LOUVOIS A PIGNEROL
dû nécessairement produire. Du reste, pendant les trois jours qu'il demeura chez Falcombel ou chez Saint-Mars , Louvois eut le temps de causer longuement avec le geôher, de s'entendre pour les aménagements à faire au donjon , et de rendre visite aux deux prisonniers Fouquet et Danger. Que décida-t-il dans ces entrevues? Je ne le puis savoir; mais pour moi, de tout ce qui précède s'est formée la conviction que de ce jour datèrent l'inaltérable confiance du ministre dans le geôlier Saint-Mars et la faA^eur constante de ce dernier. Il y eut là plus que la conséquence d'une liaison de maîtresse, ce fut une entente pour la vie : Louvois avait trouvé son homme , une âme damnée à sa disposition absolue , et la certitude de pouvoir exécuter tôt ou tard le projet si cher à son père. Mais de mystérieux enlèvement , il n'y en eut pas et n'en pouvait exister. Louvois a voyagé avec trop de monde, pour un but trop bien défini; son séjour a été réglé et exécuté avec trop de soin, de détail et de ponctualité, pour qu'il subsiste là-dessus la moindre incertitude. Donc, là encore, il ne faut pas chercher la solution de ce problème historique.