‹ La vérité sur Lourdes [microform]Chapitre 10 sur 26 · TROISIEME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE

Des fractures a Lourdes.

SOMMAIRE : Non guerison des fractures a Lourdes. Pierre Derruder. Chirurgie contre miracle. Un miracle d'ingratitude. L'escamotage d'un os par sceur Ghagnon.

Non guerison des fractures. Les fractures et les luxations sont classees parmi les maladies les plus frequentes de la chirurgie ; cependant, chose extraordinaire, il se trouve que la Vierge de Lourdes ne guerit ni fractures, ni luxations.

J'ai cherche un cas de guerison de cet ordre dans les ouvrages de Lasserre, dans ceux de Boissarie, dans les 160 guerisons citees par Georges Bertrin, dans plusieurs annees du Journal de la Grotte, et je n'ai trouve nulle part, une jambe ou un bras casses, qui, trempes dans la piscine en soient sortis avec leurs os soudes. A Lourdes meme et dans les environs, chaque annee, comme partout ailleurs en France, il se produit un certain nombre de fractures et de luxations ; or, la source miraculeuse est la, qui pourrait les guerir, comment se fait-il que jamais la Vierge de Lourdes n'a fait le miracle de consolider les os fractures et de remettre en place les articulations luxees? Comment se fait-il qu'elle se refuse avec autant d'obstination a meler a 1'eau de la piscine ce qui lui manque pour recoller les os.

Pour repondre a cette objection si grave qui les touche profondement, les ecrivains opposent le miracle

do Pierre Derruder dont la jambe etait brisee et qui fut guerie, grace a Lourdes, nous dit-on.

Mais, sans compter que celte cure ne s'est produitc quehuit ans apres 1'accident, ce qui est contraire a toutes les regies du miracle, lequel demande aetre scrvichaud, ce n'est pas a Lourdes memo que le miracle eut lieu, mais en Belgique, comme nous aliens le raconter. Do plus, nous donnerons la preuve que ce miracle n'en fut pas un.

Apres celui de Pierre Derruder, nous conterons 1'histoire de quelques cas analogues, bienqu'ils aienteu un moindre retentissement. Mail ces cures comme la precedents n'eurent lieu qu' apres de longues annees, lorsque la maladie n'etait plus une veritable fracture, mais plutot une lesion osseuse, car jamais, nous le repetons, une fracture fraiche ne sortit guerie des eaux de la piscine de Lourdes.

Pierre Derruder. Faute d'un miracle de vraie fracture, Lourdes a cru entrouver un dans une fracture ancienne qui fut guerie non par 1'eau d'une source, mais par 1'effet de 1'evolution naturelle de la maladie. Neanmoins, on a fait un tel bruit autour de la guerison de Pierre Derruder, et son nom dans les nomenclatures de guerisons revient si souvent masquer la penurie des guerisons de fractures, qu'il nous faut en parler longuement.

Analysons cette cure chirurgicale et voyons si 1'intervention divine y fut pour quelque chose. La Belgique a voulu avoir son petit Lourdes; a Oostaecker, pres de Gand, elle a bati une grotte sur le modele de celle des Pyrenees. 11 y a la une copie de la blanche Vierge de Massabielle avec son ruban bleu. Les beiges, en gens

pratiques, ont fait d'Oostaecker un pelerinage d'essai oil les malades vont d'abord chereher leur guerison; si celle-ci n'a pas lieu, il est encore temps d'aller la sollicifcer chez la Vierge francaise. Or, c'est a Oostaecker et non a Lourdes qu'eut lieu le pretendu miracle dont nous ailons cssayer, scientifiquement, de reconstituer 1'histoire.

En 1867, a Jabbeke, pres Gand, unpauvre cultivateur dunoin de Pierre Derruder eut la jambe gauche broyee a son tiers superieur par la chute d'un arbre : la fracture etait comminutivc, c'est-a-dire quo plusieurs fragments d'os se trouvaient eni.ro les deux troncons du tibia.

