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2 LES nu D'AUIAUID O'AIVOIUY.
jeune Antoine cependant annonçait d*heureuses dispositions; et ses Mémoires» qui ont été publiés en 1756, prouvent quel parti l'on aurait pu tirer de son esprit« Confié, avec le second de ses frères, Simon de Briottes, à Tabbé de Barcos ' [1622-1631], neveu et successeur de Saint-Cyran, son enfance se façonna même à l'austérité de son précepteur ^, mais ne put se ployer aux rudes exigences de son père '. L'élève se rebuta de ses études, et Robert de Théritier de son nom. Celui-ci d'ailleurs, il faut bien l'avouer, annonçait un esprit fougueux et léger à la fois, et ses dispositions semblaient tendre à l'épicurien plus qu'au Janséniste^. Cela lui coûta son droit d'aînesse. Ce droit, Robert le transféra dans son cœur d'abord, et plus tard dans sa fortune, au puîné, le sage et judicieux Simon, qui fut le marquis de Pomponne, et dont Louis XIV fit le collègue de Louvois et de Colbert. Au moment même où les tendances d'Antoine faisaient augurer qu'il ne serait pas assez régulier dans le monde pour y réussir, son père le destinait au sanctuaire ^ Là famille Amauld avait introduit déjà, ou de-
1 Mim. de Lancelot, 1. 1, p. 364-368.
2 Mém. de Vahbé Amauld, part, i, p. 4.
* • C^est le plus ardent et le plas brusque des humains, a (Tallemant, t. II, p. 818.) — t La sage conduite [ de Baroos ] éloit bien nécessaire pour « tempérer un peu Thumeur ardente de mon père, qui pour vouloir nous « rendre trop sçavans, en nous tenant coulinuellement attachés à Pétude, • nous en aoroil bien pu rebuter.* (Mem. de Vabbé Amauld, part, i, p. 4.)
4 C'est ce que lui-même appelait avoir un heureux tempérament. (Mém., part. II, p. 64.)
» c Mon fils, lui disait sa mère, vous sçavei les pensées que votre père t a toujours eues sur vous, et qu*il ne désespérerait pas de vous obtenir « quelque abbaye... « {Mém. de Cab^ Amauld, part. i,p. 17.) Son père n'avait pas désespéré non plus, dans le principe, d'en faire un partisan du Jansénisme, si c'est lui dont Robert se fiiisait accompagner dans ses visites à Saint-Cyran, détenu au bois de Vincennes. {Mém. de Lancelot, U i.
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vait introduire bientôt, dans TÉglise trop de membres destinés à la régénérer, pom* que d'Andilly ne se crût pas autorisé à y aventurer un sujet douteux. Et puis, qui peut répondre des effets de la grâce? Les deux illustres sœurs de Robert, Angélique et Agnès, ces gloires de Port-Royal, n'étaient-elles pas entrées dans ' le cloître, qu'elles devaient réformer. Tune à sept ans, l'autre à cinq ' ? N'y étaient-elles point entrées à la faveur d'un faux *, pour y recevoir en morale les traditions
p. 68.) Mais Lancelot doit se tromper. (Cf. Mém. de d^AndUly sur 5atfif- Cyran ; Vies édif. de P. R., par Le Clerc, 1. 1, p. 34.)
i Voir les Mém, delà M. Angét., 1. 1, p. 8-38, 263-385; t. ii, p. 247-255, etc.
3 a II y avoit trois abus dans mon établisseiheot en qualité d*abbesse de « Port-Royal. Le premier Tambition de M. Marion, mon grand-père, d*avoir 0 deux de ses filles abbcsses. Le second de m'avoir fait faire des vœux & « neuf ans, et béoir à onze, contre toutes les loix de l*Église. Le troisième « d'avoir fait un mensonge au pape pour avoir des bulles; car on exposa « que j*av^ dix-sept ans> ce qui étoit trî's faux.... » (Mém. de la 3i, Ah" gélique^ L ii, p. 262.) a Les bulles ayant été d*abord refusées à Rome « parceque la suppliante n*étoit que novice ; on en redemanda d'autres « après sa profession, sous un autre nom, sçavoir sous le nom d'Angélique, « qu'on lui avoit fait prendre dans la confirmation, au lieu de celui de a Jacqueline qu'elle avoit dans la première supplique. » (Besoigne, FJiat, de P, R., t. I, p. 5.) a Quand j'eus plus de quinze ans, feu mon père me fit un « tour d^adresie qui me causa un extrême dépit... \\ écrivit, comme je le a jugeai^ par une ligne que j'en lus, une ratification de mes vœux, me la 0 présenta, sans m'en avoir parlé, et me dit snr-le^bamp : Ma fiUe, ùgnez « ce pajntr. Cela étoit assez mal écrit, et je crois qu'il l'aveit ftità dessein, c afin que je n'eusse pas le tems ni le moyen de le Hre. Je n'osai lui de- « mander ce que c'éloit tant je lui portois de révérence... Je signai cet acte « crevant de dépit en moi-même... » (Mém, de la M. Angélique, L ii, p. 259.) a Lorsque j'eus dix-sept ans, qui est l'flge qu'on avoit dit à Rome 9 que j'avois pour obtenir mes bulles, quoique je n'en eusse que neuf, « mon père y renvoya pour dire la vérité, en demandant pardon du men-
« songe, et obtint de nouvelles bulles » (Mém. de la M. Angélique,
L I, p. 326.) a On voit que les Jésuites... auraient pu rétorquer avec lé- « gîtimes représailles sur les ruses et accommodements de conscience dont « MM. Arnauld et Marion ne se firent pas faute dans toute cette alTaîre. •« (M. Sainte-Beuve, Port-Rntgal, t. i, p. 80.) — Un rapprochement qu'a
^ uBs ms ù'âk^avld d'ândilly.
