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. nibales."""Miis cela même, en portant le dégoût à son comblo, ‘ne surprit pas autroment ceux qui le connaissäiént. On ne -savait pas ce qu'il pouvait faire, mais on le savait bon à tout - faire pour un hochet ou des faveurs. - -
GLORIA VICTIS" © Encore quelques heures et :le soleil va so lever sur Je--jour Û - fatal où.tout va être consommé. : : F.
Louis Riel, le héros, le martyr de la nation métisso, va con templer pour la dernière fois la lumière du jour, rendre son
La
LA QUESTION MÉTISSE ‘ .. ‘891 âme au Créateur et livrer son corps‘ au boarreau qu le guette depuis de longs ‘mois.
e messager qui apportait l'ordre du gouverneur-générel pour l'exécution, est arrivé à huit heures du soir. Cette fois, tout est bien fini.
Riel a reçu la nouvelle, à neuf heures du soir, “dans € sa cellule. ‘ Cette nouvelle lui a été donnée par le shérif Chapleau. La scène a été émouvante et héroïque.
La cellule du fameux chef est immédiatement adjacerite à la
salle des gardes qui font la patrouille durant la-nuit. Cinquante L:
gardes occupent cette salle, À la porte de fer qui ferme la cellale,.on voyait une senti.
‘nelle arméo montant la garde; et à l'extérieur de l'édifice an
cordon de soldats sous les armes, faisant la ronde -autour du bâtiment.
La porte s’ouvrit à l'arrivée du shérif Chapleau et du commandant de la police à cheval.
Riel qui, jusque là, avait conversé avec le médecin du poste, so leva et souhaita la bienvenue au shérif, d'ane façon -tout-àfait cordiale et avec aisance.
Les inflexions de sa voix n'indiquaient aucun signe d'excitstation ; son premier bonjour fat: “ Eh bien, comme cela, vous venez avec la grande nouvelle! J'en suis bien aise. ” :
Le shérif répondit que le mandat de mise à mort était arrivé.
Riel, continuant sur le même ton, dit: ‘“ Je suis heurenx
d'apprendre qu'enfin je vais être débarrassé de mes souf. , fran |
ces, I prit ensuite la parole en français et remercia afféctaensé-
ment Fe shérif pour £es bienveillantes attentions. .
I reprit la parole en anglais : “ Je désire, ditil, ‘que mon :
corps soit remis à mes amis, por . être enterré à st Boniface. . dans le cimetière français, vis-à-vis Winnipeg.” - : Le shérif lui demanda alors s’il avait quelque désir à trans- “mettre, touchant la disposition de ses biens, meubles et effets. « Mon cher, répondit-il, je ÿ n'ai pour tout bien que ceci (et ‘“toucha sa. poitrine dans la région du cœur}; et ceci je l'ai
donné 'à mon pays, ily a quinze ans ; ob c'est tout ce qui me
reste maintenant. ?
On le questionna ensuite sur l'état de sa conscience. Il ré. ondié: “llya longtemps que j'ai fait ma paix avec mon ien ; je suis, Ne ion préparé maintenant que je puis’ léêtre
en aucun temps. Vous trouverez que j'avais une mission ‘à remplir. Je vous prie de remercier mes amis de la » province de Québec de tout ce qu'ils ont fait pour moi. ” :
een
À une autre question qui lui fut faite, il répliqua::
“ Je sais content de quitter ce monde. On me permettra de dire quelques mots sur l'échafaud ?” ajouta-til sur un ton interrogatif. Re
Lorsqu'on lui dit qu'on le lui permettrait, il dit en souriant : “ Vous supposez que je pourrais parler trop longtemps et que cela me fatiguera ? Ohl non je ne me trouverai pas faible, je. sentirai, lorsque le moment viendra, que j'aurai des ailes qui m'enlèverout là-haut, *
Recommençänt alors à parler français, sur un ton persuasif et d'ane douceur inimitable pour lequel il est célèbre, comme le savent tous ceux qui l'ont connu intimement, il parla de nouveau de laffectueux souvenir qu'il gardera pour ceux qui ont épousé ss cause. Il termina en disant au ehérif Chaplean, en lui tendani la main, en signe d'adieu, ‘ Adieu, mon ami. ”
. Son œil était clair et serein, et son assurance absolue était
telle qu’elle faisait naître l'admiration même dans les cœurs les plus endurcis. - .
Le Père André, son directeur spirituel, est ensuite arrivé, et ensuite entendre la messe, . |
À 5 heures dn matin, le P. André célébra la messe, et à 7 heures, il administra les derniers sacrements à Riel.
Riel pria daus sa cellule jusqu’au moment où le Ge
“et on l'a laissé seul avec lui pour vaquer à ses devoirs religieux
Gibson vint l'avertir que le moment fatal était arrivé.
Riel reçut l'ordre de marcher à ii mort avec le même calme qu'il avait montré la veille,
Son visage ne moctrait aucune altération et avait conservé : ses couleurs ordinaires ; il était pleinement en posseésion de toute son énergie, répondant d'une voix claire et ferme aux paroles de l’officiant. : ‘
Sapporté par les deux prêtres, Riel marcha d'an pâs ferme
de sa cellule, qui est la première du corridor, à travers le corps
de garde, à l'escalier qu'il gravit sans un signe dé faiblesse. Le capitaine Fraser gardaït l’échafoud avec ving#/ hommes de la police à cheval. : ‘ Riel avait pas de chapeau. Il portait noir, une-chemise en laine, un collet, des pantalons bruns et, !
des mocassins, seule partie de ses vêtements qui rappelñt la .
vie indienne et l'existence libre de la praifie.
À 8 heures un quart, le bourreau, un masque sur la figure, g’avança, la corde sur le bras, et commence à garrotter Riel. Celui-ci continua à prier, étendant les bras et regardant au ciel jusqu'à ce que les bras furent liés. Précédé de-Gibson et
” - escorté des prêtres, Riel monta sans aide et d’un pas forme les
habit court et |
a al
or LA QUESTION actes 393
- Six degrés gui conduisaient à l'échafaud, en disant: ‘‘ de, me "confie à Dieu. * / he En poussant ‘cette exclamation; un sourire passa | sur 8es ; èvres. / Le condamné se plaçga su la. trappc, la figure tournés vers / lenord. Les Pères André et MeWilliams continuèrent à prier / et Riel diten anglais : “ Je ‘démande pardon à tous les hom- es ef je pardonne à tous mes ennemis. ” À Le député-hérif lui demarida s'il avait quelque chose à dire.” , À] se tourna vers son confesseur, le Père André, et lui demanda : “ Est-ce que je vais dire’ quelques mots? ” “UN on, répondit brévement le prêtre, Big dernier sacrifice, et vous serez récompensé." Ri Riel se tonrna et dit: “ Je n'ai plus rieu de plus àdire." :
"Le bourreau ajusty/le: uœud, mais Riel ne parat pas. même Î y faire attention. ” /” Î Alors le bourrenu 8e mit à son poste ; le bonnet blanc fat: enfoncé sur la têté de Riel ; les deux prêtres, tenant des cierges en main, continüaient de » prier pour le mourant, pendant qu'on entendait ce dernier prier en même temps. nt l'expiration des deux mjnutes qui lui front données pour prier, au mome où il répodduit: “* Ne nous induisez pas en ee
bourreaw’fit partir la trappe et Riel tomba. !l ne remuyw/pas endant quelques secondes, puis un mouvement convilsif 8e êt sentir et deux minutes après, il n'existait plus. est mort en brave et en chrétien |