‹ La vérité sur les Arnauld (volume 2)Chapitre 62 sur 99 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

LES PETITS-FILS d'aENACLD DANDILLY.

La génération dont d'Andilly est Fauteur eût été, malgré ses nombreux rejetons, la dernière de la famille Arnauld sans l'union que Fouquet Ct contracter à Pomponne.— De cette union naquirent six filles et cinq fils ^ — Trois des filles moururent en bas âge^, une autre à

^ Nicolas-Simon, né en mai 1662 (ŒwrtB âm éocU AmmUd, U \^ p. 297) ; Antoine-Joseph, né rers 1664 (Lettrée inid. d' Ancâîqae de Saint- Jean. Cf. Mém. de Cabbé Àmauldj part. lu, p. 102) ; Henri-Cbarlcs, né le 10 juillet 1669 (Mém. de PAead, dee Ineeript,, txxfu, p. 254)« donlnons allons nous occuper, et deux autres, morts en bas dge, dont nous n^aToos pu retrouver le nom. Le premier de ceux-ci doit être né en HoUande, où M"« de Pomponne avait suivi son mari (Mém. de Vabhé Arnauld, part, m, p. Il4etl22), Tannéequisuivitla naissance de Henri-Gliaries,c*e9tà dire es 1670, avant la deuxième ambassade de son père en Suède. (Voir plus loin, p. 289, n., la lettre du 19 septembre 1671, oA Pomponne parle de ses denx . petits Hollandais.) Le second est le dernier de tous les enfiuHs Sn înargnis de Pomponne ; il est né le 24 janvier 1679. (Lett, inéd, dee Feuqmiéree, t. IV, p. 297.) n a dû mourir en novembre 1679, an moment mène de la disgrftce de son père. (Œuvree du doet, Amauldf t n, p. 68, lettre cccxzn, du 19 novembre 1679.) H serait possible cependant que cette dernière lettre s^appliquût au premier des deux fils inconnus de Pomponne ; et alors nous n*aurions ni la date de la mort du dernier enfant 4ie celui«ci, ni même la connaissance certaine du sexe de cet enfant, que rien n*indiquerait à défaut de la lettre du docteur. Toutes les listes généalogiques de la fttmille AmanM omettent ces deux anonymes, ainsi que la fille aînée et Tune des filles puînées de Pomponne, à qui ces listes ne donnent que sept enfants au lieu de onse.

2 L'ainée de toute la famille, baptisée le mercredi 15 juin 1661 (OBuvre* du doet, Arnauld^ 1. 1, p. 251, lettre cxx, du 16 juin 1661) et morte en octobre i66S. (Voir plus haut, t. ii, p. 111, la lettre du 28 octobre 1662.} —

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vingt-trois ans ^ Des deux qui survécurent, Tune fut religieuse', et nous la retrouverons plus tard dans le cloître. L'autre épousa.le marquis de Torcy ^ et c'est là toute son histoire ^. — Des cinq fils, un seul se maria, l'aîné ^; il eut quatre enfants^, mais lie conserva qu'une fille ^ qui alla enfouir le nom d' Arnauld derrière le nom

Une fille qui a Técn vîngt-quatre heures et qui est née entre le SI septembre et le 5 octobre 1674* ( lett. inéd, de» FeuqwÛres, L m, p. 43, 57, 60, 72, 77.) — Enfin Catherine-Anf^lique, née en férrier et morte le 13 avril 1676. (Mim. de la M. Angélique^ U i, généal., p. i?ii ; SuppL am Nécrol. de P. il.j p. 553 ; D. Clémencet, Hûi. de F. R., 1. 1, p. 305 ; Guilbert, Mém. ckron,, 1. VI, p. 292.) — Peut-être aussi raudrait-il compter une seplièrac fille parmi les enfants de Pomponne en réduisant à quatre le nombre de ses fils. (Voir la note précédente.)

^ Marie-Emmanuelle, née en ,1663, élefée à Port-Rojral et morte à Pom- ' ponne le 14 septembre 1686. (Mém. de la M. Angélique^ t. i, généal., p. ZTi ; NécroL de P. R,, p. 374; D. Clémencet, t. i, p. 305, etc.

2 Charlotte, née le 26 mare 1665 et morte le 7 juillet 1746. (Nouv^ ecel. de 1747, p. 40, du 6 mars; Mère, gaL, 1693, p. 70 ; Lett, inéd,, du 26 mars 1065.)

