‹ La vérité sur le Masque de fer (les empoisonneurs) d'après des documents inédits des archives de la guerre et autres dépôts publicsChapitre 138 sur 170 · DE MARGHIEL AUX ILES DE LERINS · texte numérisé non relu

DE MARGHIEL AUX ILES DE LERINS

25 du même mois, et ne put être en état de retourner à Exiles que le 26 mars.

Le 2 mars , pouilant , il avait rendu compte de sa mission à LouYois , et le 16 celui-ci lui répondait aussitôt :

« J'ai reçu avec votre lettre du 2 de ce mois le plan et le » mémoire qui y étoient joints y et ce qu*il y a à faire pour n bâtir la prison et le logement que vous demandez (pour » rendre sûre la personne de votre prisonnier) dans Tile » Sainte-Marguerite, montant à 5,026 liv. que je donne ordre » au trésorier de l'extraordinaire d'envoyer aux vôtres , afin » que vous puissiez faire faire vous-même ce bâtiment de la i> manière que vous le désirez.

» Vous trouverez ci-joint l'ordre du Roi nécessaire pour le » départ de votre compagnie du château d'Exilés. Moyennant » quoi il ne tiendra qu'à vous de partir, ce que je crois que 1» vous ne devez pas différer plus longtemps qu'aussitôt après y> Pâques, ne doutant pas que yous ne irouviez moyen de faire » garder sûrement voire prisonnier dans File de Sainte-Mar- >' guérite pendant que Ton bâtira la prison que vous lui des- » tiiiez , de manière qu'il ne puisse avoir commerce avec per^ 9 sonne et (ju'il ne puisse mésarriver dans les bâtiments qui n sont déjà faits. Je ne vous recommande point de le faire » garder soigneusement dans le chemin, puisque je suis per" » suadé que vous ny manquerez pas^. n

Ces constructions nouvelles furent les prisons qui bordaient la mer et qui communiquaient directement avec le château. Le château avait été élevé d'un étage et la chapelle installée au fond du corridor, pour que prisonnier et geôlier pussent s'y rendre sans être vus de qui que ce fût au monde.

Le 23 mars, Saint-Mars écrivait de Sainte-Marguerite au ministre :

«Il y a trente-deux jours que je suis arrivé ici ; j'en ai passé » vingt-six au \\i

^ P. 235, y. 781. Dépôt de la gnerre.

D J'ai envoyé prendre ma litière à Toulon pour partir » d'ici le 26 du courant, et j'espère être a Exiles en huit jours » par la route d'Embrun et de Briançon. Dès que j'aurai reçu » l'honneur de vos commandements» je me remettrai en mar^ » che avec mon prisonnier y (jueje vous promets de conduire ici » en toute sûreté sans que personne le voie ni lui puisse parler. » Je ne lui ferai point entendre la messe depuis son départ » d'Exilés jusqu'à ce qu'il soit logé dans la prison qu'on lui » prépare ici y où. il y aura joignant une chapelle. Je vous » réponds sur mon honneur de la sûreté entière de mon pri*

» sonnier'. »

Le 26, en effet, Saint-Mars quittait les îles de Lérins; le 5 avril , il arrivait à Exiles. Le 6 , le ministre lui écrivait :

« Il n'y a point d'inconvénient à ce que vous changriez le » chevalier de Thézut de la prison où il est pour y mettre votre 4 prisonnier, jusqu'à ce que celle que vous lui faites prépa- » rer soit en état de le recevoir:

» A l'égard du passe-port que vous demandez pour vos : faardes et équipages * »

Le 17 avril, Saint-Mars quittait définitivement le fort d'Exilés avec sa compagnie, ses lieutenants, sa famille, ses bagages et son prisonnier ^ enfermé dans une chaise portée par huit Piémontais qui se relayaient le long du chemin , quatre par quatre. .11 suivait la route d'Embrun à Briançon, Grasse, Mougins, le Cannet et Cannes.

Le 30 avril, le geôlier et tout son monde étaient aux fies; et le 3 mai 1687 il pouvait écrire : u Je suis arrivé ici » le 30 du mois passé. Je n'ai resté que douze jours en che- » min, a cause que mon prisonnier étoit malade, à ce qu'il » disoit n'avoir pas autant d'air qu'il l'auroit souhaité; je n puis VOUS assurer. Monseigneur, que personne au monde ne » l'a vu, et que la manière dont je l'ai gardé et conduit pen- » dant toute ma route fait que chacun cherche à deviner qui 9 peut être mon prisonnier. Le lit de mon prisonnier étoit si

1 Delort, p. 283.

3 P. 105, V. 782, Mss. Dépôt de U ^erre.

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