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ET DE POMPONNE

Après avoir retrouvé l'époque de la retraite de d'Andilly (Voir t. i, Appendice, note H), les seuls chiffres qu'il nous semble utile d'établir en ce qui le concerne, sont ceux de son budget. — En ce qui concerne Pomponne, ce sont ceux qui marquent les dates des principales époques de son existence.

§ Ier. — - Budget de d'Andilly.

D'Andilly était entré à la cour en 1603 [OEuv, du doct. Arn., t. n, p. 7/i/i), et dans les finances en 1605. [Mém., d'Arn. d'Andilly, part, i, p. 93.) — Il ne toucha aucun émolument jusqu'au 1er janvier 1618. (Brevet du 28 novembre 1618, parmi

nos papiers.) — Dans ses Mémoires (part, i, p. 106), Robert dit cependant que Marie de Médicis lui envoya en 1616 le brevet de la première pension qu'il ait eue du roi. Ce brevet devait être de 500 livres, comme le prouve ce qui suit. — Le 9 mars 1618, Robert fut nommé conseiller d'état (Brevet sous cette date), avec 2000 livres de gages et 2000 livres d'entretènement. Le Brevet du 28 novembre de la môme année augmenta l'entretènement de 3500 livres, ce qui le portait, dit le Brevet, à 6000 livres. Il faut donc qu'outre les 2000 livres portées au Brevet du 9 mars Robert ait eu par ailleurs 500 livres d'entretènement. Les 6000 livres qu'il réunit ainsi furent réduites et consolidées en une pension de 4000 livres le 18 décembre 1629. (Brevet de cette date.) — Marie de Médicis lui avait accordé une pension de 3000 livres le 1er janvier 1625 (Brevet de cette date), qui dut cesser vers 1631, lors de la retraite de Marie à Bruxelles, et qui fut sans doute remplacée par la pension que lui accorda Anne d'Aulriche aussitôt qu'elle fut régente. (Mëm. d'Ain. d'Ancl., part. n. p. 118.) — Le 24 février 1625 (Ibid., p. 29, et Brevet dans nos papiers), le duc d'Orléans créa Robert intendant général de sa maison, avec 8000 livres de gages perçus jusqu'à la disgrâce de celui-ci en 1626, et peutêtre jusqu'en 1631. {Lett. d'Arn. d' Andilly ,p. 489.) Le 2 août 1637, Gaston indemnisa Robert par une pension de 3000 livres, qui fut payée jusqu'au 2 février 1660, époque de la mort de ce prince. {Mëm. d'Arn. d'And., part, n, p. 118.) De novembre 1634 (ibid.y p. 66) à novembre 1635 [ibid., p. 115), Robert toucha 7200 livres comme intendant de l'armée du Rhin {Mëm. du card. Lavcdlette, 1. 1, p. 6), et eut à dépenser sans contrôle 70000 livres; il n'en dépensa que 23000 {Mém. d Andilly, part, n, p. 191), dont Bullion voulut exiger la restitution comme si elles eussent été mal employées, {lbid.,ip. 88 et 91.) Rien d'ailleurs, hâtons-nous de le dire, ne semble justifier l'exigence de Bullion. (Voir Lettres de d' Andilly, p. 288.) La plume médisante de Tallemant ( t. n, p. 312) n'a-t-elle pas écrit : « M. d'Andilly avoit les mains nettes? » (Voir cependant plus haut, t. i, p. 340.) —En 1644, Robert se dépouilla en faveur de son fils, Simon de Briottes, plus tard marquis de Pomponne, de presque tout ce qu'il touchait encore de pensions, c'est à dire des 4000 livres consolidées, et des 3000 livres du duc d'Orléans (Simon touchait en outre ses gages d'intendant et de conseiller d'état) ; son père ne se réservant que la pension de mille ëcus dont la reine-mère l'avait gratifié. Anne d'Autriche mourut le 20 janvier 1666, et la seule pension qui restât à Robert courut grand risque d'être supprimée.

Son fils, alors ambassadeur en Suède, voulut intervenir près de Colbert; mais Robert intercepta noblement la lettre, et sut obtenir seul, en 1668, le rétablissement de sa pension, qu'il toucha jusqu'à sa mort. — Presque toutes les pièces justificatives de ce budget du solitaire, avant et après sa retraite, se trouvent dans notre dépôt, soit en viclimiis, soit en original.

