LE REGISTRE DE DU JUNGA
» Ce feuillet est évidemment composé avec le journal de » Du Junca et les anciennes notes que le Père Grifïet avait
V employées dans sa dissertation ; il y a entière analogie de » faits et souvent d'expressions, entre ces documents et la » rédaction assez peu littéraire de Chevalier. Cependant on » a sujet de croire que le folio soustrait au grand registre dif- » ferait de celui qui fut représenté comme une copie ; car » dans le registre les feuilles sont divisées en onze colonnes ,
V tandis que le folio envoyé à MM. Amelot et Malesherbes ne » contient que dix colonnes , Tune desquelles porte ce titre
V imprimé : Dates de leurs morts , au lieu de Dates de leurs sor-
V ties. La colonne qui manque dans le folio est intitulée au " grand registre : Noms de Messieurs*les secrétaires d'État <fut » ont contre-signe les ordres. Comment d'ailleurs expliquer » l'enlèvement de ce folio , autrement que par l'intention » de cacher ce qu'il renfermait? .
M Rien ne fait supposer que le grand registre , où n'exis-
V tait plus le folio 120, fût celui dont on attribue l'invention
V à Chevalier, major de la Bastille depuis 1749; le grand » registre commence à l'année 1686 et ne parait pas plus » moderne ; au contraire on est bien certain que le major est » l'auteur du feuillet apocryphe remis par M. Duval aux édi- M teurs de la Bastille dévoilée , soit qu'il l'ait imaginé en » entier, soit qu'il l'ait copié sur le feuillet original avec de » notables modifications d'après des ordres supérieurs. » Comment aurait-on écrit au commencement du dix-hui- » tième siècle : C^est le fameux homme au masque , tandis que j> cet homme ne devint fameux qu'en 1751 , après la publi- 9 cation du Siècle de Louis XIV? »
Le bibliophile a raison ; on ne peut donner une créance quelconque à ce document. Toutefois je crois qu'il est exact pour ce qui concerne le remplissage des colonnes , et qu'il n'y a de réellement inventé par le major Chevalier que ce qui est en observations et en nota.
fÎRit passer « M. Amelot peu de mois auparavant, et qui tomba dans les mains de l'éditeur de la Bastille dévoilée.
Ce folio 120 devait donc se présenter de la façon suivante :
SU
ou
B -s fi e a
a «• t: o S'Ji
Ce qui me prouve que cette acceptation peut être considérée comme exacte, c'est qu'elle correspond parfaitementau registre