‹ La vérité sur le Masque de fer (les empoisonneurs)Chapitre 129 sur 152 · DE MARCHIEL A LA BASTILLE · texte numérisé non relu

DE MARCHIEL A LA BASTILLE

Du Junca pouvait écrire sur son rejjistre d'écrou la fameuse citation :

«Jeudi 18 septembre 1698, à trois heures après midi, » M. de Saint-Mars, gouverneur de la Bastille, est arrivé, » pour sa première entrée, venant des îles Sainte -Marguerite » et Saint-Honorat, ayant amené avec lui, dans sa litière, » un ancien prisonnier qu'il avoit à Pignerol, dont le nom » ne se dit pas ; lequel on fait tenir toujours masqué et qui » fut d'abord mis dans la tour de la Basinière en atten- » dant la nuit, et que je conduisis ensuite moi-même, sur » les neuf heures du soir, dans la troisième chambre de la » tour Bertaudière , laquelle chambre j 'a vois eu soin défaire " meubler de toutes choses avant son arrivée, en ayant reçu » l'ordre de M. de Saint-Mars...

» En le conduisant dans ladite chambre, j'étois accompagné » du sieur Rosarges que M. de Saint-Mars avoit aussi amené » avec lui et lequel étoit chargé de servir et de soigner ledit » prisonnier, qui étoit nourri par le gouverneur. »

M. Formanoir de Palteau, le petit-neveu de Saint-Mars, devait, soixante ans plus tard, confirmer cette narration, quand il racontait à Fréron le voyage de Saint-Mars et son séjour de quelques heures dans sa propriété.

« M. de Saint-Mars séjourna avec son prisonnier à sa terre » de Palteau, près de Villeneuve-le-Roi. L'Homme au masque » arriva dans une litière qui précédoit celle de M. de Saint- » Mars ; ils étoient accompagnés de plusieurs gens à cheval. » Les paysans alloient au-devant de leur seigneur. M. de M Saint-Mars mangea avec son prisonnier, qui avoit le dos " opposé aux croisées de la salle à manger qui donnent sur » la cour : les paysans que j'ai interrogés ne purent voir s'il « mangeoit avec son masque ; mais ils observèrent très- » bien que M. de Saint-Mars, qui étoit à table vis-à-vis de lui, » avoit deux pistolets à côté de son assiette. Ils n'avoient » pour les servir qu'un seul valet de chambre qui alloit cher- » cher les plats qu'on lui apportoit dans l'antichambre , » fermant soigneusement sur lui la porte de la salle à man-

» ger. Lorsque le prisonnier traversoit la cour , il avoit » toujours son masque noir sur le visage. Les paysans remar- '» quèrent qu'on lui voyoit les dents et les lèvres ; qn'il étoit M grand et avoit les cheveux blancs. M. de Saint-Mars coucha » dans un lit qu'on avoit dressé auprès de celui de l'Homme » au masque. Je n'ai pas ouï dire qu'il eût aucun accent » étranger. . . »

La conformité de ces procédés avec ceux employés en 1 673, 1674, 1681, 1687, est donc irréfutable. L'erreur n'est pas possible. Quant au déplacement, il n'avait d'autre valeur que celle d'un changement de gouverneur, changement qui aurait dû suffire , du reste , pour détruire les hypothèses auxquelles un travail incomplet avait exposé la plupart des historiens, et empêcher une idée de mystère qui n'avait existé que dans la légende. C'était, en effet, le 18 septembre 1698 que Saint-Mars arrivait à la Bastille; or, le 29 du même mois , la Gazette d' Amsterdam publiait la nouvelle suivante :

« M. de Saint-Mars, qui étoit gouverneur des îles de Saint- » Honorât et de Sainte-Marguerite, est arrivé ici depuis quel- » ques jours pour prendre possession du gouvernement de la « Bastille, dont il a été pourvu par Sa Majesté. »

Et dans le numéro du 3 octobre :

« M. de Saint-Mars a pris possession du gouvernement de » la Bastille, où il a fait mettre un prisonnier qu'il avait » amené avec lui, et il en a laissé un autre à Pierre-Cise, " en passant à Lyon. »

De Marchiel était donc revenu à la Bastille, vingt-six années presque après l'avoir quittée. Enfermé de nouveau à la troisième chambre de la tour Bertaudière, il y fut confié à la surveillance spéciale de ses deux gardiens habituels, le major de Rosarges et le porte-clefs Antoine Ru, presque aussi anciens que lui auprès de M. de Saint-Mars, puisqu'ils l'accompagnaient depuis trente ans.

