CHAPITRE IV
Historique des prisonniers.
Première série : Prisonniers enfermés à Pignerol depuis l'arrivée de M. de Saint-Mars jusqu'à son départ pour Exiles(i6 janvier 1665-octoIjre 1681). — 1. Le surintendant N. Fouquet. — 2. Honneste et le sieur de Valcroissant.
— 3. Le sieur de Cron, commissaire provincial de l'artillerie. — 4. Eustache Dauger, Danger ou d'Angers. — 5. Antonin Nompar de Gaumont, comte de Lauzun. — 6. Piamel. — 7. Les valets de Fouquet et de Lauzun, — 8. Le sieur Laggier. — 9, 10, 11 et 12. Les sieurs Mathonnet, Heurtant, Plassot, et la dame Carrière. — 13. Le nommé Stellani. — 14. Le sieur Cliampin. — 15. Le moine jacobin Gonna(?). — 16. Le comte de Donane.
— 17. Le nommé Marsailles. — 18. Le sieur Butticaris. — 19. Gastanieri, dit Saint-Georges, dit La Pierre. — 20 et 21. Le nommé Galuzio et sa >femme. — 22. L'homme dit au Masque de fer. — 23 et 24. Langlois et Chevalier. — 25. Le marquis de Chasteuil. — 26. Dubreuil. — 27. Le maître d'hôtel du duc de Giovanisso. — 28 et 29. Ercolo Mattioli et son valet. — 30. Le prieur des Feuillants de Pignerol. — 31. Le nommé Largouet. — 32 et 33. Le comte de Broglio et sa femme. — 34. Le chevalier et comte de Fenil. — 35 et 36. Les Pères Carmes Rube et Michel. — 37. Le marquis de Sassenasque. — Deuxième série : Prisonniers enfermés au donjon de Pignerol et confiés à la garde successive de MM. de Villebois et de La Prade, jusqu'à l'abandon de Pignerol et pendant le séjour de M. de Saint- Mars au fort d'Exilés et aux îles de Lérins (1681-1694). — 38 et 39. Les frères Borelli. — 40, 41 et 42. Les consuls de la Pérouse et le nommé Broardi. — 43. Le sieur Breton. — 44. De Talmot. — 45. Robelin fils. — 46. Le sieur Gamand, curé de Diblon. — 47. Le nommé Morel, commis de M. Berthelot. — 48. Le sieur Grutz, officier réformé. — 49. Le sieur de Herse. - — 50. Le comte de Fasquinioli. — TroisiÈjie série : Prisonniers nouveaux de M. de Saint-Mars pendant son séjour au fort d'Exilés (1681- 1687). — Néant. — Quatrième série : Prisonniers nouveaux de M. de Saint- Mars au fort royal de l'ile Sainte-Marguerite (avril 1687-septembre 1698).
— 51. Le sieur de Chézut. — 52, 53, 54^ 55, 56, 57, 58, 59. Les ministres protestants. — 60. Le sieur Jean-Philippe de Villeneuve de Languedoue.
— 61. Le sieur de Montbéliard, garde-marine.
D'après tout ce qui précède, il demeure bien constaté que Saint-Mars n'a été qu'un agent des Le Tellier, autant qu'un geôlier. Sa grande faveur ne date que de la liaison de Louvois avec sa belle-sœur, madame Dufresnoy, c'est-à-dire de 1670. De ce jour seulement il peut tout demander impunément. Les postes de Sainte-Marguerite et de la Bastille n'ont été occupés par lui que par hasard, grâce à la mort de MM. de Guitaud et de Besmaus. Saint-Mars n'est même venu à la Bas-
tille qu'à son corps défendant, pour faire plaisir à sa famille. Le vrai drame du Masque de fer se passe donc à Exiles et à Sainte-Marguerite. C'est là que Saint-Mars se trouve tout à fait isolé. Ce n'est pas lui qui suit le prisonnier inconnu, mais le prisonnier inconnu qui l'accompagne dans tous ses déplacements, fait important que les critiques auraient dû constater plus tôt. Il n'a existé de prisonniers traités d'une manière spéciale, pécuniairement parlant, que MM. Fouquet et Lauzun, et de détenus mystérieux que les deux de la Tour d'en bas. Tous les autres ont été parfaitement dénommés, et considérés sur un pied identique à celui des autres prisonniers de France. Enfin l'abandon du donjon de Pignerol n'a été que le résultat des péripéties de la guerre et la conséquence de notre politique. L'envoi de Mattioli à Sainte- Marguerite n'a donc jamais eu le caractère d'un cas spéciaL Cela dit, je vais passer rapidement en revue les différents prisonniers qui ont été confiés aux soins de ce trop vigilant M. de Saint-Mars.