Chapitre XYllÛ^^i^^n^^^J
les d
fttcnr cBgigce srec une mi i «rec «ne insi^e i dwit l^ncmpacitë et pnimbiale; bos bimTes soldats, Ues ^ tmamfjt H d'abo^tion, dm McecBure, tandis que leurs ^eûettl dans I» hœ, produit d phK odieux; une alliance, bas^ piinc^es dt la politique rétro^fad léft^ aree l'Aulndie, laquelle, aièdtt c4 doû, n'uTuit fiât que s la Itussie, et qui est notre Téritab!
BVÉ LA ttUSSlfi. 3
Qpcrcur Nicolas, u son lit de mort, son fils et Buccesseur : je te laisse mon dans un élat bien différent de celui dam je r aurais voulu : mais que faire? Telle a volon'é de Dieu! fai eu deux projets aiection, deux projets que fai rtourris t ma vie entière, et il ne m*a été donné ter ni Vun ni Vautre : c^etait fémanci' des chrétiens d^ Orient du joug turc, et ^pation de nos serfs du joug des pro* 'es* Le mometit actuel n^est guère pro» )UT V accomplissement de la première de es, mais promets-moi au moins de réaliseconde? Et Tempereur Alexandre le , comme il Ta raconté lui-même à un .ire de Tempire, duquel nous tenons
amoins, six mois après son avJuement ae, en août 1855, sur les intrigues camarilla, devenue, sous le règne nouune force toute -puissante, il ôta le uille de Tintérieur à M. Bibikow, duous avons parlé plus haut, et le donna Lanskoi, vieillard septuagénaire (il est 1786), qui a été connu toute sa vie l'extrême médiocrité de son intcUi-
^ I.A VÉIUTÉ
^ntc. sa complète inaptitade aux vMtûro^i et la faiblesse de son caractère. Ayant raan^* sa fortune, crible de dettes, M. Lanskoi » besoin dn traitement considérable affecté aui fonctions ministérielles, et il est prêt à tout signer pour conserver ce traitement le pin* long-temps possible. La camarilla le savait^ et c'est ce qui avait dicté son choix. Anssi la première circulaire de ce ministre aux gouremeurs de province contenait -elle ce» mots : Fempereur m*a donné Vordre de vmX^f à la conservation absolue de toutes les préro' gatives actuelles de la noblesse. Dans une an* tre circulaire publiée le 1* avril 1856, àl* suite du traité de Paris, M. Lanskoi, san» toucher d'un seul mot à la question de Y^ mancipation, invitait les gouverneurs de pro* vince a solliciter les propriétaires à assurer l'existence des vieux soldats, qui revenaicB* achever leurs jours dans leurs foyers nai»^ (ce qui aurait dû elre un devoir sacré po«^^ rétat), et les invitait surtout à veiller à ^ que les paysans ne s'écartent point do ^ soumission la plus absolue envers leurs pr^ priétaircs.
Pendant ce temps, les aspirations à V^
8IIB LA RUSSIE. 5
ïïiancipation continuaient à se développer dans le coeur du peuple. Durant la dernière guerre, lors de la levée de la milice , dont Torganisation, dans les biens seigneuriaux, avait <:to confiée aux propriétaires, l*on avait £iit courir le bruit que tout serf, une fois admis ^i la milice, se trouverait affranchi : un nombre immense de serfs se présentèrent pour entrer dans la milice. Lors de la conclusion de la paix de Paris, l'on avait fait courir également le bruit tout aussi erroné, que ce traité comprenait une clause secrète prescrivant au gouvernement russe l'aboli* tion du servage. Ces bruits, quelques errono8 qu'ils fussent d'ailleurs, étaient un symptôme éloquent de l'état des esprits.
I^ans la noblesse, il y avait trois opinions averses : tous les hommes éclairés et libé- Wux voulaient rémancipation ; ils la voulaient par principe politique et moral à la ^^^8, trouvant le servage une chose odieuse ^^ elle-même, complètement contraire et aux Principes de l'Evangile et au sentiment de ^^ dignité humaine; ils voulaient aussi l'é- "^^Heipation, parcequavec le maintien du ser- ^^ge toute amélioration réelle, toute réforme
ftcricose derimiiciit complctement impofifîblesr et sans amtTliiyntioB, sans rennes, Ift Bossie se troiiTaît destinée m déchoir de son lan^ de poissmce da premier ordre, et peutêtre même à se dissoudre m la première guerre eztériciire. Ce psnti comprenait bien qne les Bosses ne seraient jamais des liommes dignes de ce nom, des hommes drili* ses et libres, tant qn'ils continueraient i posséder du bétail sous forme humaine.
