LIBERTÉ. ÉGALITÉ
" Paris, le 16 prairial an VI de la République française (-i juin 1798).
» Je soussigné, J. B. Massieu, archiviste-bibliothécaire au Dépôt général de la guerre, pour me conformer à la lettre du Ministre de la guerre du 23 floréal an Vl,
« Déclare qu'avant la révolution j'étois curé de Cergy, chef-lieu du canton de Pontoise, extra muros , député du clergé à l'Assemblée constituante. Il est constaté par les procès-verbaux de cette Assemblée et tous les journaux du temps que je me suis réuni des premiers aux communes; devenu membre du comité ecclésiastique de cette même Assemblée, j'ai eu bonne part ajix mesures
constitutionnel de Beauvais, membre de la Convention, représentant à l'armée des Ardennes, et enfin marié. Employé au Dépôt de la guerre, du 23 octobre 1795 au 3 juin 1796 et du 22 septembre 1797 au 31 juillet 1815, il fut mis à la retraite à cette date.
De tout ce qui précède on peut conclure qu'il n'a été possible de recourir, avec quelque utilité, à ces documents inédits qu'à partir de 1815, et que la recherche ne s'est trouvée réellement facilitée que depuis les analyses commencées en 1864-. Dès lors on comprend donc mieux les erreurs commises et à commettre dans toutes les histoires jusqu'à
prises par elle relativement au clergé, ce que pourrait attester le citoyen Treillard, aussi membre du comité et aujourd'hui directeur de la république.
» Je me suis conformé dans cette même Assemblée aux déclarations et serments exigés par les lois ecclésiastiques auxquelles j'avois concouru.
» Vers la fin de cette Assemblée, nommé évêque du département de l'Oise, j'ai prêté dans l'église épiscopale de Beauvais, en présence de la municipalité, le serment requis par la loi du 24 août, que j'avois déjà prêté à l'Assemblée constituante. Je joins ici copie de l'extrait du procès-verbal dressé en conséquence par la municipalité de Beauvais, certifié jjar le secrétaire-greffier et légalisé par l'administration centrale du département de l'Oise.
» Au 12 septembre 1792, vieux style, j'avois aussi fait la prestation de serment de la liberté et de l'égalité, comme il appert par la copie également cy-jointe de la même municipalité, lequel (sic') est aussi légalisé par l'administration du dé^jartement.
1) Au 21 brumaire de l'an II, j'étois membre de la Convention nationale, et j'ai déclaré par écrit à cette Assemblée que je renonçois pour toujours à toutes fonctions du culte, comme il est constaté par le procès-verbal de la séance de ce jour, que l'on peut consulter.
» Au 3 frimaire de la même année *, je me suis marié, conformément aux lois républicaines , en présence de la municipalité de Givet, département de$ Ardennes, et je joins ici copie en bonne forme de mon acte de mariage.
» Je suis aujourd'hui père de famille, attaché au Dépôt général de la guerre en qualité d'archiviste-bibliothécaire.
» Les pièces originales dont suit copie ont été mises sous les yeux du citoyen général Ernouf, directeur du Dépôt, qui en attestera l'authenticité.
1) Massieu, " Paris, 16 prairial an VI de la République une et indivisible. »
(Suit la copie des pièces annoncées. — Dépôt de la guerre^ pièces détachées.)
' L'abbé Massieu était alors représentant du peuple près l'armée des Ardennes.
Ce document provient de rexcellente brochure de l'intelligent et obligeant archiviste du Dépôt de la guerre, M. Huguenin, brochure intitulée Les Archives du Dépôt de la guerre.
l'achèvement du dépouillement complet des richesses de nos divers dépôts. En tout cas, il y a loin de ces milliers de dépêches que j'ai produites, aux deux ou trois avec lesquelles les écrivains du dix-huitième siècle ont inventé leur légende, et aux cinquante ou soixante autres qui ont servi à la narration de l'aventure Mattioli , adoptée par Roux-Fazillac et Delort. Quelques nouveaux efforts donc, et l'on aura la clef de tous les événements mystérieux du dix-septième siècle.
La synthèse historique n'est réellement qu'à son début, et la phrase du grand historien Augustin Thierry qui m'a servi de devise, est toujours vraie : « Notre histoire nationale est » encore ensevelie dans la poussière des chroniques contem- » poraines. »