Nous insistons sur la presence de ces fragments d'os ou esquilles qui vont servir de base a notre rcquisitoire contre le miracle. Les chairs contusionnees se mortifierent, laissant une large plaie qui communiquait avec un foyer de suppuration situe au centre de la fracture.

Dans cc foyer se trouvaient deux gros fragments d'os et un grand nombrede petits ; scparesdeleurs vaisseaux nourriciers, ils devinrent des sequestres ou os morts. Mais, comme ils etaient places cntre les deux fragments du tibia, ils en empecherent le recollement. Tons ccux qui ont parle de Derruder ont signale ces os necroses places dans le milieu de la fracture, nous insistons de nouveau sur lour presence, car ils vont jouer le role principal dans 1'evolution et la termmaison do la maladie .

Des co moment, F operation suivatite elail indiqucc : il fallait, a 1'aide d'instruments ad hoc extraire Fun apres Fautre, tous les fragments necroses, de fac.on a cnlcver

1'obstacle a la guerison. On fit bien, des la premiere annee 1'enlevement d'un gros sequestre. Malheureusement 1'operation complete ne se fit ni aii debut, ni pendant les sept premieres annees et ce sont ces eclats d'os qui empecherent les deux bouts du tibia de se toucher et d'adherer ensemble.

G'cst pourquoi Pierre Derruder vit sa plaie suppurer pendant si longtemps, ct son tibia et son perond ne pouvoir se consolider. Les choses auraient continue ainsi plusieurs annees encore, si les petites esquilles, peu a peu n'etaient sorties de la pl.de, soit naturellement, soit a 1'aide des pinces d'un chirurgien. Je declare, ecrit le docteur Van Hcestenberghe dans la Chronique medicale qu'tin gros sequestre a ete enleve au commencement et que le pus a charrie tres souvent, durant les autrcs annees, de petits fragments d'os ; que cinq ou six fois, dans mes examcns, j'ai cu de ce sable osseux entre les doigts.

Lorsque le docteur Verriest, de Bruges, vint en consultation, quelques mois avant la guerison, il fit sans doule, lui aussi, 1'extraction de quelques-uns dc ces sequeslres, avant d'immobiliser la jambe dans un appareil.

Nous aurions voulu en avoir la certitude, maiss nous n'avons rien pu obtenir a cet egard. II esl probable quo ce fut pendant cette derniere immobilisation qua les os commencerent a so rapprochcr ct a sc soudcr derrierele dernier sequestre qui suppurait encore au bord de la plaie.

Enilii, nous arrivons a 1'operalion ultime qui va permettre aux deux fragments du tibia de se souder completement. Quelques semaines avant le pelerinage se produisit cc fait capital qui devait perincttre a Pierre Derruder de

faire croire a un miracle : le docteur Offenaer enleva le gros sequestre, dernier obstacle a la consolidation. A quelle date exacte cette operation fut-elle faite? Nous Fignorons, mais il est certain que le nombre de jours qui s'ecoula entre 1'intervention chirurgicale et le pretendu miracle fut sui'fisant pour amener la consolidation osseuse.

En tout cas, si le docteur Offenaer a fait son operation un ou deux mois avant le voyage de Lourdes, la fracture a eu tout le temps necessaire pour guerir. Le docteur Van floestenbergbe, de Stalhille, oublie un peu ses livres de chirurgie, lorsqu'il atteste qu'il n'avait pas vu le malade depuis deux ou trois mois, mais qu'etant doime 1'etat oil etait la jambc do Derruder, au moment ou il la vit, elle n'avait pu, dans aucune bypothese, etre ciealrisee completement dans 1'espace de temps qui s'etait ecoule entre sa derniere visite et le pelerinage. Cette assertion est fausse : il ne faut ni Irois mois, ni meme deux mois pour la consolidation d'une fracture du tibia, lorsque tout obstacle est enleve.

