‹ La vérité sur les Arnauld: complétée à l'aide de leur correspondance inéditeChapitre 6 sur 22 · II. Vi · texte numérisé non relu

II. Vi

19* l?A FltS B^ARWIALtf)? I>*A«Dltty.

« 8i<on*îeiir, que vous dire à eeBa. H i^'àvoit ^ttifu p^us ifé- (( solu qu'il ne fait à présent à s'engager dans la j^i^o^ssîon « esclésiastique auprès de M. son oncle [d'Angers], et je « ne sçay pas mesme s'il n'a pas pencé, en vous escrivant « uinssy qu'il a fait, vous faire parestre son oMissance « entière. [D' Andilly eut donc mieux aimé gratifier, pour (i la seconde fois, l'Église et son frère d'un sujet douteux « que de partager dans le siècle ses soins entre deux de (( ses fils, et d'y créer peut-être une concurrence à celui « (fvLil jugeait le plus apte à parvenir.] Ce que je voite « dis sur cella procède de l'opinion datls laquelle je suîs « qu'il est impossible, après ce qu'il m'advoua du deffatft <t de sa veue,. qu'il puisse encor aroir d'inclination pour « la guerre. // com fessa ^u'il poutcoit s'y faire tuer, saris « pouvoir donner autre opinion de luy, sinon qu'il seroit « allez aux ennemis sans les avoir veu, et sans savoir « qu'ils seroyent devant luy; qu'au contraire, venant à « perdre des gens qui seroyent avec luy, Ton Ten àccù- « seroit, et l'on diroit que ce seroit un crime de donner « des yens à mesner au combat à un officier qui ne vet- « roit pas à dix pas devant luy. Enfin, Monsieur, dans « nostre entretient, qui fust long, il me parust éôtièréti iitetïi persuadé qu'il ne poirvoit acquérir ny honneur « ny fortunne dùXïs la profession dans laquelle* il est... » Ainsi il deftieure bien constaté pour d' Andilly que son fils ne se jette dans la carrière des armes qu'avec la presque certitude de é'y faire tuer, et pârcequ'iï ne se trouve ni suffisamment de chances pour s'établir dans la robe, qu'il préfère, ni assez de vocation pour entrer dans l'Église, sur le seuil de laquelle il hésite ; surtout pârcequ'iï veut fuîr Port-Royal, où son père a résolu de l'enfouir à vingt et un ans, sans s'inquiéter de l'y laisser

CEkP. îii éECT. ït, AftT. IIj g I. . 49^

biefttôt seul, dépourvu d^ vocation pour le présent et dé consolation dans l'avenir. — Le pauvre enfant préfère donc la foort. — Mais on ne lui laissera pas sans doute accopfiplir son sui<îîde. On veut le dégoûter seulement d'ui) état dans lequel lui-même convient qu'il ne peut acquérir ni honneur lïi fortune.

« Ilfaut, ajoute Fabert, laisser passer quelques joufs^, « et puis sy vous voulez l'on luy pourra parler. Je n'ay « creu luy devoir rien dire présentement, parcequ' outré « que rien ne presse, il faut, à mou opinion, le laisser « pencer à loisir à la permission que vçus luy avez don- « lïée de demeurer où il est. Il faut ensuitte qu'il croye « qu'il ira à l'armée, et qu'il face un project pojar sa con- « duitte à quoy je pence qu'il trouvera beaucoup de (( diffieultez. » — Ces difficultés doivent le rebuter ; mais Fabert ne veut point s'y prêter avec une excessive faôîlité. Trop abonder dans le sens du père, trop Insister sur r incapacité du fils, semblerait peut-être un douMe prétexte pour décliner un service. — Il poursuit : « Cepen- « dânt, Monsieur, je vous offre un enseigne dam tàgatt nison de Sedan qui vaque à présent et que je gardèf é «(jusque» à ce que vous* m'ayez fait l'honneur de me ft Baânder ay vous voulez que Ton la fuy donne pour le XL façonner un peu dans le cômandement, après quoy « vous pourez lé mettre dans un régiment d'itnfanterie^; « car pouf la cavalléfie, vous saveÉ qu'il y a peu dfe a suitte, et que la guerre finie, elle est licentiée. Je sou- « haiterois, Monsieur, pouvoîo: pour M. vostre fils quelque « chose utille à sa fortunne. Vous verriez avec combien à dfe joye je me porterois à le servir, pouf vous tesmoîà gner combien j'ay de pation et de zellé pour ce qui « vouB regarde.... M. de Yilleneufve ne scaît pas ce que

