‹ La vérité sur la question métisse au nord-ouestChapitre 9 sur 77 · DÉRNIER MÉMOIRE DE LOUIS RIEL · texte numérisé non relu

DÉRNIER MÉMOIRE DE LOUIS RIEL

Jésus 1 souvenez-vous ! Marie L intercédez pour nous 1 | Saint Joseph ! priez pour nous !

Les Méns ou NosbOvesr

Les Métis ont pour ancêtres paternels les anciens employés

des compagnies de la Baie d'Hudson’et du Nord-Ouest ; et pour. ,

ancêtres maternels des femmes sauvages appartenant aux

*, diverses tribus,

n'avez pas beaucoup de sang sauvage assurément. Quand même,

Le mot français, “Métis,”-est dérivé du participe latin, mirtus, qui signifie mêlé : il rend bien l'idée dont il est chargé.

Toute appropriée que l'expression anglaise correspondante, ‘Haif breed,” fut à la première génération du mélange des sangs, maintenant que le sang européen et le-sang sauvage sont mêlés à tous les degrés, elle n’est plus assez générale. -

Le mot français, Métis, exprime l'idée de ce mélange d'une manière aussi satisfaisante que possible : et devient par lAmiême un nom convenable de race. É

Une petite observation en passant et sans faire de peine à . personne, : k . |

Des gens très polis, très gentils d’ailleurs, viennent dire parfois à un Métis : Vous n'avez pas l'air Métis du tout. Vous

VOUS péssoriez partout pour un blanc pur.” F

Le Métis, à moitié déconcerté par le ton de ces assertions,' voudrait bien revendiquer son origine, tant d’un bord que de autre, La crainte de troubler ou de dissiper tout à fait la douceur des persuasions de ses interlocuteurs le retient Pendant qu'il hésite à choisir entre les différentes réponses qui se

- présentent à son'esprit, des-paroles comme celles-ci achèvent Je

iS - A T è

. du Nord-Ouest:

| d’emporter son silence d'assaut: “ Ah! bah: Vous n'avez

resque pas de sang sauvage. Vous n’en avez pas pour la peine.” Voic: comment les Métis pensent là-dessus en eux-mêmes :

‘ C’est vrai que notre origine sauvage est humble, mais il est juste que nous honorions nos mères aussi bien que nos pères. : Pourquoi nous occuperions-nous à quel degré de mélange nous possédons le sang européen ét le sang indien? Pour peu que nous ayohs de l'un on de l'autre, la reconnaissance et l'amour filial, ne nous font-ils pas une loi de dire: ‘Nous sommes Métis.”

Le pays DES MÉTIS #

Pour avoir une idée asséz juste de la condition où se trouvaient les Métis au commencement de l’année 1885, dans le Nord- Ouest, et en particulier dansla Saskatchewan, il faut savoir un peu comment ils étniont itués avant la Confédération.

C'étaient des gens Qui avaient à eux en propre le territoire

É sang indien de leurs veines établissait le droit ou le titre qu'ils avaient à la terre. Ils avaient la propriété du sol coujoïntement avec les Sauvages. : ,

Mais, à elle seule, la valeur foncière de leur pays représénte une grosse S0MME. oo 7.

Parlons seulement des terres que le Nord-Ouest comprend dans les limites qui lui sont actuellement assignées, sOus ce nôrm, eu dehors du Manitoba et du Kewatin : rious avons un territoire d'environ 1,195,720,000 acres, en étendue. En divisant ce nombre par le chiffre de la population métisse et indienne, et les supposant aussi: nombreuses l'une que l’autre, . chacune d'elles se trouvait à partager le Nord-Ouest en deux parties égales. L'hypothèse que nous faisons, toute proche de la’

‘réalité, donne aux Métis aussi bien qu'aux Sauvages une part . d'à peu près 597.860,000 äcres, : rt TT

Pour faire une estimation quelconque des terres sauvages d Nord-Ouest avant la Confédération, -disons à la première idée venant, que cés terres valaient à l'Indien quinse cents l’acre, En prenant cette modeste U

#0 ÉvALTanOoN POUR POINT DE DÉPART,

les Sauvages) du Nord - Onest avec leur sol sde 597,860,000

äcres en superficie possédait an bien-fonds valant-comme:

$87,179,000/ es TU ae te Le

‘Mais il y & ici même une considération à intercaler dans ces

apérçqus ; les Métis, sans avoir le don‘d’utiliser la torre, d’après

les Fopee êt, les ressourcés d'une civilisation avancée, : A “

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