CHAPITRE V
vingt-trois ans ^ Des deux cpii survécurenl, Tune fut religieuse 2, et nous la retrouverons plus tard dans le cloître. L'autre épousa le marquis de Torcy ^ et c'est là toute son histoire *. — Des cinq fils, un seul se 'maria, l'aîné ^; il eut quatre enfants^, mais ne conserva qu'une fille \ qui alla enfouir le nom d' Arnauld derrière le nom
Une fille qui a vécu vingt-quatre heures et qui est née entre le 21 septembre eUe 5 octobre 1674- {Lett, inéd. des Feuquiérea, t. iiif p.43, 57, 60, 72, 77.) — Enfin Catherine-Angélique, née en février et morte le 12 avril 1676. (Mém, de la M, Angélique^ 1. 1, généal., p. xvii ; SuppL au NécroL de P. R., p. 553 ; D. Clémencet, Hist. de P. R., t. i, p. 305 ; Guilbert, Mém, chrotu, t. VI, p. 292.) — Peut-être aussi raudrait-il compter une septième fille parmi les enfants de Pomponne en réduisant à quatre le nombre de ses fils. (Voir la note précédente.) '
* Marie-£mmanuelle, née en 1663, élevée à Port-Royal et morte à Pomponne le 14 septembre 1686. (Mém, de la M, Angélique, t. i, généal., p. XVI î NécroL de P. jR., p. 374 ; D. Clémencet, t. i, p. 305, etc.
2 Charlotte, née le 26 mars 1665ètmortele7juînçt 1746.(iVbMi;. eccl. de 1747, p. 40, du 6 mars; Merc. gai, i693j p. 70 ; LetU inéd», du 26 mars 1665. )
3 Catherine-Félicité, née en J672, épousa le 13 août 1696 Jean- Baptiste Colbert, marquis de Torcy {Gazette du J 8 août 1696, p. 395), qui mourut le 2 septembre 1746. Elle-mtime mourut le 7 avril 1755 (et non pas 1715, comme on lit dans les Mém. de la M, Angélique, généal., p. xvii. — Ct, Journal de Verdun, mai 1755, p. 399.)
4 Vbfr cependant. Œuvres du doct. Arnauld, U m, p. 375, lettre ncccxix, du 6 septembre 1691 ; p. 554, letli-enGCCcxiv, du 5 novembre 1692; p. 566, lettre DGCGCxx, du 3\lécembrel692 ; Lettres de madame de Sévigné, t. viii, p. 4flO, lettre mliiît^ du 5 niai 1689, et t; x, p. 152, lettre mgcgv4i, du 2^ novembre 16^5 ; Wm, de Simi(-Simon,Xi x, p. 230, et t. xvii, p. 170.
5 Nicolas- Simon qui* le 11 mors lti94» épousa Constance de Harville, ttame de Paiaiseau, morle le 4 juillet 1756.. (L? Chçsnaye Desbois, Dict. de noMease, t. vir, p. 674-) '
* Anne Constance-Simonne, née en novembre ou décembre 1694 et morte le 29 avril 16D5. (Guilbert, Mém. chron^, I. Vf, p.. 292.) Le comte de Pomponne, né en l(i96 et mort le 27 juillet 1711. (Guilbert, /6îi/p.284.) Le chevalier de Pomponne» né en 1703 cimortle22avl*il 1713. {îbid,)
'^ Callierinc-Conslance-Emilie, née i^rs 1697,. épousa le 25 juin 4^715 Jean-Ji-achîm Rouanli, niaïquis tle Gamaches, maréchul-de-camp, gouverneur de Saint' Valéry, mort le 4 janvier 17^1. Elle mourut le 18 ou le m mars 1745» (Journal de Verdittij mai 1745, p. 399 ; La Chfli^iaye Desi^ois, Dict, de nabUssc, t. xii, p. 351.)
plus noble, quoique moins édatant, des Rduault de Cayeut, marquis de Gamaches.
Ainsi la nature» qui avait été si proUigue envers cette famille luttant eontre la fortune, lui devenait plus rigou* reuM à mesure que la fortune lui souriait davantage. Lé premier des Arnauld, qui avait échangé la paix de ses montagnes d'Auvergne contre les orages de la cour [1647] ^ Antoine, procureur général de Catherine de Médicis, eut une lignée patriarcale. Elle se composait de douze enfants ^. Parmi eeuxH^i Tavocat agressif qui aux luttes du monde devait ajouter pour sa postérité lès luttes de T Église eut, comme nous l'avons dit, vingt rejetons pour sa part. Mais l'alné des Vingt, le courtisan novateur, qui tout en attisant les querelles religieuses sut à demi désarmer le pouvoir^ d'AndiUy n'eut déjà plus que quinze enfants '. Son fils, le tacticien inoffensif, qui désarma en même temps la cour et l'Église, fut père onze fois seulement, et ne fut l'aûfeul que d'une fille.— Durant un siècle [1547-1646], la famille s'était développée jusqu'à la tribu, à travers les tourmentes. Après un siècle de succès, la tribu était réduite à une femme.
