune contorsion Jamais je n'ai vu de contenance plus radieuse que celle qu’il CS PK
“avait pendant qu'il priait au moment de marcher à l'échafaud. La besuté de son âme se reflétait sur son visage et un rayon de 12 lumière divine semblait déjà illuminer sa figure. Ses yeux : avaient un éclat extraordinaire et pâraissaient déjà se perdre dans la contemplation des grandeurs diviner: Jamais, je vous * . le répéte; l’échafaud n'avait offert un spectacle si sublime et ‘ei magnifique: les-spectaieurs étaient attendris et frappés du grand spectacle qu'ils avaient sous les yeux ; jsmais cérémonie ‘ religieuse n'avait. ému et touché les cœurs comme la vue de Riel ‘allant à 1a mort ‘Le shérif, son assistant, le bourreau même, pleuraient d’attendrissement. ‘ oo Je suis revenu de cette pendaison consolé et encouragé par une pareille mort et en remerciant Dieu de m’en avoir rendu témoin. Tout le monde était sous l'empire d’une-pareille impression. : Riel voulait parler et prouver qu'il était prophète et remplir sa mission jusqu’au bout. - Ce fat an rand sacrifice pour lui de garder le silence à ma demande.” Vous avez, .en effet, Jui ai-je dit, une mission à remplir, cest de. démontrer au. monde <omment un catholique animé pr la foi etsoutenu par la grâce sait mourir : cette mission, il l’à admirablement remplie, car il : est mort comme le disait le Leader : “ As a man and a chrisdan” . - ' a, . Ha falla soutenir une lutte pour avoir son corps; le shérif Chapleau m'a noblement soutenu et je dois dire que M. Chapleau a rempli ses tristes fonctions avec une charité et un tact . Qui lui ont attiré la reconnaissance de Riel. -Il a montré qu'il était un homme de cœur et d'esprit, et c’est un témoignage Que je me plais à lui rendre, Ut ‘ Le corps ne m’a été rendu qu’à minuit le. mercredi au soir, le troisième jour après la mort de Riel 11 m'a ‘été impossible, . malgré le vif désir exprimé par lui, de transporter son torps à St-Boniface. C'est toute une histoire que celle des difficultés que l'on m'a suscitées pour donnér la sépulture ecclésiastique à ce pauvre Riel.” Le corps ayant été transporté. chez moi, nous avons ouvert levercueil pour constater, comme le bruit en avait couru, si on avait commis d'indignes outrages sur le corps du défunt, Le shérif Chapleau, M Davin, rédacteur du Leader, MM. Forget, Bourget, Bunneau, et d’autres citoyens se trouvaient présents. lorsque le cercueil a été ouvert. Nous ‘fûmes heureux de constater que le corps était intact et qu'il . avait été religieusement respecté. Mais nous fûmes tous frappés d'admiration quand le corps fut exposé devant nous, de voir ” cette figure si calme et sur laquelle semblait courir un ineffable * sourire, comme pour marquer la paix dans laquelle son âme : l'avait laissé’ en partant pour un monde meiïlléur. Dans la:
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