^ Calherine-Félicilé, née en 1672, épousa le 13 août 1696 Jean- Baptiste Colbert, marquis de Torcy [Gazette dtà 16 août 1696, p. 395}, qui mourut le 2 septembre 1746. Elle-même mourut le 7 avril 1755 (et non pas 1715, comme on lit dans'les Mém. de la Mi Angélique, généal., p. zvii. — Cr. Journal de Verdun, mai 1755, p. 899.)

4 Voir cejpendnnt^XXEuvreêdudoct, AmaulépL ntf p. 375, lettre dccgux, du 6 septembre 1691 ; p. 554, lettre dccccxi?, du 5 novembre 1692 ; p. 566, lettre occGczx, du 3 décembre 1692 ; Lettrée de madame de Sévigné, t. viu , p. 460, lettre mluii, du 5 mai 1689, et t. x, p. 152, lettre MccLvif, du 24 novembre 1605 ; Mém, de Saint-Simon, t x, p. 230, et t. xvii, p. 170.

B Nicolas- Simon qui, le 11 mars 1694, épousa Constance de Harville, dame de Palaiseau, morte le 4 juillet 1756. (La Chesnaye Desbois, Diet, de HobUue, t. vu, p« 674*)

* Anne-Conslance-Simonne, née en novemlwe ou décembre 1694 et morte le 29 avril 1695. (Guilbert, Jl^m. eAron.^ U vi, p. 292.) Le comte -de Pomponne, né en 1696 et mort le 27 juillet 1711. (Guilbert, ibid,, p.284.) Le chevalier de Pomponne, né en 17a3 et mort le 22 avril 1713. {Ibid,)

' Catlierine-Constance-Emilîe, née vers 1697, épousa le'25 juin 1715 . Jean-Joacbim Rouault, marquis de Gamaches, maréchal-de-camp, gouverneur de Saint- Valéry, mort le 4 janvier 1751. Elle mourut le 18 ou le 19 man 1745. (Journal de Verdun, mai 1745, p. 399 ; La Cbesnaye Doibois^ IHet, de nobUêu^ t. xii, p. 351.)

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plus iu>bl6, quQÎque moins éclatant, des Raoault de CayeuXi marquis de Gamachea.

Ainsi la nature, qui avait été si prodigue envers cette faaûlle luttant contre la fortune, lui devenait plus rigoureuse à mesure que la fortune lui souriait davantage. Le premier des Arnaold, qui avait échangé laj^ de ses montagnes d'Auvergne contre les orages de la cour [1M7]^ Antoine, procureur général de Catherine de Médids, eut une lignée patriarcale. Elle se composait de 4puze enfants^. Parmi ceus^^ci Tavocat agressif qui aux luttes du monde devait ajouter pour sa postérité les luttes de l'Église eut, comme nous l'avons dit, vingt rejetons pour sa part. Mus l'alné des vingt, le courtisan novateur, qui tout en attisant les querelles religieuses sut à demi désarmer le pouvoir d'AndiUy n'eut déjâi plus que ^nze enfants '. Son fils, le tacticien înofîensif, qui désarma en même temps la cour et l'Église, fut père onie fois seulement, et ne fut l'aïeul que d'une fille.— Durant un siècle [15A7-16A6], la famille s'était développée jusqu'à la tribu, à travers les tourmentes. Après un siècle de succès, la tribu était réduite à une femme.

Par une singulière coïncidence, Ténergie morale, la capacité intellectuelle et l'esprit d'opposition s'étaient manifestés à chaque génération dans une mesure proportionnée au développement physique de la race. — Les

1 Mém. ^Àm, (CÀnéiU^, psrt. i, p. 8; D. Oépencet, BùU 4$ P. tL^ 1. 1, p. 294; Mém, éeiaiL An§Hiqn€^ 1. 1, géoéaL, p. vi.

2 Mém. (CArn. iCÂwUUy, ptrU i, p. 7. D'AndiUy lemble d'abord éumntr treise cnCinU à son atonlt mail la iuite de ws Wmoireê prouve qu'il ne loi en donnait râellenent que douxc. (Cf. Gailbcrl, Mém* chron. et P, tL, partiei'St. i,p. SIS.)

