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La vérité sur le siège de Maubeuge

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54 CD M Csi

bien quelques abris bétlonnés, mais si exigus que les hommes R'y pouvaient tenir qu’assis, Pendant un bombardement intense, la garnison ne pouvait être relevée, ne pouvait sa reposer;

49 Sauf cing batteries de crête inutilisables, les cinquante batteries de mobilisation devaient être créées de toutes pièces qinsique les magasins de secteur, les dépôts intermédiaires de munitions, le réseau de tir de lPartullerie, le réseau du commandant, l'insiallaion des voies ferrées entre les batteries et les dépôts, etc., etc.

La Commission établit, le 10 novembre 1913, un programme d’ensemble s’élevant à 13 au 14 millions, dont la réalisation eût fait de Maubeuge non pas une place forte, mais lui eût permis de résister quelques jours et remplir ainsi dans une certaine masure le rôle restreint qui lui était dévolu,

En adressant ce programme, le 5 décembre 1913, le général Desaleux, prédécesseur du général Fournier, faisait ressortir d’une manière saisissante que, même après la réalisation de ce programme, l’organisation défensive de la place présenterait encora les plus graves lacunes.

On ne tint aucun compte, en haut lieu, de çes demandes. « Les Prussiens ne devaient pas passer par là. »

Le 11 août 1914, ja fus envoyé en reconnaissance à Namur avec mon camarade de l’état-major, le capitaine G... Nous devions rapporter des rensel-

apportions ne plut pas. On eut l'air de nous traiter de visionnaires et de pusillanimes.

— Les Allemands ne doivent pas passer par là, disait-on. Et, en admettant qu’ils tentent ce mouvement, ce serait tant pis pour eux et tant mieux pour nous.

J'avoue que je commençais, que nous commencions — ceux qui voyaient les choses de près et qui étaient sur les lieux — à être inquiets et fort perplexes.

Je fis d’autres reconnaissances en Belgique, presque toujours avec le capitaine G... Nous allions jusque sur la ligne même de nos sentinelles avancées; nous étions frappés de l’enthousiasme qui animait nos soldats les premiers jours. On se serait cru aux grandes manœuvres d'automne. Des patrouilles traversaient la Meuse et allaient à la chasse aux Allemands. Il y eut de petites et de nombreuses escarmouches où nos fantassins gardaient l’avantage. Nous ramenions des prisonniers, des chevaux tout harnachés : les officiers français se remontèrent à peu de frais. J’eus, pour ma part, deux selles toutes neuves provenant du régiment des dragons d’Oldenbourg, j’en donnai une à un de mes camarades de létat-major. Nos soldats, dans leurs moments libres, pêchaient dans la Meuse. C'était d’une superbe insoutiance. Un colonel d’un régiment d’infanterie qui était installé À Dinant partageait la confiance de ses soldats. Il nous dit un jour:

Le combat de Dinant battait son plein. Les Allemands ne purent, ce jour-là, forcer le passage de la Meuse, malgré leurs efforts. Une compagnie d’un de nos régiments d’infanterie fut décimée en voulant traverser le pont de la ville. Nous revimes au village d’Anthée le général Franchet d’Esperey, commandant le 17 corps d’armée, qui avait eu les honneurs de la journée. Cet admirable chef était d’un calme surprenant. Il nous confirma Péchec de ennemi devant Dinant; il était plein d’espoir; il savait communiquer son ardeur et sa confiance aux troupes placées sous ses ordres, Nous lui donnâmes les renseignements que nous avions recueillis à Namur. J1 me sembla qu'il en parut surpris. Je lui dis :

— Mais Maubeuge ne tardera pas à être assiégée.

— Je ne le crois pas, répondit-il, mais dans ce cas, j'irai à votre secours.

Ï1 nous parla ensuite du général Fournier qu’il avait en très haute estime. I] fut satisfait des efforts que faisait le gouverneur de Maubeuge pour mettre la place à l’abri d’un coup de force.

Pendant notre retour à Maubeuge, nous rencontrâmes les premiers blessés que l’on évacuait à l'arrière sur des charrettes réquisitionnées. Ils étaient couchés sur de la païlle, accompagnés d’infirmiers. En nous voyant passer, plusieurs se soulevèrent pour nous saluer. Leurs visages étajent crispés par la douleur, mais dans leurs regards 8e lisait la confiance. Ils étaient satisfaits, malgré

de nos forts la retraite de l’armée britannique. C’est ce que nous fimes. Le généralissime nous en remercia deux jours après. Je vis passer à Maubeuge le restant des combattants anglais de Mons. Les soldats avaient encore de l’allure, mais leurs habits portaient la trace de la lutte. Leurs visages crispés témoignaient suffisamment de l’amertume de la défaite. Ils allaient vers le sud pour se reformer.

Le lendemain, 24 août, je crois, je reçus un coup de téléphone de l'état-major du général Sordet, me prescrivant de préparer dans Maubeuge même le logement de l’état-major de ce général. J’en rendis compte au gouverneur :

— Non, non, me dit le général Fournier, je refuse, Nous avons déjà trop de monde dans le camp retranché, nous allons être assiégés. Une place forte n’est pas faite pour recueillir les troupes en retraite.

Un capitaine d’état-major du général Sordet arriva quelques heures après. Il insista pour qu’on donnât l’abri et le repos aux divisions de cavalerie qui, depuis une vingtaine de jours, n’avaient pas cessé de combattre et de marcher. Les chevaux et les hommes n’en peuvent plus, ajouta-t-il. Il se heurta au même refus catégorique de la part du gouverneur. Le général Sordet vint lui-même, en automobile, avec quelques officiers de son étatmajor. Je le vois toujours descendant de voiture, l'air préoccupé et le visage sévère. Il eut un court

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