NOTIONS SUR LA PARALYSIE I1YSTERIQUE
Comme il est utile de donner aux personnes pen versees dans 1'etude des nevroses, de claires explications sur la paralysie hysteriquc, dussions-nous repeter nos considerations du premier chapitre, nous resumerons les symptomes en u n court tableau, auquel on pourra se rapportcr au fur ct a mesure quo dStileront les cas miraculcux.
Lorsquc 1'hysterosc, cette maladic-Protee, quisimulc toules les autres, vienl sc loger dans les muscles et les ncrfs moteurs du corps humain, elle peut produirc soit dcs contractures, soit des paralysies.
Parlons de ces dernieres.
Les paralysies presentent les caracteres speciaux suivants : .
1 Au contrairedes paralysies ordinairesqui dependent d'une lesion organique des centres nerveux, les paralysies hysteriques se produiscnt sans qu'il y ait alteration des tissus de la moelle ou du cerveau, exemple : la sclcrose en plaques est une lesion des tissus des centres nerveux qu'i produisent des troubles de la motilite, ct meltent les malades dans Fimpossibilite de marcher.
Or, dans 1'hysterose nous trouvonsdes hemiplegies et des paralysies, avcc des formes identiques a la sclerose,
bien que n'ayant pour cause aucune lesion organique ties tissus nerveux. Quelque particulier et meme pathogaomonique que puisse sembler 1'aspect des symptomcs de la scle'rose en plaques, dans sa forme typique, il n'en est pas moins vrai que cet aspect pent e"tre simule a s'y meprendre dans des cas hysteriques. Cette similitude de symptomes, vertige, marche incertaine, paraplegie, hemiplegie, trouble de la parole, de la vision, etc., est la cause d'un grand nombre d'erreurs.
Us ne sont pas rares les medecins qui ecrivent dans leurs certificats : ((sclerosc en plaques , au lieu d'hysterosc, et nous pourrions en citer de nombreux exemples. Us auraient pu eviter cette erreur de diagnostic en cherchant quelques stigmates hysteriques qui d'ordinaire ne manquent pas, tels qu'anesthesie, analgesic, hyperesthesie ou autres. Quand bicn meme ces stigmates paraissent par suggestion au moment memo de Pexamen, ils n'ea sont pas moins une indication precieuse. Or, ce diagnostic est tres important pour la l.hese que nous soutenons. En effefc, si la paralysie depend d'une sclerose en plaques, la guerison a Lourdes est impossible. Si au o.ontrairc elle depend do la nevrose Uyst(3rique, la guerison peutse ytroduire el i'aire croirc a un miracle.
Ge que nous venous do dive do lasslerose en plaques, nous pouvoHs le repetcr a propos du tabes, de 1'attaquc d'apoplexic ct autrcs maladies du systemc nerveux quo I'liysterose peut cgalement simuler.
2 tJn second caractere des paralysies hysteriques est de se produire presque toujours subitement, tantot par le fait d'une cause physique, tantot par le fait d'unc cause psychiquc, tantot cnfm par le fait des deux causes reuiiics.
Mais par contre, sous 1'influence egalement de causes physiques ou psychiques, ces memes maladies peuvent disparaitre et guerir subitement, et alors aux yeux des ignorants, un miracle s'est produit et la foule credule crie : miracle ! miracle !
Exemple : M, B... s'est Irouve dans Faffreux accident du transatlantique coule en pleine mer par un autre steamer. II est tombe a 1'eau dans un etat de terreur telle,qu'onle retire paralyse des deux jambes. Apres avoir suivi un certain nombre de traitements, il se soumet a rhypnotisme ; pendant son so.mmeil, pour fuir un danger imaginaire qu'on lui suggere, il se leve, se sauve, et au reveil se trouve gueri de son infirmite.
Un autre paralytique atteint d'hysterose, dans 1'incendie d'une maison, sous 1'influence de la peur, recouvre tout d'un coup Fusage de ses jambes, ace point qu'ilse leve, descend 1'escalier, passe la porle el se trouve dans la rue au grand ebahissement de ses amis et parents.
Nous verrons combien a Lourdes sont nombreux les paralytiques hysteriqucs qui, sous 1'influence de la foi, laissent lours bequilles pendues aux voutes de la chapellc.
Cette instanianeite de disparition dessymptomesparalytiqucs frappe (.re'tonnenient et d'admiration les gens ignorants des choscs medicates : aussi lorsqu'unc guerison de cetic sorte se produit dans un sanctuaire, la foulc ci'edulc croit au miracle qu'clle altribue naivernent a la Statue, a 1'Icone, ou a 1'Idole da lieu.
Unquartau moias des miracles instantanes de Lourdes, se composent de gucrisons de paralysies liysteriques.
3 Un troisieme caractere des paralysies liysteriques est de M'accompagner lc plus soiivenl, sinon toujours,
d'autres stigmates tels que troubles cle la vision, de la sensibilite tictiie, des fonctions digestives ou autres.
Ainsi 1'abbe Musy dont nous allons parler, etait paralyse des jambes, en meme temps qu'a moitie aveugle ; M lla de X..., une paraplegique, souffrait en meme temps d'une hyperesthesie intestinale. M me Guerpier avait les jambes anesthesiees en meme temps que paralysees.
4 C Un quatrieme caractere nous est donne par revolution irreguliere de la paralysie hysterique qui ne ressemble en aucune fac.on a la marche methodique de la paralysie du tabes ou de la sclerose en plaques.
Si parfois les paralysies hysteriques sont precedees de troubles moteurs tels qae ralentissement, indecision ou incoordination des mouvements volontaires, tels encore qu'amyosthenie ou faiblesse musculaire, parfois au contraire, elles apparaisscnt brusquement, disparaisraissent de meme, reapparaissent et disparaissent de nouveau. On trouvera un exemple de cette evolution irreguliere dans le cas de M lle de F... Eile guerit une premiere fois a Lourdes; le lendemain, elle est denouveau paralysee-, un an apres, elle guerit de nouveau. Rien de semblable n'a lieu dans les cas de paralysie vraie.
5 C Enfin, tandis que la inort, dans un de'lai assez court est la terminaison des paralysies a lesion medullaire, au contraire, la guerison avec ou sans miracle, est la lerminaison ordinaire des paralysies hysteriques.
Ces quelques explications donnees, entrons dans le vif du sujet, en veriiiant les cas de miracles cites d .ns le livrc de M. Lasserre : Les Episodes miraculeux dc Lourdcs . Nous continuerons par ceux de M. Boissaric, inseres dans son livrc les grandes guerisons , et par
ceux de M. le professeur Bertrin. Nous terminerons par les fails divers du Journal do la Groltc, en relatant longuement 1'histoirc de Gargam, Temploye des posies quo nous comparerons a la guerison d'Easlon, le miraculo de
Chicago.