200 LES FILS D'ARNAULD D'AXiDaLY.

« je vous escrit du drapeau vaquant ïcy. » — L* offre à» Fabert pouvait tout concilier. Une charge de garoison n*«expose à aucun danger et permet d'éprouver un jeune officier autrement que comme soldat. Une fois éprouvé dans ses véritables fonctions, ce serait au père de décider si son fils dott affronter le champ de bataille. Le père, s'il devait un jour l'y laisser descendre, serait im-> pardonnable de n'avoir pas saisi cette ouverture. Mais d'Andilly sans doute % fermement résolu d'en détourner à jamais Villeneuve ; car on voit comment il accueille les propositions de Fabert à la manière dont celui-ci lui répond, le 6 août 1656 : « M. de Villeneufve ne sa«ra (( jamais que je vous aye proposé quoy que se sôit pour « luy. Je ne luy dire plus rien sur ses affaires. L'on ne « luy donnera nulle espérance de charge qui quelqpe- « fois vaquent dans la garnison de cette ville, et que des «jeunes gens sont bien ayse de faire quelque temps. (( Enfin, Monsieur, s'il estoit aussy obéissant à vos yo- « lontez que j'y suis soubmis, vous auriez autant de « subjet d'estre comtent de luy, que vous en avez de me « croire vostre très humble et très obéissant serviteur. » En effet Fabert se montre 4' une. soumisçron, excessive dans les lettres suivantes [26 août 1656] : «^Je n'ay pas « parlé à M. de Villeneufve depuis que vous me fistes « l'honneur de me mander qu'il vous avoit escrit d^unne « manière un peu différente à ce qu'il avoit comencé « de faire lorsque je luy avois dis tous vos sentimens et « qu'il me sembloit qu'il m' avoit parlé assé librement « des siens. J'avois néantmoins remarqué en luy quelque « fermeté, contre des raisons qu'il nepouvoit condapner. « Mais je vous comfesse, Monsieur, qu'il m* avoit persuadé (( qu'il vous escriroit dans une entière soumission, à la

CHAP. rr, SECT. IV, ART.' II, § L 201

« réserve d'aller auprès de vous où il me dict tousjours « qu'il pe se resoudroit que par le pur motif de Tobeys- « sance. J'ay creu depuis cella qu'il falloit le laisser. « Je l'ay fïioins caressé. Il veoid des cadetz sortir d'icy « pour entrer'dans des charges, et je ne pence pas qu'il « ait nulle espérance de pouveoir sortir d'icy que par « vos ordres, ny parvenir à quoy que ce soit ny dans la ({ garnison, ny dans l'armée ; je ne sçay, Monsieur, sy a vous serez de mesme advis que moy que cella poura wvpli;is opérer en luy que la répétition des choses qui « luy ont estez dittes, qu'il vaut mieux estre ruminées <( par luy que dites plusieurs fois à un homme qui ne « les gouste pas. Le temps et les réflexions qu'il fera de « luy-mesme, pouront plus opérer en luy que ce que je « pourois luy rebattre tousjours d'une mesme manière. c( Mais sy. Monsieur, vous jugez qu'il faUle en uzer au- ({ trement, vous serez obéy absolument en tout ce que « vous commanderez »

[18 septembre 1656.] « M. de Villeneufve ne m'a pas « parlé, ny moy à luy, depuis quelque temps. Je contiu nueré à vivre avec luy de cette sorte et vay donner à « deux de ses camarades une lieutenance et une ensei- « gne vaquante dans la garnison de la ville. Lorsqu'il « VOU0 plaira que j'en uze autrement, vous me le coman- « derez, et je vous assure. Monsieur, qu'en cella et en « toutes autres chose vous serez obéy ponctuellement...

[1 octobre 1656.] uResponce à celle du 23 septembre. « — Vostre désir est sy juste à l'esgard de M. vostre fils, « que quand je ne serois pas vostre très humble serviteur c( au point auquel je le suis, j'agirois pour cella avec la « mesme volonté que j'ay "de contribuer tout ce qui dé- « pendroitdemoypourlefaire réussir. Les froids, qui vont

e02 LES fJiiS n'AlUKALLO D'm^iLLX.

« venir, peut-estre ayderont ceux qu^ M. vo£^*e f4$ peut M remarquer qu'on a pour luy, à le porter à prendrela rét a solution à laquelle il n'a pu se porter. J'ay eçtez marry ^ que cwx ausquels j'ay bêliez des clwge$ qui^oifiit yar u quez en cette garnison m sff isoyent tranvez pour s'en ti mettre en possession, affin d'a^gnl^n|;er mcov son des- (( goût. Après que .celU aura estez faict, et que h saison M rude faiy aura fait de la peine, s'U demeure tousjour^ «ferme, vous m'ordonnerez, s'il yo^s plairt, ce que « j'auré i faire. Dès nikaintenant je vous asseur^ de ^e « disposer pas du premier drapeau qui vaeiquera, que par (c vostrc Ofdre. Je croy que vom voudrez que Af. de Vih « lemufve denture quelque temps avec charge dans une (( garnison^ avant que de le mettre d^ns f armée. Le .<( temps paut-estre opérera en Juy ce q^j'on ne peut en « avoir aujourd'huy... Le peu d'apétit qiae voys avez me (( fait un peu de peine. Mais Pieu qui se sert de vous « pour tant de bonnes choses ije voug laissera pas long- « temps hors d' estât d'agir. ï! fcra bien plutost xîellapour u sa gloir.e, que par mes prières... ;>