Le parti rétrograde, très-nombreux parmi les propriétaires, en proTince surtout, ne voulait point de l'émancipation. Ignorant le« leçons de l'histoire qu'il n'avait jamais ctadiée, sourd à la Toix de la raison; aveugle en présence des symptômes éndcnts de U décadence de la Bussie qui commençaient déjà à devenir visibles aux esprits clairvoyants, il ne voulait qu'une chose : le maintien de son pouvoir sur ses serfs. H consentait à croupir lui-mcme dans un honteux esclavage, pourvu que le gouvernement lui laissât ses propres esclaves. Aujourd'hui, voyant ses esclaves sur le point de lui échapper bientôt , il s'est réuni au parti libéral pour exiger une constitution, laquelle
BtiELÂlUBinB. 7
«serait des limites aa pouvoir autooratiqae, i-disant concenteë dans les mains de l'emîrear, mais de fait exercé par la camarilla ; par la bureaucratie.
Enfin, le parti bureaucratique avait ses Qes et ses plans à lui, très-arrétés et pour accomplissement desquels il dtait décidé à outenir la lutte la plus vive. Four ce parti, 6 maintien du pouvoir absolu est une con- ^tion indispensable pour la durée et la oonolidation du pouvoir tout -puissant de la ureaucratie, laquelle veut bien émanciper ^ serfs, mais à la condition de les gouvercr elle-même, c'est-à-dire de faire passer -8 serfs du joug des propriétaires sous le ^ug bien plus dur encore, sous le joug pil- ^rd et rapace de la bureaucratie.
En mars 1856, un an après son avénecnt au trône, et cinq mois avant la céréonie du sacre, l'empereur Alexandre fit un yage à Moscou, et en donnant audience X maréchaux do noblesse de la province
Moscou, il leur adressa ces paroles : Ta pris^ messieurs, que Von fait courir le bruit nme si f avais manifesté Vintention (Tabolir servage. Pour éviter des mésenleadus dans
une a/fairé de celle importance^ je crois de mtm devoir de vous déclarer, que je ne songe poM en ce moment à raboUtion du servage^ Uek sans aucun doute vous, avez vous-même la eonviction, que le droit de posséder des serfs u saurait ne point subir de changements^ Il roirf mieux voir VaboliHon du servage venir <fai haut, que de s'attendre à la voir arriver im bas. Je vous prie, messieurs, de réfléchir aus moyens d'exécution de ce projet*, Transmettez mes paroles à la noblesse, afin qu'elle jf avise.
Ce fut pour la première fois que le prin' cipe de Tabolition du Benrage fut -posé par un souverain de Enssie vis-à-vis de la noblesse. La très-grande majorité de l'entourage impérial^ la plupart des ministres, étaient pour le maintien du servage et faisaient la plus \ive opposition à toute réforme sérieuse ;ils voulaient le maintien de ces abus qui les faisaient vivre et les enrichissaient. Ils sentaient d'instinct que l'abolition du servage devait nécessairement amener ime transformation complète dans tout l'édifioe politique de la Eussic, et ils s^ opposent de toutes leurs forces > soutenus dans oette
SUBLABDgSIE. j)
iginoble lutte par la bureaucratie, leur fidèle àUiée.
Hais à côte de l'empereur, il j avait une influence qui travaillait en faveur de la civilisation et des idëes éclairées, c'était le grand- duc Constantin, prince intelligent et &6rgique« Ce fîit l'influence du grand-duo Constantin qui raffermit, chez Tempereur, Kntention de remplir la promesse faite à wn père au lit de mort de celui-ci, et qui Mndmsit le principe de l'émancipation sain ^ sauf à travers les nombreux écueils et les SQe(-à-pens que la comarilla, la bureaucratio ^ la majorité du ministère ue cessèrent de • Iw' placer sur la route difficile, que ce principe avait à suivre dans une cour aussi complètement démoralisée que la cour semi-asia- ^que de Saint-Pétersbourg.
Lors du sacre de rempercur, ce prince, d'après les conseils du grand-duc Constantin, chai^ea le général Nazimow, gouverneurgénéral de la Lithuanie, venu à Moscou pour assister à la cérémonie du sacre, d'inviter les nobles des trois provinces lithuaniennes (Vilna, Grodno et Kovno), où l'on travaillait à rintroduction des inventaires (rcgularisatioa
IQ LA VÉR1TJ&
de la corvée, voyez au chapitre VII), de s'adresser à Tempcreur pour solliciter de remplacer les inventaires par raffranchissement des serfs. Nous verrons plus loin le résultat do cette mission.