Au début, le prisonnier fut assez rigoureusement surveillé. Il fallait traverser la grande cour pour se rendre de la troi-

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sième Bertaudière à la chapelle; or, la consifpie de tenir le prisonnier au secret le plus absolu était trop constante pour que Saint-Mars se crût permis d'y contredire. Ce ne fut qu'à .partir du 3 novembre 1698, sur le reçu d'une dépêche de M. le comte de Pontchartrain, ainsi conçue : « Le Roi trouve » bon que votre prisonnier' de Provence se confesse et coni- » munie toutes les fois que vous le jugerez à propos » , qu'on modifia le régime d'emprisonnement du malheureux. C'est donc probablement pour cette simple cause, conséquence d'une détention de tant d'années, et dans la crainte de laisser reconnaître le prisonnier de 1673, qu'on mit un masque sur la figure du malheureux lorsqu'il traversait les vastes cours du château.

Dans cette célèbre prison, Marchiel recommença pendant cinq nouvelles années une existence de tristesse et de silence. Il y fut gardé, comme il l'avait été à Pignerol, à Exiles et aux îles^ par de Rosarges et le porte-clefs Ru. Qu'il y eût été traité avec plus d'attention que les autres détenus, il n'y a là rien de surprenant. Quand on est resté trente années avec un individu, aussi prisonnier que lui en réalité, le voyant, lui parlant chaque jour, quelque dur geôHer qu'on puisse être, on finit par s'attacher à sa victime, comme on le ferait pour le premier animal domestique venu, et l'on est en droit de lui procurer les douceurs et les facilités qu'on a en son pouvoir, surtout si elles rapportent de jolis bénéfices.

Notre homme, du reste, était loin de se trouver seul dans la fameuse forteresse.

Voici les noms de ces coprisonniers , en 1698, tels que j'ai pu les établir au moyen des dépêches insérées dans les registres de la maison du Roi ' :

Madame Guyon (avec une fille) ;

Le nommé Dubois;

Le sieur Wanderbourg ;

Le sieur de Vie ;

1 Archives nationales.

Le sieur Girardot (avec un valet);

Les deux Premontrés;

Une demoiselle irlandaise (enceinte) ;

Quatre femmes;

Un inconnu j celui dont la Gazelle de Hollande de 1695 annonçait l'arrivée avec un masque sur le visage ( Cardif) ;

Le sieur Gordon , Anglais ;

Jacques Delfino, Génois, secrétaire de M.Walstein;

Le chevalier de Pennes;

Le nommé Val;

Le nommé Desimbert; Ce qui formait un total de vingt prisonniers. Cinq années encore d'Oldendorf demeura enfermé dans la tour Bertaudière. Pris de malaise soudain le 18 novembre 1703, il mourut le lendemain.

« Du même jour lundy 19^ de novembre 1703, le pri- » sonnier inconeu , touiours masqué d'un masque de ve- >' lours noir, que M. de Saint-Mars, gouverneur, a mené » avecque luy en venant des isles Sainte-Marguerite, qu'il » gardet depuis lontamps, lequel s'étant trouvé hier un peu » mal en sortant de la messe, il est mort cejourd'huy, sur » les dix heures du soir, sans avoir eu une grande maladie, « il ne se peut pas moins. M. Girant, notre homonier, le " confessa hier; surpris de sa mort, il n'a point reseu les » sacrements, et notre homonier l'a exorté un moment avant » que de mourir. Et se prisonnier inconeu, gardé depuis si » lontamps, a esté entere le mardy, a quattre heures de la M pres-midy 20'°"^ novembre, dans le semetière Saint-Paul, « nottre paroisse. Sur le registre mortuer -|-, on a doue un >; nom aussy inconeu que monsieur de Rosarges , maior, et '• M"^ Reil, sieurgien , qui hont signe sur le registre.