Cela devait (être si les prières de Fabert n'avaient pas fJMB d'influence auprès de Rieu que ses coneeik sur d'Andilly ; car Fabert, on le voit, tout en suivant d'une manière aussi sti4cteles prescriptions paternelles, con^ linue & témoigner au père sa bonne yolonté, au fils sa soHicitude, en rjéservant à celui->ci une charge de garnir son. Le 25 novembr^e, d'Aadilly répond qu'au printemps U fera connattre ses intentions. Fabert pense sans doute qu'elles seront conformes à ses offres, car le 7 décembre 1656 il écrit: «J'awjirois souhaitté avoir présente^ <( ment une charge vaquante dans la garnison pour la « donner à M. de ^illeneufve. Mais comme il n'y en va-

^ ^^ polût^ j'aUe^ré^ Monsieur, pour lui eiji dounçr « u^, le temps ftuqMpl wou3 xne faâtte Thomieur ,4@ P3jB

• « marquer que vo^^ y cpaseutire?. »

.^usqijie là Fabert croit 4&yoir gard^r le silence. M^i^ jie 2i févjrier 1657 d'^^^ly le rojjipt de lui-même : « Ce « 9^6 yous i^e i^e mande? rien de mon jeune fils ^ i^ M fait >que trop juger, Sfonsieur, qu'il ne revient point de K^p, aveuglement; ^n fuoy ma seule consolation ^es^t il qi^'il ^ l'bopneur d'es;(re auprès 4e ypvs. ^ -r-r aiem i( me suis plus donné l'hoaneur de vous escrire 4e M. de « Villeç^ve, répond Fabert le 28 février 1657, parce-

. « vque ypys ipoe fistes peluy 4e nie i;|iander, iji y a qu^^e « temps, q^e vous m'or^^^A^eriez au priitfepipf^ iC^ que M vous voudriez qgie je^ae à §q^ e^gard. ^'ate^d yos con»si m^nd^ents sur çella. Je n'ay pas vo^lu luy piLrler, ue f( rayant pas jugé çéçessairç, que yaus ne fussiez résolu a sur son faic^. S'il per^is^ à. vouloir porter Iç^ a^P^» le (( puis mettrie deux en^eigues à ma compagnie. U^ï^ h u second awsyj^t ,que yôus rm Taure? com^de?, et « cette charge sera créée ppur Juy ; car dfins la yiUp il M n'y m ^ point d^ vaqu^ntç, ^

I II. yopaM<9> accélérée.

ly iadilly, inm cqnvaûoeu â^rmm, oopime il 1^ disait le 21 février, que son fils ne revenait point de son avjBu^ement^ acquiesce efiftn, le mars 1657, aux oSres .de JFabert, qui lui écrit le 18 du même mois : « Je ne me n donnay pas l'honneur de respondre à vostre billet du 6 c( par le précédent ordinaire, parce, Monsieur, qu'estant .c( sur le subjet de M. de Villeneufve, je voulois qu'il j( fust en possession de la chaige que vous approuviez

20/i LES FILS D'ARNAULD D'ANDILLY.

« qu'a prist, avant que de vous dire que je tiens à offence « ce qu'avec un excez de bonté\ous me dittes là-dessus. « C'est une bagatelle que la charge qui a esté créée.., » ' Cette charge cependant avait cela d'avantageux qu'elle laissait, comme l'avait voulu Fabert, le jeune oiTicier myope à l'abri dans une garnison. Mais à peine celui-ci en est-il investi, le père s'informe près de Fabert s'il n'y a pas quelque chance de mettre des régiments en campagne, et il lui laisse toute latitude pour y placer son fils.

Un étranger ne saurait être plus scrupuleux qu'un père, et Fabert répond le 11 avril 1657 : « Il n'est pas « encor bien certain que j'envoye des compagnies d'im- « fanterie à l'armée. Il faut en lever pour cella, à quoy « je trouve beaucoup de dificulté. Mais sy je l'entre- « prend, M. de Villeneufve y poura avoir employa puis- (( que vous laissez cella à moy ; mon opinion estant « qu'ayant une espée au costé, il la faut rendre utille à « sa patrie, ou la remettre au crocq. Une campagne vous « fera cognoistre ce que l'on doit attendre du génie de « M. vostre fils. // a beaucoup de volonté. Il ne prend « pas légèrement des pencée. Il est ferme dans ses réso-- « luttons et ne veut pas demeurer dans un estât au des-' « sous de sa naissance. — Mais, ajoute Fabert comme par « une espèce de remords, sa veue seule me fait peine. c( Hors cella, je serois absolument persuadé de luy pour f( toutes choses. »