§ II. — Les époques les moins connues de la vie de Pomponne.

La correspondance inédite de Briottes, rapprochée des Lettres et des Mémoires imprimés de sa famille, fournit quelques dates assez importantes, dont la plupart manquent jusqu'à celte heure à sa biographie. — Le 4 mai 1642, d'Andilly écrit à M. d'Aiguebonne, ambassadeur en Piémont, et à M. de Couvonges, gouverneur de Casai, pour leur recommander son fils, que des fonctions d'intendant amènent à Casai. {Lett. d'Arn. d'Andilly, p. 374-375 ; Cf. dans le Recueil in-12, p. 198, une lettre de Lemaistre, où il est question de son cousin de Periottes, sans doute Briottes.) La première des lettres de Briottes qui soit datée de Casai est du 16 août 1642. Elle en suppose de précédentes. En 16^i6, il était toujours intendant à Casai. (Mém. de l'abbé Arnauld, part, n, p. 73.) Cette année même il écrit de Rome une lettre datée du 30 septembre. Un congé l'y avait conduit près de son frère aîné et de leur oncle l'abbé de Saint-JSicolas d'Angers. {Ibid.) Il fut bientôt de retour à Casai. Il y écrivit encore à son père une lettre datée du 23 mai 1647. (Cf. Lett. inéd. des Fenquière, t. i, p. 382, une lettre de Pomponne datée de Casai après le 18 juin 1647.) Dans la lettre du 23 mai, il annonce qu'il doit passer l'hiver à Paris. — Le 26e jour de novembre de la môme année {Mém. du comte de Modhie, t. n, p. 254), appareillait aux îles d'IIières la Hotte française destinée à seconder l'entreprise de Henri II, duc de Guise, sur le royaume de Naples. Cette Hotte, arrivée dans le golfe de Naplcs le 18 décembre 1647, et repartie pour la France le 4 janvier suivant {ibid., p. 280-293), devait avoir Simon de Briottes pour intendant ; car, dans le préambule des lettres qui en 1671 lui confèrent la charge de secrétaire d'état (préambule où Robert lit minuter trois ou quatre fois tous les services rendus par sa famille, avec des variantes, avant d'en présenter au roi la rédaction définitive), il est dit constamment que le nouveau ministre « d'esté dans l'intendance de noslrc armée navalle de flapies, » ce qui

n'a pu avoir lieu que dans l'une des deux expéditions du duc de Guise. Mais dans celle de 1654 l'intendant était Colbert (Relation imprimée dans le Recueil historique de Cologne, 1666, in-12, p. 159 ; réimprimée à Paris, ih-iS, 1687, p. 37) ; et d'ailleurs nous allons voir Simon occupé ailleurs dans le cours de cette même année. C'est donc à la première expédition de 1647 qu'il faut rattacher ses services comme intendant de l'armée navale de Naples. En 1648, Briottes était de retour d'Italie, car d'Auvigny {Vie des hommes Mus t., t. vi, p. 273) dit que pendant les troubles de la fronde il fut intendant de l'armée du roi ; et d'après les Mémoires de l'abbé Arnauld (part, n, p. 149-160) il paraîtrait que le jeune intendant a passé quelque temps, à cette même époque, dans Port- Royal. Une lettre de l'abbé de Feuquière {Lett. inéd. des Feuquière, t. i, p. 395) prouve qu'en mai 1649 il était à Paris. De Paris Briottes fut envoyé, toujours comme intendant, en Catalogne. Le préambule de 1671 dit qu'il en exerça les fonctions dans cette province. Une déclaration autographe de Simon, faite en décembre 1661 et le 14 octobre 1663, porte que ce fut en 1651 ; et les Mémoires de l'abbé Arnauld (part, m, p. 53), qui s'accordent avec ces documents, y ajoutent une dernière date, celle du retour de Briottes à Paris, qui est également de 1651. —Trois ans après Simon entra, probablement avec l'appui de Fouquet, dans la carrière diplomatique ; car la déclaration que nous venons de citer nous apprend qu'il fut employé en 1654 (sans doute à la fin de cette année ; Mém. de l'abbé Arnauld, part, ni, p. 53, 60) et en 1655 à une négociation près des ducs de Mantoue et de Savoie, négociation si heureuse que la France en a conservé Cazal. (C'est à dire sans cloute l'alliance du prince qui disposait de Casai, car les Français avaient été obligés d'évacuer cette place en 1652, et n'y rentrèrent qu'en 1681. Cf. La sauce au Verjus, p. 56. ) De retour à Paris, Simon demeure quelque temps sans emploi. (Voir plus haut, t. n, p. 78, la lettre écrite en 1659 par d'Andilly à Mazarin; Cf. Lett. de laM. Ang., t. ni, p. 271, lett. dccclxxh, de juillet 1656, où on lit : « J'avois fort pensé à ce pauvre garçon avec douleur, pareequ'il est « dans une malheureuse cour. » ) Puis il s'attache complètement à Fouquet (Mt;/n. de /' abbé Arnauld, part, ni, p. 65), qui lui fait épouser le 9 mai 1660 une riche héritière, fdle de Ladvocat, maître des comptes. C'est au moment de ce mariage que Briottes, en faveur duquel Antoine se dessaisit de la terre de Pomponne, prend le nom de cette terre, qui fut érigée pour lui en marquisat par lettres d'avril 1682, registrées au parlement et en la chambre des comptes les 7