En décembre 1856, Ton publia un oukase pour régulariser le mode d'émancipation des serfs, par ceux des propriétaires, qui voulaient les affranchir en leur accordant une certaine quantité de terrain. A peine des exemplaires de cet oukase eurent-ils été mis en vente i rimprimerie du sénat, le bruit se répandit que le gouvernement venait de publier on oukase d'affranchissement pour tous les seifr. Une foule d'hommes du peuple assiégèrent l'imprimerie du sénat, pour se procurer des exemplaires de cet oukase. Ce fait révéla an gouvernement à quel point l'attente de l'émancipation agitait les esprits, et lui donna en même temps la preuve, à quel point les gouverneurs do province avaient raison d'é» crire au ministre de l'intérieur, comme ils le faisaient tous à cette époque, que les esprits dans toutes les provinces étaient f(fft agites, et qu'une solution, dans un scnB on dans l'autre, devenait indispensable.
siOL LA Rums.
X^e 2 janvier 1857, l'cmpereiir réunit, dans a cabinet de travail, les onze personnages livonts : le prince Orlow, le comte Blou- >-w, le comte Adlerberg i>ère, le prince aul Gagarine, M. Lanskoi, ministre de intérieur, le baron Modeste de Korff, le rince Basile Dolgoronkow, chef supérieur Le la police politique, M. liichel Ifourariew, appelé, trois mois plus tard, au minis-^ ihte des domaines de la couronne, M. Tcheykine, ministre des ponts et chaussées, le général Bostoytsow et M. Brock, à cette époque ministre des finances (le grand-duc Constantin voyageait à Tétranger). L'empeïeur annonça à ces onze personnages qu'il <Hait urgent de s'occuper de la question do l'émancipation, et qu'il les nommait membres du comité créé à cet effet, sous sa propre présidence à lui, et en cas de son ab- Beuce, BOUS celle du prince Orlow. Par un funeste attachement aux anciennes traditions bureaucratiques , Ton enveloppa ^dc mystère ^^ création de ce comité, déclaré secret , au ^ïand ridicule du gouvernement; pendant ^é année entière qUe ce comité fut censé kcretf non-seulement son .existence, mais ses
de l'administration militaire (chaf trouTera des renseignements soi Basile Dolgoroukow, et à Taitielc ces (chapitre XI) snr H. Brock, sur M. Kniajëwicz, qui remplaça en ayril 1858, an ministère d< ainsi que dans le -comité supérie cipation. Ici il nous reste à parU Adlerbeig père, du prince Pan] de MM. Michel Monraview, Te BostoTtsow.
La mère du comte Adlerbeig, iance de l'emperenr Nicolas, fut 1 ce prince, aux cotes duquel M.
grandit* et prospéra. L'absence ooi nrifi At d'întAlliffpiifiA loi valut la
SrXLARUgglE. ]3
de ministre do la conr impériale, de ministre des apanages, do ministre des postes et de chancelier des ordres de Bussie; ayant, aux frais de Tétat, maison, table, équipage et im traitement de pins de trois cent mille francs. Sous le règne actuel, le comte Adlerbeig a conservé, grâce à la fayeur toute* paissante de son fils iduc, les fonctions dont il se trouve revêtu, et dont il est complètement incapable de remplir une seule. On loi a ôté, il est vrai, le ministère des postes, BUiis en lui conservant tout le traitement^ au grand scandale de la Bussie, dont les finances se trouvent dans Tctat le plus doploruble.
Le prince Paul Gagariiie est un homme de beaucoup d'esprit, mais dur, méchant et ^empiétement dévoué aux idées rétrogrades, H. Michel Mouraview, frère du noble et loyal vainqueur de Kars, est un homme d'un mérite très-remarquable, mais le courtisan le ■ plus assidu et le moins scrupuleux qui existe, fceaucrate dans Tâme, il est dévoué aux idées rétrogrades, et après avoir souvent fait du libéralisme avant d'arriver au ministère, Une fois le pouvoir en main, il est opposé
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aux réformes; il est le partisan secret e uon-aToac, mais ddcidé, de tous les Tien abus.
Il en est de même de M. Tcheykiii^ aussi intelligent que M. Michel Mourayief; aussi bureaucrate que lui, et aussi oppoi^ depuis son arrivée au ministère, aux idén^ libérales qu'il leur avait paru dévoué tywà\ son élévation au pouvoir.