Ce regret que la conscience de Fabert glisse çonune un dernier avertissement, tout à la fin de sa lettre, ne produit aucun efiet sur l'esprit du père, à qui la faiblesse de la vue chez son fils cause moins de peine sans doute que l'énergique entêtement de celui-ci à fuir la solitude. Aucun obstacle ne s! élève donc pour entraver la bonne

volonté de Fabert, qui écrit le 15 avril 1657 : « Je viens «demander à Son Eminence [le. cardinal Mazarin], « qu'ayant eu responce des personnes qui doivent lever « les quattre compagnies d'imfanterie que j'accorde de « lever, des dix que Ton me demahdoit, que je ferez com- « mencer à y travailler aussytost que j' aurez receu les * « commissions pour cella, et que Tannée prochaine je « ferez les autres compagnies que je n'ose entreprendre « à présent. Sy, comme je croy que l'on ferra, l'oii m'en- « voyô ce pouvoir de lever, je changeré la charge de « garnison de M. de Villeneufve [il l'a depuis un mois] « en une charge de campagne ; et sy l'année prochaine « vous voulez pour luy une compagnie, l'on la luy don- « nera... »

Fabert oublie- t-il donc que le 24 juillet précédent il écrivait : « Ce serait un CRIME de donner des gens à « mesner au combat à un officier qui ne verroit pas à « dix pas devant luy?)) Le sang humain lui était-il si peu de chose? Nous préférons croire que le vieux guerrier se sentait rassuré par la froide sécurité du père, et entraîné par les instances du fils; car celui-ci, ainsi que le disait encore tout récemment Fabert, avait beaucoup de volonté, ne prenait' pas légèrement des pensées, et se montrait ferme dans ses résolutions. «M. de Villeneufve, (( dit-il le 18 avril 1657 à d'Andilly, tesmoigne une ex- « trême envie de servir à l'armée. Je n'ay pas encor fait c( comencer à lever les compagnies que je prétend ence voyer en campagne cette année. J'atend pour cella les « commissions et l'ordre que j'advance l'argent de la le- <( vée et armement, sy l'on ne veut m'en envoyer présence tement. Je croy dans qwnze jours que cella sera fort a advaocé ; et vous pouvez compter. Monsieur, vostre

M fila pour officier de campagne, 3y de la cour ïoa oe a ehwge cette ^ildife, 9 Le 2 no^ suivwt, FoJaert éeiit «Qucc^e : f( Auf»ytoBt qu'ua geatilbojmae que j'&y ÊU^^jé « 41^ jcour reviendra, je croy que rou comeocera laie- M .vée des quattre compagnies que le roy veut i^ue je M face; 4Luque^ cas M< de ViJleneuiye quittera ta garni" M son, puisque voua le luy perjpaetez, et que vqus iuy en i( accprUep lajoye. »

On ne peut songer sans frémir à ce qu'était cette joie, lorsqu'on se rappelle que .celui qui la ressent, d'après son pri>pre aveu, n'$t embrassé la carrière des armes que par force, et que depuis il a acquis la c^titude de m pouvoir en attendre ni honneur ni fortune, mais seulement de s'y faire tuer, sans pouvoir donner autre opinion 4e luy, sinon qu'il seroit allez aux ennemie sans les avoir veu^ et sans savoir qu'ils seroyent devant luy. — Cette joie rfinsfpir.e ji son père que de la reconnaissance pour Fabert. « Permettez-n?oy, je vous suj^e, Mopsi/Bur, $i écrit-il à celui-ci le 21 mai 16^7, que pour vous desa charger entièrement mon cœur sur le sujet des obliga- « tions que je vous ay touchant mon fds, je vous dise au u moias une fois en ma vie que cduy-là estant le seul de K mes eitfans dont j'estois en pe^ne, vous ne pourriez « sans injustice &e pas avouer que je ne fiçauro^s trop xesr a sentir l'extrême faveur que vous me faites d'en vouloir «prendre tant de soin...^

ly AndiU^ se ikouve sans doute bicQ rassuré désormais 4Bur l'avenir dé son quatrième fils, puisque cdui-ei ent^e en campagne. Fabert écrit au père le 23 mai 1667 : « Je croy gue voicy le dernier [ billet] que vous aurez j« de moy avant le despart pour l'armée de M. de Villece neufye... » Il pîiraît cependant que le départ du jeune

CHAP. IV^ ^EGT. IV, Attï. U, ^ IL Ml

x>(ricier fut ajoui*!^, car le 8 juillet id67 Fabert écrit de oouveauc <( Je suis marry, lïonsiear, de ce que M. de « Villeueufve vous a maudé une baga^eUe.^ ^ laquelle je u puis vous jurier avec vérité que je ne aoogeois plua. Je « ne penssoispas qu'il eust osé vous escrire iwses sorties M de chose^s. Ce que je puis vous dire de cette afiaife eat M qu'on a .ereu qu'il avoit escrite la lettre dont il vous a « escrit, ce qui in'obligea à luy parler comme je fis, pour (( luy faire cognoistre le desplaisir que vous recevriez, sy (( vous aprenie^s qu'il fust capable de semUable .chose* c( Il me nia fortement l'avoir fait; et il ne me resta dans « l'esprit que l'opinion qu'il esctoit d'un esprit arresté^ et i( capable de croire qu'il pouvoit persuader ce qu'il kiy i( plaisoit. Depuis ce temps-là, il m'a voulu parler^ $'air- Si tachant fortement à faire ce qu'il veut^ et voulant <( confondre de raison ceux ausquels il parle. Pour raj( batre çella, je ne l'ay pas voulu entendre; au contraire, Xi je l'ay bi^àsmé devant des gens qui luy otlt dit que je « trouvois à. redire en luy cette manière d'agir. Je conu tinueré en aparence à mespriser ses raisonnements, , « sy vous le ttiouyez bon, parcequ'il s'y apuye trop, et « que je proy pécessaire de le corriger de cella. Sy je i< savois quelque Wtre chose, je vous le diroisai,issy inin génuement que je vous dis cella ; et sy , Moosidw, vous gi vpul^ que j'en uze autrement avec luy que je ne fais, « je le ferrez. Maiç je croy que vous luy feriez tord. Les (( capitaines de la ganûson savent que je luy veux osier « de cette créance qu'il a de pouvoir faire aprouver tout « ce qu'il fait et qu'il dit, et il agiront piour cella de leur

