L'ABBÉ DE TOMPONNE ÉDITEUR
Ce que nous avançons sur la part qu'aurait prise l'abbé de Pomponne à la publication des Mémoires de sa famille a besoin d'être appuyé de quelques preuves ; car ce fait n'est hors de doute que pour deux des quatre recueils qui selon nous lui doivent leur publicité.—En tête des Négociations à la cour de Rome de l'abbé de Saint-Nicolas, depuis évéque d'Angers, on lit : « Les manus- « crits qui fournissent la matière de cette négociation sont sortis « du cabinet de M. l'abbé de Pomponne, petit-neveu de monsei- « gneur l'évêque d'Angers. C'est par ses ordres que nous les avons « mis en règle.» —La préface des Ambassades de M. de La Boderie en Angleterre porte (p. v) : « Les trois volumes sur lesquels nous « avons fait cette collection sont en manuscrit dans la bibliothèque « du roi, et dans celle de M. l'abbé de Pomponne. Ces manuscrits se « ressemblent parfaitement, aux instructions près, qu'on ne trouve « pas dans ceux de la bibliothèque du roi; ainsi nous nous sommes « servis des manuscrits dont M. l'abbé de Pomponne est possesseur.» Dans cette même préface, l'éditeur auquel on rattribue, Burdin, écrit encore (p. vu) : « M. de La Boderie avoit amassé quantité de « Mémoires, lesquels se trouvent aussi en trois volumes manuscrits « dans la bibliothèque de M. l'abbé de Pomponne... Nous pourrons « dans la suite choisir ce que ces Mémoires ont de plus intéressant, « et le faire imprimer... » Ou nous nous trompons, ou ces lignes sont trop affirmatives pour ne pas trahir le propriétaire derrière l'éditeur; elles montrent en tout cas la parfaite intelligence qui régnait entre l'éditeur et le propriétaire. — Malheureusement les choses ne sont pas si apparentes en ce qui concerne les Mémoires de d'Andilly et ceux de l'abbé Arnauld, qui ont été publiés les uns avant, les autres après les deux ouvrages dont nous venons de n. 25
parler. Examinons successivement à qui on peut attribuer la part principale dans cette double publication.
Le soin avec lequel la famille Arnauld avait conservé les manuscrits de l'évêque d'Angers, grand-oncle, et ceux de La Boderie, bisaïeul des enfants de Pomponne, prouverait seul que les Mémoires de d'Andilly, leur aïeul, n'avaient pu sortir de cette famille. D'Andilly en effet avait rédigé ses Mémoires « d'après les instances « pressantes que lui avoit faites son fils de Pomponne d'écrire « quelque chose de ce qui le regardoit en particulier lui et ses « proches, et qui pût servir à ses petits-enfants pour les exciter « à la vertu par des exemples domestiques, » (Mém. de d'Andilly, part, i, p. 1.) De plus d'Andilly en mourant avait légué tous ses manuscrits au marquis de Pomponne à l'exclusion de ses autres tils. (Codicile du 8 avril 1667, dans nos papiers; voir plus bas, t. n, p. 17.) 11 est donc évident que les Mémoires sollicités par celui-ci ne devaient pas sortir des mains de ses enfants, à qui ils étaient destinés. — Le P. Bougerel, qui le premier en a publié des extraits, était Oralorien. L'abbé de Pomponne avait été élevé à l'Oratoire.— Toutefois Bougerel, en défendant l'aïeul de celui-ci, proteste qu'il n'agit sous l'inspiration d'aucun membre de leur famille. «Je n'ai, dit-il (Bibl. « raison, des ouvr. sçav., t. v, p. 360), aucun intérêt particulier à « justifier M. d'Andilly. Je ne connois qui que ce soit de sa famille, «je n'ai pas môme de liaison avec ceux qui lui appartiennent. » Bougerel oublie d'expliquer comment il avait eu communication « des Mémoires manuscrits de la vie de M. d'Andilly écrits par lui- « même et composez pour l'instruction de sa famille » (ibid., p. 359); et comment il en publiait de longs fragments, sans s'être mis en relation avec cette famille même. — Trois ans après Bougerel, ce n'était plus par fragments, c'était dans leur entier que paraissaient ces Mémoires.— L'éditeur cette fois était l'abbé Goujet (Barbier, Dict. des Anonymes), l'un des partisans les plus déclarés du Jansénisme et de la famille Arnauld. Goujet affirme (préface, p. vi) qu'il donne l'ouvrage de d'Andilly tel qu'il est sorti des mains de l'auteur. Ces mots semblent indiquer que l'éditeur a eu à sa disposition le manuscrit original. La chose est d'autant plus probable que nulle part, après les recherches les plus minutieuses, nous n'avons trouvé trace d'aucune copie de ces Mémoires, sinon d'une seule page transcrite et jointe aux manuscrits des Œuvres de Louis XIV (voir plus haut, t. i, p. 17. n. 1) ; tandis que, dans nos papiers, le catalogue qui les accompagne et dont nous avons déjà parlé (ibid., p. 221) signale, comme en faisant partie, les Mémoires de d'Andilly,