M. Jacques Kostovtsow était un homai d'une intelligence fort médiocre, mais tt^ très-insinuant, très-rçisé, et avec cela dflrf d'un très-bon coeur. Il avait gagné l'affeçtiii intime de l'empereur Alexandre et tout msr* cha bien pour lui, tant que les qucstioii politiques ne vinrent point à surgir en Bat* sic. Une fois le pays entré dans cette Toi* nouvelle, la finesse seule ne suffisait ploit il fallait une capacité réelle, et cette capf cité manquait à M. Rostovtsow. Fin courtisan, voyant que l'empereur désirait l'eau»* cîpation, il avait fini par la désirer aosiît et il apportait dans cette carrière, nouvclh pour lui, un zèle dont le mobile véritaUo était le désir de concentrer dans ses maiiu la solution ce la question do rémancipatiott]
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lestian à laquelle toutes les antres nîot' C8 BC trouTcnt indiBSolablement rattaehées. .n concentrant dans ses mains la soliiti<ni e la question de rëmancipation, il derelaity de fait, premier ministre, et c'était à ce but-là qu'il tendait; aveuglé par son aràentc ambition, il ne yojrait point que le turdeau était bien au-dessus de ses forces. Désireux de plaire à tout le monde, il touto, chose impossible, conquérir la réputation de libéral sans trop choquer les r^ro- Siadcs. £n politique, vouloir plaire & tout l« monde et être de l'opinion de chacun, amené inévitablement à se brouiller avec tous, et c'est ce qui arriva à M. Kostovtsow. I^s les derniers jours de sa vie, il n'avait plus pour lui que les ambitieux, voulant setayer de son crédit à la cour pour le succès de leurs vues personnelles.
la place de chef de la chancellerie d'un co- ^té est en Eussie d'ime importance extrême, ^u le déplorable développement donné aux for- ^lités bureaucratiques. Les fonctions de chef de la chancellerie de ce nouveau comité furent données, à Tinstigation du prince Or- W, au secrétaire de Tcmpire, M. Boutkow,
de toute la ville de Saint-Fëtershou tisan assidu de la eamarilla, en m craie qu'il est, M. Boutkow a Mt possible pour embarrasser et entrave che de rémancipation.
Le baron Korff se retira du coi fin de 1857, et il y fut remplacé j nistre de la justice, comte Panine, < mission au comité fut le résultat intrigues de la part de la camaril ayons déjà parlé, dans les chapitr dents, de ce ministre déplorable, à nistre si funeste à Tétat et pouyant sidéré, à juste titre, comme l'un d< de la Kussie.
Zi. jn.,4- J«
son LA StJASIE. , 17
proposa de confier l'ëmancipation, dans i province, anx propriétaires, ainsi que mit eu lieu dans les provinces bal- , son pays natal, et M. Rostortsow,
époque-là, pensait encore que la loi )3 sur les cuUivateurê libres, et celle de sur les paysans obligés (voyez au preolume, chapitre YI), satisfaisaient cornent aux ndcessités du temps, et trouvait ement inutile d'aller au-delà. Le comité, avoir examine ces trois opinions, dd- [ue rémancipation devait être opérée is périodes de temps : durant la pre-
pcriode l'on devait réunir les renments nécessaires pour élucider la queslurant la seconde période l'on devait
les propriétaires à conclure des arlents avec leurs serfs pour Témanci-
de ces derniers; durant la troisième aière période aurait lieu l'émancipatiou oire. Mais par une ruse digne de la oratie russe, Ton se garda bien de La durée de chaque période, ce qui k tout ce projet complètement illusoire acieux. L'empereur, auquel ce projet amis, ne sut point en comprendre la
\Q liX VÉRITÉ
vrai type de bureaucrate, ennemi de toofte réforme, de tout progrès, profondément attache aux vieux abus, et ayoc cela d'ims légèreté de conduite qui le rendait la fabk de toute la ville de Saint-Pétersbourg. Coio^ tisan assidu de la camarilla, en vrai bureau* crate qu'il est, M. Boutkow a fait tout soi possible pour embarrasser et entraver la bm** che de l'émancipation.