* Mém. H*Arn. tVAndiUy, part, ii, p. 457.

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douze rejetons du premier degi4 avaient été presque tous hérétiques, mais d'une béréûe peu tenace, surtout chez les hommes qui ayfûent leur fortune'à faire. Parmi ceuxci le célèbre avocat ennemi des Jésuites avait été dooé d'une intelligence supérieure ; les autres» quoique remarquables» étaîmt kin d'en approcha*. — La seocmde génération celle qui compte vingt enfants, se glorifie à la-fois du grand Amauld, de l'évèque d'Angers et de d' AndiUy ; les femmes, Angélique, Agnès» Madame Le Maistre» y égalent les hommes, si elles ne les surpassent; l'opposition en changeant de terrain s' accroît en énergie, et de calviniste assez facile elle se fait janséniste indomptable.-^ Hais des quinze enfants de la troisième génération» deuz à peine sont dignes de la seconde : Pomponne ' et AngéÛque de SainvJean \ Angélique surtout, car c'est chee les femmes de cette lignée que persistent plus longtemps l'esprit et la vigueur. Pomponne a de l'esprit sans éclat, de l'opini&treté sans énergie. Tieis de ses frères swt sortis tous déformés des mains rudes et impérieuses qui les ont empriscmné^ dès leur ^ance, le premier dans un manteau d'aU)é, le second dans une livrée de page, le dernier dans une cellule d'ermite ; aifubUint du surplis celui qui voulait un mousquet^ d'une cornette celui dont la vocation était la solitude, et oon*

1 L'esprit obwnrateor de Nicole ne 8*7 était pas trompé. Le i6 juin 1602 U éerifidl M gnnd ÀrMilId: « {Votre Itallle) 0 natatMiÉl m de ses « rijatum [I^mponnol daos le plot pand posie du jyoode. Hiii Mi^^ « tous ces avantages temporels, je ne le comparerai jamais à la première n Hgnê éê êa fa»Hk, et je ne festlme que par plnalears endroits par lesf quels il leur ressemlile. J*ai bien peur qa*il ne soit trop Trai de dire « de la générilion qaï wnn eell»el ; rniae iww^em jwtfer ûm$, iuUi mm « Nf^wer**, aïojs ikiur^ê prçgmkm vUioêwrtm,,^ m (Uîtru é€ Kieok, r. III, dans ses Œuvreê^ U \iii Ma» p. SMk)

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damnant à la solitude celui qui voulait du monde. — Après ceux-ci, il n'y a plus qu'une génération de courtisans d'une capacité bien inférieure à celle de Pomponne, d'une vigueur au dessous de celle de Luzancy. Les f&ùmes même y sont (^scures ou incapables ^ — Il nous reste à étudier plus particulièrement cette génération.

Des cinq fils du marquis de Pomponne, deux seulement parcoururent leur carrière dans toute son étendue; Nicolas-Simon, deuxième marquis de Pomponne, et Charles-Henri, ordinairement désigné sous le nom d'abbé de Pomponne. Par un heureux concours de circonstances, ces derniers héritiers du nom d'AniauId devaient non seulement recueillir la meilleure fortune de leurfkmille, mats en recevoir les plus hauts ensdgnemteais. Fils d'un père qui mourut au pouvoir, leur éducation fut dirigée, surveillée, influencée par les trois hommes les plus illustres de cette race illustre ; d' Andilly, Pomponne et le grand docteur. Mais la race, ainsi que nous venons de le dire, allait s'épuisant au moral comme au physique. Les trois grands instituteur ne trouvèrent que de médiocres élèves. — Ne pouvant transmettre à ceux-ci les qualités éminentes de l'esprit, cbacui^ d'eux laissa dans ces jeunes cœurs l'empreinte de son caractère. Seulement la triple empreinte, s'y gravant à la fois, se déforma. Les défauts s y exagérèrent, les qualités s' y amoindrirent D' Andilly avait eûFambition du pouvoir ; ses petits-fils eurent celle des honneurs. Pomponne était prudent ; ses fils furent pusillanimes. Le grand Amauld était plein d'une

1 Elles y sont toatefois eneore plus courageiues que les iKumnes. (Cf. lUém, de SainUSmon, I. niv, p. 8, et ce qne nous diroBS plus Urd du second marqaii et de l*abbé de Ponpoone.)

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