‹ La vérité sur la question métisse au nord-ouestChapitre 76 sur 77 · ULTIMA VERBA · texte numérisé non relu

ULTIMA VERBA

—— LE peure n rest pas encore venue de retracer l'histoire desj jourqui ont suivi la mort du martyr canadien.

oo histoire se continue.

le ne sera ‘chevée que le lendemain do vengeance. /Q e dirions-nous, d'ailleurs, que tout le monde ne sût ?.… “ L'effarement de tout un penple, en apprenant que l’échafaud rs que se dressait à Régina l' La stupeur, la consternation, l'anxiété, un reste d'espérance [FE ant jusqu'au dernier moment au fond des cœurs | * Puik le deuil de la nation ! .

Jin ÿ eut pas un mot d'ordre, pas une réunion, pas une intri a ‘fut une explosion spontanée de douleur et de colère. “D'un bout à l’autre du Canada-français, —avant que personne ‘ À .

| Ieuso F On vit tous les cœurs vibrer à Panisson |

.| reçu une blessure et une insulte!

| | der compte

eut seulement songé à se concerter, —le télégrammo qui apporta 13 fatale nouvelle fut reçu de la même manière: Chose merveil:"

Tout le monde sentit que la race canadienne française avait

Toutes les maisons se couvrireut d’insignes de deuil.

Tous les ‘partis abdiquèrent et se confondirent dans ls aou- À leur commune. .

| n'y eut plus ni bleus ni rouges. . Lou Hn'y eut plus que des patriotes, prêts à s'unir, pour deman- & crime commis et pour défendre la patrie mena-

cée. .

Mais ce qui est plus. remarquable encore : ce qui est de na-

ture à inspirer uno légitime confiance dans les destinées à venir

da Canada-français, tout le monde comprit à la fois qu'il ne

'agissait-pas-de se livrer à de vaines démonstrations, et qu'un

‘ grand devoir s'imposait, " - .

- Ti n’y eut qu'un seul cri qui sortit de toutes les poitrines : FAIRE JUSTIOR DES ENNEMIS ET DES TRAITREST © Hélas ! oui ! Faire justice des ennemis et des traitres |

-* Car nous n'avons pas seulement été frappés, nous avons été.

trahis !

Et deux responsabilités distinctes se dégagent, : ", Celle d'une politique qui, sans que nous y prissions garde, ponrenivaié perfidement et dans l’ombre; notre anéantissement nationa - ° |

Celle des ministres’ canadiens-français qui se sont faits les

- complices de cette politique, et qui nous ont livrés à l'ennemi.

Le premier des. coupables, l'ennemi, c’est Sir Jonn À. MAc- DONALD. Ti oo . 7

Sir Joan A. Maopowazn, prèmier ministre, responsable de la politique du gouvernement, ©‘ -

Sir Joan À. MAcpoNaLD, orangiste, franc-maçon, adversaire implacable de notre race, destructeur sournois et tenace de l'autonomie de notre province. .

” Sir Joan A. MaoDonaLn, ministre de l’intérieur, responsable des crimes du Nord-Ouest et des denis de justice qui ont amené l'insurrection. ee ‘ L

Sir Jonn À. Maononazn, bourreau de Rie]'ayant froidement, ‘ méthodiquement, lentement conçn et perpétré le meurtre,’ auborné les juges, capté dans le conseil le vote de ses collègues canadiens-français, rêvé de transformer le gibet de Riel en‘un honteux moyen de réclame électorale.‘ ri

Sir Joan A. Macponazn, dont la carrière néfaste, après ‘avoir commencé aux lueurs sinistres de l'incendie du palais du

-parer par d'odieuses manœuvres ie crime qwon voulait com- -mettre ; des journaux dont la trahison à été double ;-— car en

Parlément, aura misérablement: fini sous le sentimentd'hor-

reur provoqué par le gibet de Riel ! .

Mais, Sir Jonx À MacponarD et ses collègues’ orangistes ne sont pas seuls responsables du crime commis. H y a, à côté de Ia leur, une responsabilité plus .douloureuse

- pour nous, plus inonie, qui ne saurait être couverte même par . ” ‘une ombre d'excuse, et que les patriotes n’ont pas hésité à.en-

visager avec În claire notion du devoir à remplir, - Le. Cette responsabilité est celle des trois traîtres qui siègent

dans le cabinet fédéral. et auxquels il eut suffi de déposer

leurs démissions sur Ja table du conseil, pour dissoudre le gou-

-vernement et rendre impossible l'exécution de Riel.

