A MES AUTEURS BRETONS
Les six années qui tous ont réunis assidus et bienveillants autour de ma chaire m'ont créé des liens dont réloignement ne fait que resserret les nœuds. Mes loisirs sont maintenant pour vous» comme jadis les vôtres étaient pour moi, — et c'est à vous principalement que s'adressent ces volumes. — En les écrivant il m'a semblé que je substituais une correspondance à nos entretiens ; le sujet seul en est différent. Après six années d'études impitoyablement poursuivies et infatigablement acceptées sur les périodes franques des deux premières races, fe vous devais bien une compensation. — Je crois l'avoir trouvée dans quelques épisodes du règne de
n A MES AUDITEURS BRETOIfS.
Louis XIY. — Ces épisodes toutefois, je ne puis me donner à vos yeux le mérite de les avoir choisis. Le hasard seul me les a révélés en faisant tomber en^ tre mes mains la Correspondance privée et des Mdtnoirei inédits de la famille Arnauld. Cct.te famille a tenu dans le dix-huilième siècle une trop grande place, et en occupe maintenant une trop considérable dans l'histoire, pour que des documents relatifs à la vie intime de ses principaux membres ne m'aient pas semblé mériter votre attention, et réclamer la mienne. — Je me suis mis à l'étude, et je TOUS en communique le résultat.
Une chose surtout excitait ma curiosité. J'étais désireux de savoir si les Ârnauld se révéleraient dans leurs relations domestiques tels qu'ils se sont posés en public, tels surtout que les ont fait accepter leurs admirateurs. — Maintenant, en effet, l'histoire de leur famille n'existe guère qu'à l'état de panégyrique. Les biographies élogicuses de Quesnel et de Larrière, les Mémoires admiratifs de Lancelot et de Fontaine, les Relalions enthousiastes de Port-Royal, écrites ou dictées par les principaux membres de cette famille, et plus que tout cela une opposition séculaire faite au pouvoir, environnent le nom d'Arnauld d'une auréole à laquelle cependant une main habile., celle de M. Sainte- Beuve, a déjà enlevé quelques rayons. — Ma curio-