Le baron Korff se retira du comité à la fin de 1857, et il y fut remplacé par le ni" nistre de la justice, comte Panine, dont ttAr mission au comité fut le résultat d'acti^ef intrigues de la part de la camarilla^ Kotf avons déjà parlé, dans les chapitres prfoédents, de ce ministre déplorable, de ce Bi" nistre si funeste à Tétat et pouvant être eott" sidéré, à juste titre, comme l'un des fléaiz de la Kussie. -
Le comité élut dans son sein un3 commission, composée du prince Paul Gktgamef do MM. Korff et Rostovtsow, pour élaborer les bases de l'émancipation. Le prince Oa* garine demanda que l'affaire fut remiao i 25 ans (lui-même en avait déjà soixante-dix à cotte époque, étant né en 1787). Le bnroB
son LA RtJdSIE. J7
Korff proposa de confier l'ëmancipation, dans chaque proyince, anx propriétaires, ainsi que cela avait eu lieu dans les provinces baltiques, son pays natal, et M. Rostovtsow, à cette époque-là, pensait encore que la loi de 1803 sur les cuUivaieurs libres, et celle de 1842 sur les paysans obligés (voyez au pre- Biier volume, chapitre YI), satisfaisaient complètement aux ndcessités du temps, et trouvait pu&itement inutile d'aller au-delà. Le comité, iprès avoir examiné ces trois opinions, décida que l'émancipation devait être opérée tti trois périodes de temps : durant la pre- Bùère période Ton devait réunir les renseignements nécessaires pour élucider la ques- &n; durant la seconde période l'on devait inviter les propriétaires à conclure des arluigements avec leurs serfs pour Témanciptttion de ces derniers; durant la troisième <t dernière période aurait lieu l'émancipation <^ligatoire. Mais par une ruse digne de lu Weauoratie russe, l'on se garda bien de fccr la durée de chaque période, ce qui ï«ndait tout ce projet complètement illusoire ^ fallacieux. L'empereur, auquel ce projet ht soumis, ne sut point en comprendre la II 2
Jg I«A YÈMITÈ
portée et Tastuce, et Tappronya. M. Bcftàkow se frottait les mains de joie, et disait à ses amis : „iiou8 venons d'enterrer deie- „eheî la question de Témancipation dei „ serfs ! ^* .
Heureusement, la Providence en avait difposé autrement!
Au printemps, le grand -duc Ck>nstaiitii» partisan déclare de Témancipation, revoie en Bussie, et ses intelligents conseils eoatribaèrent beaucoup à raffermir Vempa^ son frère dans la voie qu'il venait d'adif ter. Dans le courant de Tété de 1857, Vt^ pereur Alexandre fit deux voyages à l'étti*' ger : Tun pour assister aux fiançailles de m^ frère cadet, le grand-duc Michel, avec 1^ princesse Cécile de Bade ; l'autre poi» aY«r une entrevue, à Stuttgard, avec l'empeieaf des Français. Dans ces voyages, l'empeieir Alexandre vit le roi de Prusse, le baron dt Haxthausen, écrivain allemand très-connOf qui avait visité et étudié la Bussie, et b comte Kissélew; tous les trois, par lemi avis et leurs conseils, le raffermirent dasi ses projets d'émancipation des serib. On bi envoyait régulièrement, à l'étranger, les pio-
SUft LA RUSSIE*
s-vcrbanx des séances du comité, lequel ettait beaucoup de soin à ne rien faire, a à faire le moins possible; sur Tun de es procès-verbaux, l'empereur écrivait de sa oain : je conviens que fceuvre est difficile, nais je ite veux point que le comité, sous divers prétextes, la remette indéfiniment, M. Haxt- ^en, avec lequel fai causé, a deviné ma fsnsée : il faut que la réforme vienne d'en haut, s/fn de r empêcher d^ arriver d^ en bas. Les mots, •wii divers prétextes, se trouvent, sur Torigi- ^y soulignés trois fois de la main mémo de Pempereur. Enfin, mécontent de la mau- ^ise grâce évidente apportée à l'oeuvre de l'émancipation par la majorité du comité, oîi l'idée des réformes n'avait pour soutiens î^e trois membres : le comte Bloudow, par conviction, MM. Lanskoi et Rostovtsow, mus par le désir de faire leur cour au souverain, l'empereur, en août 1857, fit entrer dans le comité le grand-duc Constantin. Dès ce jour les événements prirent . une face nouvelle, mie marche décidée et souvent imprévue.
Nous avons parlé plus haut de la mission lonnée au général Nazimow auprès de la )oblesse des trois provinces lithuaniennes
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(Vilna, Grodno ot Kovno). Elle n'avait rcuBW qu'à demi. Los nobles do ces trois provinecs consentaient à accorder à leurs serfs la liberté personnoUe, mais ils refusaient de leur donner du terrain, et ce principe, s'il avait été admis, aurait amené en Kussie l'introduction du prolétariat sur une échelle i0' mense. La noblesse de ces trois proyinoes consentit à adresser à l'empereur, par V'tBr termédiaire du général Nazimow, une t6' qu6te où elle demandait à S. M. de reoi' placer les inventaires qu'on voulait introdoii* dans ce pays, par l'émancipation définitif des serfs.