L'intervention du docteur Offenaer est confirmee par le docteur Boissarie qui declare qu'un sequestre assez volumineux fut enleve par ce medecin (page 89). M. Georges Bertrin, a son tour, confirme 1'operation a la page 244 de son histoire de Lourdes oil il ecrit ceci : Pour apprecier exactement ce qui va suivre, il convient de connaitre, avec precision, 1'etat du malade, a cc moment, et jusqu'a 1'heurc oil il arriva a la Grotle d'Oostaecher : le docteur Ofl'enaer avail enleve un morceau d'os qui s'etait detache a 1'endroit de la (( fracture et etait loge dans les tissus ; c'cst ce qu'on appellc, en cliirurgie, un sequestre .

Georges Bertrin qui n'est pas medecin, a cru que, par cette operation, les deux gros fragments du tibia se trouverent desormais separes 1'un del'autre,avcc impossibilitd de se reunir, et qu'il fallait I'intervention de la Vierge pour mettre un cal entre les deux os. Georges Bertrin, comme on ie voit, a commis une grossiere erreur chirurgicale; c'est le contraire qui arrive : le sequestre enleve, les os se reunissent.

A la suite de F extraction de 1'os necrose, le docteur Offcnaer avail place autour de la jarabe, un apparcil immoviblc. G'cst sans doutc cot emplatre, avec ses bandcs clout on parle dans le recit du miracle, qui tomberent a la chapelle d'Oosteacker.

Mais, si cette jambe, le jour du pelerinage. etait envcloppee d'un tel appareil, elle etait invisible, et la fracture cacbee aux regards des curieux. Geux done qui ont pretcndu voii la plaie immediatement avant le miracle on pendant les jours qui le precederent n'ont pas dit laverite.Ces temoins, nous lesrecusons,car ils n'ont pas parle de cet emplatre et de ces bandes quicachaicnt ce qu'ils ont pretendu avoir constate. Depuis I'intervention du docteur Offenaer, per.sonne n'a pu voir la pluie.

Lc docteur Mottalt, du Hommet, a qui on avait demande de faire une enquete au sujet du miracle, avait d'abordaccepte: ((Mais, ajoute Bertrin (page 260), ay ant lu le recit de la gueriso;i, il cntra dans le silence cl refusa d'enrechercher ies preuvcs. Si nous savoris lire entre lus lignes, cela veut dire, qu'il avait compris la noil existence de co miracle, apres 1' avoir ctudie. Aucun medecin, du reste, no voulut attestor avoir visito la jambe malado, pendant les semaines et meme les jours precedant la guerison. Le docteur llocstenberghc, nr-

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dent partisan du miracle pourtant, affirme dans son certificat qu'il n'avait pas vu la plaie depuis trois mois.

Enfin 1'attestation de divers temoins qui ont signe la liste de M. le cure de Jabbeck, ne parle nullement de 1'etat de Pierre Derruder au moment de sa guerison, mais seulement qu'il etait incurable, ct qu'il fut gueri devant la Vierge de Lourdes. G'est ainsi qu'on parlc, lorsqu'on n'est impregne d'aucun esprit scientifique, Par centre, 1'altestation n'est signee par aucun medecin et ne pouvait 1'etre, car eux savaient qu'apres 1'extraction des sequestres, la consolidation se ferait necessairement sans qu'il fut besoin de faire intervenir la Vierge de Lourdes ou celle d'Oostaecker.

En resume, la gloire du miracle, dans le cas de Derruder, revient, sans conteste, au medecin qui, pour obtenir la reunion dcs deux troncons du tibia, fit 1' extraction du dernier sequcstre, et permit ainsi ala fracture dc guerir.

Get os necrose, qui 1'aenleve? la Vierge de Lourdes ? Gelle .d'Oostcacker ou le medecin ? Toute la question est la.

Pour nous qui rendons a Cesar cc qui est a Cesar, nous rendons au docteur Ofi'enaer le sequestre qui lui appartient, ct qu'il a peut-elre conserve dans son cabinet. La Vierge de Lourdes n'a aucun droit sur cet os necrose dont on veux lui faire cadeau, a tort, pour faire croire qu'elle sait guerir les fractures.