et 14 juillet suivants. (La Chesnaye Desbois, Dicl. de Noblesse, v° Pomponne.) — Nous pensons donc que M. Etienne Gallois fait un léger anachronisme lorsque, dès le mois de juin 1673, il donne à Pomponne le titre de marquis. (Lett. inécl. des Fcuquière, t. n, p. 178.) Mais le 5 septembre 1661 Fouquet avait été écroué dans les prisons de Nantes. Pomponne partagea sa disgrâce. Une note de celui-ci apprend qu'ii fut exilé à Verdun par lettre de cachet du 12 février 1662. Une autre lettre du 2 avril 1663 lui permit de se rapprocher de Paris, et de résider à La Ferté-sous-Jouarre. Une troisième, du 14 septembre 1664, lui assigna pour résidence Pomponne, où son père venait d'être exilé le 2 du même mois. (Mém. d'Arn. d'Andilly, part, n, p. 152.) Enfin une dernière lettre, datée du 2 février 1665, mit fin à son exil, et le lendemain il rentra dans Paris.

Entre le mois de septembre [Ment, de l'abbé Arnauld, part, ni, p. 73) et le mois de décembre 1665 [Mém. de Coulanges, p. 392), îe roi songea sur la proposition de M. de Lionne à envoyer Simon en Suède comme ambassadeur extraordinaire; le chevalier de Ter- Ion y était déjà comme ambassadeur ordinaire. (Hist. des négoc. de Suède, t. i, p. 109, Bibl. de l'Arsenal, m9s, Hist. Fr., in-f°, 634.) Pomponne partit de Paris le 28 décembre 1665, arriva à Copenhague le 5 février 1666 (Cf. Gaz. de France du 26 février 1666). en repartit le 7, et arriva dans Stockolm le 16 du môme mois. (Ibid. elNëgoc. de Pomponne, même biblioth., t. i, p. 36, m", Hist. Fr., in-f°, 601, où Pomponne dit qu'il partit de Paris le 30 déc. 1665 et qu'il arriva le 15 février à Stockolm.) — Le chevalier de Terlon, étant nommé ambassadeur extraordinaire en Danemarck, quitta Stockolm le 3 septembre 1666, où Pomponne resta seul chargé de représenter Louis XIV (mss 634, t. i, p. 171). Sur la proposition de Pomponne, mécontent de la cour de Suède, Louis XIV lui accorda son rappel le 15 juin 1668. [Ibid., p. 304.J L'ambassadeur quitta officiellement Stockolm le 1er août, et effectivement le 4 du même mois. [Ibid., p. 319.) Il arriva à Saint-Germain le 17 septembre 1668. (Mss 601, t. i. p. 451.) Dès la fin du même mois le roi désigna Pomponne pour aller remplacer en Hollande, comme ambassadeur extraordinaire, le comte d'Estrade, nommé gouverneur de Dunkerque ; Pomponne partit de Paris le 9 février 1669. Il arriva à La Haye le 24 du même mois. (Mss 601, t. n, f° 1. Cf. Gaz. de France du 22 juin 1669.) Il y prit congé des Etats le 30 juin 1671 (Cf. Gazette de France du 11 juillet 1671), et en repartit le 9 juillet pour la Suède. ( Cf. Gazette de Finance du