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qui maintenant ne s'y trouvent plus. II faut donc avouer que, tout en conservant avec soin des pièces insignifiantes, le dépositaire des papiers de la famille Arnauld en a laissé soustraire la pièce la plus importante, la seule qui soit notoirement destinée à rester entre les mains de la postérité de d'Andilly, ou bien qu'il l'a volontairement communiquée aux éditeurs qui par deux fois l'ont rendue publique. Quant aux Mémoires de l'abbé Arnauld, il sera plus facile encore de prouver qu'ils sont sortis des archives de sa famille. Les éditeurs inconnus à qui nous en sommes redevables disent dans l'avis qu'ils placent en tête (p. ix) : « Le marquis de Pomponne a « laissé sur ses négociations des Mémoires qui doivent être très « curieux et très instructifs, qu'il ne seroit pas impossible de douce ner au public, s'il paroissoit le désirer. Quant à ceux que nous « donnons maintenant, ce n'est que depuis peu de temps qu'ils sont « parvenus entre nos mains. Terminés en 1677, ils avoient été con- « serves précieusement depuis la mort de l'auteur dans tin dépôt « authentique.»— VA d'abord remarquons que le dépôt authentique dont il est question dans cette dernière phrase ne peut être que l'étude d'un notaire exécuteur des dernières volontés de l'auteur, ou la bibliothèque des Arnauld. Les dépôts publics, et encore moins les dépôts particuliers, autres que ceux de celle famille, ne seraient que bien improprement dits authentiques. De plus, si les expressions des éditeurs sont exactes, en parlant du dépôt d'un notaire ils eussent dit que les Mémoires y avaient été conservés avec soin, ou scrupuleusement; la famille Arnauld seule a dû les conserver précieusement. Nous pensons donc qu'il faut rétablir ainsi la phrase assez obscure qui donne lieu à ce commentaire : « Ce n'est que depuis c peu de temps que ces Mémoires sont parvenus entre les mains « des prétendus éditeurs de Leipsick. Terminés en 1677, ils avaient « été conservés précieusement dans le dépôt de la famille, au sein « de laquelle était mort leur auteur. » (Voir plus haut/1. u, p. 34 et 291.) Mais, quoi qu'il en soit de la destinée de ces Mémoires avant l'époque de leur publication, toujours est-il qu'au moment de celle publication ils appartenaient à la même personne qui possédait les papiers du marquis de Pomponne, puisque les éditeurs de ceuxlà olfrent au public de le gratifier des Mémoires de celui-ci. Or ces papiers, notre catalogue le prouve, étaient réunis dans le même dépôt qui contenait les Mémoires de d'Andilly; et ces Mémoires, nous venons de le démontrer, n'avaient pu cesser d'appartenir à la famille Arnauld. Donc les Mémoires de l'abbé étaient également dans la possession de cette famille.
Reste à savoir maintenant à quel individu de cette famille appartenait le précieux dépôt de ses titres. Et d'abord, ce dépôt est-il resté dans son entier, ou bien a-t-il été scindé après la mort de Pomponne ? Le catalogue qui vient de nous être si utile nous jette ici dans quelque embarras. Il mentionne les Mémoires de d'Andilly, ainsi que ceux de son fils puîné, et ne parle ni de ceux de son fils aîné, ni des Négociations de l'évêque d'Angers, ni des Ambassades de La Boderie, ni des Mémoires réunis par celui-ci, que Burdin dit exister dans la bibliothèque de l'abbé de Pomponne. Au premier aspect il semblerait que le dépôt d'où sont sortis les Mémoires de d'Andilly, et dans lequel se trouvent encore ceux de Pomponne, a dû être distinct de cette bibliothèque. — Recherchons en quelles mains le dépôt aurait passé.