Sir Hector LANGE vIN,. .

L'Hon. J. À. CapLrau, et °. ‘

Sir À. P. Canon, co rénégat couvert d'un tel excès d'opprobre, que depuis les scèies. de’ cannibalisme dont Winnipeg

‘a été souillé, les gens qui se respectent hésitent même à pro-

noncer s0n nom. . .

À cette responsabilité s'ajoute celle des journaux, leurs organes ; des journaux complices de l'orangisme, qui ont consenti à servir d'instrument entre les mains des ministres; à colporter les mensonges par lesquels on nous a trompés, à pré.

même temps qu'ils nous ont trompés Avec préméditation sur.

les intentions des ministres, ils ont trompé sciemment les mi- ““nistres sur l’état de l'opinion publique dans notre province. :

Pour complaire à leurs maîtres, ils leur ont caché.la vérité qui eûf pout-être été mal reçue, maïs qui leur :eût donné à

| réfléchir ot qui eût sans doute arrêté leurs mains, an moment

de donner la signature fatale. . : .

Pour se donner de l'importance, pour céder à la. gloutonnerie ‘du. servilisme .qui les: caractérise, ils se sont portés : forts auprès de leurs maîtres, qu'après le meurtre comme

“avant, ils seraient de taille à continuer à tromper le peuple et “à assurer limpunité & Ia trahison. Et ‘ils ont contribué |

par l& àäinspirer aux ministres canadiens-français nne confiance, sans laquelle Ieur intérêt eut peut-être fait à la dernière

‘heure ce que leur conscience et leurs remords n'avaient pas .sufi à leur dicter. -

Il ne servirait à rien de le dissimuler: .

- (est plus qu'une politique qui succombe, avec les hommes

qui en étaient les représentants et qui en portent la tache au

front. os | Dos C’est tout. un système qui s'effondre. ©

” 896 ee ÉTUDE SUR

au-pied du gibet d'an de nos frères, :

Assez de mensonges | ” Assez d'exposés fallacieux | Assez de contes fantastiques |

Se , C'est une phase #8 notre histoïe qui- vient dé prendro fin

les autres . LE - - - Assez de la- politique de clinquant, d'apparence, de décor

de théâtre, de fausse union dont tous’ les. profits nous échap-

pent et au nom dé laquelle on nous impose des sacrifices sans

réciprocité | . ‘

..Que n'a-ton pas tenté, hélas | avec succès, pour nous en-

dormir avec des paroles miellenses, pour nous tromper avec

des compliments et des phrases. toutes faites, pendant qu’on

“travaillait à nous égorger. … .

Nous at-on assez répété que nous étions les piliers de 1e Confédération ; que l'Angieterre :voyait en nous les soutiens les plus éprouvés du loyalisme:; que l'indépendance de la race française dans le Nouveau-Monde était désormais nn fait acquis;

Assez de parti pris de 56 tromper soi-même et de tromper ;

et que nous pouvions voguer en pleine confiance et toutes.

-voiles vers l'avenir, à l'ombre du rérime qui garantissait nôtre langue, nos'institutions et nos lois? * . :

Dans quelle sécurité nous dormions, lorsque le meurtre du 16 novembre nous 4 enfin réveiliés ! ” --

Eh ! bien, examinons les choses frofdement et faisons le bilan de nos pertes, comme il convient à des hommes résolus à voir le péril tel qu'il est, à l'aborder de front et à en triompher.

Avant la politique de sir John. À. Macdonald, et la Confédération qui est son œuvre, nous étions théorignement avec Ontariosur un pied d'égalité absolue, : |

En fait, notre discipline politique nous avait fait les mat

tres ; et nos voix déterminaient la balances du‘pouvoir, en fs- ue.

veur du parti que nous soutenions, quel qu'il fût - Aujourd’hui, nous sommes en minorité : et la seule excuse

| produit indique le chemin parcouru et témoigne que ce menerait point, si nous n'y mettions le holà, à deve-

Rrineipe que le ministère so composait de deux: fractions. égales.

Nous avions souvent Îe premier ministre. La retraite des nôtres entrafnait la dissolution du cabinet. En fait, leur volonté pré-

. valait le plus souvent.

