‹ La vérité sur la Russie (volume 3)Chapitre 22 sur 23 · PAGE · texte numérisé non relu

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Des renseignements nouveaux et plus précis nous mettent k même de rectifier ce que nous avons dit, k la page 89, au sujet de rassemblée provinciale de Tver, épisode caractéristique, où le despotisme de la bureaucratie se déploya dans des proportions plus considérables que nous ne Tavions cru. L'ordre du ministre, lequel, se basant sur la volonté

impëriale, défendait aux assemblëes provinciales de discuter la question de Témancipation, fut lu à la noblesse de Tver, réunie en assemblée triennale ordinaire en décembre 1859. L'un des gentilshommes de la province, M.Evropéous, dans un discours rempli de sagesse et de modération, exposa k l'assemblée que le droit de discusion, sur tout ce qui se rapporte aux intérêts de la province, se trouve inscrit au Cpde des lois (articles 112 et 135 du IX© volume); que l'empereur est le maître de faire les lois, mais que tant qu'une loi n'a point été abrogée, elle doit être exécutée; que l'article 77 des lois fondamentales de l'empire (tome 1er du Code des lois) prescrit, en cas û'wbl ordf«i]iikiivtëriel illégal et contraire aux lois, de suspendre Yexécuîîon de Cet ordre, et d'en référer au ministre ; qu'il fallait en conséquence prier le gouverneur de la province d'en écrire au ministre. Sur le refus du gouverneur, la majorité de l'assemblée provinciale, froissée dans ses droits légaux, voyant les lois foulées aux pieds par les bureaucrates de Saint-Pétersbourg, se décida à adresser une pétition k l'empereur lui-même, lequel, dans une visite faite à la ville de Tver le 11 août 1858, avait soïMeité 2e concours de la noblesse dans la grande oeuvre de Véman^ cipation des serfs. Cette pétition fiit signée le 14 [21^ dé* cembre paï 155 nobles (sur 281 présents), et la? |itigmière BignatUïe (comme Te^geait la loi) était celle du' maréebal de la noblesse de la province, M. Ounkovski. Le minnrtm de l'intérieur répdnxïft! le 18 [SOf décembre , qiie l'empereor ne faieraît point dtoit à la pétition de l'assemblée .de Tva*; q«e Sa Majesté' tirouvaft M. Ounkof ski coupable ê& r^SLYcât point empêdi'é la tédactï<m de cette pé^itfon et âer ravo&* s%ttéé le premier, et ordonnait sa destitution. Or, s/ùK tettaen et la loi, le maréchal de la noblesse n'a nul droit d'empêcher la rédaction d'un papier adopté par la majorité des membres présents, et s'il signe lui-même ce papier, sa signature doit figurer en première ligne. AtTisi le crime de M. Ounkovski consistait à avoir exécuté la loi. Quelques semaines après^ MM. Ounkovski et Ëviopéous, nuitamment enlevés par des gendannes, furent conduits en exil, le premier à Viatka^ le second k Perm. tJn troisième gentilhomme^ aussi un homme d'un mérite distingué, M. Golovatchew,: fut arrêté. On se

demande, après cela, à quoi servent les lois en Russie, en présence d'une bureaucratie qui n'a pour règle que son bon plaisir, juste comme les autorités de Khiva et deBoukhara! L'épisode que nous venons de raconter projette une lueur sur l'avenir de la Russie.

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