Chirurgie contre miracle. Dans le numero du 7 septembre 1902 dela Grotte de Lourdes nous trouvons un fait de fracture lente a se consolider.

Autgustin Vernerey, d'Orcbamps (Jura) a eu la jambe

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droite broyee par la chute d'une piece de bois de 1.500 kilogs. On enleva de la plaie un fragment de tibia d'une longueur de 0,05 centimetres. Abondantes suppurations et lente consolidation qui mit sept mois a se faire. Au bout de ce temps, le malade marcka d'abord a 1'aide de deux bequilles, puis d'une canne et d'une bequille seulement. Gomme il avait vecu de la ckarite publique depuis 1'accident, il continua son metier de mendiant et conserva ses bequilles qui lui servaient moins a le soutenir qu'a apitoyer les gens.

C'est dans cos conditions, qu'il alia a Lourdes, au mois d'aoiit 1902. II etait en prieres devant la Grotte, lorsque la vue de toutes les bequilles suspendues audessus de sa tete lui suggera 1'idee d'offrir les siennes a la sainte Yierge, et depuis lors il marcke sans embarras.

Ce pauvre diable avait pense que ce serait grand benefice pour lui s'il etait miracule a Lourdes. II s'est trompe et regrette amerement son voyage, car ce miracle qui n'a converti personne dans le village, pas meme son cure, ne lui a pas procure les benefices qu'ii escomptait d'avance.

Francisque Guenet. Ce malade (Journal de la Grotte, n 70, 12 mai 1901) est un ingrat envers les ckirurgiens de 1'kopital de Lyon, devant lesquels il aurait du bruler force cierges pour les remercier de 1'avoir traite et gueri. D'un pied leger, il est parti a Lourdes, et c'est aux pieds deNotre-Dame-de-la-Grotte qu'il a depose sa reconnaissance.

Ce malade etait atteint d'une osteite du tibia avec necrose de 1'os. Depuis vingt ans, des fistules amenaient au dekors les produits de la suppuration osseuse. Ce n'est pas durant ce long intervalle de temps que Guenet

vint a Lourdes : 1'extirpation d'un os mort enclave dans un osvivant eut etc un beau miracle a faire. Mais la Vierge de Lourdes, personne n'en doute, ne sait pas manier la gouge, le marteau ou les ciscaux, et ne pout mener a bien ces sortes d'operations. Ce que sachant, Francisque Guenet fit d'abord extraire son sequestre ; puis, lorsqu'il vit que la place resultant de F operation seguerissait rapidement et qu'il ne restait plus qu'une petite fistule, pre"te a se fermer, il se hata d'aller se tremper dans la piscine de Lourdes, et de faire estampiller au bureau des constatations son miracle d' ingratitude. Causa Deis placuit, sed victa Catoni. Les chirurgiens de THotel-Dieu de Lyon ne croient plus aux miracles de Lourdes.

Amelia Chaynon. Le miracle d' Amelie Ghagnon, de Poitiers, guerie au pelerinage national de 1891, est de meme nature que le precedent. L'element nerveux n'y est pour rien. Nous n'avons affaire qu'a un cas de chirurgie oil 1'escamotage joue le principal role.

Depuis plusieurs anne'es, cette jeune fille avait au pied droit une necrose du deuxieme metatarsien avec suppuration abondante. Amelie vint a Lourdes, et plongea son pied dans la piscine; au bout de quelques instants d'immersion, affirment les verificateurs du miracle, Amelie fut guerie de cette lesion. Elle put chausser immediatement des bottines qu'elle avait apportees dans son sac. J'avoue que ces bottines preparees d'avance m'ont rendu perplexe, et au lieu d'admirer, j'ai doute. Si Amelie Ghagnon, me suis-je dit, avait une telle certitude de guerison, qu'elle a fait les frais de bottines neuves, n'etait-ce pas qu'elle etait deja guerie, lorsqu'elle vint a Lourdes? Peut-etre fait-elle partie des saintes fraudeuses de miracles dont on parle tant ? Cherchons.