1 D^Anditly, qui a conservé tant de lettres de Fa})ert, n'en a pas conacrré une seule de son fils; mais, comme Ta éit un autre de ses iils, ses enftintè ii^éfilent pas ce qu'il aimak 4e .mieux. (Voir plus haut, U ii, p* i<k)

« costez. Vous verrez bien par ees choses-là que je ne « croy pas cella incorrigible, et ce deifaut n'est pas une . c( chose qui doive vous donner la moindre affliction. »

Cette manière toute militaire de juger les gens sans vouloir les entendre n'était pas propre à donnef au jeune officier plus d'affection pour son état. — La lettre de Fabert expliquerait d'ailleurs au besoin pourquoi cëlui-cî s'est porté si facilement à mettre Villeneuve en campagne. Un officier de ce caractère peut gêner dans une garnison ; et jusqu'à un certain point l'on comprendrait que le vieux soldat, fatigué d'avoir à concilier sa politesse avec la discipline, écrive avec une espèce de soulagement le 25 juillet 1657 : « Je croy dans trois jours, ou quattre au plus « tard, faire partir de Sedan les compagnies que j'ay « faitte lever, où M. de Villeneufve est maintenant plac( cez. » Nous concevrions encore que, tranquille du côté de la discipline, il partage ou prévienne la sollicitude paternelle dans la lettre suivante du 9 décembre 1657 : « M. de Villeneufve ne m'a pas escrit. Mais j'ay une lettre « de celuy qui commande les quattre compagnies d'im- « fanterie que j'ay envoyées à l'armée, dans laquelle il. « ne me marque pas qu'aucun des officiers soit malade ^ « et il y a pourtant des particularitez de moindres impor- « tances. Les dites compagnies ont leur cartier d'hiver « assignez à Rheims ou dans les lieux'qui eu despendent» « Mais je ne sçay sy le bruict que les Espagnols font « courir qu'ils attaqueront Mardik^ ne fera pas demeurer

1 Une épidémie s'était déclarée à Mardiçk, mais elle n*attaqua que les Anglais qui étaient dans cette garnison malsaine. ( La Mesnardière» i{e(ations de guerre ; siège de Dunkerque, p. A4-51.)

2 Au commencement de décembre les Espagnols n'avaient donc pas encore pris leurs quartiers d'iiiver, quoique Monglat dise (Mdm.^ t it» p. 156) qu'aprè».|e 2 ooyaobre les deux partis te mirent en ganMofu

CHAP. IV, SECT., llr, ART. II, S «• 209

c( les troupes du roy sur la frontière deFlandres jusques « à ce que les Anglais ^ ayent asseurez ce poste, ou que #

« lès ennemis se soient mis en cartier. » '

Mais quelle interprétation donner à la résolution d'un . père dont le fils avoue que sa seule chance à la guerre est de s'y faire tuer, qui refuse d'abord pour ce fils une place de garnison où les jeunes olficiers se forment d'ordinaire au commandement, qui accepte ensuite cette place en laissant toutefois la latitude de l'échanger contre les chances d'une campagne, qui sans se rétracter voit les chefs de son fils et son fils lui-même opter pour le parti le plus dangereux, et à qui Fabert, avant cinq mois écoulés, écrit la lettre suivante ? [23 décembre 1657. ] « En recevant hier le billet du 16. que vous m'avez fait a l'honneur de m'escrircî l'on me rendist aussylecy-joint « du lieutenant-colonel du régiment d'imfanterie de Fa- « bert, par lequel, Monsieur, vous verre? que c'est vous « qui m'aprenez la pertte que vous avez faitte. Je la ► « ressens doublement, Monsieur, parcequ'elle m'est sen- (( sible par la douleur qu'elle vous cause, et parcequ'elle « m'oste les moyens de vous donner quelques foibles « preuves de cette ardante pation que j^ay pour tout ce c( qui vous touche de plus [près]. Monsieur. Ayant conte sidéré M. de Villeneufve comme vostre fils, je n'avois « pu me deffendre de sentir pour luy les mesmes mouve- « ments que j'aurois pour le mien s'il «stoit en son aage. (( Je sçay, Monsieur, que la concidération en laquelle vous

Fabert, qui venaU de recevoir des nouvelles du Uiéûtre même de la guervtp devait savoir mieux que personne si les ennemis s'étaient mis en quarUi^*, et si ses propres régiments s'étaient rendus à Reims.