De 1730, époque de la première des quatre publications qui nous occupent, jusqu'à 1756, époque de la dernière, il n'exista de la famille Arnauld, dans le monde, que trois des enfants du marquis de Pomponne : Nicolas-Simon, qui mourut en 1737, la marquise de Torcy, qui mourut en 1755, et dont le mari était mort en 1746; enfin l'abbé de Pomponne, qui mourut en 1756. De plus, Nicolas-Simon eut une fille, comme nous l'avons dit, Catherine-Constance-Émilie, qui mourut en 1745, et dont l'époux, le marquis de Gamaches, mourut en 1751. Ainsi l'abbé survécut à tous ces membres de sa famille. Ce n'est pas une raison cependant pour qu'il en ait recueilli les archives; les femmes, si elles en avaient hérité, les eussent laissées à leurs enfants. Mais ce n'est pas aux femmes, on le sait, que les grandes maisons lèguent leurs archives quand il se trouve des mâles pour les recueillir. D'ailleurs il y a un propriétaire connu d'une partie des Mémoires de la famille Arnauld, et c'est l'abbé de Pomponne. Notre catalogue, où sont inscrits les Mémoires du marquis de Pomponne, rapproché de la préface des Mémoires de l'abbé Antoine, où l'on olfre au public de lui donner ceux du marquis, semble prouver que la partie dont le propriétaire serait inconnu n'a pas été séparée de la partie connue, et que la totalité du dépôt n'a formé qu'un seul lot. Si ce lot était échu à la sœur de Nicolas- Simon, celui-ci n'aurait donc rien eu du dépôt commun. Si au contraire il était échu à Nicolas-Simon lui-même à l'exclusion de sa sœur, est-il probable que la fille de celui-ci l'ait recueilli à l'exclusion de son oncle? — Mais notre catalogue est antérieur à la publication des Mémoires de l'abbé Arnauld, publication qui date de 1756, c'est à dire de l'année même où mourut l'abbé de Pomponne. Ce catalogue ne serait-il pas d'une époque où les papiers des Arnauld
auraient été divisés entre les membres de leur famille avant d'être réunis dans les mains du dernier survivant ? Et si rien ne semble indiquer que les femmes aient hérité d'une partie de ces papiers, le catalogue même n'autorise-t-il point à supposer du moins que le dépôt commun a été partagé entre les deux fils du marquis de Pomponne? L'aîné aurait conservé les Mémoires de son père et de son aïeul, le puîné les Mémoires d'un de ses oncles, de son grandoncle et de son bisaïeul. — Cette conclusion peut sembler plausible; nous n'oserions la garantir véritable.— Le catalogue dont elle s'appuierait n'est ni exact, ni complet, ni dressé avec intelligence. Ainsi il porte pour titre : Papiei's d' ambassades de M. Arnaidd de Pomponne, ambassadeur en Hollande et en Suède. Sur onze pages qu'il contient, il n'y en a qu'une de relative à ces papiers; les autres le sont aux papiers de d'Andilly et de l'évèque d'Angers. Il mentionne parmi ceux-ci des chill'ons insignifiants, et omet ce qu'il y a de plus important dans la collection, la correspondance personnelle de Pomponne, qui s'y trouve encore actuellement comprise. Enfin il indique, ainsi que nous l'avons dit plus haut (p. 222), les huit volumes du Journal de d'Andilly comme très curieux, sans savoir de qui ils proviennent. A cela ajoutez que la répartition à laquelle ferait croire ce catalogue serait plus que bizarre. Ainsi dans le cas où l'on voudrait y voir la liste des pièces allouées à Nicolas-Simon, il se trouverait que celui-ci, brigadier et homme du monde, aurait reçu dans sa part toutes les homélies et les mandements de l'évèque d'Angers, tandis que son frère l'abbé en aurait recueilli les ouvrages mondains. Nous inclinons donc, en dépit des inductions qu'autoriserait le catalogue, à penser que l'abbé de Pomponne, quoique le puîné de sa famille, a dû être le dépositaire de tous ses papiers, comme l'avait été son père, qui était aussi le cadet de sa génération. (Voir t. n, p. 17.) Seulement il sera arrivé dans la bibliothèque du dépositaire ce qui est arrivé dans la nôtre, où une moitié du précieux dépôt se trouve cataloguée, où l'autre moitié était jusqu'à cette heure demeurée dans l'oubli.—Mais laissons celle hypothèse, et admettons que les papiers de famille, dont la totalité se trouvait entre les mains de l'abbé de Pomponne lors de la publication des Mémoires de l'abbé Arnauld [1756], aient été antérieurement répartis entre les deux frères.
