‹ La vérité sur les ArnauldChapitre 6 sur 28 · II · texte numérisé non relu

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Jl/l LES FILS D'ARNAULD D'ANDILLY.

truites I , les solitaires de nouveau dispersés 2; et la désolation pénétrait pour d'Andilly jusque dans l'intérieur de Port-Royal même, où il perdait sous le voile l'une de ses enfants, Anne-Marie de Sainte-Eugénie 3.— En 1661, il voyait expirer sa sœur la grande Angélique ; les écoles intérieures de jeunes filles étaient dispersées à leur tour pour jamais, et l'on enlevait aux religieuses jusqu'à leurs confesseurs4. — En 1662, d'Andilly perdait le maréchal Fabert 5. Son fils le plus aimé, celui à la fortune duquel il avait sacrifié celle des autres, Pomponne, était frappé de disgrâce et d'exil G; et la fille aînée de celui-ci mourait après avoir atteint sa première année 7. — En 1663, l'intervention de l'évêque de Comminges dans les affaires du Jansénisme fit éclater entre d'Andilly et son frère le docteur cette lutte intestine à la suite de laquelle le pouvoir resta au théologien 8. — Enfin, en 1664, d'Andilly vit arracher sa famille de Port-Royal et disperser la dernière de ses sœurs, la mère Agnès, et trois de ses filles dans des monastères étrangers 9. Bientôt même il apprit que deux de celles-ci avaient abjuré leur famille

1 Voir plus haut, t. n, p. 188, n. 8.

- Lettres de la M. Angélique, t. m, p. 53/i, du 16 mai 1661 ; D. Clémencet, Ilist. de P. IL, t. iv, p. 25 ; Ilist. des Persécutions, passim, elc. — Cf. Mém. de Fontaine, t. n, p. 201.

3 Mém. de la M. Angélique, t. ni, p. 596. — Sur le personnel des deu\ maisons de Port-Iloyal à celte époque, voir Hisf. des Persécut., dise, pré im., p. \i.

/( Mém. de la M. Angélique, t. il, p. 123, et les trois volumes, passim; tous les Nécrol. ; toutes les Jlist, de P. II. et plus particulièrement, Hist. des Persécut.

■' Le P. Barre, Vie de Fabert, t. n, p. 261, etc.

r> Voir plus haut, t. n, p. 103,

7 Jbid., p. lli.

8 Jlnd., t. i, p. 272.

9 JMd.y p. 217.

CHAP. IV, SECT. IV, ART. II, § If. 215

et le Jansénisme en signant le Formulaire1', et cette nouvelle vint le frapper, non pas à Port-Royal, mais dans l'exil où le confinait une lettre de cachet2.

Cet exil toutefois, qui semblait mettre le dernier comble à ses maux, fut le premier pas vers une meilleure fortune, car il ramenait le solitaire persécuté au foyer domestique. L'aîné et le second de ses fils en étaient absents; mais Luzancy l'y avait suivi, et bientôt le roi permit à son cher Pomponne de l'y rejoindre5. — Environné de ce qu'il avait alors de plus cher, nous l'avons vu, il se retrempa aux pures affections de la famille 4. Il donna largement à ses petits-fils la tendresse qu'il avait économisée sur ses propres enfants 5. — Bientôt la fortune revint. Pomponne fut ambassadeur. — Puis la paix reparut à son tour. Port-Royal se rouvrit [1668]. — Mais le vieillard plus sage, après avoir jadis sacrifié ses fils à Port-Royal, sacrifia cette fois Port-Royal à ses fils. Et, lorsqu'à bout de sagesse il voulut y ramener ceux-ci, la mort survint à temps pour l'en empêcher [1673-1674]. 6

Les corollaires providentiels qui nous semblent découler de ces faits donneraient, il est vrai, une opinion plus favorable de l'influence de la famille naturelle sur les Àrnauld que du pouvoir de leur famille ascétique près de Dieu. Seraient-ils moins légitimement, déduits que ceux de Lancelot et de Du Fossé ?

1 Voir plus bas, chap. vi, sect. i, art. i, § i.

2 Mèm. de d'Andilly, part. H, p. 4 52, et plus haut, t. i, p. 210.

3 lbid. , p. 153, et Y Appendice, note 0 bis. A Voir plus haut, t. n, p. 111.

5 lbid. et plus bas, chap. v, sect. i, art, i, et chap. vi, sect. n, art. i, etc.

6 Voir plus haut, t. n, p. 106, 110, 119, 122.

210 LES PETITS- FILS D' ARNAULD D'ANDïLLY.

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