Aujourd “hui, nous comptons à. Ottawa | rois ministres sur treize ; ot c'est leur opinion, sur leur propre: importance, que : s'ils s'étaient retirés à l'occasion. de exécution de Riel. on aurait tranquillement passé ontre,, sans même foire attention à

. eux,

. Avant la politique de sir John A. Macdonald, nous avions conquis dans le parlement uni, l'usage de ia langue française, malgré ia loi. ,

Aujourd'hui, ls langue française est devenue ‘égale, Mais

:iny a pes à Ottawa un ministre canadien-françnis, qui osâft

parler autrement qu'en angiais, dans une discussion da Parle-::-

: ment - Avant.la politique de sir John . Macdonald, le ministère

Lafontaine Baldwin fuisait voter des indemnités aux victimes

eo 1837.

Aujourd’hui, les journaux ministériels insnitent les patriotes et le Ministère fait pendre Kiel.

Avant la politique de sir John A. Macdonald, lo Nord-Ouest était français.

. Aujourd'hui, tout notre or, qui eut pu être consacré"à toloniser la province de Québec, a passé dans le Nord-Ouest, dont on fait à nos frais une terre anglaise, d'où l’on expulse les Métis en confisquant jeurs terres et où l'on pend Riel aux acclamations des spéculateurs, des jobbers et des fanatiques de Wioni peg. .

Pendant ce temps-là qu'ont fait nos ministres ? Ont-ils combattu pour nous ?: - À défaut de combattre, nous ont-ils révélé leur impuissanco

. “et le péril ?

Non! ils ônt gardé leurs places !

- L'an dernier, à pareille époque, on publiait, à Québec, un gros volume en tête duquel se trouvait une gravure avec cette ‘: inscription:

Sr HEcror LiaNGEVIN, chef du “parti conservateur dans le -Bas-Caunûda.

: Qu'a fait sir Heëtor Langevin ? -

Il aété pour sir John A. Macdonald un employé laborienx, mais, jamais il n’a rien dirigé. ailleurs. que sur les gravures grassement rétribuées de ses flatteurs.

: Dans ce bureaucrate, devenu chef’ ‘d'un parti, et transformé

par les circonstances, en représentant d'un peuple, il n'y 2

jamais eu l'étoffe d’an homme d'Etat ni le cœur d’un patriote.

Tout entier aux inspirations d’une nature étriquée, bouffie de vanité, et prompt à satisfaire cette vanité avec l'apparence du premier rahg dans les emplois du second, ‘sir Hector Langevin n’a peut-être pas compris une seule minute la grandeur

” du rôle que lni assignait, dans le gouvernement fédéral, sa

situation de leader du parti canadien-françgais ét d'alfer-ego de

sir John À. Macdonald. Li, CF.

Ce successeur de Cartier n'avait pas hérité une goutte de

son sang fer et généreux, un atome de son-instinct de ‘éom-

mandement ét de Ja haute idée que se faisait Cartier de la .

responsabilité et des devoirs d'au chef de parti. I} a tont livré, tout subi avec ure inconscience béate. ‘ On pout: mesurer

aujourd'hui, à la lueur sinistre des événements, ce que l'influen- *

ce canadienne-française a perdu, par sa faute, depuis. qu'il est au pouvoir. ea & I fallait ane grande catastrophe pour nous faire ouvrir les yeux et pour nous sauver. .

Mais la semence des martyrs est féconde. : | ‘L'échäfaud de Riel ne marque pas seulement la fin d’une

époque néfaste.

.U marque l'aurore d'une ère de réparation, dans laquelle, chassant les traîtres qui nous ont vendu et rononçant aux funestes divisions qui ont failli nous perdre, avec l'aidè de

Dieu, nous soutiendrons- ensemble le bon combat pour la

Patrie. : . .., .

‘ $i, comme notre religion nous en donne la divine assurance, du haut de leur demeure céleste,les âmes des morts s'intéressent

- encore aux preuves de ceux qui vivent sur la terre, l'âme de. notre frère métis tressaillera de contentement, en sachant que Je sacrifice de sa vie n’a pas été perdu, et qu’une fois de plus,

Ja mort dés martyrs aura servi au triomphe final de la justice et à la ruine des porkécuteurs, . |

En

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