Ce dernier état de choses a dû cesser en 1737, époque de la mort de Nicolas-Simon. Or avant 1737 il n'y a eu de publié que les Mémoires de d'Andilly. Sur quatre ouvrages sortis des deux dépôts, il y en a donc trois qui en sont sortis par la volonté de l'abbé de Pom*
ponne. Ainsi toute la question se réduit à savoir lequel des deux frères a publié les Mémoires de d'Andilly. Serait-ce Nicolas-Simon ? Lors de la première levée de boucliers contre la réputation de son aïeul [1701-1705], il laissa attaquer impunément celui-ci. A cette époque, il est vrai, il avait à craindre de compromettre sa fortune, et lui qui en 1710 voulait abolir pour sa postérité le souvenir de Port-Royal, n'eût pas sans doute voulu en 1705 rappeler à tous la part que sa famille avait prise à des luttes qui avaient eu le malheur de déplaire à la cour. (Voir plus bas, t. n, p. 228-233.) Mais en 1730, lors du premier essai de publication des Mémoires, n'était-il pas dans des circonstances plus favorables pour les produire? En effet, le despote était mort; mais lui-même était vieux. Il avait soixante-sept ans, et d'ailleurs le cardinal de Fleury dirigeait les affaires, et ne les dirigeait pas en faveur du Jansénisme. A la rigueur toutefois, Nicolas-Simon aurait pu le braver. En 1720 il avait renoncé à la dernière de ses charges, à celle de lieutenant du roi dans l'île de France. Libre désormais d'ambition, ne pouvait-il pas enfin songer à son honneur? — Son honneur? Il avait achevé de l'enfouir en 1725 avec les cendres qui reposaient à Palaizeau. Où en eût-il pris cinq ans après pour défendre leur mémoire? Cinq années de plus avaient-elles ajouté à ses forces et à sa résolution? — Tout se réunit au contraire pour faire attribuer à l'abbé de Pomponne les démarches qu'on ne pourrait expliquer chez son frère. En 1704, au moment où les accusations dirigées contre son aïeul prenaient de la consistance sous la plume de Bayle, l'abbé était parti pour son ambassade de Venise, d'où il n'était revenu qu'en 1710. Son éloignement lui avait alors fourni un prétexte assez plausible pour ne pas offenser la cour, sans précisément abandonner la défense de sa famille. Dès 171 G, il avait atteint, avec la dignité de commandeur de l'Ordre, le comble des faveurs qu'il pouvait espérer. En 1727 et 1729 deux éditions des œuvres et des lettres de Bayle, données par Desmaizeaux, renouvellent les attaques dirigées contre d'Andilly, et c'est en 1730 que paraissent par fragments, et en 1734 que paraissent en entier les Mémoires de l'inculpé. Qui donc les a publiés, sinon celui qui après 1730 a fait encore trois autres publications de ce genre? Dans ce cas, il est vrai, il faut que Nicolas- Simon ait eu le courage de prêter le manuscrit original à son frère, si celui-ci ne le possédait pas. Or nous reconnaissons que le courage de Nicolas-Simon a pu aller jusque là, comme celui de l'abbé de Pomponne jusqu'à se mettre à l'abri derrière les noms de Bougerel et de Goujet.