.. Le général Nazimow arriva à Saint-Potorsbourg, en novembre 1857, porteur àfi cotte requête. Le grand-duc Constantin de* cida l'empereur à accéder à la requête de U noblesse litliuanieuno , en lui accoi*dant le droit d'émanciper sos serfs, mais en élargitsant les bases de l'émancipation jusqu'à lei transformer complètemont. Dans le rcscrit signé à Czarskoié-Sélo le 20 novembre [2 dé* cembre] 1857, et adressé au général Xa»mow, l'empereur accordait aux nobles de Yilna, Grodno et Kovno le droit de former
ÈunuiWOSÈïE.
mites provinciaux pour élaborer les le rcmancipation des serfs, auxquels de terrain serait accordé en usufruit, droit de Vacquérir plus tard en toute e, «tir les bases qui seraient ultérieure^ terminées, et en conservant aux pro- ■es le droit de police rurale (cette e idée, reconnue pour complètement cable, fut abandonnée plus tard), comité supérieur, terrifié et irrite, n'a- )int eu le temps de révenir de sa r, lorsque le grand -duc fit signer au e de rintérieur, M. Lanskoi, une ciradrcssée à tous les gouverneurs et les maréchaux de noblesse des propour leur faire part des mesures à regard de la Lilhuanie : „8ur la ade expresse, était-il dit, de la no- ) de Vilna, de celle de Grodno et de de Kovno, demande agréée par Temr avec une satisfaction toute particu- " L'on y ajoutait que le ministre niquait cette nouvelle au gouverneur maréchal de noblesse de la province, 3 cas oîi la noblesse de lu province . voudrait songer à émettre un voeu
idKiixiae. M. Lniskai, leq[ael, en acceptait > xixismv, araît promis aa prince Orlow, ««-■K afi-rien patron politique, d'empêcher l'o^ va2K2f «don. s'empressa de signer cette cû^ t«!airr« cnienaiit, tu le revirement politiq|M iM«T«Uc«ceiit opcro, de perdre son portof^uIIe en cas da r^ias. Il fit pins qnc odii la ^iit«laire, sienée par loi dans la soiiw d:£ â4 BOTxmbre, Int mise sons presse i 1^ kâte, pendant la naît, à l'imprimerie du mi" ni<;è9re de rintéiienr, et fnt expédiée parli p«ks;e, dans la matinée dn 25 noTemlff* ;7 dtmmbre]. à sa destination, c'est-à-dil* dams tons les clie^lienx de provinces (90»*
Le 5 ]17j décembre, nn rescrit imp^J Autorisa la noblesse de Saint-FétersboiiTg > ortruiisor un comité, pour élaborer le pn^ do IVmaneipation des serfs. La noblesse de la province de Xijni, sous l'influence dn gouverneur de la province, le respectable |^^néral Alexandre Mouraview, s'emprewa d'adresser à Tempereur la demande de pou* voir émanciper ses serfs, et nn rescrit iift* périal du 24 décembre lui accorda Tautoii* sation d organiser un comité. A Moscon,- sor
fiUBUkBOMlB. 2}
6C trooTent ûxés d'oidinaire les re»
le la Russie entière, la funeste indu gouverneur -général d'alors , le blo et très-ridicule comte Zakreyski, ir acharné des vieux abus et ami du prince Orlow, retarda le monve- 3 réforme, mais ne fut point à même rarcr complètement. La noblesse de ince de Moscou finit enfin par Toter resse à Vempercur, et un rescrit imlu 16 [28] janvier 1858 l'autorisa k lin comité. Toutes les provinces , les >rès les autres, suivirent e^ exemple.
janvier 1858, le gouvernement se enfin à rendre publique l'existence Ité supérieur de P émancipation, comité ; depuis une année entière (3 jan- 57), censé secret, et en même temps le toute la Russie!!! Un oukase du Br annonça au public la création de ité (lequel existait depuis un an). Cet
21 LATéUTli
ookues impériaux ne doivent point être pa» bliés sans Tantorisation spéciale duminiâtit de la justice.
le pani rétrograde, effrayé et furicuî, ci iccours au moyen qui lui avait constammeit léossi sons Temperenr Nicolas ; il eToqua H frntome dNouie insurrection, comme si bi ser€i Inouïs par la promesse d'une liberif prochaine, étaient plus disposés à s'iusuxgff qne les serfs qui n'ont aucune espérance à liberté! et gwo à celte manoeuvre, il obtut que dans les journaux et dans toutes ki ccmmunicatioiis officielles, le mot A'éttM» pation lût remplacé par celui é^amélwraiùf^ et rèimi des pa^fSÊins. C'était déjà une lecif lade« et une reculade ridicule, qu'aucune ni' son ne justiliait. Ce ne fut point la seule.
