CASTANIERI, DIT SAINT-GEORGES, DIT LA PIERRE
" causée par une fausse couche qu'elle fit avant-hier. »
Saint-Mars lui-même s'apitoya sur le sort de son prisonnier.
Le 21 juin il écrivait : «Ce misérable Butticaris est fort
«malade J'oserai prendre la liberté de vous dire, Mon-
)' seigneur, qu'il est plus malheureux que coupable, et que " toutes les personnes de ce pays le seront toujours comme " lui. » Il ajoutait le 2 septembre : « Je vous demande pardon » si je prends la liberté de vous demander une grâce, qui est » la liberté du misérable Butticaris , qui se sèche ici tout en » vie de douleur et d'affliction. S'il vous plaît de lui faire )' cette grâce, je vous répondrai de lui comme s'il étoit dans » la plus sûre prison du monde. »
Le 30 décembre il revenait à la charge : «Le Butticaris ') est toujours en attendant vos grâces et vos bontés. Vous » m'avez fait l'honneur de me laisser espérer sa liberté. Je » vous la demande en grâce. » Mais le despotique Louvois ne lâchait pas aussi facilement la proie qui lui tombait entre les mains. Il tenait à faire trembler les gens même à distance, et ce ne fut que vingt mois après qu'arriva de Versailles, le 11 août 1675 , l'ordre de sortie du malheureux, ordre ainsi conçu : « M. de Saint-Mars ayant trouvé bon de faire élargir » le nommé Butticaris, détenuprisonnier dans le donjon delà » citadelle de Pignerol , je vous écris cette lettre pour vous >' dire que mon intention est qu'aussitôt que vous l'aurez » reçue, vous ayez à mettre ledit Butticaris en pleine et entière "liberté, le laissant pour cette fois sortir dudit donjon de ma » citadelle sans difficulté. »
C'était avoir payé cher une lettre de vingt lignes à son maître et seigneur.