DES GUERRES
Ordre d^arrestacion , 28 octobre 1672. — Ordre de soriîe....?
Un des crimes les plus habituels des trésoriers et de leurs commis, surtout dans les places frontières ou places étran- ^res occupées par les troupes françaises, était de gagner sur le change, à cause de la différence considérable du titre d^s moixnaies à cette époque. A la place du bel argent français que- recevait le trésorier de l'extraordinaire, ces messieurs réglaient les comptes en menue monnaie du pays
ils étendaient même ce petit commerce assez loin et se prêtaient à d'autres combinaisons tout aussi frauduleuses.
Depuis longtemps notre ambassadeur à Turin, M. de Servient, avait signalé les malversations d'un sieur Champin, -commis du trésorier de l'extraordinaire des guerres à Pignerol : « Il est à Briançon, et je lui demande inutilement ses comptes », écrivait-il le 18 juin 1672*. Le sieur Loyauté signalait également les fraudes du personnage '. Le ministre toutefois n'avait conclu qu'à une expulsion de la ville et de l'étendue du gouvernement*, lorsque survinrent d'autres
^ 27 octobre ; p. 266, v. 269, Msa. Dépôt de la guerre. 2 P. 139, y. 299, Ms8. Dépôt de la guerre.
^ P. 104, V. 268, Mas. Dépôt de la guerre.
^ P. 249, V. 305, Mss. Dépôt de la guerre.
214 HISTORIQUE DES PRISOIYNIERS.
charges contre le sieur GhampiD. Aussi le 28 octobre 1672 LouYois envoyait-il à Farchevéque de Lyon l'ordre de faire arrêter le sieur Ghampin et de l'expédier à Pignerol'. Mais c'était déjà chose exécutée ; le 1 8 , le procureur général du conseil souverain de Pignerol, le sieur Scotia , l'avait fait saisir à Briançon et conduire en lieu sûr. Louvois, prévenu le 30, répondait par de nombreuses instructions à Ponte, à Scotia et à La Motte Lamyre', et il ajoutait le 15 novembre: « Il ne faut pas que vous permettiez à qui que ce soit de » parler audit Ghampin, qu'en votre présence, et vous devez V employer toute votre industrie pour faire yenir les témoins » qui sont à Baconnis, etc.* »
Le plus malheureux dans l'afFaire fîit encore le commissaire des guerres Loyauté, qui reçut, le 27 novembre, une juste réprimande du ministre pour ne pas s'être aperçu à temps des malversations du personnage et surtout pour ne pas les avoir signalées ^. Quant au coupable, il passa des prisons de la citadelle dans celles de la ville, ressortant du conseil souverain qui devait le juger. A ce titre il n'appartient pas à la catégorie des prisonniers que j'ai à passer eu revue. Le reste de son aventure n'a donc plus d'importance.
ZV. LE MOINE JACOBIN OONNA.
Ordre d'entrée....? -^ Mort en janvier 1687.
L'histoire du moine Jacobin, l'un des deux prisonniers de la Tour d'en bas, sera faite en même temps que celle de l'homme dit au Masque de fer.
ZVI. LE COMTE DE DONANE.
Enfermé denx jours dans le donjon ; arril 1673.
Un comte de Douane, de Turin, de passage à Pignerol, fut arrêté par ordre de Saint-Mars et enfermé dans le don-
1 P. 293, ▼. 269, Mss. DépAt de la gnerre.
3 P. 337, V. 269, Mss. Dépôt de la gnerre.
> P. 176, 177, 317, ▼. 269, Mss. Dépôt de la guerre.
* P. 340, 370, V. 269, Mss. Dépôt de la guerre.
LE SIEUR BUTTIGARIS. 215
jon. Pour quel motif? Je n'ai pas rëussi aie découvrir. Ce personnage, du reste,- ne resta pas longtemps sous les verrous, car, à la date du & mai 1673, Saint-Mars écrivait à Louvois : « Je l'ai mis en liberté, après l'avoir maintenu » deux jours en prison dans une des chambres de mes lieu- » tenants. »
XVII. LE NOMMÉ MARSAILLES. Ordre d'arrestation , juin 1673. — Ordre de sortie, 15 août 1673.
Une famille, . Marsailles, habitait Pignerol. Ce prisonnier en faisait-il partie ? Je l'ignore. Confié d'abord à Saint- Mars, ce prisonnier fut ensuite jugé par le conseil souverain de Pignerol et remis plus tard entre les mains des agents de Son Altesse Royale. « Son Altesse Royale, écrit en effet » Louvois à Saint-Léon, le 10 juillet 1673, demande que » le nommé Marsailles, que vous avez fait arrêter à Pigne- » roi, soit remis au sénat de Turin. Ce que le Roi ayant bien » voulu accorder, elle. désire que vous le fassiez remettre à » l'ordre de Son Altesse Royale ' . » — « C'est fait depuis hier, » répond Loyauté, le 16 août^. Quel était le crime de cet habitant momentané du donjon? C'est encore un mystère que je n'ai pu pénétrer.