‹ La vérité sur le Masque de fer (les empoisonneurs) d'après des documents inédits des archives de la guerre et autres dépôts publicsChapitre 122 sur 170 · LE TELLIER ET LOUVOIS · texte numérisé non relu

LE TELLIER ET LOUVOIS

France, et les gens de cour qui souhaitent sa disgrâce. Le Tellier est au secrétariat , et dans ses lettres , Louvois reconnaissant le remercie vivement du soin qu'il prend de ses affaires. Le 6 juillet, il lui écrit : uJe vous envoie une

» lettre que M. de Montauzier écrit pour obtenir les gr

» auxquels le Roi a bien voulu en accorder. Je vous supplie » d'en faire faire les expéditions et de les adresser. Je suis, » avec le respect que je vous dois, tout à vous *. » Le 27 septembre enfin, il annonce son retour ^.

Pour l'année 1674, méràes procédés. Louvois quitte le ministère le 19 avril 1674, où son père vient le remplacer aussitôt*. Il rentre en juillet, et Le Tellier retourne à sa terre favorite de Chaville. Il tombe malade en octobre, et Le Tellier reparait. « Une saignée qui a été faite ce matin a mon M fils, à cause de son indisposition, écrit Le Tellier au prince » de Gondé, le 8 octobre 1674 , lui ayant été la liberté de M pouvoir signer la lettre ci-jointe, me donne l'honneur » d'écrire à Votre Altesse. Je me suis acquitté de ce devoir " pour lui, et je la supplie très-humblement de l'assurer du » profond respect avec lequel je suis*... » — « La maladie de » Monsieur votre fils , répond Condéle 14, me donne bien de » l'inquiétude. Je vous prie de m'en mander souvent des »> nouvelles. Mon fils vous prie de faire aussi ses compli- » ments à M. de Louvois, et de l'assurer qu'il prend à son » mal toute la part qu'il se peut*. » « Mon fils, riposte Le » Tellier, est très-obligé à la bonté qu'a Votre Altesse de n vouloir bien compatir à son indisposition. Il a eu plusieurs » accès de fièvre assez violents, et a été saigné sept fois. L'on » espère qu'elle retournera entière, de quoi l'on ne peut » pourtant juger que demain ou après-demain®. »

Pendant Tannée 1676, Louvois part le 15 mars, et ne

1 P. 6, V. 305, Mss. Dépôt de la guerre.

9 P. 411, V. 306^ Mss. Dépôt de la guerre.

3 P. 336, V. 366, Mss. Dépôt de la guerre.

^ V. 401, Mss. Dépôt de la guerre. *

^ P. 142, V. 401, Mss. Dépôt de la guerre.

y. 401, Mss. Dépôt de la guerre.

rentre qu'en août. Le 23 avril, il prescrit à Darbon et à Carpatry de remettre les sceaux de l'Ordre à Le TeUier^ Le 19 juillet, il offre à son père de coucher chez lui, à Versailles , pour la facilite du service , et. le 22 , il lui demande s'il peut revenir à Versailles, après le siège d'Aire '.

En IfiT??, Louvois quitte encore le secrétariat, et c'est ainsi que le 15 août 1677 Le Tellier peut écrire à Saint- Mars : « Sa Majesté veut bien que vous fassiez acheter les » livres que le nommé Dubreuil demande, et que vous les lui » remettiez . »

L'erreur n'est donc pas possible ; d'ailleurs, avec les titres des lettres, les dates des voyages, les annotations et l'écriture du secrétaire , il est facile de se rendre compte si c'est Louvois, ou son père, ou Saint-Pouenges, qui ont fiiit rédiger les dépêches.

Ainsi, pour Tenvoidu prisonnier de Lyon à la Bastille, du 1 1 janvier 1 673, Tordre est de Le Tellier ou de Saint-Pouenges; pour le prisonnier de mars 1674, dirigé sur le donjon

de Pignerol, il émane de Louvois, etc Il en est de même

pour les lettres adressées à Fouquet , Lauzun et leurs parents. Le contenu de la dépêche, d'ailleurs, suffirait presque pour reconnaître quel en est l'auteur. Louvois est dur ou spirituel; Le Tellier est toujours méthodique et doux dans la forme.

Le moine jacobin n'a donc pas été envoyé par Louvois. Quoique le motif de son incarcération se rattache à la même affaire que celle de l'Homme dit au Masque de fer, il aura été expédié probablement par Saint * Pouenges , ou mieux par l'archevêque de Lyon, l'oncle de Louvois. C'est ce qui explique Tincertitude de Louvois à propos du moine jacobin et de Tépoque de son incarcération.

Mais quel était cet homme? De prêtres arrêtés à ces époques troublées de 1692, 1693 et 1694, je n'en connais que trois importants. J*ai déjà parlé du jacobin conduit à la Bastille, le V août 1684, par M. de Rochefort. Or, dans la forte-

' P. 369, V. 473, Mss. Dép6t de la guerre.

2 P. 123, 198, T. 476, Mu. Dép5t de la guerve.

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