‹ La vérité sur les Arnauld (volume 2)Chapitre 80 sur 99 · S2& LES REU6IEUSES DE LA. FAMILLE ARNAIXD · texte numérisé non relu

S2& LES REU6IEUSES DE LA. FAMILLE ARNAIXD

« est nécessaire ; et nous crsdgnons mesme qae vous

« ne fassiez pas bien de nous l'ofl^, au préjudice de nos « frères et de nos sœurs qui sont plus pauvres que nous. « Je me promets que cette espèce de remerciment ne (t vous dépléra point, parceque vous aimez la vérité..." Tantôt ce ne sont plus ses richesses, ce sont quelques fleurs que le solitaire espère faire agréer. Mais son austère amie lui répond^ : « Je vous remercie très humbleff ment de vos fleurs, à qui je ne procureray pas une « plus longue vie, parcequ'il ne convient pas à des reliu gieuses de cultiver des fleurs...» L'humble pénitent ne se rebute point. — Mieux avisé, il envoie des fruits, ei cette fois son présent est accepté*. — Ses lettres sont scel-

1 F* 19, lettre xliu, do SA mars 1670. — Voir aussi f* 204. t* » la lettre cGcxxni, adressée à M. de Sérigoé, et qui a ce titre dans nolie manmcnt : Qme Uê genteun ne conviennent pas aux pénitent. (CL Velirt delniLAMgéliqne, t. m, p. kH; lettre nu, du 13 novembre 1660, aa dteraBer <le Sévigné.) l\ fout avoner toutefois que les mortiGcatioiis d*Âgiiès rnseprinat de fleurs étaient un peu moins méritoires quVUes ne Je paraissent sa pronier aiwrd, ft en juger par cette lettre quelle écrit le 1*' septembre 1669'^ madame de Sablé, et qui se trouve avec vingl-quaire autres qu*eliehû a^ lement adressées dansla layette de cette dame à la bibliothèque royale: « rtj « perdu Todorat dès l'âge de diz-huît ans (Cf. Mémdeta M. Àngéliquet t. ni K p. 312], en la mesme manière qu^on le perd quand on a de grands moa « à quoy j*estois fort sujette. Je peosois toujours qu*il reviendrait, mais n^ca « ayant point de nouvelles, je n'ay point couru après ; c'est à dire qoe je ot « m*en suis pas mis en peine, non pas que je n'aymc assès touts les sens qoi sciaS « nécessaires & la vie, mabje ne mets pas cdoy-là du nombre; et voosoondo- « m avec moy qu*on s'en passe fort bien, puisqu'il y a dnquante-boict u^ « que j'en suis privée. Et, si j'ose dire ce que je pense, vous gaigneriei^ b* « très chère sœur, à cette perte si vous vous en serviez pour saUsbire à «I Dieu pour avoir pris trop de plaisir dans les bonnes odeurs... •!!>)> si la sainte Glle ne faisait aucun sacrifice en se privant de l'odeur des fleaiSi elle en faisait un en se privant de leur vue qui ne pouvait lui être indiiférente ; car elle ajoute : « Encoi^ que vous n'ayez pas l'odeur desfiev^ « nous ne laisserons pas de vous en envoyer autant qu'il y en aura ; csril ff ne fkut pas punir vos yeui pour vanger vostre odorat. >

2 F* 17, V*, lettre uxviii, du 15 septembre.

CHAP. VI, SÉCT. I, AKT. H, S ÏV. 825

lées par Teffigie du bon Pasteur. On admire l'effigie; il envoie le cachet: « Il faut donc vous céder, écrit Agnès', « pour ne pas faire une seconde faute, qui seroit de bor- « ner vostre libéralité, de quoy vostre générosité seroit « contristée. Vous aurez donc la gloire de vostre magni- (( ficence, et inoy T humiliation de vous avoir fait une (( demande si indiscrette... »

Le bon vieillard ne veut pas laisser à sa chère correspondante cette humiliation ^ et, pour la lui enlever, il renchérit sur elle d'indiscrétion. Dans une poétique fantaisie de sexagénaire^ il souhaite, lorsque viendra la mort, emporter l'image de. cette clôture inconnue dans laquelle il a placé tant d'affection ; et il voudrait que son amie, alors plus que septuagénaire, pût visiter à son tour le modeste asile qu'il s'est lui-même industrieusement accommodé. 11 ose en hasarder la demande : « Vous « avez le privilège, lui dit-on ^, de donner tout ce que vous « voulez et d'accorder tout ce qu'on vous demande. Et « nous, au contraire, nous trouvons des impuissances « partout. C'est pourquoy nostre bastiment de dedans « ne vous apparoistra point, parcequ'il y a un chéiiibim « à nostre porte qui en deifend l'entrée avec une espée (c de feu, c'est à dire un anathème de nostre mère l'É- (( glise ; et nous en trouverions un semblable contre nous « à vostre chambre, si nous voulions l'aller visiter^ ; ce (( qui oblige à rendre les privations réciproques, sinon

1 F« 47^ yo^ icure xxxvii, du 25 juillet.

^ F» 17, fo, leUre xxxviii.

^ « n faut faire une règle capitale de ne parler jamais aux Hermites, « que pour des dioses absolument nécessaires. C*est le moyen de les honorer a toujours et qu*ils nous honorent, ne nous voyant qu^en Dieu et pour « Dieu. » (Leltreê de la M» Angélique, t. i, p. 596, lettre ccclxit, du 25 novembre 1651.)

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