Une dernière question qui n'intéresse plus que la bibliothèque de l'Arsenal, c'est de savoir comment les papiers qui étaient, si l'on veut, la propriété du marquis de Pomponne et de l'abbé son frère, ou, selon nous, de ce dernier seul, sont passés dans la bibliothèque de M. de Paulmy. A ce sujet nous n'avons rien de plus qu'une conjecture ; mais cette conjecture nous semble plausible. — Au moment où mourut l'abbé de Pomponne, aucune des personnes qui avaient porté le nom d'Arnauld n'existait plus. Mais les deux femmes de ce nom qui s'étaient alliées l'une à la famille de Torcy, l'autre à celle de Gamaches, avaient laissé, la première un fils et trois filles, la seconde une tille et trois (ils. La fille du marquis de Gamaches s'était alliée à la famille Du Rumain. Les trois filles du marquis de Torcy s'étaient alliées aux familles d'Ancezune, de Nouant et de Mailli. Tous ces noms étaient illustres; aucun de ceux qui les portaient n'en avait augmenté l'éclat. Mais celle des nièces de l'abbé de Pomponne qui était entrée dans la famille de Mailli était morte en donnant le jour à une fille unique qui, en 1747, épousa Marc-l\ené, marquis de Voyer, fils et neveu des deux d'Argenson, dont Louis XV avait fait ses ministres favoris, et qui en 1756, à l'époque où mourut l'abbé de Pomponne, étaient au faîte de leur puissance. Le père du marquis de Voyer avait dans ses attributions les Académies, la Bibliothèque du roi, l'Imprimerie royale. Il avait été agrégé à l'Académie des inscriptions, et s'était servi puissamment de son crédit en faveur des gens de lettres. Y a-t-il rien d'invraisemblable à supposer que l'abbé de Pomponne ait légué ses papiers à son petit neveu, fils du puissant et bienveillant ministre? Or ce fils, né le 20 septembre 1722, était l'aîné de deux mois seulement de son cousin-germain, Antoine-René, marquis de Paulmy, fils de l'autre ministre du nom de d'Argenson. Antoine et Marc étaient unis par une étroite amitié et par une grande conformité dans leur manière de voir. Toutefois la passion des livres était plus particulièrement celle du marquis de Paulmy; le goût des chevaux celui du marquis de Voyer. — Le premier créa notre bibliothèque; le second fut directeur des haras. —Est-il improbable que ce dernier ait doté son cousin des papiers d'une famille à laquelle sa femme devait tenir d'aulani moins qu'elle n'avait jamais connu la mère qui lui en avait transmis le sang déjà deu.v fois mélangé?
Note R; t. il, p. 253-270.
COLLECTION DE M. L'ABBÉ DELAN , DOCTEUR DE SORBOiNNE.
11 se trouve dans la bibliothèque de l'Arsenal (Impr., Théol., 6080, in-4°, 2 vol.) un recueil de pièces sur l'affaire du P. Pichon, en tête duquel M. de Paulmy a mis celle note : « J'ay acquis ces « deux volumes à l'inventaire de feu M. l'abbé de Lan, docteur de « l'ancienne Sorbonne, et par conséquent Janséniste. Ce qu'il y a « de morceaux et de noues manuscrites, est de ce docteur, écriies « ou rassemblé par luy, et par conséquent peut et doit contenir « des choses curieuses sur un pareil sujet. » — C'est à ce recueil que se rapportent la plupart de nos citations relatives aux démêlés du P. Pichon. Mais comme toutes les pièces qu'il contient, au nombre de trente-sept (plus six doubles, 7 bis, 12 bis, 17 bis, 30 bis, 33 bis, et 34 bis), sont juxtaposées dans les deux volumes sans aucun ordre, et que chaque pièce en renferme souvent plusieurs autres d'époques différentes, nous dressons ici la table chronologique de toutes ces pièces, pour faciliter les renvois de nos citations et l'usage d'un recueil qu'on peut consulter avec fruit sur l'histoire du Jansénisme.
12 février 1679. — Décret du pape Innocent XI, pour régler l'usage de la communion, n° xxin, p. 89, texte; n° xi, p. 2, traduction. (Imprimés.)
14 mai 1742. — Testament de monseigneur l'évêque de Lodève, n° xx. (Impr. de 8 pages.)
Octobre 1745. — Extrait de l'art. 87 du Journal de Trévoux sur le livre du P. Pichon, n° xxiv, p. 7. (Impr.)
17 décembre 1745. — Approbation donnée par l'archevêque de Besançon au livre du P. Pichon, n° xiv, p. 7. (Impr.)
6 mai 1746. — Approbation de Son Altesse monseigneur l'évêque prince de Basle, n° xiv, p. 8. (Impr.)
6 novembre 1746. — Lettre pastorale de l'évêque de Marseille [Belsunce], portant approbation, n° xiv, p. 7. (Impr.)
22 décembre 1746. — Lettre de M. Languet, archevêque de Sens, au P. Pichon, portant approbation, n° v, p. 1 (Man.), et n° xxiv, p. 6. (Impr.)