» j Je apris du depuis qu'on l'avet nome sur le registre n M'' de Marchiel; que l'o?i a paie -40 liv. d'enterement. »

Telle fut la péroraison de ce drame historique, de cette aventure que la faveur incroyable du millionnaire Saint-

Mars auprès de Louvois, Barbezieux et Pontchartrain , (jrâce à sa belle-sœur madame Dufresnoy et au père de la femme de son fils, M. Desgranges, les procédés particuliers de celui qui restera le premier geôlier de France, ses déplacements nombreux, ses contes jaunes, et, plus tard, l'imagination inventive et mordante de Voltaire, devaient rendre légendaire.

De Ma?x/uel était resté trente ans sept mois et dix-neuf jours en prison, depuis son arrestation près de Péronne jusqu'à sa mort à la Bastille, et vingt-neuf ans sous la surveillance inquiète de M. de Saint-Mars. C'est donc le prisonnier d'il y a vingt ans de la fin de 1691.

De tous les prisonniers que Saint-Mars a eus sous sa garde, et que l'on connaît sans exception aucune, de Marchiel est le seul répondant à ces nécessités de temps, d'intérêt et de soins exigées par la critique sérieuse.

Cet homme, en effet, comme tous les individus convaincus d'intention de crime de lèse-majesté, a payé de sa liberté les projets qu'il devait exécuter pour d'autres personnages plus puissants. Agent des Espagnols, des Hollandais et des mécontents de France, il a été enlevé avec ses papiers par ordre de Louvois et de Michel Le Tellier. Il a servi à la fois et la vengeance royale et celle de la famille des Le Tellier.

Il était de ceux qui , ])our ces raisons , ne pouvaient être jugés et condamnés, parce que jugement et condamnation auraient réclamé une longue procédure, à laquelle auraient pris part nécessairement quantité de gens, trop même, de ceux enfin que la justice n'était pas alors en mesure d'atteindre. Les Le Tellier, d'ailleurs, ne tenaient probablement pas à divulguer cet escamotage humain, et pour cause. Ce qui le prouverait d'une façon péremptoire , c'est que cet homme et ses dépenses ne furent inscrits sur aucun des contrôles si détaillés des commissaires des guerres et des intendants. Il n'est traité que sur le pied convenable, ordinaire et régulier de quatre livres par jour. Les commissaires Loyauté, Duchaunoy, et plus tard l'intendant de Casai, M. de Bréanf,

n'ont pas à le désigner sur leurs registres, comme ils l'ont fait journellement et nominalement pour tous les autres , Mattioli, Dubreuil, de Herse et Eustache Danger. Pour Marclîiel, au contraire, Saint-Mars n'a jamais envoyé que des états spéciaux, sans indication, adressés au secrétariat de la guerre, et payés directement par ordre expédié des bureaux , sans nulle explication du trésorier de l'extraordinaire des guerres et sans passer par la filière administrative habituelle.

Depuis le jour de son arrestation, enfin, ce personnage n'a jamais été vu que par de.Lespine-Beauregard, lieutenant de Roi à Péronne, cousin de Louvois, qui n'a pas su ce qu'il était devenu;

Par le sieur Legrain, prévôt général de la connétablie et maréchaussée de France, ami de Louvois ;

Par Louvois lui-même et Le Telher, son père, qui l'ont entretenu plusieurs fois à la Bastille ;

Par M. de Besmaus de Montlesun, gouverneur de la Bastille et son geôlier, d'avril 1673 à mars 1674;

Par M. de Saint-Mars;

Par le chevalier de Saint-Martin, l'un des culs de plomb de Saint-Mars, à Pignerol ; par La Prade, à Exiles et à Sainte- Marguerite, jusqu'en 1692; par deRosarges, de 1692 à 1703, et par le porte-clefs Antoine Ru, de 1673 à 1703.