1 On sait que Louis XIV était alors l*aUié de Gromwell. Vcnr entre autres La Mesnardière, RelaiioM de guerre; iiége de Dwnkfrque, p« il, 22, etc.

« êêiêê, îWéc M volonté qtf iî avoit de se reritfre dîgAe de^

* ewploys, /ttî en aitroit fait avoir âe bien considérable. « [ 11 ne tenait donc qrfà d'AncKlIy de decondéf Fambhti tion de son fds ailleurs que sur le cban^^ de bataille. ]

* liais je me flatois que, ne pouvant luy estrcî util à' sa ir fortunne, j-'aurois la satisfaction encor quelques années (i de le tenir dans un corps qm me donnoit moyen de luy « parler avec liberté [ceci est une adroite allusion è let rt lettre du 8 juillet 1667], et de luy tesmoîgner que « je mMnterressois pour luy. Je n'entreprend |>as, Mon- « sieur, de vous parler de consolation en un rencontre m pareil. Dieu vous à mis sy haut au dessuâ des autres tt hommes, qu'il semble que se soit pour leur faire des d leçons et leur aprendre comme il se faut conduire dans « les malheur, qu'il vous a tizité. n

C'était donc pour la plus grande gloire de d' Andilly que son fils était mort. Mais d* Andilly , dans son humilité, prétendait que ô'était pour le plus grand avantage de ce fils même : « te dernier de mes quatre fils, écrit-il dans ses « lHémoireêj mort jeune à l'armée, avoit été élevé d'une

* manière si chiétienne, et M. le maréchal Fabert, qui « lïï'dtoit fait rhonneur d'en vouloir pi^endre autant de 4( soin que s'il eût été son fils, l'aveït eenfirmé de telk

* SOTU dans ses bons sentirnens^ que j'ay sujet de croire a que Dieu l'a retii^é du monde pour ne l'y pas laisser cor- « rompre ^ » — C'était évidemment un bienheureux que Robert et ïe maréchâi avaient ajouté mx A^^tMp^ dé la famille Arnauld. — Aussi tous les Amauld de Port-Royal •'avaient pas manqué de s'associer à une œuvre qui tfêvaH avoir de si précieux résultats. « M. de Villeneuve,

* mtii. dtéâ^Âfid^, part, it, j, 157.

CHAP. IV, SECT. IV, AftT. H, § H. 211

« dit Lancèlot dans ses Mémoires ^ en j^laeett de seB ai^ (( cieA diseiple, qui avoit été élevé avec grand soin dès « son enfance, n'a pu persister [à Port-Royal], quelques (( remontrances que M. son père et tous ses parents luy (( ayent pu faire. W s'en alla, pour ainsi dire, prendre la « place que M» de Luzanci, son frère [ou plutôt la place t périlleuse que Tabbé Arnauld, son autre frère], avait a quittée dans la Babylone de ce mon^e; mais il n'y vécut « pas longtems. Car Dieu, ayant égard sans doute attx « prières d'une multitude de bonnes âmes sorties de sa « famille, lui fit la miséricorde de l'appeler bientôt à lui, « Il mourut à Calais^ où il alloit commencer sa preinfière « campagne^. » — Le doigt de Keu d'ailleurs B*étaiit-il pas visible dans l'acquiescement si prompt donné à ees priàreâ ? « On remarqua, dit Du Fossé, le pieux condisciple a de Jules, que la mêm&afinée, trois jeunes gentilsbom«

' ^ Mém, de Lancelot, t il, p. 399.

2 Est-ce la mémoire de Lancelot qui se trouve ici en défaut? — > On ne commence pas de campagnes au mois de décembre ; oh les terminé. — Les lettres de Fabert prouvent que celle où périt le jeune Villeneuve s^étail ouverte vers le 1"' août 1657, et que son père avait reçu la nouvelle de sa mort avant le 16 décembre. Evidemment cette mort avait eu lieu durant les dernières opérations de la campagne, que Ramsay indique en ces termes dans son Histoire de Turenne, t ii, p. 83 : « A la fin de novembre, les François a quittèrent Ruminghem, et leS ennemis, campés derrière Dunkerque, se « retîjrèrent en Flandre. Le vicomte [de furenne] retourna à la cour aprét n avoir mené son armée dans le Boulonois, où elle demeura Jusqu'à la fin « de décembre^ et sV distribua ensuite en diverses provinces de la France. » D*un autre côté La Mesnardière {RelaL de guerre; siège de Dunker,, p« 48 ) dit : « Nous avions esté obligez... d'y mettre [& Mardick] jusques aux M troupes domestiques du cardinal, pour assurer le séjour des Anglois dans « ce réduit et dans celui de Bourbourg, qu'il falloit nécessairement garder « tout Vhiver à la veue des bastions de Dunkercke, contre les insultes a méditées continuellement de Bruxelles... En effet i^ostre armée eut ordre « de tenir la campagne vers ces points-là, jusqu'à ce que nos ennemis, « estonnez de nostre constance parmi des incommoditez effroyables, mirent « en quartier d'hiver par leur propre lassitude. »

