B. Jacob
1834. Sismondi,
1835. Lewasseur.
1842. Loavet.
1867. Loiseleur.
1868. De Bellecombe.
Ce tableau synoptique a l'avantage de classer une fois pour toutes les idées, de permettre de se reconnaître au milieu de ce dédale d'hypothèses plus ou moins ingénieuses, et de comparer les dates de leurs différentes apparitions.
On reconnaîtra également que c'est uniquement dans la seconde moitié du dix-huitième siècle , avant que la Révolution ait ouvert les portes des archives du gouvernement, que se sont produites les fables grandioses en l'honneur du Masque de fer. Dans ces trente dernières années, les historiens avaient abandonné ces solutions hasardées pour ne plus se débattre qu'autour de deux solutions , celles de Mattioli et d'un prisonnier inconnu.
Y avait-il donc à l'époque de la présence de notre prisonnier à Pignerol et à la Bastille, des incarcérations présentant ce caractère mystérieux et particulièrement arbitraire qui a si fort excité la verve et la logique peu serrée des historiens du personnage masqué ? Les dépêches que je vais citer, dépêches authentiques , le prouvent d'une façon rigoureuse.
En effet, de pareils ordres d'enlèvement et d'anéantissement d'individus , même haut placés , se rencontrent constamment à cette période d'omnipotence ministérielle et de lettres de cachet.
En 1646, à propos du sieur de Beaupuys, celui qui tenta d'assassiner Mazarin au bois de Vincennes, de ce Beaupuys, le fidèle du duc de Beaufort , si bien accueilli par la cour de Rome, M. de Brienne, notre secrétaire d'État au département des affaires étrangères, prescrivait à M. de Gremonville, son cousin, et ambassadeur près la cour papale, de faire arrêter et enfermer le misérable dans une caisse, et de l'expédier en France comme colis, sous le prétexte de l'achat d'une bibliothèque.
En 1669, le jeune secrétaire d'État de la guerre, marquis de Louvois, écrivait au gouverneur du donjon de Pignerol, le 19 juillet ' « : Le Roi m'ayant commandé de faire conduire
1 Delort, p. 151.