Je me souviens d'un cas de guerison identique observe autrefois ; un abces au niveau du troisieme metatarsien chez un enfant de 14 ans, scrofuleux de longue date ; suppuration datant de deux annees ; sequestre mobile reconnu a 1'examen; extraction facile avec une simple pince; guerison complete avec cicatrisation en trois jours.

Le casd'Amelie Chagnon n'etait-il pas semblable? Ne pouvait-on pas retablir 1'observation de la fagon suivante : Avant le depart de Lourdes, ou en cours de route, le petit sequestre ou bientombade lui-meme dans le pansement, oa bien fut extrait avec deux doigts ou une pince. A 1'arrivee du train, Amelie va se plonger dans la piscine ; lorsqu'elle en sort et qu'on enleve le bandage, on le trouve piein de sanies mal odorantes, mais au-dessous, la cicatrisation cst commencee 1'os mort qui entretenait fistule et plaie, etant enleve, rienne s'opposeplus a une cicatrisation rapide dans Boissaric, je trouve la confirmation de mes suppositions (page 113).

Avant le depart de Poitiers, 1'os du pied suppure toujours, declare le docteur Dupont, ilest carie dans toute son etendue ; il commence a se detacher des parties voisines ; en appuyant sur une extrcmite, on fait basculer 1'aulre, il est mobile dans tons lessens .

Un autre medecin, le docteur Gaillard, asouveuttenu le sequestre au boutde ses pinces, et tejite de 1'enlev.er; mais, chirurgien timide, il a cu peur de 1'ecoulement du sang et il & prvfere laisser fairecette operation a I'hopital.

Amelie Cbagaoa elait A'enue une premiere fois en 1889 a Lourdes, mais inutilement : 1'os n'etant pasalors clelache, le miracle n'avait j>u se faire.L'anneesuivanle,

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comme le docteur Dupont voulait pratiquer 1'extraction du sequestre tres mobile alors, la petite rusee le pria de differer 1' operation jusqu'a son retour de Louvdes. Etre miraculee par un docteur Dupont, fi done ! Quand on peut 1'etre par Notre-Dame qui mettra autour dc notre front, un rayon de 1'aureole divine.

Est-ce Amelie elle-meme qui cueillit 1'os comme un fruit mur ? Est-ce quelqu'un des siens qui le tira delicatement avec une pince? Peu nousimporte le comment? La chose certaine, c'est que M lle Amelie Chagnon avail son petit morceau d'os en poche, lorsqu'elle entra dans la piscine. Lorsquel'os necrose estenleve, il arrive qu'en quelques heures la plaie est guerie ; c'est ce qui se produisit dans ce cas et M rae de la Saleniere ne dit que 1'exacte verite, lorsqu'elle raconte que sur le pied d' Amelie, elle vit un bourrelet charnu autour d'une petite cuvette fraichement cicatrisee, puis, que le lendemain le bourrelet avail disparu et la cuvette s'etait effacee. On ne peut s'empecher de sourire lorsqu'on voit quatre dames de haule noblesse, M me5 de la Saleniere, de Chabol, de Ricard et de Rcederer deposer delicatement dans la piscine et Ten sortir avec d'infinies precautions, la rusee jeune fille etendue sur un drap qui se moque si gentiment d'elles. Comme on le voit, ce fut un bien joli tour d'escamotage.

On raconte que, par la suite, Amelie Chagnon devint religieuse du Sacre-Cceur. Lisez 1'interrogatoire que lui fit subir le docleur Boissarie quelques annees plus tard et vous comprendrez son etat d'ame : Je n'ai jamais voulu revenira Lourdes, dil-elle, c'est desormais contraire a ma vocation. Mais vousdeviez unpelerinage d'actions de graces ! dit le docteur. J'y

ai envoye ma tante a ma place, replique-t-elle. La pauvre religieuse, on levoit, est empreinte d'une moralite plus haute et comprend aujourd'huij que jouer une comedic, memo pour fairc du bien a la religion est chose coupable. Lourdes est son peche de jeuncsse, elle a quelquc liontc d'y rctourner.

CHAPIT RE QUATRIEME

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