de Gabriefle d'Estrées^ en religion les seuls enseignements de leur cordonnier'? Angélique n* avait-elle pas
oublié M. Saiote-Benve esi celui-ci : Antoine Arnaold, qtii a subtilisé à '* Rome des bulles pour ses filles, à ses filles des signatures pour se mettre CB règle iree Roîne^ est le célèbre «vocat qui en 1594 avait plaidé pour faire cbasser de France les Jésuites (Toir plus haut» pb 38» n. 3], et gui en 1603, écrivit son Franc et véritable discourt du Roy, pour les empêcher d*7 rentrer, les accusant ttavoir renarde et épié en France le moment de i' j établir h la fiâveu* des lecommandatloos qn^Us obtenaient de Home ; de capter la jeunesse et de circonvenir les âmes faibles pour se faire signer des testaments. {Menu de la Ligue, t. ii, p. 146 et 157).. • Mutato nomine de ie, etc. n est vrai que le nom est beaucoup dans ces sortes d'affaires ; car il en est de Topinion comme de la chancellerie romaine : le nom changé, ses jugements peuvent changer.
1 On sait de quelle manière Henri IV introduisit Gabrielle d'Estréà à Maubuisson. (M. Sainte-Beuve, Port^Royal^ t. i, p. Sli.) l\ j avait un an qu'elle y était enterrée (10 avril 1599. — Gallia christ., vni, p. 936) lorsque Jacqueline y entra comme novice (25 juin 1600.— Guilbcrt, Mém. hist, et chron,, L i, p. 255). L'abbesse à qui on la confiait était Angélique d'Es-
^ trées, sœur de Gabrielle, et tellement dissolue que celle-ci cherchait à lui en faire honte (ibid,, p. 259. — Cf. Mém* de la M, Angélique^ t. i, p. 110, 130), et que le roi fut obligé en 1618 delà faire enfermer aux filles péoitenles de Saint-MagIoir& (Ibid., L n» p. 65-69.) Aussi Thistorien janséniste s*écrie-t-il dans son aigre bonne foi : c Les réflexions du lecteur me préc viendront sans doute.*. Henri IV installe là une intruse qu'un crime de t parenté protège, et que son dérangement particulier met au dessus des t règles... Ellesévéques se taisent^ pareequ'aucun intérêt pécuniaire ne tes i mouvoit,»»2 (il y a loin de cette réflexion à la préface que d'Andilly adresse aux évèques gallicans, plus hautf p. 30; mais elle se rapporte assez à la remarque que faisait Lancelot en rendant compte à Sacy de l'éducation des fils du prince de Gonti : • Pour les valets de pied, j'ai vu plus d'une fois son c altesse apporter plus de précaution pour en donner àMesseigneurs... que
• beaucoup d'évêques n'en apportent pour donner un prêtre à TÉglise. > {Mém, de Fontaine, L xi, p. A86)... c Cette abbesse mondaine est amie du c roi, et l'est conséquemment de M. Manon, selon Vusage des favoris^ c Celui-ci la charge de l'éducation et du noviciat ù' Angélique, sa petite-
• fille [car Jacqueline à sa confirmation avait quitté le nom de sa patronne t pour prendre celui de l'abbesse....] Cette abbesse pour la préparer à la c chasteté la mène... où la fameuse Gabrielle se trouve avec le roi... » (Guilbert, L i, p. 258.) Sur ce dernier point Guilbcrt se trompe; comme nous l'avons dit, Gabrielle était morte.
2 « Elle fil sa première communion sans avoir reçu aucune instruction