29 août 1671.) Il s'embarqua le 15 juillet à Amsterdam. [Ibid., f°137.) Il séjourna à Copenhague le 28 juillet, et arriva à Stockolm le 8 août 1671. (Mss 634, t. i, p. ^14.) Le 5 septembre Louis XIV lui adressa une lettre (Mém. de Coulanges, p. 434) qu'il reçut le 24. septembre à huit heures du soir, lettre par laquelle il était nommé secrétaire d'état. (Mss 601, t. n, f° 153, v°; Cf. Gazette de France, du 26 septembre 1671.) Courtin, qui devait le remplacer et qui était parti le 10 ou le M septembre, était tombé malade à Dunkerque (ibid., f° 156), et le roi lui substitua le marquis de Vaubrun, maréchal-de-camp, comme chargé d'affaires. Celui-ci arriva le 11 novembre à Stockolm. {Ibid., f° 1 56.) Le mss 634 , (t. i, p. Zi58) met l'arrivée de Vaubrun le 6 novembre, et le fait agir de concert avec Pomponne jusqu'au 3 décembre 1671, époque où celui-ci quitta Stockolm en y laissant Vaubrun, qui le 12 du même mois y fut remplacé par Courtin. (Mss 601, t. n, f° 160 ; et mss 634, 1. 1, p. 482-/488.) Pomponne arriva à Saint-Germain le 12 janvier 1672. (Mss 601, t. 11, f° 161.) Il prêta serment et entra au conseil le

15 janvier. [Gaz. de France du 23 janvier 1672.) Il fut disgracié le 18 novembre 1679 ( Lettres de Mmc de Sévigné, du 22 novembre 1679; Cf. Gaz. de France du k août 1696), et rentra au conseil en qualité de ministre d'état après la mort de Louvois, arrivée le

16 juillet 1691. {Gaz. de France du 28 juillet 1691.) Colbert de Croissy étant mort le 28 juillet 1696 ( Gazelle de France du lv août 1696), son fils, qui avait obtenu dès 1689 sa survivance comme secrétaire d'état des affaires étrangères, lui succéda et s'unit le 13 août de la même année à Félicité Arnauld, fille du marquis de Pomponne {ibid., 18 août 1696; Mém. de Saint-Simon, t. 11, p. 181), et dès lors Pomponne partagea avec son gendre la charge de secrétaire d'état des affaires étrangères, dont il conserva même la direction. {Mém. de Saint-Simon, t. îv, p. 168 ; Mém. de Dangeau, t. n, p. 46; Lett. de Mme de Sévigné, du ik août 1696; Lett. de Mme de Grignan, du 7 août 1696, t. x de l'éd. in-8° de M. de Montmerqué, p. 222.) Claude Le Pelletier, ami dévoué de la famille Arnauld, et particulièrement du marquis de Pomponne (Saint- Simon, Mém., t. ni, p. 90, et plusieurs lettres inédites dans notre dépôt), s'étant démis de l'administration des postes en se retirant de la cour pour travailler à son salut, le 18 septembre 1697 (Saint- Simon, ibid,, p. 87), Pomponne le remplaça à la tête de cette administration. {Ibid., p. 91.) « Cet emploi, dit Gatien des Courtilz « {Annales de la Cou?- et de Paris, p. 653)» valoit 32,000 fr. de « rente, et fut donné à M. de Pomponne qui, tout homme de bien

« qu'il étoit, ne la trouva pas incompatible avec sa dévotion. » — Enfin Pomponne mourut d'indigestion à quatre-vingt-trois ans, le 26 septembre 1699. (Mém. de Saint-Simon, t. îv, p. 168; Cf. Gaz. de France, du 3 octobre 1699.J

Note Q; t. i, p. 222; t. n, p. 17, 43, 2/i7.

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