Le parti rétrograde avait espéré que b majorité de la noblesse provinciale ne tj» pathiserait point avec le mouvement noureiAi et trouverait le moyen de l'entraver. Il ^ nd$on sur le premier point: il fut compUtemcnt dév*n relativement au second. 1* inrande majorité de la noblesse proyiuciilc fiit opposée à l'émancipation, mais la mioo* lilé édttitéei appuyé^ par l'opinion publiqoo
les deux capitales, par les rerues, par is journaux, enfin par tout ce qu'il y a en Uifisie d'éclairé et d'honnête, se rangea du hié de l'emperetir, décidée à le soutenir ans la voie éclairée où il manifestait l'inention de marcher, et grâce à ces belles et iobles tendances , la cause du progrès eut le Imbus. Ce fut un magnifique moment dans nnstoire de Eussie: à la voix d'un souye- Min honnête et bien intentionné, ime nation d'eadayes se réveillait d'un long sommeil •t suivait la route qui devait l'amener à la iiigiiité d'hommes. Ce qui était bien digne 4'étonnement et d'admiration, c'est que ce •l«ig esclavage n'avait point abruti ce peuple, ^ richement doué des dons de l'intelligence «t de ceux du coeur; confiant dans l'avenir, il assiste aujourd'hui, spectateur muet, calme «t kanquillc, aux conférences où se décident KB destinées. Mais que les rétrogrades ne •'y trompent point: c'est le calme de la force. Ces esclaves d'hier sont des hommes aujourd'hui, ils attendent leur liberté, et malbeur à la Bussie si la bureaucratie finissait par voir exaucer ses voeux imprudents et &veugles, qui consistent à essayer de trom-
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> 21 «ml 1856,
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J;ïïriï :âr?naŒr ncsœrut à tous les ce> -nitbs^ ^cnvtmiàBCx. Airg» de discuter 1* ÀOt^fCiiit fil r^maok-igaLkn, d*«doptcr petf }iis« ji ^rrziin3«f à tnTul oblisiatoîie, 6t iTiuE?» i«3Mî?* jp fràctpe de la corrfe 1a lartntonrx» essipif pair -là d'entravôf T^ipLTiiîjttziHL. «e lu confisquer à son profit: ù& Àrù^nàtce dmîaire da 21 aTril aTtit Ak niiii^f^ par le Ministre des domaines de
BUBLABUSStE. 27
couronne, M. Michel Mouravicw, Ton des yphdcs de la biireanciatie.
Au moment ou le gouvernement abordait e entreprise aussi colossale que celle de mancipation de vingt-deux millions de serfs, . moment oh il commençait une oeuvre rvant amener la réoi^anisation de toutes • branches de l'administration, qu'y avait-il A plus simple, de plus logique, de plus itllrel, que de faire appel à l'opinion pufique par la voie de la publicité? Le plus bple bon sens l'indiquait. Agir autrement, nrailler dans l'ombre, c'était venir, de gaieté s coeur, se heurter contre les écueils. Mais î parti rétrograde, auquel appartiennent et i Gamarilla et la bureaucratie, ne voulait oint de l'émancipation: il cherchait à l'enaver de toutes les manières, et il porta le Ottvemcment à défendre à la presse d'exauaer la question sous un autre point de ne, que celui du travail obligatoire. Cette tfense absurde, plusieurs fois levée, plu* eurs fois renouvelée, contribua beaucoup à itraver la marche de cette grande affaire. Les comités provinciaux furent composés I propriJtaircs élus par la noblesse; l'or-
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ÀsuBue dm 21 ftTiil gudiit le silence sur Il ^*:$ùo«L de la publicité des séances* Il $<Kbùdt toat nalurel d y admettre do droit «a sotw Ir$ nobles de la proyince, desqueli j» Ki^aibn» dn comité tenaient leur mandat Le K>rL seikK la l<^iqae, aoiaient exigé d'ail> leors pour ces séances une publicité laisoiis^Ie. II n en Ait rien. L'horreur de la ps* Kîciic es>t si çeÊikàt au sein du parti réb^ CTftkie. qulionûs un petit nombre de pM* vinces comme TTcr, Orel, 2^ijuiy SamaHi Khaikow, paitour ailleurs les séances foieok seemes^ Les comité même de Saint-Péteii- IwuKT et de M^oscou, de ces deux capilaki qui n^nfeiment un si ^riaud nombre d'hoif mes eclaiiés> procédèrent à leur oeuvre dm l\>mbnL^ du misère officiel le plus iUogiqaa et le plus ridicule* Le résultat pouvait êtie pivvu: la plus grande partie des eomitdi pTVvinciaux piv'seuièrent des projets, diotci par le désir secret dVntraver TémancipatioB et d*annuler les bienfaits de ce grand acte* ^ous employons à dessein l'expression de «.mptère officiel". Il &ut avoir aussi pea d'intelligence politique qu'en a le gouvernement russe, pour s'ima^or que dans une
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)n aussi intimement lice aux intérêt s qu'anx intérêts généraux, le secret Bsible. Pendant l'époque de la session onités provinciaux, nous ayons traversé et Moscou, nous avons habité Saintbourg, et nous pouvons affirmer que es détails des sâmcdS étaient connus, sulement des personnes placées dans drtaine position sociale, mais même do Bse du public. Le mystère avait seut pour double résultat : d'irriter l'opiet de permettre aux membres rétro- I des comités de rester sourds à la le cette opinion, qui se prononçait avec e contre eux. Il faut le dire à la ^e de la minorité des membres des coprovinciaux; ils demandèrent la publi- 3S séances, et n'ayant pu l'obtenir, ils îrent, par de nobles protestations, leur isabilité devant leur pays et devant ire
gouvernement donna une nouvelle 5 de son inintelligence des véritables » de l'état, en finissant par adopter le 18 du mystère pour les séances des Is provinciaux. Une circulaire de M.
