‹ La vérité sur le Masque de fer (les empoisonneurs) d'après des documents inédits des archives de la guerre et autres dépôts publicsChapitre 78 sur 170 · DUBREUIL, DIT SAMSON · texte numérisé non relu

DUBREUIL, DIT SAMSON

V mencement , et l'autre d'avoir voulu des bienfaits avant » d'avoir rendu service....

» Mon véritable dessein étoit de ménager avec M. de La- » grange le moyen de vous aller dire véritablement tout ce » que je savois, qui vous eût été utile contre les ennemis, et » en même temps de vous avertir des mauvais desseins de l'é- » véque d'Agde , tant contre votre personne que contre le « service du Roi ; mais mon malheur ayant voulu que j'aie été » arrêté , je me trouve réduit à vous mander sa conduite...., » le moyen de pouvoir arrêter M. de Maupeou, et d'avoir « des preuves contre ledit évéque.

» Après mon évasion de Bordeaux, je me rendis à Yille- " franche pour obtenir de l'évéque d'Agde quelques secours » afin de pousser mon chemin. D'abord je lui déguisai le vé- » ritable sujet de ma disgrâce, feignant une affaire, mais de

V lui-même s'étant mis à me parler de l'état des affaires de la » cour, je lui ouvris que je me trouvois embarrassé, quoique )) bien intentionné. Enfin la conclusion fut qu'il me fit voir 1) qu'il l'étoit peu, en me montrant de fâcheuses nouvelles » dont il se réjouissoit, disant que si le Roi pouvoit être bien » battu par les ennemis, que tout en iroit mieux.... Il me dit » que vous étiez le plus cruel ennemi de sa famille et de lui » en particulier ; qu'étant son allié , je devois plutôt songer » à le servir dans le dessein qu'il avoit de vous perdre, me » disant souvent que si vous étiez mort tout rentreroit en » faveur, et puis, quelque autre fois, qu'il donneroit bien de " l'argent pour que vous fussiez en l'autre monde, me faisant » pressentir qu'il eût bien voulu trouver des gens pour un si » mauvais coup que de vous assassiner....; de tâcher à enga- » ger les Espagnols à la liberté de son frère (M. Fouquet), de '^ pratiquer auprès du roi d'Angleterre la personne que je » jugerois la plus capable de la faire agir, avec promesse de " vingt mille écus de récompense à cette personne qui obtien- >^ droit la liberté de sondit frère, à envoyer à M. de Maupeou » des mémoires pour faire un manifeste. '^

» ....J'espère, Monseigneur, à la même charité que vous

" apportez à ne pas me perdre entièrement, que vous voudrez » bien recevoir la supplication que je vous fais de me faire » changer de lieu, car je suis ici avec un homme qui est fou » au dernier point et fort incommodé , et qui a si fort infecté » ia chambre qu'à peine peut-on y respirer. On sait qu'il y a » huit jours que je ne bois ni ne mange, et que je ne fais que » languir en ce misérable lieu, n

Quelle était cette disgrâce de Dubreuil? Pourquoi cet emprisonnement à Bordeaux, cette faite à Villefranche *? Qu'ailait faire l'évéque'd'Agde en cette aventure? Or, l'évéque d'Agde n'est autre que l'un des frères du prisonnier de Pignerol, le surintendant Fouquet. Là encore il y a donc une série de points mystérieux à éclaircir, points intéressants autant pour le procès de Fouquet que pour celui de la marquise de Brinvilliers.

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