‹ La vérité sur le Masque de fer (les empoisonneurs)Chapitre 124 sur 152 · ORDRES DE LOUVOIS · texte numérisé non relu

ORDRES DE LOUVOIS

sine. Le 22 avril, Louvois écrit à ce propos au chancelier de Liège, M. de Liverlo, pour se plaindre de l'attentat commis et le menacer de représailles; il engage en même temps des Carrières à s'éloigner de la rivière, près de laquelle il loge, pour être plus en sûreté. Il se plaint enfin à l'évéque de vStrasbourg, qu'il a vu l'année précédente, de la conduite du commandant de la citadelle de Liège, M. le baron de Vierzet, qui n'est autre qu'une créature de M. de Monterey.

Quel événement donnait donc lieu à ces préoccupations et h ces colères du jeune secrétaire d'État? J'ai déjà dit qu'en 1664, en 1668, en 1669, il avait été question de projets d'attentat contre la vie du Roi.

Or, en 1672 , le 14 septembre, Louis XIV écrivait au duc de Saint-Aignan , gouverneur du Havre' : « Vous m'avez fait " plaisir de me mander par ce gentilhomme ce que vous avez » découvert du dessein de la personne nouvellement arrivée ji au Havre (La Tréaumont). Il est bon de la faire observer » pour être averti de tout; mais il ne faut pas l'empêcher

1 Voici, pour l'intelligence du récit, les noms des principaux gouverneurs de provinces et de places fortes :

Gouverneurs des provinces : de Guyenne, maréclial d'Albret ; de Brouage, de Carnavalet; du Dauphiné, de Lesdiguières ; d'Aunis, duc de INoailles; du Lyonnais, marquis de Villeroy; de Bourgogne, duc de Navailles ; de Languedoc, duc de Verneuil.

Gouverneurs des places fortes : de Guise, M. Bridieu ; de Sedan, de Termes, d'Avesnes, comte de Broglies ; de Calais, duc de Charost; de Landrecy, de RoncheroUes; du Havre, duc de Saint-Aignan (Saint-Clair), major; de Marienbourg, marquis de Saint-Genez; de Saint-Malo, marquis de Goëtquen; de Cbaiiny, du Passage; de Saint-Quentin, de Pradel ; de Lille, d'Humières; de Dunkerque, de La Bourlie; d'Arras, de Montpezat ; d'Ath, de Nancré; de Hesdin, de Villepeau; de Bapeaume, d'Orthye; d'Arnheim, de Galvo; de La Fère, marquis de La Brosse; de Bergues, de Castaux; de Stenay, de Bourlemont; de Boulogne, d'Aumont; de Doullens, marquis de Saules; d'Amiens de Bar ; de Graves, de Béton ; de Mézières, de Cossé, etc.

Intendants : de Languedoc, de Bezons; de Bourgogne, Bouchu; d'Alencon Colbert; de la généralité de Rouen, de Creil; de Montauban, Feydeau de Brou; du Soissonnais, de Machault; d'Auvergne, de Marie; du Poitou de Miromesnil ; de Touraine, de Ribeyre ; de Provence, de Rouillé ; de Guyenne de Sève; de Champagne, Caumartin; de Normandie, Cliamillart ; de Picardie Rouillé du Coudray; de Berry, Tubœuf.

V d'exécuter sa commission , ni la compagnie qu'il attend, » ni d'aller où il lui plaira ; au contraire , il ne faut pas que " vous fassiez semblant de rien voir'. » Et le 8 mars de l'année suivante , l'ambassadeur de Venise , Michel , adressait au doge la curieuse dépêche suivante (Archives de Venise) :

« Sérénissime prince, la cour s'est rendue à Versailles, où » elle séjournera jusqu'au 25 du courant. Des ordres précis )) ont été donnés pour reconnaître tous ceux qui entrent au » palais de Sa Majesté. On dit que cela se fait par le conseil « du Roi d'Angleterre, le zèle qu'il porte à la conser- T vation de Sa Majesté lui faisant craindre que quelque

V sacrilège, irrité peut-être des maux soufferts par sa patrie

V ou par sa religion, ne trame en son cœur quelque projet

V tragique. »

Le fait annoncé par l'ambassadeur n'était malheureusement que trop vrai. Une vaste conspiration, dont les ramifications s'étendaient sur divers points de la France et de l'étranger, s'était ourdie pour attenter à la vie du Roi. En réalité, ce n'était que la continuation des entreprises précédentes.

A Versailles , à Saint-Germain en Laye , où séjourna la cour au commencement de l'année 1673, la surveillance devenait extrême. Louis XIV, du reste, était à la veille de partir pour un siège nouveau , celui de Maëstricht , auquel le jeune secrétaire d'État, le marquis de Louvois, n'attachait une si grande importance que pour reconquérir une influence fort ébranlée à cette époque. Les ordres les plus sévères vivaient été adressés aux différents gouverneurs des places où devait passer le Roi , et des détachements de mousquetaires avaient même été envoyés dans ces différents endroits. A Péronne particulièrement, le lieutenant de Roi, M. de Lespine-Beauregard ^, cousin de Louvois, par parenthèse, ainsi que M. de Perthuis à Cambrai, avaient reçu ordre

1 OEuvres de Louis XIV, t. V, p. 500.

2 28 avril 1673. P. 469, v. 303. 27 avril. P. 452, v. 303, Mss. Dépôt de la guerre.

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