A part ces personnes, « nulle âme au monde », dit luimême Saint-Mars, « ne peut s'être vantée d" avoir vu le prison- « nier et d'avoir causé avec lui. »

Les deux prisons qui s'identifient particulièrement avec lui sont celles d'Exilés, de 1681 à 1687, et de Sainte-Marguerite, de 1687 à 1690. Pendant cette période, en effet, l'isolement est complet. En 1681, il a quitté le donjon devenu trop bruyant. Depuis 1690, il a des voisins, les ministres protestants (écrivains et chanteurs) , puis Mattioli , Dubreuil et de Herse, que le blocus et l'abandon de Pignerol ont obligé Barbezieux à faire évacuer sur les îles. Si nombreux qu'aient pu être ces déplacements de Péronne à la

Bastille, de la Bastille à Bron et à Pignerol, de Pignerol à Exiles, d'Exilés à Sainte-Marguerite, de Sainte-Marguerite à la Bastille, ils ont nécessité des précautions et des moyens identiques (litière, chaise fermée, masque), qui n'ont aucune analogie avec ceux employés pour les autres prisonniers. Les procédés de surveillance ont été les mêmes que pour les criminels de cette espèce, sévères et durs au début, mais en réalité réguliers, et s'adoucissant avec le temps et la multiplication des rapports entre le détenu et le geôlier. Ils forment , du reste , le cachet particulier du gardien de Lauzun et de Fouquet, de celui qu'on appelle Bénigne Auvergne de Saint-Mars.

De Marchiel" est grand , élancé, jeune encore en 1673; c'est un libéral qui a beaucoup vu, beaucoup lu, qui parle plusieurs langues , qui applique aux intrigues les merveilleuses facultés dont il est doué ; c'est un officier de cavalerie , un Lorrain, au service du duc de Lorraine dépossédé et de l'Empire. Son existence n'est pas plus étrange que celle de ses collègues militaires du temps :

Gandin de Sainte-Croix, capitaine dans Tracy-Gavalerie, l'amant de la Brinvilliers ;

Le marquis et mestre de camp de Bonnesson ;

Le capitaine Roux de Marsilly;

Georges du Hamel, sieur de La Tréaumont;

Paul Sardan dit marquis Dauphin , comte de Sardan , de Paul , Paul de Mirande , puis François de Raulo , marquis de La Houssaye;

Le lieutenant réformé Louis de Vanens ;

Foncenade et Audijos;

Le comte de Castelmajor, et de Montemajor;

Le sieur Robert de La Mire, comte de Bachimont, sieur de Rurecourt et Yvranches, capitaine de cavalerie;

Le chevalier de Gonnor ;

François Galaup, dit l'auteur, le chevalier; Blanchart , Boineau , le marquis de Cliasteuil, major au régiment de la Croix-Blanche, ex-capitaine des gardes deCondé, corsaire.

gouverneur de prince royal , voleur, assassin , empoisonneur breveté ;

Enfin que, le fameux Byzontin, comte de Watteville , officier déserteur , pacha , renégat , voleur , traître, puis abbé de Baumes.

De Marchiel a disparu plus tôt que ses comparses de la scène du monde, où il aurait certes fait parler de lui; voilà tout. Comme beaucoup d'officiers de ce temps-là, comme les La VaUière, les Luxembourg, les Cessac, les Feuquières, les Rohan , les chevalier de Lorraine, etc., fous de luxe et de jouissances, il a cherché dans le crime et les complots les satisfactions qu'il rêvait. Ce fut un agent voyageur comme

Vanens; comme Chasteuil Il est à Paris à la fin de 1672,

à Bruxelles quelques jours après; il vient d'enlever la femme d'un colonel de Bohème; il compte lever un régiment de cavalerie et se prépare à revenir à Saint-Germain , en mars

1673. Il est initié à tous les complots Homme d'action,

il est sans doute l'un des chefs de cette vaste association criminelle,, ou tout au moins l'un des agents les plus remarquables, dont la suppression a nlis Le Tellier sur la voie de bien des crimes et de toutes les conspirations qui ont éclaté à la même époque.

