FORT DE LA PÉROUSE
5) mettre sûrement à leur arrivée ; comme vous savez qu'ils sont » de plus de conséquence, au 7noins un, que ceux qui sont » présentement aux îles , vous devez préférablement à eux les » mettre dans les prisons les plus sûres. J'écris à M. de La » Prade de prendre toutes les précautions nécessaires pour "que ces gens-là ne puissent, en chemin, donner de leurs » nouvelles à personne. Je crois qu'il est inutile que vous alliez " au-devant d'eux jusqu'aux confins du Dauphiné ; faites seu- « lement préparer les meubles et ustensiles qui seront néces- « saires pour leur usage, et, afin que les ouvrages que vous « jugerez qu'il faudra faire ne manquent point d'être prêts à " leur arrivée, je charge le courrier qui vous porte cette lettre » de quinze cents livres , qu'il vous remettra pour payer la 5' dépense de ce que vous estimerez à propos de faire faire » pour la sûreté et la garde de ces gens-là dans vos prisons '. » C'était donc un fait accompli. Au mois de juin 1694, le fameux donjon de Pignerol avait cessé d'être une prison d'Etat; il ne devait plus remplir que l'office de magasin et d'arsenal supplémentaire, jusqu'au jour prochain où donjon et citadelle allaient être rasés par ordre du Roi, avant de retomber entre les mains de leur maître naturel le duc Victor-Amédée de Savoie, grâce au traité de 1696.