212 LES FILS D'AKKAULD D'AimOLY.

« mes élevés à Port-Royal ; savoir le marquis d' Abain, « M, de Villeneuve et M. de Fresle, furent enlevés dès « leur première campagne ^ »

Puisque le Jansénisme reconnaissait si habilement le doigt de Dieu où la sagesse humaine, pour ne pas croire à deux crimes dont le moindre eût été le suicide, n'aurait pu découvrir que deux entêtements myopes concourant à un résultat inévitable ; comment les esprits méditatifs qui surveillaient les destinées du parti ne songèrentils pas à reconnaître un châtiment providentiel dans cette série de malheurs qui assaillit Port-Royal et la famille Amauld à dater du moment où Villeneuve eut quitté le lieu de sa captivité préméditée pour marcher vers son sacrifice ?

^ En 1655, au moment où d'Andilly adressait son fils à Fabert, les deux Port-Royal étaient en pleine prospérité^, Robert lui-même en dirigeait les affaires comme plénipotentiaire avoué, stipulant en 1654 la paix avec la cour au nom de tout son parti', et protégeant, par une simple

* Mém. de Du Fossé, p. 129.

3 D« Clémencet, Hist, de P. R,, U nt, p. 336 ; tous les historiens de Port- Royal ; Remarques de M. de Pontchâteau sur ce qui s^est passé en 1656, ffecueUïn-i^fp, 229; Mém. de la M, Angélique, t. ii, p. 106. — c Toutes les c deux maisons sont dans la paii et dans la joie. » (Lettres de la M. Ati" gélique, i, ii, p. 473, lettre dcxxxt, du 5 avril 1654. « Nos enfaAts sont < aux deux maisons soixante et douze» (p. 91, lettre dgclxxi, du 5* novembre 1655.) —Cf. p. 544» lettre dglxxvii, t m, p. '82, 85, 202.)

3 «Lorsqu^en 1654 on tint au Louvre chez M. le cardinal Mazarin cette « assemblée d*evêques, et que mon frère le docteur répondit par quatre (I écrits à tout ce qu'alléguoit le P. Annat, Jésuite, confesseur du roy ; j'en « envoyois toutes les feuilles à Son Eminence avant qu'elles fussent im- « primées... Après cette assemblée... M. le cardinal ^l'ayant fait témoi|(ner « par M. Tévéque de Coutances qui lui rendoit mes lettres qu'il désiroit « extrêmement qu'on n'écrivît plus, je dis à mon frère et à ceux de mes •< amis qui avoient le plus de part dans cette affaire, que... il me sembloit

lettre datée du 2 mars 1656 ^ son frère le docteur, plus efficacement que ne l'avaient pu faire soixante théologiens 2. — Mais, dès le 20 du même mois les écoles extérieures se trouvaient dispersées et les solitaires arrachés de leur retraite ^ D'Andilly n'était rentré seul au désert qu'après l'avoir fait évacuer par ordre de la cour *. C'était en passant sous les fourches caudines de Mazarin que le dictateur regagnait son Capitole. — Peu à peu ses compagnons l'avaient rejoint sans bruit [1657]^, au moment où la mort allait frapper son fils. — Dès 1658, le premier habitant du désert et l'un des plus chers à d'Andilly, l'ancien avocat Le Maistre, expirait sous les yeux de ce dernier ^. — Vers la fin de 1659, Robert perdait la confiance de Rancé \ — En 1660, les écoles extérieures de garçons étaient définitivement dé-

<« quUls dévoient en demeurer là, pourvu que les Jésuites de leur côté H n*écrivissent plus aussi. Ils Tapi^rouYèreut. Mais comme je n*ai jamais « donné de parole que je n'aye tenue..., je les obligeai de signer ce qu^ils « uie promettoient. J'écrivis ensuite à M. le cardinal ce que j'avois fait. « Il en fut si content qu'il porta à Tinslant ma lettre à la reine..., etc. » (Siém, de d'Andilly , part ii, p. 135. — Cf. Lettres de la M.Angéliqnef t. iT, p. 462.)

* Larrière, Vie d^Arnauld, 1. 1, p. 167.

2 Lanière^ Vie d'Arnauldt t. i, p. 151 ; Lettres de la M, ÀHgéHqtm^ t tu^ p. 150, lettre ncccviii, du 6 janvier 1656; p. 215, lettre nçccxLrT, du 20 avril 1656 ; p. 239, 245, etc.

* D. Clémencet, Hi$t. de P, R,, p. 339 ; lettres de la M. Angéliffue, i. m, ^ p. 199, lettre dcccxxxiv, du 24 mars 1656; p. 201, 205, 243» cLc. ; Mém* dê^ * la M, Angélique, t. ii, p. 108-119.)

^ Mém, de d'Andilly, part, ii, p. 139-Ù7; Lettres de ta J/, Angélique, t. III, p. 231, leUre dcccli, d'avril 1656.— Cf. Mém, de Fontaine, t. ii, p. 192.