24 mai 1747. — Lettre du même, pour demander que la lettre précédente ne soit point imprimée, n° v, p. 2 (Man.), et n° xxiv, p. 7. (luipr.)
Juin 1747. — Remarques de monseigneur l'archevêque de Sens sur le livre du P. Pichon, n° ni. (Impr. de 11 pages.)
21 juin 1747. — Lettre de M***, docteur de Sorbonne, à monseigneur l'évêque de ***, en faveur du livre, n° xxiv. (Impr. de 7 p.)
1 juillet 1747.— Mandement de monseigneur l'archevêque d'Aix, où il rétracte en partie les éloges qu'il a donnés au livre, n° xiv, p. 3. (Impr.)
4 décembre 1747.— Lettre de monseigneur de Gharancy, évèquc de Montpellier, à monseigneur l'archevêque de Sens, sur la correction que celui-ci avait entreprise du livre, n° xiv, p. 5. (Impr.)
15 décembre 1747. —Mandement de monseigneur l'archevêque de Tours au sujet du livre...., n° vi. (Impr. de 8 pages.)
27 décembre 1747. — Ordonnance et instruction pastorale de
monseigneur l'évêque d'Auxerre portant condamnation , n° n.
(Impr. de 147 pages.— Cf. OEuvres de M. de Caylus, t. vi.)
I janvier 1748. — Ordonn. et inslruct. pastor. de monseigneur l'évêque de Soissons, portant condamnation..., n° iv. (Impr. de 46 p.)
24 janvier 1748. — Lettre du P. Pichon à l'archev. de Paris, dans laquelle il se rétracte, n° vm, p. 5 ; n° xxix, p. 32 ; n° xxxi, v° du titre; n° xxxn, front.; n° xxxiv, p. 11. (Impr.)
^janvier 1748.— Procuration de M. l'abbé de Pomponne pour faire poursuivre en parlement réparation des injures du P. Pichon ; Adhésion de Constance de Harville, veuve de Nicolas- Simon, marquis de Pomponne, à cette poursuite ; Projet de requête au parlement, n° xvn bis, p. 1. (Impr.)
30 janvier 1748. — Instruction pastorale de l'archev. de Tours sur la pénitence, n" vu. (Impr. de 37 pages.)
3 février 1748. — Ordonn. et inslruct. pastor. de monseigneur l'év. deCarcassonne, portant condamnation, n° ix. (Impr. de 62 p.)
8 février 1748. — Lettre de l'archev. de Paris, portant condamnation.... ( Voir n° xvn bis, p. 5; cette lettre manque au Recueil.)
II février 1748. — Lettre de S. E. monseigneur le cardinal de Tenein, archev. de Lyon, pour communiquer la rétractation du P. Pichon, n° vm. (Impr. de 6. p.)
13 février 1748. — Lettre écrite par monseigneur le chancelier [d'Aguesscau] à M. l'abbé de Pomponne, de la part du roi, n° xvn, p. 8 fMan.), et n° xvn bis, p. 6. (Impr.)
Avant le 15 février 1748. — Lettre de monseigneur l'évêque de Marseille, pour remercier l'archevêque de Sens de l'impri né de juin 1747, n° v, p. 3 (Man.), et n° xxiv, p. 3. (Impr.)
15 février 1748. — Arrêt du conseil d'état, qui révoque le pri-
vilége accordé pour l'impression du livre, n° xvn bis, p. 8. (Impr.)
15 février 1748. —Lettre pastorale de l'évêque de Maçon, pour
communiquer la rétractation du P. Pichon, n° xxvi. (Imp. de 8 p.)
17 février 1748. — Dépôt des lettres écrites parle chancelier, au nom du roi ; par le même, en son nom, et par le comte de Maurepas à l'abbé de Pomponne, h° xvn, p. 1 (Man.), et xvn bis, p. 3. (Impr.)
18 février 1748. — Instruction pastorale de monseigneur l'archevêque de Tours, sur la communion, n" vu bis. (Impr. de 83 p.)
22 février 1748. — Lettre de Pévêque de Nantes, pour notifier la rétractation, n° xxvm. (Impr. de 2 p.)
28 février 1748. — Lettre de l'archevêque d'Aix, pour communiquer la rétractation, n° xv, p. 1. (Impr.)
