‹ La vérité sur la Russie (volume 4)Chapitre 10 sur 37 · Q CORRESPONDANCE AVEC · texte numérisé non relu

Q CORRESPONDANCE AVEC

du monde, il m'est impossible de garder mon sérieux. Pour ce qui en est des droits civiques et des privilèges de la noblesse russeï pour ce qu'en pensent tous les gens raisonnables, voyez les pages 230, 231 et 232 de mon livre; pour ce qui en est de Texil en Sibérie, c'est tout comme si Ton me condamnait à l'exil dans la lune. Le gouvernement russe ne se leurre point, certainement, de l'illusion bizarre de croire qu'un arrêt des tribunaux russes puisse modifier, le moins . du monde, ma position sociale dans les divers pays de l'Europe oh il pourra m'arriver de résider ?

J'ai 43 ans ; je suis né et j'ai vécu, comme tous les nobles russes, dans la position d'un esclave privilégié dans un pays d'esclavage général; j'ai le dégoût de cette existence; elle me fait mal au coeur, et je me suis décide à finir mes jours dans des pays libres, dans des pays où les hommes ne sont point envisagés comme des moutons appartenant à telle ou telle famille. Pour tâcher d'être utile, sur le sol étranger, à ma patrie que j'aime passionnément, je livrerai à la publioité le résultat de mes études sur l'état

LE GOnVERNEMEKT BUSSE. gj

présent de la Bussie, ainsi que sur l'histoire de son passe. Je rentrerai dans mon pays, mais ce ne sera que le jour où le régime des lois aura remplace celui de l'arbitraire. Si S. M. l'Empereur Alexandre apprécie bien les intérêts de sa propre dynastie, s'il Teut éviter les immenses dangers d'une révolution, il donnera satisfaction aux voeux raisonnables et aux aspirations légitimes du pays: ii promulguera une Constitution. S'il ne le fait point, alors, d'ici à un certain nombre d'années , le courant irrésistible des événements fera table rase de l'ordre de choses actuel en Russie. Que mon pays obtienne une Constitution, ou qu'une révolution vienne opérer violemm'^nt les réformes dor:t l'accomplissement pacifique dépend encorf-, à l'heure qu'il est, de la volonté du gouveriiement, dans chacime de ces deux éventuaiitéë iccompte rentrer en Russie.

Dans le siècle où nous vivoi.?, l'on a ^'m plus d'une fois des émigrés politiques revenir, au bout d'un certain nombre d'années, dans leur pays natal, et les hommes qui les avaient proscrits partir pour l'exil. Je forme des voeux sincères pour que la dynastie de

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