5 Mém. de Du Fossé, p. 155; D. Cfêmencet, Hist. de P. R., t. ir, p. 470, etc. ; Mém, de Laneelot^ t. i, p. 343, n.

fi Mém, de Du Fossé, p. 162; Mém. de Fontaine, t. h, p. 162, 166, 174, 519, etc., et tous les Nécrologes,

7 Voir plus haut, t. i, p. 174-

aiA UiS FILS D'AR||AUM> D'Al|I>!L|.Yf

truites ^ 1^9 solit^as de nouveau dispersée ^; et la désolation pénétrait pour d'Andilly jusque dans l'intérieur de Port-Royal niéme, où il perdait sous le voile l'une de ses enfants, Apne-Marie de Sainte-Eugénie ^— En 1661, il voyait expira sa sœur la grande Angélique ; les éooles intérieures de jeunes filles étaient dispersées à leur tour ponr jamais, et l'on enlevait aux religieuses jusqu'à leurs confesseurs ^ -^En 1662, d'Andilly perdait le maréchal Fabert ^ Son fils le plus aimé, eelui k la fortune duquel il avait sacrifié celle des autres, Pompoune, était frappé de disgrâce et d'exil ^; et la fUle atnée de celui-ci mourait après avoir atteint sa première année \ — En 1663, Tintervention de Tévèque de Gomminges dans les afiaires du jansénisme fit éclater entre d'Andilly et aoii frère le dqctem* eette lutte intestine à la suite de laquelle le pouvoir resta au théologien^, — Enfin, en 1664, d'Andilly vit arracher sa famille de Port-Royal et disperser la dernière de ses sœurs, la mère Agnès, et trois de ses filles dans des monastères étrangers \ Bientôt même il apprit que deux de celles-ci avaient abjuré leur famille

^ Voir plus haut, t ii, p. 188, n. 8.

2 Lettrée de la M. Angélique^ t. m, p. 534, dq iG mal 4661 ; D. Clémencet, IfUt, de P. |î,, t iv, p. 35 ; Hist. dç9 Per94cution»t paMim, de — Cf. Mém. de Fontaine, t. ii, p. JOI,

^ Mém. de la M, Angélique, t m, p. 596. — Sur 1« peraoQoel ^ i&a maisons de Port-Royal à cçlle époque, voir Wsl. des Persécut,, à»c. piéiim., p. XI.

4 Mém, de (a M, Angélique, t. ii, p. 128, el les Iroîs voluiDfi^, fonimi tous los NccroL : toutes ]eâ Ilist. de P. R, et plus parliculièrement, HisU de» Ptirséatt,

» Le P. Banc, Vk de Fabert, t. ii, p. 2«i, etc.

^ Voir plus haut, t. ii, p. 103.

T md., XI, il l.

» Ibid., t, I, p. 272.

9 ]bid., p. 217.

GfiAP. IV, am. IV5 ART. 11,-% lU 915

et le Jansénisme en signant le Formulaire^; et cette nouvelle vînt le frapper, non pas à Port-Royal, mais dans Texil où le confinait une lettre de cachet 2. ^ Cet exil toutefois, qui g^ml)lait piettre le dernier comble à ses maux, fut le premier pas vers une meilleure fortune, car il ramenait le solitaire pefséputé s^u foyer domestique. Uaîné et le second de ses fils en étaient absents ; mais Luzancy l'y avait suivi, et bientôt le roi permit à son cher Pomponne de Ty rejoindre ^ — Envi^ ronné de ce qu'il avait alors de plus cher, nous l'avons vu, il se retrempa aux pures affections de la famille *. 11 donna largement à ses petits-fils la tendresse qu'il avait économisée sur ses propres enftmts ^. — Bientôt la fortune revint. Pomponne fut ambassadeur. — Puis la paix reparut à son tour. Port-Royal se rouvrit [1668]. — Mais le vieillard plus i^age, aprë^ avoir jadi^ sacrifié ^es fils k Port-Royal, sacrifia cette fois Port-Royal à ses fils. Et, lorsqu'il bout de sagesse il voulut y ramener ceux-ci, la mort survint à tampa pour l'en empêcher [1672«167i]. ^ Les corollaires providentiels qui nous semblent découler (Je ces faits donneraient, il est vrai, une opiaip» plus favorable de l'influence de la famille naturelle sur les Arnauld que du pouvoir de leur famille ascétique près de Bieu. Seraient-ils moios légitimement déduits que ceux de Lancelot et de Du Fossé ?

* Voir pîtt8 bas, ekap, vi, seet î, art i, J i.

' Mém, deé'AndiUy, part if, p. 151^ et plus haut, 1. 1, p. 219. ^ Jkid., p. 158, et VAppendice, note èis.

4 Voir plus haut, t. ii, p. 111.

5 Jbidé et plus bas, chap, y, sect, i, art, i, et ckap, vi, sect* ii» arU t, ete.

• Voir plus haut, t. ii, p* iOe, ild, 119, If?.

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