28 février 1748. — Avertissement de l'évêque de Marseille, contre le livre , n° xv, p. 3. (Impr.)
Février 1748. — Extrait d'un mandement de l'évêque de Lucon, contre le livre..., n°xv, p. 4. (Impr.)
Fin de février 1748.— Lettre de l'abbé de Pomponne à l'abbesse de Maubuisson, n° xvi. (Man.)
2 mars 1748. — Ouverture du dépôt, placé le 17 février précédent par l'abbé de Pomponne, chez son notaire, n° xvn, p. 2 (Man.), et n° xvn bis, p. 4. (Impr.)
13 mars 1748. — Lettre de l'évêque de Toulon, pour notifier la rétractation..., n° xxvn, p. 1-26. (Impr.)
26 mars 1748. — Ordonn. et instruct. pastor. de l'évêque de La Rochelle, sur la communion pascale, n° xi. (Impr. de 4 p.)
26 mars 1748. — Ordonn. et Instruct. pastor. de l'évêque de Lodève, portant condamnation..., n" xix. (Impr. de 55 p.)
Vers la fin de mars ou le commencement d'avril 1748. — Le triomphe de M. Arnauld, n° xvn bis. (Impr. de 8 p.)
6 avril 1748. — Mandement de l'archevêque de Rouen, portant condamnation..., n° x. (Tmpr. de 10 p.)
9 avril 1748. — Lettre de l'évêque d'Amiens, sur la rétractation..., n° xxx, p. 33-42. (Impr.)
17 avril 1748. —Ordonnance de l'évêque de Toul, contre le livre..., n° xxix, p. 29-32. (Impr.)
22 avril 1748. — Avertissement de l'archevêque de Besançon, portant condamnation du livre..., n° xn. (Impr. de 3 p.)
23 avril 1748. — Lettre de l'évêque de Basle au P. Pichon, pour le blâmer de s'être rétracté, n° xxv. (Impr. de 4 p.)
26 avril 1748. — Mandement de l'évêque de Beauvais, portant condamnation..., n° xxn. (Impr. de 7 p.)
27 avril 1748. — Arrêt du conseil d'état portant condamnation de l'écrit intitulé : Triomphe de M. Arnauld, n° xvin. (Impr. de 2 p.)
23 mai 1748. — Ordonn. et instruct. pastor. de l'évêque d'Évreux, portant condamnation..., n° xxxi. (Impr. de 45 p.)
Juin 1748. — Instruct. pastor. de S. A. E. le cardinal de Rohan, évêque de Strasbourg, sur la Pénitence et l'Eucharistie, n° xxin. (Imp. de 91 p.J
Vers juin 1748. — Avertissement mis en tète d'une lettre de Fénelon, par les défenseurs du P. Pichon, n" xxxn, frontisp., f° 1, v° et p. 148. (Impr.)
16 juillet 1748. — Ordonn. et instruct. pastor. de l'évèquc de Saint-Pons, portant condamnation, n° xxxn. (Impr. de 200 p.)
1748. — Remarques sur certaines condamnations portées contre le livre du P. Pichon, n° xxi. (Impr. de 5 p.)
23 février 1749. — Instruct. pastor. de l'archevêque de Tours, sur la justice chrétienne, n° xxxm (impr. de 200 p., suivi d'une page de réflexions manuscrites).
1749. — Jugement sur la pièce précédente, dicté à Rouen par un Jésuite, professeur en théologie, n° xxxm, après le titre. (Man. de 2 p.)
15 novembre 1749. — Mandement de l'archevêque de Tours, portant condamnation d'un libelle dirigé contre son instruction du 23 février 1749, n° xxxiv. (Impr. de 96 p.)
13 janvier 1750. — Mandement de l'évêque d'Auxerre, portant permission de manger des œufs, etc...., n° xxxvn. (Impr. de 44 p.)
Janvier 1750. — Lettre critique sur les opinions émises par l'archevêque de Tours, n° xxxiv bis. (Man. de 3 p.)
Pièces sans date. — Lettres et notes de M. Delan, sur le livre du P. Pichon, n° i. (Man. de 32 p.) — Table [incomplète et sans ordre] dressée par M. Delan sur le Recueil, n° xxxvi. (Man. de 2 p.) — Vers contre le P. Pichon, n° xiv. (Man. de 24 vers.)
Note S ; les deux volumes passim.