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sages et justes,, vis-à-vis desquelles tout le inonde serait égal, qui seraient âdtes, non par le caprice d'un homme et les intrigues d'une camarilla, mais par la volonté et le concours indirect de tous les hommes éclairés du pays au mojen de représentants régulièrement élus? Alors il serait possible d'introduire une large publicité, la seule garantie réelle de l'existence d'un contrôle sérieux, en l'absence duquel il n'y aura jamais ni de l'ordre dans l'administration, ni da l'équité dans les tribunaux. Les bonnes inten- ^ tions seules ne suffîsent point à cette im- ^"' mense tâche; l'empereur Alexandre U en est la meilleure preuve ; ses intentions sont excellentes, et pourtant les embarras de la position vont croissant tous les jours et minent la Bussie à un cataclysme. Ce cataclysme, elle ne pourra l'éviter qu'au moyen d'un changement dans cette forme de gouvernement qui pèse tant sur elle, même sous le règne d'un souverain aussi bien intentionné que l'empereur Alexandre U.
Un changement pareil est indispensable au Aalut même de la Eussie, et nous trouvons, d'ailleurs, que la position, de citoyen éfum ptKifi
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liln-e est w/iniment anêrdeaus de celle dtun esclave privilégié I
L'un des plus grands ayantages do Témancipation des serfs, avantage inappréciable, sera de fedre passer une quantité considérable de terres, au moyen de ventes et achats, entre les mains des négociants et de la bourgeoisie. Cela fera hausser la valeur de la propriété foncière, contribuera puissamment au développement de ragriculture et à l'exploitation des immenses richesses que la Bussie renferme dans son sein, exploitation entravée par l'influence délétère de l'administration asiatique, sous laquelle garnit encore la Bussie. Alors se trouveront établies, sur le même sol et à côté l'une de l'autre, deux catégories de propriétaires : les nobles et ceux qui ne le sont point. Pranchement, peut-on ne point opérer ime fusion entre eux? Tout homme de bou sens conviendra que le maintien, entre ces deux castes, de toute différence de droits civiques, conduirait infailliblement à une jalousie qui ne manquerait point d'enfanter la haine, et cette haine aboutirait à une révolution. I^ous avons vu ce que sont les prétendus privilèges de la
noblesfie russe, s'ils ont une réalité vraie, et à quel point ils sont fictifs! Il est urgent, il est indispensable de transformer les assemblées de noblesse en assemblées de propriétaires fonciers (zémlévladéltsy)^ et de leur donner le nom d'assemblées territoriales (zémskiia sobraniia), en oi^nisant ces assembl,ées par provinces et par districts.
L'assemblée de district pourrait être formée de tous les propriétaires, sans distinction - d'origine ni de religion, qui posséderaient une certaine quan^té de terrain déterminée par la loi, ou bien posséderaient hors des villes, soit un établissement indns- * triel, soit un établissement commercial d'une valeur ûx.6e par la loi. Ils auraient tous voix virile. De plus, il serait sage et utile d'accorder des voix collectives aux diverses commîmes du district, ainsi qu'à ceux dont la propriété n'atteindrait ni l'étendue, ni la valeur établie par la loi pour un vote viril. Ces communes et ces petits propriétaires nommeraient un certain nombre de représentants. De cette manière l'assemblée de district serait formée de deux éléments : do la représentation directe en faveur de ceux