Par une singulière coïncidence, l'énergie morale, la capacité intellectuelle et l'esprit d^ opposition s'étaient manifestés à chaque génération dans une mesure proportionnée au développement physique de la race. — Les
1 Biém* éPÀm, d'AndiUy, part, i, p. 3 ; D. Glémencet, HUt. es P. H*, 1. 1, p. 2H ; Mé^, de tu M, An§étipte, 1. 1, p^éuéal., p. n.
s Mém. WAtn, d^AndUly, fMi^ r, p. 7. D*AiidHly tenlble d'abord donner trdie enflinis k mm aïeul t mail la suite de ses Mémoire» proav« qu'il ne lui en donnait réellement qae donic. (Cf. Guilbert, Mém. chro^, de P. lî., pni1le4»% l^Hp. JlJ.)
^ Mèm, (CArn. H* A ndilly , \iViXi, ii, p, 157.
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douze rejetons du pi*emier degré avaient été presque tmis hérétiques, mais d'une hérésie peu tenace, surtout chez les hommeë qui Avaient leur fbrtunê à fkirfe. Parmi eeut^ ci te célèbre ayocat ennemi des Jésuites avait été detié d'une intelligence supérieure \ les autres^ quoique i^marquableS) étaient loin d'en approcher. — La seconde génération celle qui compte vingt enfants, se glorifie à la fois du grand Amauld^ de l'évéque d'Angers et de d* AttdiUy ; les femmes^ Angélique^ Agnès^ Madame Le Maistre, y égalent les hommes, si elles ne les surpassent*, r^iposition en changeant de terrain s'acorott en énergie^ et de calviniste assez facile elle se fait janséniste in«* domptable* -^ Mais des quinze enfants de la troisième génération^ deui à peine sont dignes de la seeonde : Pomponne ' et Angélique de Saint^ean \ Angélique SUN tout^ car c'est chez les femmes de cette lignée que pet^ ^tent pli» longtemps l'esprit et la vigueur. Pomponne à de l'esprit sans éclata de l'opiniitreté sans énergie, trois de ses frères sont sortis tous déformés des thains rudes et impérieuses qui les ont ^nprisonnés dès leur éufttnee, le premier dans un manteau d'abbé, le second dans une livrée de page^ le demi^ dans une cellule d'ermite t aiftiblant du surplis celui qui voulait un mousquet, d'uUe cornette c^i dont la vocation était 1à solitude, et t^t^
^ L'esprit obsenrateur de Nicole ne n'y était pas trompé. Le iS juin i6M il èeiivalt «a grand Arkia\i1d : n t Votre tmi\k] â MUint^nànt ilh de ^s « r^iètMnB (Pomponne] ta» Hi 1^06 grand poste du ttiiwdeé Mto 1^^ « tous ces avantages temporels, je ne le comparerai jamais à ia prtmiàrs « ligne de sa famille, et je ne Testime que par pluneurs endroits par les^ f quels il leur ressemble. J'ai Inen peur qu'il ne soit trop vrai de dire t de la géOérMiott qui feoitra oeile^i t dtfat pàîmttim pejùi^ atfîê, iulit noê « heifitlèr^^ titMi» énturùè pféginidà vitiûsîofiàn,,. » (Lètfi^ de Nieûte, t. ni, dans ses CEuvres^ t« viii bh^ p. SSS.)
220 LES PETITS- FILS U'AHNAULD D*ANDIUY.
damnant à la solitude (5elui qui voulait du monde. — Après ceux-ci, il n'y a plus qu'une génération de courtisans d'une capacité bien inférieure à celle de Pomponne,* d'une vigueur au dessous de celle de Luzancy. Les femmes même y sont obscures ou incapables ^ — Il nous reste à étudier plus particulièrement cette génération.
Des. cinq fils du marquis de Pomponne,' deux seulement parcoururent leur carrière dans toute son étendue; Nicolas-Simon, deuxième marquis de Pomponne, et Cbarles-Henri, ordinairement désigné sous le nom d'abbé de Pomponne. Par un heureux concours de circonstances, ces derniers héritiers du nom d'Arnauld devaient non seulement recueillir la meilleure fortune de leur famille, mais en recevoir Jes plus hauts enseignements. Fils d'un père qui mourut au pouvoir, leur éducation fut dirigée, surveillée, influencée par les trois hommes les plus illustres de cette race illustre ; d* Andilly, Pomponne et le grand docteur. Mais la race, ainsi que nous venons de le dire, allait s' épuisant au moral comme au physique. Les trois grands instituteurs ne trouvèrent que'de métfocres élèves. — Ne pouvant transmettre à ceux-ci les qualités éminentes de l'esprit, chacun d'eux laissa dans ces jeunes coeurs l'empreinte de son caractère. Seulement la triple empreinte, s'y gravant à la fois, se déforma. Les défauts s'y exagérèrent, les qualités s'y amoindrirent. D' Andilly avait eu l'ambition du pouvoir ; ses petits-fils eurent «elle des honneurs. Pomponne était prudent; ses fils furent pusillanimes. Le grand Arnauld était plein d'une
1 Ktlcs y 80Dl toutefuis eiieore plus courageuses que les hommes. (Cf. Mém, de SaiAt^Simon, t. xxxv, p. 3, et ce qoe nous dirons plus lard du second marquis et de VM)é de Pomponne^