Louvois l'appelle le chevalier de Kiffenbach , le chevalier des Armoises, le sieur Le Froid ou de Froid ; le gentilhomme et le Père Hyacinthe le nomment le mestre de camp , le Lorrain, le libéral; Besmaus en fait l'homme de Lisola , l'homme que vous savez; Saint-Mars le gratifie du titre de l'homme de la Tour d'en bas, de merle; Barbezieux le cite comme le prisonnier d'il y a vingt ans , l'ancien prisonnier, le prisonnier de Pignerol ou de Provence; Du Junca l'inscrit sous le nom du prisonnier tnasqué, le sieur de Marchiel ; enfin, Formanoir de Palteau en parle comme d'un nommé La Tour.

Ce prisonnier une fois mort, lorsque l'intérêt attaché à sa personnahté eut disparu, Saint-Mars fit-il un mystère au major de la Bastille d'un nom que lui seul connaissait? Ce

n'est pas supposable , et c'est pour cela que Du Junca , l'homme véridique et exact par excellence, a écrit sur un registre d'écrou :

« Su7^ le registre mortuer -U on a done un nom aussy » inconeu que Monsieur de Rosarges, maior, et M. Reil sieurgien, " qui hont signé sur le registre. -X- Je apris du depuis qu'on » lauet nome sur le reqislre M. de Marchiel, que l'on a paie 1) quarante livres d'anteremant. »

Ce nom est en effet inconeu pour le lieutenant, qui ne peut deviner les curieux événements que cache cette incarcération si bien réglée par Saint-Mars et Rosarges, les seuls personnages qui visitent la troisième chambre de ia tour Bertaudière. Mais ce qui est sans valeur pour le peu lettré Du Junca, né à Bordeaux et officier de fortune entré à la Bastille en 1690, n'est plus insignifiant pour ceux qui, comme nous, viennent d'assister à ce curieux défilé de dépêches et d'événements. Donc, au lieu de chercher la légende, le mystère, l'inconnu, les anagrammes, il était préférable d'examiner si ce nom de Marchiel, dû à l'orthographe quelque peu fantaisiste de Du Junca, n'avait pas de concordance avec celui d'un homme de l'époque. En effet, il était juste de remarquer que, dans les dépêches-minutes des Archives de la guerre, on écrit continuellement :

Chasteuil , Chastuel, Chastiel, Chaste],

Choiseuil, Choisiel, Choisel.

D'autres conditions s'imposaient également dans cette recherche. Formanoir de Palteau et Blainvilliers, les parents de Saint-Mars, prétendaient l'avoir entendu appeler La Tour par leur oncle et cousin.

Louvois, le Père Hyacinthe, le baron d'Aisne, le baron d'Aspres, d'un autre côté, assuraient qu'il était Lorrain de naissance, officier, et qu'il prenait volontiers le titre de chevalier des Armoises, enfin qu'il parlait plusieurs langues, menait grande vie et comptait lever un régiment.

Or, pour accomplir toutes ces conditions d'existence, d'éducation, d'influence, de relations, en l'an de grâce 1673,

il fallait nécessairement appartenir à une famille de noble extraction. En Lorraine, existait-il des familles portant ces noms ? Oui. A cette date se trouvent effectivement, et, qui plus est, alliées entre elles, des familles des Armoises , Gournay- Marcheuille , Mars-la-Tour , Malatour, Marchiennes, Mareschal , etc. , répondant par conséquent aux désignations du ministre, du Père Hyacinthe, du geôlier Saint-Mars, et du major de la Bastille, le sieur Du Junca.

Le merveilleux, qui n'existait déjà plus par l'examen des faits fort intéressants de l'histoire de cette conspiration , disparaissait donc tout à fait devant la simple observation et confrontation des noms.

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